Réseau Sortir du nucléaire
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Incendies en Russie : sites nucléaires menacés et risque de contamination radioactive

Communiqué de presse du 13 août 2010




Russie : un nouveau risque de contamination radioactive près du centre nucléaire de Mayak



Le Réseau "Sortir du nucléaire" met en lumière un nouveau risque de contamination radioactive, lié à la sévère baisse des eaux dans la région contaminée de Mayak, touchée par la sécheresse et les incendies.

Natalia Mironova, présidente de l’ONG russe Mouvement pour la Sûreté Nucléaire, nous donne des précisions sur cette situation grave : « Contre toute raison et au mépris des conséquences, les installations nucléaires de notre région continuent de déverser des déchets radioactifs dans des rivières et des lacs. Le centre d’assemblage de têtes nucléaires de Trekhgorny déverse ses déchets dans la rivière Yuryuzan. Le centre nucléaire de Snejinsk constitue une menace pour les lacs de Kasli. Quant au complexe de Mayak, il utilise quatre lacs comme site de stockage de déchets radioactifs à l’air libre : les lacs Karatchaï, Staroye Boloto, Kyzyltash et Tatysh ; il utilise également quatre des réservoirs de la cascade de Techenskom. Dans les chenaux qui bordent la cascade, comme dans les marais d’Asanovskie, les fuites sont potentiellement dangereuses, en particulier si le niveau de la nappe phréatique baisse. »

En 1967, une situation d’assèchement similaire a débouché sur une catastrophe. Alors que les rivages du lac Karatchaï s’étaient asséchés, des vents violents ont dispersés des poussières hautement radioactives (au total 600 000 curies dispersés). Un territoire de 1200 kilomètres carrés a été contaminé, sur lequel vivaient 41 500 personnes dans 63 localités. Le lac Karatchaï est un des lieux les plus pollués de la planète : il contient 120 millions de curies de radioactivité, soit plus que les rejets de Tchernobyl. On ne doit pas rester plus de quelques minutes au bord du lac, sous peine de recevoir une dose mortelle de radiations.

Des témoins directs confirment une baisse importante des eaux dans la zone de Mayak. Ainsi, une habitante d’Ozersk, interrogée par les associations écologistes de la zone, déclare ainsi : « J’étais à Muslimovo, au bord de la rivière Tetcha. J’ai été impressionnée de constater à quel point la rivière Tetcha est déjà asséchée. […] Nous avons appelé les autorités, elles disent qu’il n’y a pas de danger et que la situation est sous contrôle. »

La rivière Tetcha est justement le cours d’eau dans lequel des quantités de déchets nucléaires ont été purement et simplement déversés par le centre nucléaire de Mayak pendant plusieurs années. Cette rivière est entre autres contaminée par du tritium, un radioélément très volatil et toxique, qui se dilue dans l’eau... ou bien sous forme gazeuse si celle-ci s’évapore, en cas de sécheresse par exemple ! Le tritium présente un risque mutagène et cancérigène avéré, et peut pénètrer dans le corps par les voies respiratoires, par les pores de la peau ou par l’oesophage.

Le Réseau "Sortir du nucléaire" rappelle la politique de déni des autorités russes et leur culture du secret, en particulier lorsqu’il s’agit de questions nucléaires. Il serait inconscient de prendre leurs affirmations rassurantes pour argent comptant.

Un exemple frappant permet de mesurer l’incurie des autorités russes en matière de sûreté nucléaire et de radioprotection : dans la zone périphérique de l’énorme complexe nucléaire de Mayak, ne sont implantés que quatre détecteurs pour effectuer une mesure automatique du niveau de radioactivité ! [1] Il est évidemment impossible de détecter une contamination avec un dispositif de mesure aussi indigent, à supposer que ces détecteurs fonctionnent correctement et en permanence, et que leurs mesures ne soient pas falsifiées.

Le 11 août, le Réseau « Sortir du nucléaire » avait mis en lumière la disparition brutale et suspecte, sur le site web du service fédéral russe de défense des forêts, de la dépêche avouant que 4000 ha de territoires contaminés étaient déjà parti en fumée [2]. A l’heure où nous écrivons, ce site web est étrangement indisponible "pour raisons techniques" (https://www.rcfh.ru).

Les autorités russes n’ont qu’une expression à la bouche : « sous contrôle »… C’est le refrain que chantent les autorités lorsqu’une situation grave leur échappe. Si quelque chose est bien « sous contrôle », c’est l’information. Les associations russes en ont été réduites à adresser une pétition au Gouverneur de la région de Chelyabinsk, Mikhail Yurevich, pour réclamer que les autorités fournissent des informations aux populations… afin que celles-ci puissent prendre elles-mêmes des mesures pour garantir leur propre sécurité.

Faut-il le préciser ? Si une situation comparable survenait en France, le contrôle de l’information serait tout aussi étroit, et l’Etat français serait à peu près aussi démuni que l’Etat russe pour protéger ses populations.

Contacts presse :
Jean-Pierre Minne, 06 71 07 24 47
Marc Saint-Aroman, 05 61 35 11 06
Natalia Mironova, présidente de l’ONG Mouvement pour la Sûreté Nucléaire, +7-961-786-5279 (anglais et russe seulement)

Notes :

[1] Confirmé par Natalia Mironova, présidente du Mouvement pour la Sûreté Nucléaire, résidant dans la région de Mayak. Pour comparaison, le site nucléaire russe de Koursk comporte, lui, 28 détecteurs

[2] https://www.sortirdunucleaire.org/blogs/incendies-en-russie-sites/article/communique-de-presse-du-11-aout

Le Réseau "Sortir du nucléaire" met en lumière un nouveau risque de contamination radioactive, lié à la sévère baisse des eaux dans la région contaminée de Mayak, touchée par la sécheresse et les incendies.

Natalia Mironova, présidente de l’ONG russe Mouvement pour la Sûreté Nucléaire, nous donne des précisions sur cette situation grave : « Contre toute raison et au mépris des conséquences, les installations nucléaires de notre région continuent de déverser des déchets radioactifs dans des rivières et des lacs. Le centre d’assemblage de têtes nucléaires de Trekhgorny déverse ses déchets dans la rivière Yuryuzan. Le centre nucléaire de Snejinsk constitue une menace pour les lacs de Kasli. Quant au complexe de Mayak, il utilise quatre lacs comme site de stockage de déchets radioactifs à l’air libre : les lacs Karatchaï, Staroye Boloto, Kyzyltash et Tatysh ; il utilise également quatre des réservoirs de la cascade de Techenskom. Dans les chenaux qui bordent la cascade, comme dans les marais d’Asanovskie, les fuites sont potentiellement dangereuses, en particulier si le niveau de la nappe phréatique baisse. »

En 1967, une situation d’assèchement similaire a débouché sur une catastrophe. Alors que les rivages du lac Karatchaï s’étaient asséchés, des vents violents ont dispersés des poussières hautement radioactives (au total 600 000 curies dispersés). Un territoire de 1200 kilomètres carrés a été contaminé, sur lequel vivaient 41 500 personnes dans 63 localités. Le lac Karatchaï est un des lieux les plus pollués de la planète : il contient 120 millions de curies de radioactivité, soit plus que les rejets de Tchernobyl. On ne doit pas rester plus de quelques minutes au bord du lac, sous peine de recevoir une dose mortelle de radiations.

Des témoins directs confirment une baisse importante des eaux dans la zone de Mayak. Ainsi, une habitante d’Ozersk, interrogée par les associations écologistes de la zone, déclare ainsi : « J’étais à Muslimovo, au bord de la rivière Tetcha. J’ai été impressionnée de constater à quel point la rivière Tetcha est déjà asséchée. […] Nous avons appelé les autorités, elles disent qu’il n’y a pas de danger et que la situation est sous contrôle. »

La rivière Tetcha est justement le cours d’eau dans lequel des quantités de déchets nucléaires ont été purement et simplement déversés par le centre nucléaire de Mayak pendant plusieurs années. Cette rivière est entre autres contaminée par du tritium, un radioélément très volatil et toxique, qui se dilue dans l’eau... ou bien sous forme gazeuse si celle-ci s’évapore, en cas de sécheresse par exemple ! Le tritium présente un risque mutagène et cancérigène avéré, et peut pénètrer dans le corps par les voies respiratoires, par les pores de la peau ou par l’oesophage.

Le Réseau "Sortir du nucléaire" rappelle la politique de déni des autorités russes et leur culture du secret, en particulier lorsqu’il s’agit de questions nucléaires. Il serait inconscient de prendre leurs affirmations rassurantes pour argent comptant.

Un exemple frappant permet de mesurer l’incurie des autorités russes en matière de sûreté nucléaire et de radioprotection : dans la zone périphérique de l’énorme complexe nucléaire de Mayak, ne sont implantés que quatre détecteurs pour effectuer une mesure automatique du niveau de radioactivité ! [1] Il est évidemment impossible de détecter une contamination avec un dispositif de mesure aussi indigent, à supposer que ces détecteurs fonctionnent correctement et en permanence, et que leurs mesures ne soient pas falsifiées.

Le 11 août, le Réseau « Sortir du nucléaire » avait mis en lumière la disparition brutale et suspecte, sur le site web du service fédéral russe de défense des forêts, de la dépêche avouant que 4000 ha de territoires contaminés étaient déjà parti en fumée [2]. A l’heure où nous écrivons, ce site web est étrangement indisponible "pour raisons techniques" (https://www.rcfh.ru).

Les autorités russes n’ont qu’une expression à la bouche : « sous contrôle »… C’est le refrain que chantent les autorités lorsqu’une situation grave leur échappe. Si quelque chose est bien « sous contrôle », c’est l’information. Les associations russes en ont été réduites à adresser une pétition au Gouverneur de la région de Chelyabinsk, Mikhail Yurevich, pour réclamer que les autorités fournissent des informations aux populations… afin que celles-ci puissent prendre elles-mêmes des mesures pour garantir leur propre sécurité.

Faut-il le préciser ? Si une situation comparable survenait en France, le contrôle de l’information serait tout aussi étroit, et l’Etat français serait à peu près aussi démuni que l’Etat russe pour protéger ses populations.

Contacts presse :
Jean-Pierre Minne, 06 71 07 24 47
Marc Saint-Aroman, 05 61 35 11 06
Natalia Mironova, présidente de l’ONG Mouvement pour la Sûreté Nucléaire, +7-961-786-5279 (anglais et russe seulement)

Notes :

[1] Confirmé par Natalia Mironova, présidente du Mouvement pour la Sûreté Nucléaire, résidant dans la région de Mayak. Pour comparaison, le site nucléaire russe de Koursk comporte, lui, 28 détecteurs

[2] https://www.sortirdunucleaire.org/blogs/incendies-en-russie-sites/article/communique-de-presse-du-11-aout