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Sortir du nucléaire n°39

Eté 2008

Effet de serre

Vers des centrales à "charbon propre" ?

Eté 2008




La première centrale pilote au monde dite à "charbon propre" a été mise en service en Allemagne dans le Brandebourg par le groupe énergétique Vattenfall Europe.



Fonctionnant au lignite, la petite centrale thermique délivrera une puissance électrique de 30MW. Avec ce premier projet (70 millions d’euros d’investissement), le numéro 3 allemand de l’énergie cherche à démontrer à petite échelle la faisabilité technique du piégeage et de la séquestration du CO2 (technologie CCS : captage et stockage du carbone) produit par la petite centrale thermique de 30 MW lors du processus de combustion du lignite. L’option technologique retenue est l’oxycombustion.

Contrairement à ses concurrents allemands, Vattenfall Europe a fait le choix technologique de l’oxycombustion, c’est-à-dire l’utilisation d’oxygène pur comme comburant (substance qui se combine avec un combustible, dans une réaction de combustion) à la place de l’air. Ce procédé permet de produire des fumées très riches en dioxyde de carbone, en vue de faciliter le traitement de captage et stockage du carbone de ce gaz à effet de serre.

Tendre d’ici 2020 à une grosse centrale
Ce projet pilote devrait être suivi par une centrale de "démonstration" de 300 MW, dont la mise en service est prévue pour 2015. C’est seulement pour l’horizon 2020 qu’est envisagée la construction d’une première centrale rentable commercialement, de plus de 1600 MW. Mais de nombreuses incertitudes demeurent : “Aujourd’hui, nous ne pouvons pas encore dire avec certitude si la technologie fonctionnera à grande échelle. Quoiqu’il en soit, grâce aux projets pilotes en cours, nous devrions le savoir bien avant 2020”, explique Michael Donnermeyer, président du centre d’information sur les centrales à charbon respectueuses des enjeux climatiques (IZ Klima), regroupement de constructeurs et exploitants de centrales.

De nombreux obstacles à lever
Parallèlement aux défis techniques, d’autres obstacles restent à franchir : il n’existe pas encore de cadre législatif pour la capture, le transport et le stockage géologique de dioxyde de carbone. Sur ce thème, la Commission européenne a déjà présenté un projet de loi en janvier 2008, projet dont le gouvernement fédéral travaille actuellement à la transposition en droit national.

Idéalement, la loi allemande devrait être adoptée début 2008. Le projet de loi européen est globalement perçu de manière positive par les acteurs du secteur, même s’il reste à apporter des améliorations.

Sans la capture du CO2, l’avenir des centrales thermiques à charbon en Allemagne est compromis : les projets de construction de centrales à charbon classiques se heurtent de plus en plus à l’opposition de riverains ou au veto de politiques locaux.
Captage et séquestration du CO2 : un remède pire que le mal
Greenpeace a publié en mai 2008 un rapport intitulé “Faux Espoir : Pourquoi le captage et la séquestration du carbone ne sauveront pas le climat” qui dénonce les dangers de ce nouvel engouement.
Par ce rapport, Greenpeace veut, entre autres, alerter les décideurs politiques sur les dangers d’investir de l’argent public dans un “remède qui pourrait s’avérer pire que le mal”. Elle met en garde contre une industrie minière qui “prône activement la généralisation de cette technologie pour justifier la construction de nouvelles centrales thermiques au charbon”.
Source : BE Allemagne n° 386 (21/05/2008)
Ambassade de France en Allemagne / ADIT :
http://www.bulletins-electroniques.com/actualites/54719.htm

Fonctionnant au lignite, la petite centrale thermique délivrera une puissance électrique de 30MW. Avec ce premier projet (70 millions d’euros d’investissement), le numéro 3 allemand de l’énergie cherche à démontrer à petite échelle la faisabilité technique du piégeage et de la séquestration du CO2 (technologie CCS : captage et stockage du carbone) produit par la petite centrale thermique de 30 MW lors du processus de combustion du lignite. L’option technologique retenue est l’oxycombustion.

Contrairement à ses concurrents allemands, Vattenfall Europe a fait le choix technologique de l’oxycombustion, c’est-à-dire l’utilisation d’oxygène pur comme comburant (substance qui se combine avec un combustible, dans une réaction de combustion) à la place de l’air. Ce procédé permet de produire des fumées très riches en dioxyde de carbone, en vue de faciliter le traitement de captage et stockage du carbone de ce gaz à effet de serre.

Tendre d’ici 2020 à une grosse centrale
Ce projet pilote devrait être suivi par une centrale de "démonstration" de 300 MW, dont la mise en service est prévue pour 2015. C’est seulement pour l’horizon 2020 qu’est envisagée la construction d’une première centrale rentable commercialement, de plus de 1600 MW. Mais de nombreuses incertitudes demeurent : “Aujourd’hui, nous ne pouvons pas encore dire avec certitude si la technologie fonctionnera à grande échelle. Quoiqu’il en soit, grâce aux projets pilotes en cours, nous devrions le savoir bien avant 2020”, explique Michael Donnermeyer, président du centre d’information sur les centrales à charbon respectueuses des enjeux climatiques (IZ Klima), regroupement de constructeurs et exploitants de centrales.

De nombreux obstacles à lever
Parallèlement aux défis techniques, d’autres obstacles restent à franchir : il n’existe pas encore de cadre législatif pour la capture, le transport et le stockage géologique de dioxyde de carbone. Sur ce thème, la Commission européenne a déjà présenté un projet de loi en janvier 2008, projet dont le gouvernement fédéral travaille actuellement à la transposition en droit national.

Idéalement, la loi allemande devrait être adoptée début 2008. Le projet de loi européen est globalement perçu de manière positive par les acteurs du secteur, même s’il reste à apporter des améliorations.

Sans la capture du CO2, l’avenir des centrales thermiques à charbon en Allemagne est compromis : les projets de construction de centrales à charbon classiques se heurtent de plus en plus à l’opposition de riverains ou au veto de politiques locaux.
Captage et séquestration du CO2 : un remède pire que le mal
Greenpeace a publié en mai 2008 un rapport intitulé “Faux Espoir : Pourquoi le captage et la séquestration du carbone ne sauveront pas le climat” qui dénonce les dangers de ce nouvel engouement.
Par ce rapport, Greenpeace veut, entre autres, alerter les décideurs politiques sur les dangers d’investir de l’argent public dans un “remède qui pourrait s’avérer pire que le mal”. Elle met en garde contre une industrie minière qui “prône activement la généralisation de cette technologie pour justifier la construction de nouvelles centrales thermiques au charbon”.
Source : BE Allemagne n° 386 (21/05/2008)
Ambassade de France en Allemagne / ADIT :
http://www.bulletins-electroniques.com/actualites/54719.htm



Thèmes
Nucléaire et climat