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Sortir du nucléaire n°50

Eté 2011

Editorial

"Tirer les leçons de Fukushima", c’est sortir du nucléaire !

Eté 2011




Fukushima. Le 11 mars 2011 restera comme la date de naissance de la catastrophe qui réactualise le risque nucléaire dans les consciences. Un horrible remake de Tchernobyl : contamination massive des sols, des cultures, des forêts, des eaux et des êtres vivants. Et l’impuissance des hommes à enrayer le processus qu’ils ont enclenché...

Les informations ne filtrent qu’au compte-gouttes, et les Japonais sont confrontés à l’opacité la plus caractérisée. Fukushima ne fait que commencer et déjà les médias n’en parlent presque plus. Mais l’atome a la vie longue et continuera son travail de sape du vivant pendant très, très longtemps.

Reste que Fukushima rebat les cartes. L’Allemagne a arrêté provisoirement huit réacteurs, puis a décidé de sortir du nucléaire en 2022. La Suisse a décidé de sortir du nucléaire en 2034.
[Dernière minute : le 13 juin, 90 % des Italiens ont refusé par référendum la relance du nucléaire !] Quant au Japon, se dessine une réorientation de sa politique vers les renouvelables et les économies d’énergie. Nombre d’acteurs ont compris que "le nucléaire est mort", selon le mot de l’économiste américain Jeremy Rifkin.

Mais en France, les cocoricos demeurent de rigueur : “On est les meilleurs, avec l’EPR ça ne serait pas arrivé, nucléaire en avant toute !” Parlons-en, de l’EPR... pas encore construit, il fait déjà des victimes : les Indiens manifestant contre l’implantation de réacteurs EPR à Jaitapur, en zone sismique, ont déploré en avril un mort et des dizaines de blessés. On nous parle de “retours d’expérience”, de “tirer les leçons” de Fukushima pour “améliorer” la sûreté des réacteurs. Et on nous promet des “stress tests” pour faire avaler la couleuvre.

Avec Fukushima, le mirage de la “renaissance” du nucléaire se fracasse contre le mur de la réalité. Aujourd’hui, le nucléaire, ça ne se discute plus : il faut en sortir. Les solutions existent, ici et maintenant : la sobriété, l’efficacité énergétique, les renouvelables !

La révolution énergétique est incontournable. Elle est aussi une formidable opportunité, et la France ne doit pas rester sur le bord du chemin. Les responsables politiques, d’aujourd’hui ou de 2012, doivent désormais renoncer au dogme de l’atome. Faudra-t-il encore une catastrophe pour qu’ils ouvrent enfin les yeux ?


Nadine Schneider
Administratrice du Réseau “Sortir du nucléaire”

Fukushima. Le 11 mars 2011 restera comme la date de naissance de la catastrophe qui réactualise le risque nucléaire dans les consciences. Un horrible remake de Tchernobyl : contamination massive des sols, des cultures, des forêts, des eaux et des êtres vivants. Et l’impuissance des hommes à enrayer le processus qu’ils ont enclenché...

Les informations ne filtrent qu’au compte-gouttes, et les Japonais sont confrontés à l’opacité la plus caractérisée. Fukushima ne fait que commencer et déjà les médias n’en parlent presque plus. Mais l’atome a la vie longue et continuera son travail de sape du vivant pendant très, très longtemps.

Reste que Fukushima rebat les cartes. L’Allemagne a arrêté provisoirement huit réacteurs, puis a décidé de sortir du nucléaire en 2022. La Suisse a décidé de sortir du nucléaire en 2034.
[Dernière minute : le 13 juin, 90 % des Italiens ont refusé par référendum la relance du nucléaire !] Quant au Japon, se dessine une réorientation de sa politique vers les renouvelables et les économies d’énergie. Nombre d’acteurs ont compris que "le nucléaire est mort", selon le mot de l’économiste américain Jeremy Rifkin.

Mais en France, les cocoricos demeurent de rigueur : “On est les meilleurs, avec l’EPR ça ne serait pas arrivé, nucléaire en avant toute !” Parlons-en, de l’EPR... pas encore construit, il fait déjà des victimes : les Indiens manifestant contre l’implantation de réacteurs EPR à Jaitapur, en zone sismique, ont déploré en avril un mort et des dizaines de blessés. On nous parle de “retours d’expérience”, de “tirer les leçons” de Fukushima pour “améliorer” la sûreté des réacteurs. Et on nous promet des “stress tests” pour faire avaler la couleuvre.

Avec Fukushima, le mirage de la “renaissance” du nucléaire se fracasse contre le mur de la réalité. Aujourd’hui, le nucléaire, ça ne se discute plus : il faut en sortir. Les solutions existent, ici et maintenant : la sobriété, l’efficacité énergétique, les renouvelables !

La révolution énergétique est incontournable. Elle est aussi une formidable opportunité, et la France ne doit pas rester sur le bord du chemin. Les responsables politiques, d’aujourd’hui ou de 2012, doivent désormais renoncer au dogme de l’atome. Faudra-t-il encore une catastrophe pour qu’ils ouvrent enfin les yeux ?


Nadine Schneider
Administratrice du Réseau “Sortir du nucléaire”


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