Réseau Sortir du nucléaire
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Sortir du nucléaire n°56

Hiver 2012-2013

En bref

La sortie du nucléaire marque des points !

Hiver 2012-2013




Pollution radioactive à Golfech : victoire contre EDF !

En janvier 2010, 450 litres d’effluents radioactifs provenant de la centrale de Golfech ont été accidentellement déversés dans le milieu naturel. Après enquête, il s’avère que ce déversement a été causé par un enchaînement de défaillances techniques au sein de la centrale.

Le 5 novembre 2010, le Réseau "Sortir du nucléaire", FNE Midi-Pyrénées et les Amis de la Terre Midi-Pyrénées, soutenus par de nombreuses associations locales, ont décidé de porter plainte. Le Parquet n’ayant pas poursuivi ces faits, EDF a été citée directement devant les juridictions.

Le 29 mars 2012, le tribunal de police de Castelsarrasin a relaxé EDF, en dépit des réquisitions du procureur. Les associations et le Parquet ont fait appel de cette décision. L’audience devant la Cour d’appel de Toulouse a eu lieu le 1er octobre 2012. L’avocat général, représentant du ministère public en appel, a requis une condamnation pour deux des trois infractions soulevées par les parties civiles. L’affaire a été mise en délibéré et le verdict a été rendu le 3 décembre 2012. EDF a été reconnue coupable de deux infractions et a été condamnée à payer 4000 euros d’amende et à verser 1500 euros de dommages et intérêts à chacune des parties civiles.

Cette condamnation relative à des problèmes d’application de la réglementation technique en matière nucléaire est une première ! Le Réseau "Sortir du nucléaire" se félicite donc de ce verdict et espère qu’il marquera un tournant dans la jurisprudence en ce domaine, pour mettre fin à l’impunité des pollueurs.

Toute notre actu juridique sur http://www.sortirdunucleaire.org/Juriblog

Les Jeunes Socialistes, eux, veulent sortir du nucléaire !

Le Mouvement des Jeunes Socialistes a publié sa contribution au débat national sur l’énergie. Ils sont manifestement bien plus avancés que leurs aînés, puisque leur contribution est largement appuyée sur les scénarios négaWatt 2011 et Afterres 2050 (scénario de transformation de notre système agricole), que nous avons déjà présentés dans une précédente revue, et fixe comme objectif une France produisant 90 % de son énergie à partir de sources renouvelables en 2050.

On y lit que "le risque nucléaire existe bel et bien comme nous avons pu le constater depuis le début de l’exploitation du nucléaire civil, à Fukushima et en Europe. Il doit nous amener à remettre en question cette source de production énergétique pour laquelle la France investit tant chaque année, et qui représentait en 2010 plus de 75 % de la production d’électricité française. [...] Le débat public nécessaire au règlement du problème que représente la dépendance française à l’énergie nucléaire est actuellement confisqué par des lobbies, il existe pourtant un véritable enjeu démocratique local et national autour de cette question, une majorité de Français étant favorable à une sortie programmée du nucléaire."

Les Jeunes Socialistes font également preuve de lucidité sur le caractère anti-démocratique de notre système énergétique : "le débat sur nos sources d’approvisionnement s’est révélé être tout sauf démocratique, ne laissant aucune place à la consultation citoyenne. Ajoutons à cela un modèle énergétique basé sur le pétrole ou le nucléaire, fortement centralisé autour de quelques entreprises oligopolistiques détenant les moyens d’extraction ou de production, et nous obtenons un système énergétique anti-démocratique." […] Les errements passés des socialistes sur les choix énergétiques, notamment sur la question du nucléaire dès 1981 et 1997, n’ont pas été le meilleur exemple de volontarisme politique face aux puissances économiques. […] Cette absence de choix pénalise malheureusement les plus pauvres, pour n’enrichir qu’une minorité, celle qui détient les entreprises tentaculaires, centralisatrices et oligopolistiques du pétrole, du gaz ou du nucléaire."

Le MJS en appelle à "investir enfin dans une recherche publique sur les énergies renouvelables, indépendante du modèle nucléaire" et à "planifier une sortie du nucléaire démocratique et citoyenne". Il détaille : "L’objectif est clair, il est celui de la sortie du nucléaire en 2035 en France, passant par l’extinction progressive des 58 réacteurs français." Le mouvement veut "faire du site de Fessenheim un site d’expertise du démantèlement de centrale nucléaire" et "engager un plan massif de recherche en matière de démantèlement des centrales nucléaires, générateur de milliers d’emplois sur 30 à 40 ans."

Lapsus révélateur à l’UMP...

Le 25 novembre dernier, Le Figaro.fr rapportait les propos d’ "un ancien ministre" UMP, qui commentait la tentative de médiation proposée par Alain Juppé pour tenter d’arbitrer la lamentable saga "pipolitique" qui oppose Jean-François Copé et François Fillon dans leur combat pour la présidence de l’UMP :

"Nous devons être très, très, très prudents. Le réacteur nucléaire a explosé et irradie tous ceux qui s’approchent de lui. Nous ne pourrons intervenir qu’avec un maximum de précaution. Sans quoi nous finirons par rejoindre le champ des morts."

Comme quoi, à l’UMP aussi, certains ont du mal à croire que "le nucléaire français est le plus sûr au monde"...

Finlande : un projet de réacteur nucléaire agonise

En octobre dernier, un coup sans doute décisif a été porté au projet de nouveau réacteur nucléaire que l’entreprise finlandaise Fennovoima ambitionne de construire sur le site de Pyhäjoki, dans le nord du pays, pour fournir des entreprises métallurgiques, grosses consommatrices d’électricité. Le plus gros actionnaire, l’électricien E.On, détenteur de 34 % du capital, a en effet annoncé son retrait du projet. E.On s’était déjà retiré des projets de nouveaux réacteurs en Grande-Bretagne. Auparavant, huit actionnaires avaient déjà quitté le projet Fennovoima au cours de l’année 2012, tandis que deux réduisaient leur participation. On sait également que la ville de Kemi a entamé un processus visant à annuler la participation financière de l’entreprise énergétique communale, participation qui avait été prise sans l’aval du conseil municipal. Il est probable que Fennovoima risque de perdre encore du capital, et d’autres investisseurs pourraient se désengager en réaction.

Nombre d’observateurs estiment qu’il sera très difficile à Fennovoima de trouver un nouvel investisseur. Si le projet n’est pas encore définitivement mort, il est en tout cas très mal en point.

Sources : Nuclear Heritage, Bloomberg, Reuters

Procès de Valognes : les trois porte-parole relaxés

En novembre 2011, le collectif Valognes Stop Castor lançait un appel à la tenue d’un camp ayant pour objectif de perturber le passage d’un train CASTOR (transport de déchets nucléaires hautement radioactifs) en provenance de l’usine de La Hague et à destination de Gorleben en Allemagne.

Trop déçu de n’avoir pu mettre la main sur les initiateurs de ce mouvement de contestation, l’État s’est permis de déposer une plainte contre les trois personnes s’étant portées volontaires comme porte-parole du mouvement face aux médias. "Provocation directe suivie d’effets à un attroupement armé", "complicité de destruction de biens d’autrui" et "organisation d’une manifestation interdite", tels étaient les chefs d’inculpation mis sur leur dos lors d’un procès à Cherbourg le 9 octobre dernier.

À l’issue d’une audience sous haute tension, les 200 militants venus soutenir leurs camarades ont laissé éclater leur joie à l’annonce de la relaxe. Aucun appel n’ayant été déposé par le ministère public, l’affaire (judiciaire) s’arrête ici, mais sur le terrain tout ne fait que commencer...

Les Lituaniens en majorité opposés à une nouvelle centrale nucléaire

Le 15 octobre 2012, les Lituaniens ont majoritairement refusé la construction d’une nouvelle centrale nucléaire sur le site d’Ignalina, qui accueillait une centrale vétuste fermée en 2009. Ce référendum avait seulement une valeur consultative, mais laisse désormais planer un gros point d’interrogation sur le projet. Près de 63 % des votants se sont exprimés contre la centrale, et seulement 34 % en sa faveur. Le référendum peut compliquer les plans des firmes énergétiques des pays baltes voisins, qui espéraient contribuer financièrement au projet.

En même temps que le référendum, une élection nationale a eu lieu, qui a abouti à un changement de gouvernement. Les leaders des deux partis d’opposition qui se sont le mieux sorti des élections ont déclaré que le projet ne pouvait pas se poursuivre dans sa forme actuelle, et ont demandé plus d’informations, en particulier sur le financement. "Nous ne sommes pas contre le nucléaire, mais nous sommes contre ce projet qui a été proposé très tardivement au parlement", a déclaré Algirdas Butkevicius, leader du Parti Social Démocrate.

Un parti antinucléaire voit le jour au Japon

Un parti politique antinucléaire est né mercredi 28 novembre au Japon pour encourager le développement de nouvelles énergies, près de deux ans après l’accident de Fukushima et deux semaines avant des élections législatives.

Né à l’initiative de la gouverneure de la préfecture de Shiga (Centre-Ouest), Yukiko Kada, le Parti de l’avenir du Japon rassemble les formations opposées au recours à l’énergie nucléaire.

La formation Le peuple est prioritaire, récemment créée par Ichiro Ozawa, un ténor dissident du Parti démocrate du Japon (PDJ, centre-gauche, au pouvoir) a donné son accord pour rejoindre les rangs de Mme Kada, de même que d’autres petits mouvements prônant l’arrêt progressif de l’exploitation de l’atome. Tous veulent ainsi constituer ensemble une "troisième force" – par opposition aux deux grands que sont le PDJ et le Parti libéral-démocrate (PLD, droite) –, et contre le Parti de la restauration, conduit par le très nationaliste ex-gouverneur de Tokyo et le maire d’Osaka, figure montante de la politique nippone.

"Il ne s’agit pas seulement de proclamer l’abandon de l’énergie nucléaire, mais de développer d’autres formes d’énergie, de songer à l’économie des régions qui hébergent des centrales atomiques", a insisté Mme Kada. Et de poursuivre : "Si on ne propose pas des solutions à tous ces problèmes connexes, on n’arrivera pas à réaliser une société sans énergie atomique."

Mme Kada, élue locale qui s’était distinguée en s’opposant au redémarrage de deux réacteurs dans la préfecture de Fukui, à proximité de la sienne, est soutenue par des personnalités comme le compositeur Ryuichi Sakamoto, l’un des meneurs d’une vague de manifestations antinucléaires organisées au printemps et à l’été derniers.

Les formations anti-nucléaires vont avoir fort à faire, alors que le PLD (Parti Libéral-Démocrate) pro-nucléaire a remporté les législatives, évinçant le PDJ (Parti Démocrate du Japon) qui tenait les rênes du pouvoir lorsque s’est produit la catastrophe de Fukushima... Triste paradoxe que ce retour du PLD aux manettes.

Source : Le Monde (28/11/12), Libération (16/12/12)

Électricité renouvelable : le Danemark franchit la barre des 40%

C’est officiel depuis fin septembre 2012 : l’Agence Danois de l’Énergie a annoncé que le pays a franchi le seuil de 40% d’électricité produite par des sources renouvelables. Le Danemark fait donc même mieux que l’Allemagne, qui a pourtant en seulement six mois fait passer sa part de renouvelables dans la production d’électricité de 20 à 2%, une performance à des années-lumière de ce que réalise la France (moins de 15%, en baisse depuis des années). En 2011, la seule énergie éolienne fournissait déjà 28,1% de l’électricité danoise !

Pour ce petit pays de 5,5 millions d’habitants, l’ensemble de la production énergétique (électricité, chaleur, transports...) est déjà assurée à près de 24% par les renouvelables. À la différence de l’Autriche et de la Norvège dont l’importante production renouvelable repose en bonne part sur un potentiel hydroélectrique déjà largement exploité, le Danemark (comme l’Allemagne) réalise sa transition énergétique avec l’éolien et le solaire. Et son ambition est claire : objectif 100 % renouvelables en 2050 !

Source : www.renewablesinternational.net

Pollution radioactive à Golfech : victoire contre EDF !

En janvier 2010, 450 litres d’effluents radioactifs provenant de la centrale de Golfech ont été accidentellement déversés dans le milieu naturel. Après enquête, il s’avère que ce déversement a été causé par un enchaînement de défaillances techniques au sein de la centrale.

Le 5 novembre 2010, le Réseau "Sortir du nucléaire", FNE Midi-Pyrénées et les Amis de la Terre Midi-Pyrénées, soutenus par de nombreuses associations locales, ont décidé de porter plainte. Le Parquet n’ayant pas poursuivi ces faits, EDF a été citée directement devant les juridictions.

Le 29 mars 2012, le tribunal de police de Castelsarrasin a relaxé EDF, en dépit des réquisitions du procureur. Les associations et le Parquet ont fait appel de cette décision. L’audience devant la Cour d’appel de Toulouse a eu lieu le 1er octobre 2012. L’avocat général, représentant du ministère public en appel, a requis une condamnation pour deux des trois infractions soulevées par les parties civiles. L’affaire a été mise en délibéré et le verdict a été rendu le 3 décembre 2012. EDF a été reconnue coupable de deux infractions et a été condamnée à payer 4000 euros d’amende et à verser 1500 euros de dommages et intérêts à chacune des parties civiles.

Cette condamnation relative à des problèmes d’application de la réglementation technique en matière nucléaire est une première ! Le Réseau "Sortir du nucléaire" se félicite donc de ce verdict et espère qu’il marquera un tournant dans la jurisprudence en ce domaine, pour mettre fin à l’impunité des pollueurs.

Toute notre actu juridique sur http://www.sortirdunucleaire.org/Juriblog

Les Jeunes Socialistes, eux, veulent sortir du nucléaire !

Le Mouvement des Jeunes Socialistes a publié sa contribution au débat national sur l’énergie. Ils sont manifestement bien plus avancés que leurs aînés, puisque leur contribution est largement appuyée sur les scénarios négaWatt 2011 et Afterres 2050 (scénario de transformation de notre système agricole), que nous avons déjà présentés dans une précédente revue, et fixe comme objectif une France produisant 90 % de son énergie à partir de sources renouvelables en 2050.

On y lit que "le risque nucléaire existe bel et bien comme nous avons pu le constater depuis le début de l’exploitation du nucléaire civil, à Fukushima et en Europe. Il doit nous amener à remettre en question cette source de production énergétique pour laquelle la France investit tant chaque année, et qui représentait en 2010 plus de 75 % de la production d’électricité française. [...] Le débat public nécessaire au règlement du problème que représente la dépendance française à l’énergie nucléaire est actuellement confisqué par des lobbies, il existe pourtant un véritable enjeu démocratique local et national autour de cette question, une majorité de Français étant favorable à une sortie programmée du nucléaire."

Les Jeunes Socialistes font également preuve de lucidité sur le caractère anti-démocratique de notre système énergétique : "le débat sur nos sources d’approvisionnement s’est révélé être tout sauf démocratique, ne laissant aucune place à la consultation citoyenne. Ajoutons à cela un modèle énergétique basé sur le pétrole ou le nucléaire, fortement centralisé autour de quelques entreprises oligopolistiques détenant les moyens d’extraction ou de production, et nous obtenons un système énergétique anti-démocratique." […] Les errements passés des socialistes sur les choix énergétiques, notamment sur la question du nucléaire dès 1981 et 1997, n’ont pas été le meilleur exemple de volontarisme politique face aux puissances économiques. […] Cette absence de choix pénalise malheureusement les plus pauvres, pour n’enrichir qu’une minorité, celle qui détient les entreprises tentaculaires, centralisatrices et oligopolistiques du pétrole, du gaz ou du nucléaire."

Le MJS en appelle à "investir enfin dans une recherche publique sur les énergies renouvelables, indépendante du modèle nucléaire" et à "planifier une sortie du nucléaire démocratique et citoyenne". Il détaille : "L’objectif est clair, il est celui de la sortie du nucléaire en 2035 en France, passant par l’extinction progressive des 58 réacteurs français." Le mouvement veut "faire du site de Fessenheim un site d’expertise du démantèlement de centrale nucléaire" et "engager un plan massif de recherche en matière de démantèlement des centrales nucléaires, générateur de milliers d’emplois sur 30 à 40 ans."

Lapsus révélateur à l’UMP...

Le 25 novembre dernier, Le Figaro.fr rapportait les propos d’ "un ancien ministre" UMP, qui commentait la tentative de médiation proposée par Alain Juppé pour tenter d’arbitrer la lamentable saga "pipolitique" qui oppose Jean-François Copé et François Fillon dans leur combat pour la présidence de l’UMP :

"Nous devons être très, très, très prudents. Le réacteur nucléaire a explosé et irradie tous ceux qui s’approchent de lui. Nous ne pourrons intervenir qu’avec un maximum de précaution. Sans quoi nous finirons par rejoindre le champ des morts."

Comme quoi, à l’UMP aussi, certains ont du mal à croire que "le nucléaire français est le plus sûr au monde"...

Finlande : un projet de réacteur nucléaire agonise

En octobre dernier, un coup sans doute décisif a été porté au projet de nouveau réacteur nucléaire que l’entreprise finlandaise Fennovoima ambitionne de construire sur le site de Pyhäjoki, dans le nord du pays, pour fournir des entreprises métallurgiques, grosses consommatrices d’électricité. Le plus gros actionnaire, l’électricien E.On, détenteur de 34 % du capital, a en effet annoncé son retrait du projet. E.On s’était déjà retiré des projets de nouveaux réacteurs en Grande-Bretagne. Auparavant, huit actionnaires avaient déjà quitté le projet Fennovoima au cours de l’année 2012, tandis que deux réduisaient leur participation. On sait également que la ville de Kemi a entamé un processus visant à annuler la participation financière de l’entreprise énergétique communale, participation qui avait été prise sans l’aval du conseil municipal. Il est probable que Fennovoima risque de perdre encore du capital, et d’autres investisseurs pourraient se désengager en réaction.

Nombre d’observateurs estiment qu’il sera très difficile à Fennovoima de trouver un nouvel investisseur. Si le projet n’est pas encore définitivement mort, il est en tout cas très mal en point.

Sources : Nuclear Heritage, Bloomberg, Reuters

Procès de Valognes : les trois porte-parole relaxés

En novembre 2011, le collectif Valognes Stop Castor lançait un appel à la tenue d’un camp ayant pour objectif de perturber le passage d’un train CASTOR (transport de déchets nucléaires hautement radioactifs) en provenance de l’usine de La Hague et à destination de Gorleben en Allemagne.

Trop déçu de n’avoir pu mettre la main sur les initiateurs de ce mouvement de contestation, l’État s’est permis de déposer une plainte contre les trois personnes s’étant portées volontaires comme porte-parole du mouvement face aux médias. "Provocation directe suivie d’effets à un attroupement armé", "complicité de destruction de biens d’autrui" et "organisation d’une manifestation interdite", tels étaient les chefs d’inculpation mis sur leur dos lors d’un procès à Cherbourg le 9 octobre dernier.

À l’issue d’une audience sous haute tension, les 200 militants venus soutenir leurs camarades ont laissé éclater leur joie à l’annonce de la relaxe. Aucun appel n’ayant été déposé par le ministère public, l’affaire (judiciaire) s’arrête ici, mais sur le terrain tout ne fait que commencer...

Les Lituaniens en majorité opposés à une nouvelle centrale nucléaire

Le 15 octobre 2012, les Lituaniens ont majoritairement refusé la construction d’une nouvelle centrale nucléaire sur le site d’Ignalina, qui accueillait une centrale vétuste fermée en 2009. Ce référendum avait seulement une valeur consultative, mais laisse désormais planer un gros point d’interrogation sur le projet. Près de 63 % des votants se sont exprimés contre la centrale, et seulement 34 % en sa faveur. Le référendum peut compliquer les plans des firmes énergétiques des pays baltes voisins, qui espéraient contribuer financièrement au projet.

En même temps que le référendum, une élection nationale a eu lieu, qui a abouti à un changement de gouvernement. Les leaders des deux partis d’opposition qui se sont le mieux sorti des élections ont déclaré que le projet ne pouvait pas se poursuivre dans sa forme actuelle, et ont demandé plus d’informations, en particulier sur le financement. "Nous ne sommes pas contre le nucléaire, mais nous sommes contre ce projet qui a été proposé très tardivement au parlement", a déclaré Algirdas Butkevicius, leader du Parti Social Démocrate.

Un parti antinucléaire voit le jour au Japon

Un parti politique antinucléaire est né mercredi 28 novembre au Japon pour encourager le développement de nouvelles énergies, près de deux ans après l’accident de Fukushima et deux semaines avant des élections législatives.

Né à l’initiative de la gouverneure de la préfecture de Shiga (Centre-Ouest), Yukiko Kada, le Parti de l’avenir du Japon rassemble les formations opposées au recours à l’énergie nucléaire.

La formation Le peuple est prioritaire, récemment créée par Ichiro Ozawa, un ténor dissident du Parti démocrate du Japon (PDJ, centre-gauche, au pouvoir) a donné son accord pour rejoindre les rangs de Mme Kada, de même que d’autres petits mouvements prônant l’arrêt progressif de l’exploitation de l’atome. Tous veulent ainsi constituer ensemble une "troisième force" – par opposition aux deux grands que sont le PDJ et le Parti libéral-démocrate (PLD, droite) –, et contre le Parti de la restauration, conduit par le très nationaliste ex-gouverneur de Tokyo et le maire d’Osaka, figure montante de la politique nippone.

"Il ne s’agit pas seulement de proclamer l’abandon de l’énergie nucléaire, mais de développer d’autres formes d’énergie, de songer à l’économie des régions qui hébergent des centrales atomiques", a insisté Mme Kada. Et de poursuivre : "Si on ne propose pas des solutions à tous ces problèmes connexes, on n’arrivera pas à réaliser une société sans énergie atomique."

Mme Kada, élue locale qui s’était distinguée en s’opposant au redémarrage de deux réacteurs dans la préfecture de Fukui, à proximité de la sienne, est soutenue par des personnalités comme le compositeur Ryuichi Sakamoto, l’un des meneurs d’une vague de manifestations antinucléaires organisées au printemps et à l’été derniers.

Les formations anti-nucléaires vont avoir fort à faire, alors que le PLD (Parti Libéral-Démocrate) pro-nucléaire a remporté les législatives, évinçant le PDJ (Parti Démocrate du Japon) qui tenait les rênes du pouvoir lorsque s’est produit la catastrophe de Fukushima... Triste paradoxe que ce retour du PLD aux manettes.

Source : Le Monde (28/11/12), Libération (16/12/12)

Électricité renouvelable : le Danemark franchit la barre des 40%

C’est officiel depuis fin septembre 2012 : l’Agence Danois de l’Énergie a annoncé que le pays a franchi le seuil de 40% d’électricité produite par des sources renouvelables. Le Danemark fait donc même mieux que l’Allemagne, qui a pourtant en seulement six mois fait passer sa part de renouvelables dans la production d’électricité de 20 à 2%, une performance à des années-lumière de ce que réalise la France (moins de 15%, en baisse depuis des années). En 2011, la seule énergie éolienne fournissait déjà 28,1% de l’électricité danoise !

Pour ce petit pays de 5,5 millions d’habitants, l’ensemble de la production énergétique (électricité, chaleur, transports...) est déjà assurée à près de 24% par les renouvelables. À la différence de l’Autriche et de la Norvège dont l’importante production renouvelable repose en bonne part sur un potentiel hydroélectrique déjà largement exploité, le Danemark (comme l’Allemagne) réalise sa transition énergétique avec l’éolien et le solaire. Et son ambition est claire : objectif 100 % renouvelables en 2050 !

Source : www.renewablesinternational.net



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