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Sortir du nucléaire n°49

Printemps 2011

Catastrophe nucléaire au Japon

Fukushima : la radioactivité contamine le Japon

Printemps 2011




Au jour (21 mars) où nous écrivons cet article, des salariés et des militants du Réseau se sont relayés quasiment 24h sur 24h depuis le 11 mars pour décrypter la catastrophe de Fukushima, informer les médias, organiser des manifestations. Nous vous livrons ici une synthèse des informations au 21 mars. La situation aura bien sûr évolué quand vous lirez ces lignes. Informez-vous régulièrement sur notre site www.sortirdunucleaire.org



Trois fusions partielles de cœurs, deux incendies de combustible usé et cinq explosions d’hydrogène sont survenues dans la centrale nucléaire de Fukushima Daiichi, à cause de la perte des systèmes de refroidissement consécutive au séisme et au tsunami du 11 mars 2011.

"Quasiment tous les réacteurs au monde, dans cette situation-là, seraient en grande difficulté", a déclaré un des commissaires de l’Autorité de Sûreté Nucléaire française (ASN), M. Jamet. Le combustible nucléaire hyper radioactif dans deux réacteurs et dans trois piscines de désactivation est probablement en contact direct avec l’environnement. La quantité de combustible usé dans les piscines des réacteurs de Fukushima Daiichi est quatre fois supérieure à la quantité de combustible dans les cuves des réacteurs de la centrale. Il y a eu des incendies de combustible usé dans au moins l’une de ces piscines (réacteur n°4).

Au vu de l’intense radioactivité dans la centrale, c’est leur vie que sacrifient à court ou moyen terme les centaines de travailleurs qui luttent pour tenter de limiter la catastrophe.

Le réacteur n°1 a subi une explosion d’hydrogène le 12/03, même chose pour les réacteurs n°3 le 13/03 et n°2 le 15/03. Le coeur du réacteur nucléaire n°1 a fusionné à 70 %, celui du réacteur n°2 à 33 %. Le coeur du réacteur nucléaire n°3, composé de combustible MOX au plutonium fabriqué par Areva, extrêmement radioactif et instable, a fusionné dans une proportion inconnue. Ces cœurs nucléaires étaient refroidis uniquement en injectant des tonnes d’eau de mer chaque heure et en relâchant régulièrement de la vapeur radioactive dans l’air, depuis onze jours le 22/03.

L’exploitant de la centrale a reconnu que le circuit primaire du réacteur n°2 n’était "très probablement plus étanche". De la fumée s’échappait du réacteur n°2 le 21/03. La cuve du réacteur n°3 a subi des dommages dont l’étendue est inconnue, le gouvernement japonais ayant changé plusieurs fois d’interprétation à ce sujet. De la fumée s’échappait aussi du réacteur n°3 le 21/03, les travailleurs restants avaient alors été évacués de la centrale.

Le Japon contaminé... et au-delà

La contamination radioactive du territoire japonais est avérée. À Tokyo entre le 15/03 et le 16/03, il y avait de l’iode et du césium radioactifs dans l’air mais aussi dans l’eau. De l’iode et du césium radioactifs ont été détectés dans l’eau du robinet, respectivement dans huit et deux préfectures.

Le 19/03, des niveaux de radioactivité cinq fois supérieurs à la limite maximale admise pour la consommation ont été décelés dans du lait frais à 30 km de la centrale accidentée. Du césium et de l’iode radioactifs ont été détectés dans des épinards frais cultivés à 144 km des réacteurs. Leur contamination dépassait sept fois le plafond légal. La vente de lait cru et de légumes à feuilles issus de quatre préfectures proches de la région de la centrale en détresse a été interdite le 21/03.

Le gouvernement japonais a élargi la zone de confinement à 30 km autour de la centrale de Fukushima Daiichi, 140000 personnes sont concernées, alors que 200000 avaient déjà été évacuées du périmètre de 20 km autour de la centrale de Fukushima Daiichi et de 10 km autour de celle de Fukushima Daiini. "Nous recommanderions l’évacuation dans un rayon bien plus large que celui que le Japon a mis en place" a déclaré le 16/03 le président de l’agence de sûreté nucléaire américaine (NRC).

Un héritage radioactif pour le futur

L’ASN reconnaît que le Japon aura à gérer les conséquences de la catastrophe nucléaire “pendant des dizaines d’années”. Ce serait un douloureux euphémisme s’il s’avérait que du plutonium issu du combustible MOX utilisé dans le réacteur n°3 était relâché dans l’environnement : il lui faut 191 000 ans pour perdre 99% de sa radioactivité, et en respirer un microgramme peut suffire à déclencher un cancer du poumon. Quant au césium 137 effectivement dispersé à travers le Japon et au-delà, il met plus de trente ans à perdre 50 % de sa radioactivité.

De l’iode et du césium radioactifs rejetés par la centrale accidentée ont été détectés à 1600 km en Russie (Kamchatka) et à 7500 km en Californie, dès le 18/03. Le nuage devait arriver en France dès le 23 mars.

Les conséquences sanitaires de la contamination

Contrairement au discours lénifiant des autorités sur les doses de radioactivité, aucune dose n’est inoffensive. Les normes définissent seulement des seuils de “risque admissible”. Admissible par qui ? Vous a-t-on jamais demandé votre avis ? Même la très officielle Commission Internationale de Protection Radiologique, largement noyautée par l’industrie nucléaire, a reconnu depuis longtemps que “toute dose de rayonnement comporte un risque cancérigène et génétique”.
Même en fonctionnement normal, toute installation nucléaire rejette de la radioactivité dans l’environnement. En 2008, une étude épidémiologique menée à la demande du gouvernement allemand a montré un accroissement de 60% des cancers de l’enfant dans un rayon de 5 km des centrales nucléaires... en fonctionnement normal, et non pas en situation de catastrophe !

Nous voulons exprimer ici notre compassion pour les milliers de victimes du séisme et du tsunami et leurs familles, notre solidarité avec les liquidateurs de Fukushima et le peuple japonais victime, aujourd’hui et pour des dizaines d’années au moins, de la contamination radioactive et de ses conséquences sanitaires.

Le Réseau "Sortir du nucléaire"

Trois fusions partielles de cœurs, deux incendies de combustible usé et cinq explosions d’hydrogène sont survenues dans la centrale nucléaire de Fukushima Daiichi, à cause de la perte des systèmes de refroidissement consécutive au séisme et au tsunami du 11 mars 2011.

"Quasiment tous les réacteurs au monde, dans cette situation-là, seraient en grande difficulté", a déclaré un des commissaires de l’Autorité de Sûreté Nucléaire française (ASN), M. Jamet. Le combustible nucléaire hyper radioactif dans deux réacteurs et dans trois piscines de désactivation est probablement en contact direct avec l’environnement. La quantité de combustible usé dans les piscines des réacteurs de Fukushima Daiichi est quatre fois supérieure à la quantité de combustible dans les cuves des réacteurs de la centrale. Il y a eu des incendies de combustible usé dans au moins l’une de ces piscines (réacteur n°4).

Au vu de l’intense radioactivité dans la centrale, c’est leur vie que sacrifient à court ou moyen terme les centaines de travailleurs qui luttent pour tenter de limiter la catastrophe.

Le réacteur n°1 a subi une explosion d’hydrogène le 12/03, même chose pour les réacteurs n°3 le 13/03 et n°2 le 15/03. Le coeur du réacteur nucléaire n°1 a fusionné à 70 %, celui du réacteur n°2 à 33 %. Le coeur du réacteur nucléaire n°3, composé de combustible MOX au plutonium fabriqué par Areva, extrêmement radioactif et instable, a fusionné dans une proportion inconnue. Ces cœurs nucléaires étaient refroidis uniquement en injectant des tonnes d’eau de mer chaque heure et en relâchant régulièrement de la vapeur radioactive dans l’air, depuis onze jours le 22/03.

L’exploitant de la centrale a reconnu que le circuit primaire du réacteur n°2 n’était "très probablement plus étanche". De la fumée s’échappait du réacteur n°2 le 21/03. La cuve du réacteur n°3 a subi des dommages dont l’étendue est inconnue, le gouvernement japonais ayant changé plusieurs fois d’interprétation à ce sujet. De la fumée s’échappait aussi du réacteur n°3 le 21/03, les travailleurs restants avaient alors été évacués de la centrale.

Le Japon contaminé... et au-delà

La contamination radioactive du territoire japonais est avérée. À Tokyo entre le 15/03 et le 16/03, il y avait de l’iode et du césium radioactifs dans l’air mais aussi dans l’eau. De l’iode et du césium radioactifs ont été détectés dans l’eau du robinet, respectivement dans huit et deux préfectures.

Le 19/03, des niveaux de radioactivité cinq fois supérieurs à la limite maximale admise pour la consommation ont été décelés dans du lait frais à 30 km de la centrale accidentée. Du césium et de l’iode radioactifs ont été détectés dans des épinards frais cultivés à 144 km des réacteurs. Leur contamination dépassait sept fois le plafond légal. La vente de lait cru et de légumes à feuilles issus de quatre préfectures proches de la région de la centrale en détresse a été interdite le 21/03.

Le gouvernement japonais a élargi la zone de confinement à 30 km autour de la centrale de Fukushima Daiichi, 140000 personnes sont concernées, alors que 200000 avaient déjà été évacuées du périmètre de 20 km autour de la centrale de Fukushima Daiichi et de 10 km autour de celle de Fukushima Daiini. "Nous recommanderions l’évacuation dans un rayon bien plus large que celui que le Japon a mis en place" a déclaré le 16/03 le président de l’agence de sûreté nucléaire américaine (NRC).

Un héritage radioactif pour le futur

L’ASN reconnaît que le Japon aura à gérer les conséquences de la catastrophe nucléaire “pendant des dizaines d’années”. Ce serait un douloureux euphémisme s’il s’avérait que du plutonium issu du combustible MOX utilisé dans le réacteur n°3 était relâché dans l’environnement : il lui faut 191 000 ans pour perdre 99% de sa radioactivité, et en respirer un microgramme peut suffire à déclencher un cancer du poumon. Quant au césium 137 effectivement dispersé à travers le Japon et au-delà, il met plus de trente ans à perdre 50 % de sa radioactivité.

De l’iode et du césium radioactifs rejetés par la centrale accidentée ont été détectés à 1600 km en Russie (Kamchatka) et à 7500 km en Californie, dès le 18/03. Le nuage devait arriver en France dès le 23 mars.

Les conséquences sanitaires de la contamination

Contrairement au discours lénifiant des autorités sur les doses de radioactivité, aucune dose n’est inoffensive. Les normes définissent seulement des seuils de “risque admissible”. Admissible par qui ? Vous a-t-on jamais demandé votre avis ? Même la très officielle Commission Internationale de Protection Radiologique, largement noyautée par l’industrie nucléaire, a reconnu depuis longtemps que “toute dose de rayonnement comporte un risque cancérigène et génétique”.
Même en fonctionnement normal, toute installation nucléaire rejette de la radioactivité dans l’environnement. En 2008, une étude épidémiologique menée à la demande du gouvernement allemand a montré un accroissement de 60% des cancers de l’enfant dans un rayon de 5 km des centrales nucléaires... en fonctionnement normal, et non pas en situation de catastrophe !

Nous voulons exprimer ici notre compassion pour les milliers de victimes du séisme et du tsunami et leurs familles, notre solidarité avec les liquidateurs de Fukushima et le peuple japonais victime, aujourd’hui et pour des dizaines d’années au moins, de la contamination radioactive et de ses conséquences sanitaires.

Le Réseau "Sortir du nucléaire"



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Fukushima Pollution radioactive