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Panorama mondial de la dynamique des énergies renouvelables

2013 - L’avenir du solaire PV et de l’éolien est au... Far East

10 juillet 2014 |




Comme le précise le rapport UNEP Global Trends in Renewable Energy Investment 2014, publié le 07 avril 2014 et préfacé par le secrétaire général de l’ONU, M. Ban Ki-moon, le directeur exécutif de I’UNEP, programme Environnement de l’ONU, M. Achim Steiner, et la secrétaire exécutive de la convention UNFCCC de l’ONU pour le changement climatique, Mme Christiana Figueres, la baisse des coûts des énergies renouvelables permet que des projets solaire PV et éolien terrestre soient de plus en plus compétitifs, opportuns et réalisés sans subventions publiques dans un nombre croissant de pays dans le monde, en particulier dans les pays à fort ensoleillement ou vents, et sans ressources locales de gaz ou charbon peu chères [1].

Conditions favorables qui concernent beaucoup de pays dans le monde, en particulier en Asie, Amérique latine, Moyen Orient et Afrique, d’autant plus que leur réseau électrique actuel est peu voire pratiquement pas développé.

Les chiffres publiés début 2014 dans ce rapport UNEP tout comme ceux publiés par l’EPIA et le GWEC totalisant les investissements et nouvelles capacités installées dans le monde à fin 2013 sont clairs quant aux volumes et à la mutation de la transition énergétique de plus en plus hors Europe-USA et de plus en plus au ... Far East.

En volume des investissements, en milliards de dollars, l’Asie a investi en 2013 considérablement plus que l’Europe et les USA [2] :

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En 2013, l’Asie dans son ensemble a augmenté ses investissements dans le solaire PV et l’éolien de 96 à 107 $ milliards, Europe et USA les ont fait chuter de 125 à 84 $ milliards. Ceci s’inscrit dans une tendance décennale mais 2013 est l’année majeure de césure vers l’Asie et le Far East en particulier.

En GW installés en 2013, tant pour l’éolien que le solaire PV, le GWEC et l’EPIA confirment ce développement des énergies renouvelables mutant des pays pionniers, USA et Allemagne en particulier, vers les pays émergents et l’Asie avant tout :

Tableau "Eollien installé, en GW" [3]

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Comme le précise le GWEC dans son Global Status of Wind Power in 2013, publié en avril 2014, l’essentiel de la croissance de l’éolien est à attendre des pays hors OCDE dans les années à venir. De Chine en particulier où le rythme de 16 GW/an minimum est planifié et conforme à l’objectif de 200 GW d’éolien installés fin 2020 en Chine.

D’autant plus qu’un changement réglementaire majeur est attendu en Chine en 2014 : la mise en oeuvre effective et rigoureusement respectée de la Renewable Energy Law qui priorise l’électricité d’origine solaire PV et éolien sur le réseau chinois [4].

Cette priorisation est un enjeu décisif de changement, puisque la transition énergétique en Allemagne a prouvé depuis plus de dix ans que c’est la mesure décisive, avec les subventions publiques, pour imposer une place aux énergies renouvelables face aux énergies fossiles/nucléaires installées en position de cartel monopolistique.

La croissance de l’éolien se fait aussi au Brésil, en Afrique du Sud, en Turquie, Méxique, Asie..., partout où l’énergie éolienne est compétitive voire beaucoup moins chère que les énergies fossiles, y compris 30 % moins chère en Afrique du Sud que les centrales à charbon financées/subventionnées par la Banque Mondiale, comme le précise, légitimement dépité, le GWEC [5].

Mêmes constats de l’EPIA en mars 2014 dans son Market Report for Photovoltaics 2013, sur les capacités solaire PV installées fin 2013 :

L’année 2013 fut une nouvelle année record en nouvelles capacités installées dans le monde pour le solaire PV : 37 GW, dépassant pour la première fois les capacités annuelles installées en éolien, 35 GW.

2013 fut une nouvelle année record en solaire PV en dépit d’une chute considérable en Europe mais grâce à deux pays en particulier :

Tableau "Solaire PV installé, en GW" [6]

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D’abord la Chine, qui, comme pour l’éolien, a changé de rythme pour le solaire PV : Trois fois plus en 2013 - 11,3 GW - qu’en 2012 - 3,5 GW, mais aussi plus en Chine en 2013 qu’en Europe - 10,2 GW, la région pionnière du solaire PV. Et, comme pour l’éolien, le nouveau rythme annuel chinois est planifié et sera maintenu, a minima, à 12 GW, l’objectif 2014 étant 14 GW [7].

L’autre pays qui a massivement investi dans le solaire PV en 2013 est le Japon, après l’introduction en 2012 d’incitations publiques, sortie de Fukushima oblige : 2 GW en 2012 mais 6,9 GW en 2013, plus du double de l’Allemagne.

Changement de rythme en Chine et au Japon, qui ont pu surprendre des regards trop européo-centrés, persuadés de la pérennité de la position pionnière de l’Europe, de l’Allemagne en particulier [8], qui n’a installé que 3 GW en 2013 et ne semblerait pas vouloir dépasser ce rythme annuel dans les années à venir.

Le fort ralentissement du déploiement de l’éolien et du solaire PV dans la majorité des pays d’Europe en 2013 s’est confirmée être "la pression des producteurs d’énergies conventionnelles - fossiles/nucléaires - et des décideurs politiques" [9], position monopolistique de fait oblige, et impératif des multinationales d’un taux de rentabilité du capital "à deux chiffres’" [10].

Hors USA et Europe, le développement du solaire PV se fait d’autant plus régulièrement et inexorablement qu’il est compétitif sans subventions publiques dans un nombre croissant de pays dans le monde [11].

Un autre facteur sera décisif dans les années à venir, en Chine en particulier : Réduire la pollution due aux centrales à charbon. La Chine semble vouloir prendre des décisions importantes en ce sens en 2014 [12]. Changement de paradigme énergétique ?


Notes

[1UNEP Global Trends in Renewable Energy Investment 2014, publié le 07 avril 2014, p.5, 6, 11

[2UNEP Global Trends in Renewable Energy Investment 2014, publié le 07 avril 2014, p.21 et 22

[3GWEC, Global Status of Wind power in 2013, publié le 09 avril 2014, p.18, 27.

[4GWEC, Global Status of Wind power in 2013, publié le 09 avril 2014, p.45.

[5GWEC, Global Status of Wind power in 2013, publié le 09 avril 2014, p.27.

[6GWEC, Global Status of Wind power in 2013, publié le 09 avril 2014, p.18, 27.

[7Mensuel neue energie mars 2014, p77.

[8"Si la transition énergétique échoue en Allemagne, elle échouera alors dans le monde entier" ; déclare le président de BUND, Allemagne, dans neue energie d’avril 2014, ce que démentent les chiffres 2013 et les tendances lourdes dans le monde. Pour tous les acteurs de la transition énergétique, politiques, économiques ou environnementaux, il est plus urgent que jamais de regarder aussi hors Europe et hors OCDE. L’avant-garde de la transition énergétique a changé de continent en 2013.

[9EPIA, Global Market Outlook for Photovoltaics 2013-2017, publié en mai 2013, p.16

[10Cf les quatre pages consacrées par le quotidien allemand Handelsblatt à Eon le 30 avril 2014, https://lwww.handelsblatt.com/

[11UNEP Global Trends in Renewable Energy Investment 2014, publié le 07 avril 2014, p.41, 42, 43

[12https://thebricspost.com/, 22avril 2014 : La Chine combat ses modèles énergétiques dépassés pour mieux contrôler ses objectifs de baisse de ses émissions de carbone. La Chine doit et veut réduire sa consommation de charbon de 320 millions de tonnes en 2014-2015 pour atteindre ses objectifs de réduction de CO2 dans le 12ème plan quinquennal (2011-2015).

Comme le précise le rapport UNEP Global Trends in Renewable Energy Investment 2014, publié le 07 avril 2014 et préfacé par le secrétaire général de l’ONU, M. Ban Ki-moon, le directeur exécutif de I’UNEP, programme Environnement de l’ONU, M. Achim Steiner, et la secrétaire exécutive de la convention UNFCCC de l’ONU pour le changement climatique, Mme Christiana Figueres, la baisse des coûts des énergies renouvelables permet que des projets solaire PV et éolien terrestre soient de plus en plus compétitifs, opportuns et réalisés sans subventions publiques dans un nombre croissant de pays dans le monde, en particulier dans les pays à fort ensoleillement ou vents, et sans ressources locales de gaz ou charbon peu chères [1].

Conditions favorables qui concernent beaucoup de pays dans le monde, en particulier en Asie, Amérique latine, Moyen Orient et Afrique, d’autant plus que leur réseau électrique actuel est peu voire pratiquement pas développé.

Les chiffres publiés début 2014 dans ce rapport UNEP tout comme ceux publiés par l’EPIA et le GWEC totalisant les investissements et nouvelles capacités installées dans le monde à fin 2013 sont clairs quant aux volumes et à la mutation de la transition énergétique de plus en plus hors Europe-USA et de plus en plus au ... Far East.

En volume des investissements, en milliards de dollars, l’Asie a investi en 2013 considérablement plus que l’Europe et les USA [2] :

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En 2013, l’Asie dans son ensemble a augmenté ses investissements dans le solaire PV et l’éolien de 96 à 107 $ milliards, Europe et USA les ont fait chuter de 125 à 84 $ milliards. Ceci s’inscrit dans une tendance décennale mais 2013 est l’année majeure de césure vers l’Asie et le Far East en particulier.

En GW installés en 2013, tant pour l’éolien que le solaire PV, le GWEC et l’EPIA confirment ce développement des énergies renouvelables mutant des pays pionniers, USA et Allemagne en particulier, vers les pays émergents et l’Asie avant tout :

Tableau "Eollien installé, en GW" [3]

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Comme le précise le GWEC dans son Global Status of Wind Power in 2013, publié en avril 2014, l’essentiel de la croissance de l’éolien est à attendre des pays hors OCDE dans les années à venir. De Chine en particulier où le rythme de 16 GW/an minimum est planifié et conforme à l’objectif de 200 GW d’éolien installés fin 2020 en Chine.

D’autant plus qu’un changement réglementaire majeur est attendu en Chine en 2014 : la mise en oeuvre effective et rigoureusement respectée de la Renewable Energy Law qui priorise l’électricité d’origine solaire PV et éolien sur le réseau chinois [4].

Cette priorisation est un enjeu décisif de changement, puisque la transition énergétique en Allemagne a prouvé depuis plus de dix ans que c’est la mesure décisive, avec les subventions publiques, pour imposer une place aux énergies renouvelables face aux énergies fossiles/nucléaires installées en position de cartel monopolistique.

La croissance de l’éolien se fait aussi au Brésil, en Afrique du Sud, en Turquie, Méxique, Asie..., partout où l’énergie éolienne est compétitive voire beaucoup moins chère que les énergies fossiles, y compris 30 % moins chère en Afrique du Sud que les centrales à charbon financées/subventionnées par la Banque Mondiale, comme le précise, légitimement dépité, le GWEC [5].

Mêmes constats de l’EPIA en mars 2014 dans son Market Report for Photovoltaics 2013, sur les capacités solaire PV installées fin 2013 :

L’année 2013 fut une nouvelle année record en nouvelles capacités installées dans le monde pour le solaire PV : 37 GW, dépassant pour la première fois les capacités annuelles installées en éolien, 35 GW.

2013 fut une nouvelle année record en solaire PV en dépit d’une chute considérable en Europe mais grâce à deux pays en particulier :

Tableau "Solaire PV installé, en GW" [6]

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D’abord la Chine, qui, comme pour l’éolien, a changé de rythme pour le solaire PV : Trois fois plus en 2013 - 11,3 GW - qu’en 2012 - 3,5 GW, mais aussi plus en Chine en 2013 qu’en Europe - 10,2 GW, la région pionnière du solaire PV. Et, comme pour l’éolien, le nouveau rythme annuel chinois est planifié et sera maintenu, a minima, à 12 GW, l’objectif 2014 étant 14 GW [7].

L’autre pays qui a massivement investi dans le solaire PV en 2013 est le Japon, après l’introduction en 2012 d’incitations publiques, sortie de Fukushima oblige : 2 GW en 2012 mais 6,9 GW en 2013, plus du double de l’Allemagne.

Changement de rythme en Chine et au Japon, qui ont pu surprendre des regards trop européo-centrés, persuadés de la pérennité de la position pionnière de l’Europe, de l’Allemagne en particulier [8], qui n’a installé que 3 GW en 2013 et ne semblerait pas vouloir dépasser ce rythme annuel dans les années à venir.

Le fort ralentissement du déploiement de l’éolien et du solaire PV dans la majorité des pays d’Europe en 2013 s’est confirmée être "la pression des producteurs d’énergies conventionnelles - fossiles/nucléaires - et des décideurs politiques" [9], position monopolistique de fait oblige, et impératif des multinationales d’un taux de rentabilité du capital "à deux chiffres’" [10].

Hors USA et Europe, le développement du solaire PV se fait d’autant plus régulièrement et inexorablement qu’il est compétitif sans subventions publiques dans un nombre croissant de pays dans le monde [11].

Un autre facteur sera décisif dans les années à venir, en Chine en particulier : Réduire la pollution due aux centrales à charbon. La Chine semble vouloir prendre des décisions importantes en ce sens en 2014 [12]. Changement de paradigme énergétique ?



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