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Sortir du nucléaire n°54

Eté 2012

Nucléaire et pesticides : même combat

Eté 2012




L’écologie ayant été quasiment absente de l’élection présidentielle, l’avenir du nucléaire n’a été évoqué que par les deux candidats restés en lice au deuxième tour. Mon opinion sur le nucléaire n’a jamais varié : au nom de l’éthique, j’ai toujours pensé qu’il était profondément choquant de transférer sur les générations futures des déchets dont la radioactivité durera des dizaines de milliers d’années et des centrales dont le démantèlement exigera des moyens techniques et financiers colossaux. À cela s’ajoutent les conséquences catastrophiques des grands accidents nucléaires dont chacun, Tchernobyl ou Fukushima, entraîne un brusque reflux à l’égard de cette source d’énergie.

Dans son ouvrage remarquablement documenté, "La troisième révolution industrielle", Jérémy Rifkin insiste sur les alternatives aux combustibles fossiles inexorablement condamnés à terme et au nucléaire. À ses yeux, dans un demi-siècle, la deuxième révolution industrielle fondée sur le pétrole laissera la place aux énergies renouvelables produites dans des unités de production nombreuses et disséminées comme par exemple les maisons passives ou les moyens de transport à faibles coûts énergétiques. La sortie du nucléaire est donc possible à terme puisque des solutions alternatives plus satisfaisantes se dessinent dès à présent.

L’Institut Européen d’Ecologie que je préside s’est toujours gardé de donner dans le catastrophisme, plus enclin à proposer des solutions crédibles et pertinentes pour maitriser la crise écologique. Ces solutions en matière d’énergie, nous les avons déjà. Il convient de leur accorder une priorité absolue.

Le biologiste que je suis est particulièrement mobilisé sur les relations entre l’environnement et la santé. J’ai donc consacré mon dernier ouvrage à la question si préoccupante des pesticides de synthèse dont les impacts affectent gravement la reproduction humaine. Ces molécules sont responsables du recul continu du taux de spermatozoïdes mais aussi de la vigueur de ces derniers d’où la montée rapide de la stérilité masculine. Parallèlement, les cancers du sein et de la prostate s’envolent même si les stratégies thérapeutiques progressent et tendent à réduire les taux de mortalité qui en résultent.

Or comme dans le nucléaire, des solutions existent. Je les ai passées en revue dans cet ouvrage, qu’il s’agisse des pratiques de l’agriculture biologique ou des recherches en agronomie où l’on passe du combat frontal contre les pathogènes, grâce à des molécules "tueuses" dont les noms se terminent en "cide", à des stratégies plus douces et inhérentes à la nature : stimulation des défenses naturelles des plantes, des symbioses des racines avec des champignons qui les nourrissent et ainsi les renforcent, des capacités des plantes à émettre par leurs racines des molécules qui s’opposent naturellement à leurs compétiteurs, sans oublier les effets de la musique sur les plantes, que nous révèlent des études scientifiques récentes et de haut niveau fondées sur la biologie moléculaire et la physique quantique.

Ainsi les énergies renouvelables et l’agriculture durable se dessinent comme des alternatives crédibles aux pratiques actuelles. D’un côté des énergies douces décentralisées distribuées en réseaux grâce à l’informatique illustrant le fameux "small is beautiful" de Schumacher. De l’autre des molécules naturelles peu préoccupantes et sans impact sur la santé. Dans ces deux domaines une véritable métamorphose est en cours, comme aime à le dire mon ami Edgar Morin et ce sera l’honneur de l’écologie de l’avoir proposée, défendue et promue.

Jean-Marie Pelt

Président de l’Institut Européen d’Écologie, professeur Honoraire de l’Université de Metz.

L’écologie ayant été quasiment absente de l’élection présidentielle, l’avenir du nucléaire n’a été évoqué que par les deux candidats restés en lice au deuxième tour. Mon opinion sur le nucléaire n’a jamais varié : au nom de l’éthique, j’ai toujours pensé qu’il était profondément choquant de transférer sur les générations futures des déchets dont la radioactivité durera des dizaines de milliers d’années et des centrales dont le démantèlement exigera des moyens techniques et financiers colossaux. À cela s’ajoutent les conséquences catastrophiques des grands accidents nucléaires dont chacun, Tchernobyl ou Fukushima, entraîne un brusque reflux à l’égard de cette source d’énergie.

Dans son ouvrage remarquablement documenté, "La troisième révolution industrielle", Jérémy Rifkin insiste sur les alternatives aux combustibles fossiles inexorablement condamnés à terme et au nucléaire. À ses yeux, dans un demi-siècle, la deuxième révolution industrielle fondée sur le pétrole laissera la place aux énergies renouvelables produites dans des unités de production nombreuses et disséminées comme par exemple les maisons passives ou les moyens de transport à faibles coûts énergétiques. La sortie du nucléaire est donc possible à terme puisque des solutions alternatives plus satisfaisantes se dessinent dès à présent.

L’Institut Européen d’Ecologie que je préside s’est toujours gardé de donner dans le catastrophisme, plus enclin à proposer des solutions crédibles et pertinentes pour maitriser la crise écologique. Ces solutions en matière d’énergie, nous les avons déjà. Il convient de leur accorder une priorité absolue.

Le biologiste que je suis est particulièrement mobilisé sur les relations entre l’environnement et la santé. J’ai donc consacré mon dernier ouvrage à la question si préoccupante des pesticides de synthèse dont les impacts affectent gravement la reproduction humaine. Ces molécules sont responsables du recul continu du taux de spermatozoïdes mais aussi de la vigueur de ces derniers d’où la montée rapide de la stérilité masculine. Parallèlement, les cancers du sein et de la prostate s’envolent même si les stratégies thérapeutiques progressent et tendent à réduire les taux de mortalité qui en résultent.

Or comme dans le nucléaire, des solutions existent. Je les ai passées en revue dans cet ouvrage, qu’il s’agisse des pratiques de l’agriculture biologique ou des recherches en agronomie où l’on passe du combat frontal contre les pathogènes, grâce à des molécules "tueuses" dont les noms se terminent en "cide", à des stratégies plus douces et inhérentes à la nature : stimulation des défenses naturelles des plantes, des symbioses des racines avec des champignons qui les nourrissent et ainsi les renforcent, des capacités des plantes à émettre par leurs racines des molécules qui s’opposent naturellement à leurs compétiteurs, sans oublier les effets de la musique sur les plantes, que nous révèlent des études scientifiques récentes et de haut niveau fondées sur la biologie moléculaire et la physique quantique.

Ainsi les énergies renouvelables et l’agriculture durable se dessinent comme des alternatives crédibles aux pratiques actuelles. D’un côté des énergies douces décentralisées distribuées en réseaux grâce à l’informatique illustrant le fameux "small is beautiful" de Schumacher. De l’autre des molécules naturelles peu préoccupantes et sans impact sur la santé. Dans ces deux domaines une véritable métamorphose est en cours, comme aime à le dire mon ami Edgar Morin et ce sera l’honneur de l’écologie de l’avoir proposée, défendue et promue.

Jean-Marie Pelt

Président de l’Institut Européen d’Écologie, professeur Honoraire de l’Université de Metz.



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Energies renouvelables