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Sortir du nucléaire n°34

Mars à mai 2007

Végétarisme

Veaux, vaches, cochons, couvée...

Mars à mai 2007




Perrette avait dû leur dire adieu, et nous aussi, nous ferions bien de les oublier un peu, ces pauvres bêtes. En effet, nous aurions moins de nucléaire si nous mangions moins de viande. Si, si, c’est mathématique ! Démonstration.



Azote, alors !
Ceux qui ont en tête l’image bucolique de troupeaux paissant à l’ombre de grands arbres doivent mettre à jour leurs données. En France, l’élevage est industrialisé à 90 % et les animaux sont nourris à base d’une production agricole intensive (tourteaux, céréales, etc.) soutenue par des engrais qui n’ont rien de naturel : 52 % de tous les fertilisants chimiques azotés utilisés par l’agriculture française sont ainsi employés « au service » des seuls animaux. Ces fertilisants sont fabriqués par des industries polluantes et grandes consommatrices d’énergie : ce sont environ 15 milliards de kWh qui sont nécessaires pour les produire.

Quelle énergie, le bœuf…
La France entretient un cheptel d’environ 20 millions de bovins. La production d’aliments pour ces animaux, le parc de machines nécessaires et les installations agricoles génèrent une importante dépense énergétique dont le seul poste « électricité » peut être estimé à 1 milliard de kWh. Toutes énergies confondues, la production par les fermes d’élevage du 1,6 millions de tonnes de viande bovine produite en France en 2004 aura nécessité l’équivalent de 22 milliards de kWh. Sans oublier 2 autres milliards pour la transformation en produits consommables. Avec une telle surchauffe, on comprend mieux que la viande soit « rouge »…

Une incidence directe
Ces quelques chiffres montrent l’ampleur du poste énergétique « animal », même si l’évaluation exacte de la dépense énergétique totale de l’élevage en France reste à faire. Toute la dépense n’est pas de nature électrique, mais chacun sait que plus on aura besoin d’énergie, plus le nucléaire prendra de l’importance. Officiellement, en 2005, la France a produit 430 milliards de kWh d’électricité d’origine nucléaire, soit environ 7,5 milliards par centrale (sur la base de 58 centrales). En simplement additionnant les chiffres donnés ci-dessus (40 milliards, qui ne regroupent donc qu’une partie de la réalité), on aboutit à l’équivalent de production de plus de 5 centrales…
On sait que pour satisfaire une demande qui ne cesse de croître, la production nationale d’électricité a été multipliée par 3 depuis trente ans. Le type d’alimentation choisi a sa part de responsabilité dans cette augmentation. Entretenir un cheptel de plus de 300 millions d’animaux d’élevage et consommer près de 90 kg de viandes (toutes catégories confondues) par personne et par an ne contribue guère à faire baisser la facture énergétique.

Et les à côtés ?
Une attitude écologique doit être globale sous peine d’être inefficace. On ne peut oublier par exemple que 35 à 40 % du méthane généré par les activités humaines provient du bétail. A l’émission, le méthane est 62 fois plus puissant que le gaz carbonique en termes d’effet de serre. Mais il perd sa capacité de réchauffement plus rapidement. C’est pourquoi on pourrait stabiliser la concentration atmosphérique du méthane d’origine humaine en réduisant seulement de 10 % les émissions. Et il suffirait pour ça de diminuer d’1/4 à 1/3 sa consommation de viande (car l’élevage serait réduit d’autant, évidemment).

Oui, mais, alors…
Faudra-t-il devenir végétarien ? Il n’y a pas de panacée pour sauver le monde ; il est juste nécessaire d’adopter une attitude logique consistant à faire des gestes allant tous dans le même sens. Réduire sa consommation de viande, le plus possible, est un de ces gestes qui participent à diminuer notre empreinte écologique, à réduire nos gaspillages énergétiques, et à construire un monde plus propre. Ce n’est pas anodin.

André Méry – Alliance Végétarienne
www.vegetarisme.fr - contact@allianceveg.org

Azote, alors !
Ceux qui ont en tête l’image bucolique de troupeaux paissant à l’ombre de grands arbres doivent mettre à jour leurs données. En France, l’élevage est industrialisé à 90 % et les animaux sont nourris à base d’une production agricole intensive (tourteaux, céréales, etc.) soutenue par des engrais qui n’ont rien de naturel : 52 % de tous les fertilisants chimiques azotés utilisés par l’agriculture française sont ainsi employés « au service » des seuls animaux. Ces fertilisants sont fabriqués par des industries polluantes et grandes consommatrices d’énergie : ce sont environ 15 milliards de kWh qui sont nécessaires pour les produire.

Quelle énergie, le bœuf…
La France entretient un cheptel d’environ 20 millions de bovins. La production d’aliments pour ces animaux, le parc de machines nécessaires et les installations agricoles génèrent une importante dépense énergétique dont le seul poste « électricité » peut être estimé à 1 milliard de kWh. Toutes énergies confondues, la production par les fermes d’élevage du 1,6 millions de tonnes de viande bovine produite en France en 2004 aura nécessité l’équivalent de 22 milliards de kWh. Sans oublier 2 autres milliards pour la transformation en produits consommables. Avec une telle surchauffe, on comprend mieux que la viande soit « rouge »…

Une incidence directe
Ces quelques chiffres montrent l’ampleur du poste énergétique « animal », même si l’évaluation exacte de la dépense énergétique totale de l’élevage en France reste à faire. Toute la dépense n’est pas de nature électrique, mais chacun sait que plus on aura besoin d’énergie, plus le nucléaire prendra de l’importance. Officiellement, en 2005, la France a produit 430 milliards de kWh d’électricité d’origine nucléaire, soit environ 7,5 milliards par centrale (sur la base de 58 centrales). En simplement additionnant les chiffres donnés ci-dessus (40 milliards, qui ne regroupent donc qu’une partie de la réalité), on aboutit à l’équivalent de production de plus de 5 centrales…
On sait que pour satisfaire une demande qui ne cesse de croître, la production nationale d’électricité a été multipliée par 3 depuis trente ans. Le type d’alimentation choisi a sa part de responsabilité dans cette augmentation. Entretenir un cheptel de plus de 300 millions d’animaux d’élevage et consommer près de 90 kg de viandes (toutes catégories confondues) par personne et par an ne contribue guère à faire baisser la facture énergétique.

Et les à côtés ?
Une attitude écologique doit être globale sous peine d’être inefficace. On ne peut oublier par exemple que 35 à 40 % du méthane généré par les activités humaines provient du bétail. A l’émission, le méthane est 62 fois plus puissant que le gaz carbonique en termes d’effet de serre. Mais il perd sa capacité de réchauffement plus rapidement. C’est pourquoi on pourrait stabiliser la concentration atmosphérique du méthane d’origine humaine en réduisant seulement de 10 % les émissions. Et il suffirait pour ça de diminuer d’1/4 à 1/3 sa consommation de viande (car l’élevage serait réduit d’autant, évidemment).

Oui, mais, alors…
Faudra-t-il devenir végétarien ? Il n’y a pas de panacée pour sauver le monde ; il est juste nécessaire d’adopter une attitude logique consistant à faire des gestes allant tous dans le même sens. Réduire sa consommation de viande, le plus possible, est un de ces gestes qui participent à diminuer notre empreinte écologique, à réduire nos gaspillages énergétiques, et à construire un monde plus propre. Ce n’est pas anodin.

André Méry – Alliance Végétarienne
www.vegetarisme.fr - contact@allianceveg.org


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