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Sortir du nucléaire n°24

Juin 2004

Editorial

Vous êtes vraiment for-mi-dables !

Juin 2004




Que de moments forts partagés lors du grand rassemblement à Paris, le 17 janvier ou encore lors du “Tour de France pour sortir du nucléaire” qui a sillonné la France du 24 avril au 23 mai !



Fin avril 2004, vous avez également déposé, dans plus de 40 départements, des fleurs devant des mairies et des préfectures, en hommage aux victimes de la catastrophe de Tchernobyl.

Merci d’avoir répondu nombreux lors de ces trois grandes initiatives.

Restons mobilisés et gardons espoir : l’édifice nucléaire est un colosse aux pieds d’argile. Les nombreux scandales révélés par votre Réseau “Sortir du nucléaire” sont inquiétants à plus d’un titre (restrictions budgétaires et incidents dans les centrales, falsification des données concernant les risques sismiques, fonctionnements illégaux de centrales, vulnérabilité de l’EPR, etc.) Ces informations font leur chemin dans l’opinion.

Nous pouvons faire échouer la récente décision du gouvernement de renouveler le parc de centrales nucléaires avec la construction d’un premier EPR, car elle est contraire à l’avis d’une large majorité de l’opinion publique : 59 % des français sont contre “le remplacement des anciennes centrales par des nouvelles” (*).

Pourquoi croyez-vous que le gouvernement ait eu besoin de prendre une décision sur l’EPR, dans la précipitation, avant l’été ?

Tout simplement parce qu’un pas décisif concernant la privatisation d’EDF, en passe de devenir une Société Anonyme, sera franchi le 1er juillet 2004 avec la libéralisation du marché de l’électricité pour toutes les entreprises. En 2007, ce sera le tour des particuliers.

Quel lien avec le nucléaire ?

Pour faire avaler, à la CGT-Énergie, syndicat ultra-majoritaire à EDF, la pilule d’une privatisation qui ne dit pas son nom, il fallait une carotte... en forme de réacteur nucléaire EPR. EDF, avec son cortège nucléaire, constitue une incroyable poule aux œufs d’or pour la CGT-Énergie, qui gère le Comité d’entreprise (appelé CCAS) dont le budget annuel avoisine les 420 millions d’euros grâce au versement par EDF de 1 % de son chiffre d’affaires. Ce bel acquis social a été transformé en rente de situation par des dirigeants syndicaux pro-nucléaires, par intérêt encore plus que par idéologie.

Pour sa part, François Roussely, le PDG d’EDF, ne tient pas particulièrement à ce coûteux EPR (la France est en surcapacité de production d’électricité et il n’y a aucune nécessité de mise en service de nouvelle centrale avant 2025). Par contre, il a besoin de capitaux pour poursuivre l’expansion d’EDF, déjà entamée par des investissement hasardeux en Amérique du Sud.

C’est donc donnant-donnant, et tant pis pour l’intérêt général qui voudrait qu’EDF joue vraiment son rôle de service public : par exemple, en étant à l’initiative d’une vaste campagne nationale d’économies d’énergies et de développement des énergies renouvelables.

De son côté, l’industrie nucléaire, avec AREVA en tête, ne compte plus que sur l’EPR pour remplir ses carnets de commande. Construire un prototype en France servirait notamment de vitrine à l’exportation de ce réacteur.

Pourtant, tout est encore possible. Nous devons poursuivre notre montée en puissance pour empêcher celle de l’EPR, dont le premier exemplaire ne produira pas son premier kWh électrique avant 2012. Il faudra en effet huit ans avant sa mise en service, dont trois ans minimum pour couler le premier béton de ce réacteur présenté comme dix fois plus sûr que ses prédécesseurs. Ceux-ci sont donc... dix fois plus dangereux !

Ah ! au fait, j’allais oublier le plus cocasse pour la fin. Alors que la décision sur l’EPR est déjà prise, la très officielle Commission nationale sur le débat public sera bientôt saisie pour savoir s’il est utile ou pas de construire un EPR en France ! C’est incroyable et pourtant, vous ne rêvez pas : on décide d’abord et on discute après !

De même, le sort des tonnes de déchets radioactifs déjà produits et dont on ne sait que faire ne sera abordé qu’en... 2006, rendez-vous imposé par la loi Bataille. Lancer une nouvelle génération de réacteurs alors que l’on n’a toujours pas de solutions pour les gérer est insensé !

Non, l’EPR ne passera pas ! Un vaste rassemblement près du futur site qui accueillera l’EPR est actuellement à l’étude avec de nombreux partenaires.D’ici là, nous aurons encore l’occasion de nous mobiliser et d’informer nos concitoyens.

Merci pour votre engagement à nos côtés : vous êtes vraiment formidables !
Bonne nouvelle !

Votre Réseau “Sortir du nucléaire” rassemble désormais 698 groupes. Le Réseau, association libre et indépendante, tire sa richesse de la formidable diversité des organisations qui la compose (associations, partis politiques, entreprises, coopératives, syndicats ...) Soutenez les associations membres du Réseau près de chez vous : demandez nous la liste papier en nous écrivant (joindre trois timbres à 0,50 euro) ou consultez-la sur notre site internet : www.sortirdunucleaire.org

Si vous connaissez de nouveaux groupes susceptibles de rejoindre le Réseau, merci de nous communiquer leur adresse : nous leur enverrons un courrier.
Philippe Brousse
(*) Sondage SOFRES cité dans le journal Le Monde du 3 mars 2004

Fin avril 2004, vous avez également déposé, dans plus de 40 départements, des fleurs devant des mairies et des préfectures, en hommage aux victimes de la catastrophe de Tchernobyl.

Merci d’avoir répondu nombreux lors de ces trois grandes initiatives.

Restons mobilisés et gardons espoir : l’édifice nucléaire est un colosse aux pieds d’argile. Les nombreux scandales révélés par votre Réseau “Sortir du nucléaire” sont inquiétants à plus d’un titre (restrictions budgétaires et incidents dans les centrales, falsification des données concernant les risques sismiques, fonctionnements illégaux de centrales, vulnérabilité de l’EPR, etc.) Ces informations font leur chemin dans l’opinion.

Nous pouvons faire échouer la récente décision du gouvernement de renouveler le parc de centrales nucléaires avec la construction d’un premier EPR, car elle est contraire à l’avis d’une large majorité de l’opinion publique : 59 % des français sont contre “le remplacement des anciennes centrales par des nouvelles” (*).

Pourquoi croyez-vous que le gouvernement ait eu besoin de prendre une décision sur l’EPR, dans la précipitation, avant l’été ?

Tout simplement parce qu’un pas décisif concernant la privatisation d’EDF, en passe de devenir une Société Anonyme, sera franchi le 1er juillet 2004 avec la libéralisation du marché de l’électricité pour toutes les entreprises. En 2007, ce sera le tour des particuliers.

Quel lien avec le nucléaire ?

Pour faire avaler, à la CGT-Énergie, syndicat ultra-majoritaire à EDF, la pilule d’une privatisation qui ne dit pas son nom, il fallait une carotte... en forme de réacteur nucléaire EPR. EDF, avec son cortège nucléaire, constitue une incroyable poule aux œufs d’or pour la CGT-Énergie, qui gère le Comité d’entreprise (appelé CCAS) dont le budget annuel avoisine les 420 millions d’euros grâce au versement par EDF de 1 % de son chiffre d’affaires. Ce bel acquis social a été transformé en rente de situation par des dirigeants syndicaux pro-nucléaires, par intérêt encore plus que par idéologie.

Pour sa part, François Roussely, le PDG d’EDF, ne tient pas particulièrement à ce coûteux EPR (la France est en surcapacité de production d’électricité et il n’y a aucune nécessité de mise en service de nouvelle centrale avant 2025). Par contre, il a besoin de capitaux pour poursuivre l’expansion d’EDF, déjà entamée par des investissement hasardeux en Amérique du Sud.

C’est donc donnant-donnant, et tant pis pour l’intérêt général qui voudrait qu’EDF joue vraiment son rôle de service public : par exemple, en étant à l’initiative d’une vaste campagne nationale d’économies d’énergies et de développement des énergies renouvelables.

De son côté, l’industrie nucléaire, avec AREVA en tête, ne compte plus que sur l’EPR pour remplir ses carnets de commande. Construire un prototype en France servirait notamment de vitrine à l’exportation de ce réacteur.

Pourtant, tout est encore possible. Nous devons poursuivre notre montée en puissance pour empêcher celle de l’EPR, dont le premier exemplaire ne produira pas son premier kWh électrique avant 2012. Il faudra en effet huit ans avant sa mise en service, dont trois ans minimum pour couler le premier béton de ce réacteur présenté comme dix fois plus sûr que ses prédécesseurs. Ceux-ci sont donc... dix fois plus dangereux !

Ah ! au fait, j’allais oublier le plus cocasse pour la fin. Alors que la décision sur l’EPR est déjà prise, la très officielle Commission nationale sur le débat public sera bientôt saisie pour savoir s’il est utile ou pas de construire un EPR en France ! C’est incroyable et pourtant, vous ne rêvez pas : on décide d’abord et on discute après !

De même, le sort des tonnes de déchets radioactifs déjà produits et dont on ne sait que faire ne sera abordé qu’en... 2006, rendez-vous imposé par la loi Bataille. Lancer une nouvelle génération de réacteurs alors que l’on n’a toujours pas de solutions pour les gérer est insensé !

Non, l’EPR ne passera pas ! Un vaste rassemblement près du futur site qui accueillera l’EPR est actuellement à l’étude avec de nombreux partenaires.D’ici là, nous aurons encore l’occasion de nous mobiliser et d’informer nos concitoyens.

Merci pour votre engagement à nos côtés : vous êtes vraiment formidables !
Bonne nouvelle !

Votre Réseau “Sortir du nucléaire” rassemble désormais 698 groupes. Le Réseau, association libre et indépendante, tire sa richesse de la formidable diversité des organisations qui la compose (associations, partis politiques, entreprises, coopératives, syndicats ...) Soutenez les associations membres du Réseau près de chez vous : demandez nous la liste papier en nous écrivant (joindre trois timbres à 0,50 euro) ou consultez-la sur notre site internet : www.sortirdunucleaire.org

Si vous connaissez de nouveaux groupes susceptibles de rejoindre le Réseau, merci de nous communiquer leur adresse : nous leur enverrons un courrier.
Philippe Brousse
(*) Sondage SOFRES cité dans le journal Le Monde du 3 mars 2004



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