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Sortir du nucléaire n°57

Printemps 2013

Déchets nucléaires

Acheter tout un territoire

Printemps 2013




60 millions d’euros par an pour Meuse et Haute-Marne, ce n’est pas rien, alors qu’aucun déchet n’est arrivé. Depuis 1994, les subventions compensatoires augmentent d’année en année, objet de marchandage de la part des conseils généraux.

Cet argent du nucléaire (fonds AREVA, CEA et EDF) est versé via un Groupement d’Intérêt Public (GIP) au service officiel du développement et de l’excellence du territoire ; autrement dit au service de l’installation de cette poubelle impossible à installer sans appât financier sérieux. Objectif : amadouer les élus locaux et en faire profiter tous les habitants, à leur insu. Tous futurs coupables sans le savoir ?

Le piège est "parfait", presque tous les projets doivent passer par une demande d’aide financière partielle au GIP. En 2011, le GIP Meuse a traité 437 dossiers et 212 communes sur 500 ont touché une subvention. Collectivités, entreprises, associations sont aussi largement concernées. Les dossiers traités sont multiples, touchant tous les domaines, habitat, urbanisme, culture, loisirs, écoles... Le centre Cigéo étant prévu en Meuse, comment calmer la Haute-Marne mitoyenne qui veut continuer à toucher le magot ? Le sésame : une descenderie de 5 km ou tunnel d’accès dont l’entrée se trouverait en... Haute-Marne. Ainsi serait créée une nouvelle zone à vocation interdépartementale (ZID), à cheval sur les deux départements et disposant d’une fiscalité propre. Ce n’est pas sans risque et si la Commission Nationale d’Évaluation (CNE) reconnaît dans son rapport n°5/2011 que le choix de la descenderie ayant un pied en Haute-Marne "faciliterait les négociations avec les instances locales", elle estime indispensable d’étudier les perturbations hydrauliques et géologiques qui pourraient être provoquées par le creusement de celle-ci. Il faudra notamment s’assurer que les eaux de la formation ne viendront pas s’infiltrer dans les niveaux sous-jacents.

Réversibilité ? Un sacré leurre ! Ce mot est employé depuis des années pour tromper sciemment, faire croire que les décisions successives ne seront pas irrévocables, pour déresponsabiliser les décideurs. Car réversibilité ne veut pas dire récupérabilité des colis. Une fois ceux-ci enfouis, au bout de 100 ans, toutes les galeries seront bouchées DÉ-FI-NI-TI-VE-MENT. Aller rechercher ce qui fuira n’est pas prévu dans la conception industrielle de Cigéo. Depuis peu, Mme Dupuis, directrice de l’Andra, ne prône plus la réversibilité mais parle bien de stockage définitif.

De quels déchets parle-t-on pour l’enfouissement ? Les déchets nucléaires de haute et moyenne radioactivité à vie longue (HA MA-VL) = 3,3 % du volume total de déchets, mais plus de 99% de leur radioactivité totale. Durée de vie toxique : de milliers à millions d’années.

Des chiffres

350 à 600 hectares de stockage temporaire et installations de surface. 15 km2 de galeries souterraines à 500 m sous terre. 43000 m3 de déchets de haute et moyenne activité à vie longue (estimation 2010) - 100000 m3 à terme. 240000 colis de MA-VL + 62000 colis de HA-VL + 5500 colis combustibles usés non retraités... Stockage du MOX (7% de plutonium et 93% d’uranium appauvri), non prévu au départ mais à l’étude actuellement. 2 transports nucléaires/semaine pendant 100 ans. Coût : de 15 milliards d’euros initiaux à 35,9 aujourd’hui pour l’Andra, voire plus selon les sources.

En attendant, depuis 2006, grosse opération "green-washing" à la surface en Meuse : installation rapide de 200 éoliennes, projet CEA de production de biocarburants à partir de bois, 30 projets de centrales photovoltaïques sur les bâtiments agricoles, écothèque, aide à la rénovation "verte" du parc immobilier public ou privé, campagne d’économie d’énergie pour tous...

60 millions d’euros par an pour Meuse et Haute-Marne, ce n’est pas rien, alors qu’aucun déchet n’est arrivé. Depuis 1994, les subventions compensatoires augmentent d’année en année, objet de marchandage de la part des conseils généraux.

Cet argent du nucléaire (fonds AREVA, CEA et EDF) est versé via un Groupement d’Intérêt Public (GIP) au service officiel du développement et de l’excellence du territoire ; autrement dit au service de l’installation de cette poubelle impossible à installer sans appât financier sérieux. Objectif : amadouer les élus locaux et en faire profiter tous les habitants, à leur insu. Tous futurs coupables sans le savoir ?

Le piège est "parfait", presque tous les projets doivent passer par une demande d’aide financière partielle au GIP. En 2011, le GIP Meuse a traité 437 dossiers et 212 communes sur 500 ont touché une subvention. Collectivités, entreprises, associations sont aussi largement concernées. Les dossiers traités sont multiples, touchant tous les domaines, habitat, urbanisme, culture, loisirs, écoles... Le centre Cigéo étant prévu en Meuse, comment calmer la Haute-Marne mitoyenne qui veut continuer à toucher le magot ? Le sésame : une descenderie de 5 km ou tunnel d’accès dont l’entrée se trouverait en... Haute-Marne. Ainsi serait créée une nouvelle zone à vocation interdépartementale (ZID), à cheval sur les deux départements et disposant d’une fiscalité propre. Ce n’est pas sans risque et si la Commission Nationale d’Évaluation (CNE) reconnaît dans son rapport n°5/2011 que le choix de la descenderie ayant un pied en Haute-Marne "faciliterait les négociations avec les instances locales", elle estime indispensable d’étudier les perturbations hydrauliques et géologiques qui pourraient être provoquées par le creusement de celle-ci. Il faudra notamment s’assurer que les eaux de la formation ne viendront pas s’infiltrer dans les niveaux sous-jacents.

Réversibilité ? Un sacré leurre ! Ce mot est employé depuis des années pour tromper sciemment, faire croire que les décisions successives ne seront pas irrévocables, pour déresponsabiliser les décideurs. Car réversibilité ne veut pas dire récupérabilité des colis. Une fois ceux-ci enfouis, au bout de 100 ans, toutes les galeries seront bouchées DÉ-FI-NI-TI-VE-MENT. Aller rechercher ce qui fuira n’est pas prévu dans la conception industrielle de Cigéo. Depuis peu, Mme Dupuis, directrice de l’Andra, ne prône plus la réversibilité mais parle bien de stockage définitif.

De quels déchets parle-t-on pour l’enfouissement ? Les déchets nucléaires de haute et moyenne radioactivité à vie longue (HA MA-VL) = 3,3 % du volume total de déchets, mais plus de 99% de leur radioactivité totale. Durée de vie toxique : de milliers à millions d’années.

Des chiffres

350 à 600 hectares de stockage temporaire et installations de surface. 15 km2 de galeries souterraines à 500 m sous terre. 43000 m3 de déchets de haute et moyenne activité à vie longue (estimation 2010) - 100000 m3 à terme. 240000 colis de MA-VL + 62000 colis de HA-VL + 5500 colis combustibles usés non retraités... Stockage du MOX (7% de plutonium et 93% d’uranium appauvri), non prévu au départ mais à l’étude actuellement. 2 transports nucléaires/semaine pendant 100 ans. Coût : de 15 milliards d’euros initiaux à 35,9 aujourd’hui pour l’Andra, voire plus selon les sources.

En attendant, depuis 2006, grosse opération "green-washing" à la surface en Meuse : installation rapide de 200 éoliennes, projet CEA de production de biocarburants à partir de bois, 30 projets de centrales photovoltaïques sur les bâtiments agricoles, écothèque, aide à la rénovation "verte" du parc immobilier public ou privé, campagne d’économie d’énergie pour tous...



Thèmes
Déchets radioactifs