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Sortir du nucléaire n°63

Novembre 2014

Nucléaire militaire

Laser Mégajoule, première "explosion" le 2 décembre !

Novembre 2014




Le laser Mégajoule va effectuer son premier tir le 2 décembre prochain au Barp, près de Bordeaux. Objectif : les armes nucléaires du futur. Coût estimé : 3,35 milliards d’euros. Taille de la cible : 2,4 mm, puissance de l’explosion : 5 kilos de dynamite ! Probabilité de réussite : presque zéro…



Ce laser le plus puissant du monde est l’installation phare du programme de simulation. Décidé il y a plus de 20 ans, ce programme est rendu public fin 1993, en plein moratoire des essais décidé par François Mitterrand.

À cette époque, il y a en gestation un traité d’interdiction des essais, adopté par l’ONU en 1996. Les essais en laboratoire vont ainsi permettre de contourner la législation internationale et de faire les essais interdits… chez soi !

Outre le Mégajoule, le programme comprend deux autres outils complémentaires : un programme de supercalculateurs et une installation de radiographie aux rayons X, Épure, basée à Valduc en Côte-d’Or, dont la mise en service est également prévue fin 2014. Cette dernière s’inscrit dans le cadre du traité Teutates conclu par la France avec le Royaume-Uni pour une durée de 50 ans !

Le coût estimé du programme de simulation donne une idée du dérapage. Prévu en 1995 pour 1,2 milliards d’euros, le montant s’élève à 7,2 milliards en 2012… Combien au final ? Les Américains aussi ont construit un tel laser, le NIF, National Ignition Facility. Le NIF a commencé ses "ignitions" - c’est-à-dire des explosions nucléaires en laboratoire - en 2014. Toutes ses expériences sont des échecs…

Le concept de "programme de simulation" est un détournement de vocabulaire qui permet de penser qu’il ne s’agit pas d’explosion nucléaire. Pourtant ce sont de vraies explosions. La fusion des deux isotopes d’hydrogène, le deutérium et le tritium, dégage un grand nombre de neutrons qui vont rendre radioactif leur environnement.

L’objectif du laser Mégajoule est de pérenniser les armes nucléaires. C’est la raison de notre opposition. Et certains y voient même une possibilité de mettre au point la fusion nucléaire en couplant le Mégajoule à un autre laser, le "Pétawatt", pour essayer le rêve fou d’un réacteur nucléaire... à explosion. Une industrie qui engendrerait une pollution au tritium, l’hydrogène radioactif qui pollue déjà plusieurs sites nucléaires. Nucléaire civil et nucléaire militaire, c’est le couplage habituel… Un argument de plus pour arrêter le programme du Mégajoule.

Remettre en question le Mégajoule, y arrêter toute recherche sur le nucléaire et transférer sa gestion du Commissariat à l’Énergie Atomique au CNRS (Centre National de la Recherche Scientifique) serait conforme à la vocation de cette région d’Aquitaine, dite "Route des lasers". Une urgence qui donnerait un signe positif d’une volonté de désarmement nucléaire.

Dominique Lalanne physicien nucléaire, co-président du collectif Armes nucléaires STOP (www.armesnucleairesstop.org)

Trois questions à… Négajoule !

Quel est votre objectif ?

L’Aquitaine est hyper militarisée. Négajoule ! est une association pacifiste qui se bat pour informer sur les crimes nucléaires en gestation au Mégajoule, alerter sur les danger encourus par la population et obtenir sa reconversion pacifique.

Quelles sont vos principales activités ?

Nous interpellons les communes limitrophes pour qu’elles instaurent un Plan Particulier d’Intervention (PPI) et qu’elles deviennent des "Communes pour la Paix". Tous les mois nous occupons le rond-point face au laser Mégajoule. Nous relions nucléaire civil et militaire, humanisme et antimilitarisme, pacifisme et non-violence par un réseau de mouvements en collaboration.

Et votre dernière action ?

Le collectif "Mégastop au Mégajoule" a organisé les 27 et 28 septembre un camp de la paix à proximité du site du laser Mégajoule pour y exiger l’élimination totale des armes nucléaires qui sont au service de la destruction et de la terreur. Pour en savoir plus : http://negajoule.free.fr/

Ce laser le plus puissant du monde est l’installation phare du programme de simulation. Décidé il y a plus de 20 ans, ce programme est rendu public fin 1993, en plein moratoire des essais décidé par François Mitterrand.

À cette époque, il y a en gestation un traité d’interdiction des essais, adopté par l’ONU en 1996. Les essais en laboratoire vont ainsi permettre de contourner la législation internationale et de faire les essais interdits… chez soi !

Outre le Mégajoule, le programme comprend deux autres outils complémentaires : un programme de supercalculateurs et une installation de radiographie aux rayons X, Épure, basée à Valduc en Côte-d’Or, dont la mise en service est également prévue fin 2014. Cette dernière s’inscrit dans le cadre du traité Teutates conclu par la France avec le Royaume-Uni pour une durée de 50 ans !

Le coût estimé du programme de simulation donne une idée du dérapage. Prévu en 1995 pour 1,2 milliards d’euros, le montant s’élève à 7,2 milliards en 2012… Combien au final ? Les Américains aussi ont construit un tel laser, le NIF, National Ignition Facility. Le NIF a commencé ses "ignitions" - c’est-à-dire des explosions nucléaires en laboratoire - en 2014. Toutes ses expériences sont des échecs…

Le concept de "programme de simulation" est un détournement de vocabulaire qui permet de penser qu’il ne s’agit pas d’explosion nucléaire. Pourtant ce sont de vraies explosions. La fusion des deux isotopes d’hydrogène, le deutérium et le tritium, dégage un grand nombre de neutrons qui vont rendre radioactif leur environnement.

L’objectif du laser Mégajoule est de pérenniser les armes nucléaires. C’est la raison de notre opposition. Et certains y voient même une possibilité de mettre au point la fusion nucléaire en couplant le Mégajoule à un autre laser, le "Pétawatt", pour essayer le rêve fou d’un réacteur nucléaire... à explosion. Une industrie qui engendrerait une pollution au tritium, l’hydrogène radioactif qui pollue déjà plusieurs sites nucléaires. Nucléaire civil et nucléaire militaire, c’est le couplage habituel… Un argument de plus pour arrêter le programme du Mégajoule.

Remettre en question le Mégajoule, y arrêter toute recherche sur le nucléaire et transférer sa gestion du Commissariat à l’Énergie Atomique au CNRS (Centre National de la Recherche Scientifique) serait conforme à la vocation de cette région d’Aquitaine, dite "Route des lasers". Une urgence qui donnerait un signe positif d’une volonté de désarmement nucléaire.

Dominique Lalanne physicien nucléaire, co-président du collectif Armes nucléaires STOP (www.armesnucleairesstop.org)

Trois questions à… Négajoule !

Quel est votre objectif ?

L’Aquitaine est hyper militarisée. Négajoule ! est une association pacifiste qui se bat pour informer sur les crimes nucléaires en gestation au Mégajoule, alerter sur les danger encourus par la population et obtenir sa reconversion pacifique.

Quelles sont vos principales activités ?

Nous interpellons les communes limitrophes pour qu’elles instaurent un Plan Particulier d’Intervention (PPI) et qu’elles deviennent des "Communes pour la Paix". Tous les mois nous occupons le rond-point face au laser Mégajoule. Nous relions nucléaire civil et militaire, humanisme et antimilitarisme, pacifisme et non-violence par un réseau de mouvements en collaboration.

Et votre dernière action ?

Le collectif "Mégastop au Mégajoule" a organisé les 27 et 28 septembre un camp de la paix à proximité du site du laser Mégajoule pour y exiger l’élimination totale des armes nucléaires qui sont au service de la destruction et de la terreur. Pour en savoir plus : http://negajoule.free.fr/