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Sortir du nucléaire n°82

Été 2019

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Été 2019




Fessenheim et le dogme nucléaire français

Ce livre compilant des interviews et des articles de fond présente la lutte pour la fermeture de la plus vieille centrale en fonctionnement de France, celle de Fessenheim. Il y est question, en quelques lignes, des débuts de l’opposition avec la création du Comité de Surveillance de Fessenheim et de la plaine du Rhin (CSFR), mais surtout des derniers soubresauts politiques depuis la décision de François Hollande de fermer la centrale alsacienne.

De déclarations politiques en fausses annonces électoralistes, de décret de fermeture en relecture de la loi, il s’avère que les gouvernants restent accrocs à l’énergie nucléaire qu’ils continuent à défendre comme une alternative au charbon, pour lutter contre le réchauffement climatique.

En dehors des arguments maintes fois répétés quant à la dangerosité de la centrale, des centaines d’incidents qui égrènent son parcours et des nombreux arrêts de production, il s’avère que les opposants restent toujours dans l’ignorance d’un calendrier de fermeture. Alors même que de nombreux projets de reconversion du site de Fessenheim ont été portés par différentes organisations françaises comme allemandes, des voisins très concernés par cette centrale.

Aujourd’hui, il est plus que temps de mettre un terme au nucléaire, mais les dernières déclarations d’Emmanuel Macron ne laisse rien espérer de bon pour les prochaines années. Pire, une relance du nucléaire est annoncée alors que le réacteur EPR est une gageure économique et technologique.

La France, de par les politiques menées et le choix de la continuité dans le changement, s’enferme dans une impasse énergétique qui, en dehors du fait que nous sommes à la traîne sur le développement des alternatives, nous rapprochent un petit peu plus chaque jour de l’avènement d’un accident grave.

Cet ouvrage est à lire pour comprendre comment le lobby au pouvoir arrive à jouer sur plusieurs tableaux à la fois pour conserver un monopole énergétique et une main mise sur la poule aux œufs d’or que représente le nucléaire.

Jocelyn Peyret

Jean-Marie Brom, Floriane Dupré, André Hatz, Jean-Paul Klée, Olivier Larizza,
Ed. Andersen, 2019,
208 pages, 16,90 €


La guerre qui ne peut pas avoir lieu

“La dissuasion, c’est une guerre qui n’a pas encore eu lieu“ affirme le philosophe Jean-Pierre Dupuy. La catastrophe nucléaire est certaine, seule son échéance est indéterminée. Et ce que nous pouvons faire de mieux, c’est de la retarder indéfiniment.

Tout au long de cet ouvrage, l’auteur décrypte les fondements d’une dissuasion qui échoue à passer tant le test de la rationalité que celui de la morale.

Le paradoxe au cœur de la dissuasion nucléaire, c’est qu’elle n’est rationnelle que pour autant qu’elle repose sur une menace dont la mise à exécution serait le comble de l’irrationalité. Car “aucun des adversaires ne peut s’attendre à un bénéfice net positif et le dommage causé à chacun est toujours inacceptable“. Rien que cet argument devrait conclure de fait à l’inefficacité de la dissuasion et au rejet des armes nucléaires. Problème, l’auteur conclut : “Oui, il est possible de donner des fondements rationnels à l’efficacité de la dissuasion nucléaire. Et cette conclusion est épouvantable.“

Au final, un livre avec lequel nous pouvons partager nombre des analyses, mais qui se termine par une pirouette fort gênante et trop souvent présente dans le débat en France. Car en fait la question n’est pas tant, comme titre l’ouvrage : Une guerre qui ne peut pas avoir lieu, mais devrait être : une guerre qui ne “doit“ pas avoir lieu ! Une différence de quatre lettres qui change tout !

Si partisans et opposants peuvent s’accorder sur le fait qu’une guerre nucléaire serait catastrophique et qu’il faut à tout prix l’éviter, la question qui se pose est comment on l’élimine. Et là, l’auteur reste silencieux.

Patrice Bouveret

Jean-Pierre Dupuy,
Ed. Desclée de Brouwer,
février 2019, 230 pages, 17,90 €

Fessenheim et le dogme nucléaire français

Ce livre compilant des interviews et des articles de fond présente la lutte pour la fermeture de la plus vieille centrale en fonctionnement de France, celle de Fessenheim. Il y est question, en quelques lignes, des débuts de l’opposition avec la création du Comité de Surveillance de Fessenheim et de la plaine du Rhin (CSFR), mais surtout des derniers soubresauts politiques depuis la décision de François Hollande de fermer la centrale alsacienne.

De déclarations politiques en fausses annonces électoralistes, de décret de fermeture en relecture de la loi, il s’avère que les gouvernants restent accrocs à l’énergie nucléaire qu’ils continuent à défendre comme une alternative au charbon, pour lutter contre le réchauffement climatique.

En dehors des arguments maintes fois répétés quant à la dangerosité de la centrale, des centaines d’incidents qui égrènent son parcours et des nombreux arrêts de production, il s’avère que les opposants restent toujours dans l’ignorance d’un calendrier de fermeture. Alors même que de nombreux projets de reconversion du site de Fessenheim ont été portés par différentes organisations françaises comme allemandes, des voisins très concernés par cette centrale.

Aujourd’hui, il est plus que temps de mettre un terme au nucléaire, mais les dernières déclarations d’Emmanuel Macron ne laisse rien espérer de bon pour les prochaines années. Pire, une relance du nucléaire est annoncée alors que le réacteur EPR est une gageure économique et technologique.

La France, de par les politiques menées et le choix de la continuité dans le changement, s’enferme dans une impasse énergétique qui, en dehors du fait que nous sommes à la traîne sur le développement des alternatives, nous rapprochent un petit peu plus chaque jour de l’avènement d’un accident grave.

Cet ouvrage est à lire pour comprendre comment le lobby au pouvoir arrive à jouer sur plusieurs tableaux à la fois pour conserver un monopole énergétique et une main mise sur la poule aux œufs d’or que représente le nucléaire.

Jocelyn Peyret

Jean-Marie Brom, Floriane Dupré, André Hatz, Jean-Paul Klée, Olivier Larizza,
Ed. Andersen, 2019,
208 pages, 16,90 €


La guerre qui ne peut pas avoir lieu

“La dissuasion, c’est une guerre qui n’a pas encore eu lieu“ affirme le philosophe Jean-Pierre Dupuy. La catastrophe nucléaire est certaine, seule son échéance est indéterminée. Et ce que nous pouvons faire de mieux, c’est de la retarder indéfiniment.

Tout au long de cet ouvrage, l’auteur décrypte les fondements d’une dissuasion qui échoue à passer tant le test de la rationalité que celui de la morale.

Le paradoxe au cœur de la dissuasion nucléaire, c’est qu’elle n’est rationnelle que pour autant qu’elle repose sur une menace dont la mise à exécution serait le comble de l’irrationalité. Car “aucun des adversaires ne peut s’attendre à un bénéfice net positif et le dommage causé à chacun est toujours inacceptable“. Rien que cet argument devrait conclure de fait à l’inefficacité de la dissuasion et au rejet des armes nucléaires. Problème, l’auteur conclut : “Oui, il est possible de donner des fondements rationnels à l’efficacité de la dissuasion nucléaire. Et cette conclusion est épouvantable.“

Au final, un livre avec lequel nous pouvons partager nombre des analyses, mais qui se termine par une pirouette fort gênante et trop souvent présente dans le débat en France. Car en fait la question n’est pas tant, comme titre l’ouvrage : Une guerre qui ne peut pas avoir lieu, mais devrait être : une guerre qui ne “doit“ pas avoir lieu ! Une différence de quatre lettres qui change tout !

Si partisans et opposants peuvent s’accorder sur le fait qu’une guerre nucléaire serait catastrophique et qu’il faut à tout prix l’éviter, la question qui se pose est comment on l’élimine. Et là, l’auteur reste silencieux.

Patrice Bouveret

Jean-Pierre Dupuy,
Ed. Desclée de Brouwer,
février 2019, 230 pages, 17,90 €