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Pastilles d’iode : une opération de communication plus qu’une mesure de protection des populations




Alors que vient d’être lancée une grande campagne de distribution de pastilles d’iode autour des 19 centrales françaises, le Réseau "Sortir du nucléaire" dénonce le caractère dérisoire de cette protection en cas d’accident. Distribuées dans un périmètre extrêmement restreint, qui ne correspond en rien à l’étendue du nuage dispersé lors d’un accident, ces pastilles ne protègent que de l’iode 131 et doivent être prises bien avant l’arrivée du panache.

Pour le Réseau "Sortir du nucléaire", il s’agit plus d’une opération de communication pour faire accepter une menace imposée aux citoyens et laisser penser que la population est effectivement protégée, que d’une véritable mesure de protection.

Alors que le risque d’accident majeur est désormais reconnu par les autorités, la seule solution véritablement efficace pour protéger les populations reste une sortie du nucléaire en urgence.

Interview France Bleu Nord - Laura Hameaux - distribution 2016 de pastilles d’iode
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Au cours de ce mois de janvier 2016 aura lieu en France la cinquième campagne de distribution de pastilles d’iode dans un rayon de 10 km autour des 19 sites nucléaires d’EDF. Cette distribution concernera 400 000 foyers et 2000 sites recevant du public sur plus de 500 communes.

Si cette campagne de distribution est déjà un aveu certain des autorités sur la possibilité d’un accident nucléaire grave en France, les conseils qu’elle donne seraient-ils vraiment efficaces en cas de catastrophe réelle ?

"Les 6 réflexes pour bien réagir en cas d’alerte nucléaire"

La distribution d’iode en janvier s’accompagne d’une campagne de sensibilisation du public sur les gestes nécessaires en cas d’accident nucléaire dont on peut retrouver toutes les informations sur un site dédié.

Sur ce site Internet on peut retrouver une liste des gestes à prendre en cas d’accident nucléaire :

Dans un mix entre la brochure d’avion sur les postures à prendre en cas de crash et la campagne de santé « 5 fruits et légumes frais par jour », nous apprenons les réflexes à prendre lors d’un rejet massif de radionucléides dans l’environnement.

Une vidéo met en situation ces 6 gestes à prendre dans laquelle des personnages très détendus et plutôt inexpressifs face à une alerte nucléaire, suivent un par un tous les conseils donnés par la campagne de sensibilisation.

Il faudrait donc, en cas d’accident grave, s’immobiliser, se confiner à l’intérieur, s’informer tout en évitant de s’inquiéter pour sa progéniture, attendre patiemment que le Préfet donne l’ordre d’avaler une dose d’iode stable et préparer sa valise, au cas où l’ordre d’évacuation soit donné...

Pourquoi absorber de l’iode stable en cas d’accident ?

L’iode est un élément indispensable au fonctionnement du corps humain, une fois assimilé, il se fixe rapidement sur la thyroïde pour produire les hormones qui agissent par exemple dans le métabolisme énergétique ou dans la croissance des cellules et de l’organisme.

Si une centrale rejette les produits de la fission de l’uranium par voie aérienne, de l’iode 131, une des versions radioactives de l’élément, se répand dans l’atmosphère. Il peut pénétrer dans le corps humain par le biais des voies respiratoires et s’y fixer très rapidement.

Et si l’organisme absorbe trop d’iode 131, la forte radioactivité qui s’en dégage occasionne rapidement des lésions cellulaires qui engendrent des dysfonctionnements de la thyroïde. Les isotopes de l’iode radioactifs sont considérés comme des éléments des plus cancérogènes dégagés lors d’un accident nucléaire.

Mais il ne s’agit pas du seul isotope de l’iode qui peut se retrouver dans les retombées d’un accident nucléaire, dans un dossier de l’IPSN, publié par le magazine La Recherche en 1993, des chercheurs reconnaissent que les enfants proches de Tchernobyl ont eu des cancers thyroïdiens suite aux iodes radioactifs à période encore plus courte que celle de l’iode 131.

Des détails et conséquences que cette campagne « oublie » de préciser

La campagne omet de préciser que la prise de ces pilules n’est pas sans contre-indications. Les enfants dont l’assimilation quotidienne d’iode est beaucoup plus importante que chez l’adulte sont les plus vulnérables, il est donc particulièrement conseillé de protéger leur thyroïde par la prise d’iodure de potassium (de même que pour les femmes enceintes).

Cependant, passé l’âge de 40 ans, la saturation préventive de la thyroïde par de l’iode stable n’est pas systématiquement recommandée. Les effets indésirables de l’iodure de potassium augmentent avec l’âge et peuvent être autant à prendre en compte que son effet protecteur (hyperthyroïdie ou, paradoxalement, une hypothyroïdie, troubles cutanés et cardiaques, œdèmes...)

La prise d’iode en comprimés dans certains cas précis doit s’accompagner de l’avis d’un médecin (en cas de dysfonctionnement thyroïdien, asthme, insuffisance cardiaque, dysfonctionnement rénal, maladie auto-immune…). Cet avis indispensable d’un médecin peut se révéler incompatible avec le mode de prise de comprimés d’iode le plus protecteur.

En effet, la prise d’iode stable est beaucoup plus efficace pour saturer la thyroïde dans un laps de temps de 2h avant l’émission des rejets (d’après les autorités sanitaires). Si la prise a lieu 6 h après l’exposition, la protection garantie est diminuée de moitié !

Mais d’après le spécialiste en médecine nucléaire Jean Brière, il faut attendre jusqu’à 48h après ingestion pour être certain que la thyroïde soit complètement saturée en iode stable, la rapidité d’assimilation dépendant des métabolismes inhérents à chaque individu.

Imaginons que le moment de l’émission des rejets ne puisse pas être contrôlé par les techniciens en charge de la centrale accidentée (hypothèse très probable dans un accident nucléaire), toute prise de comprimés perdrait déjà une partie de son efficacité à protéger la population concernée des lésions graves de la thyroïde.

Les retombées d’un nuage radioactif ne ressemblent pas à des cercles parfaits de 10 km de rayon…

Carte des points concernés par la distribution de comprimés d’iode en France (La superficie réellement couverte tient à peine dans la surface de chaque point…)

Si il y a des événements qui sont complètement imprévisibles, c’est bien la dispersion et les retombées de milliards et milliards de molécules d’un nuage de poussières radioactives.

En France le périmètre de distribution de pastilles d’iode est l’un des plus courts (10 km) alors que nous sommes LE pays le plus nucléarisé du monde au km². À titre de comparaison, ce périmètre est de 20 km en Belgique et 50 km en Suisse.

Dans un communiqué récent, le laboratoire indépendant de mesures ACRO affirme que :

« Les calculs ont montré que les limites de dose peuvent être dépassées jusqu’à 200 km autour des centrales allemandes. »

L’obtention des comprimés d’iodure de potassium devrait donc logiquement être possible partout dans les pharmacies de France métropolitaine car quasiment aucune région n’est épargnée par un rayon de 200 km autour des 19 sites de production électronucléaires d’EDF.

Et pourtant les pharmaciens, en dehors des périmètres de 10 km autour des centrales, ont eu pour consigne des autorités de ne pas commander en 2011 ces pilules à leurs grossistes. De nombreuses personnes inquiétées par la catastrophe de Fukushima se sont ainsi vues refuser l’obtention de pilules d’iode stable par leurs pharmaciens. Il reste cependant possible d’obtenir ces comprimés sur Internet, à des prix fluctuant parfois en fonction des accidents. Dans l’éventualité de la contraction d’un cancer de la thyroïde, il vaudrait pourtant parfois mieux prévenir que guérir !

L’iode est un élément très volatil, et sa dispersion est possible sur des milliers de kilomètres. Une augmentation significative des cas de dysfonctionnements thyroïdiens en Corse a été mise en corrélation directe avec la catastrophe de Tchernobyl pourtant à près de 2 000 kilomètres de l’accident.

Un exemple de l’étendue de la mise en danger des populations face à un accident de type Tchernobyl est pourtant très clair sur cette carte de la dispersion réelle des radionucléides sur l’Europe en 1986 :

La carte des zones les plus contaminées au Japon par la catastrophe de Fukushima ne ressemble pas du tout, non plus, à un petit cercle parfait de 10 km :

Cette carte indique des retombées notables sur un rayon dépassant les 150 km ! Et l’élément mesuré est un problème encore plus difficile à résoudre que l’iode 131 car il s’agit de Césium 137…

Un nuage diffusé par accident nucléaire ne répand pas que de l’iode 131

Si la prise d’iode stable s’avère effectivement efficace pour lutter contre les éventuels cancers de la thyroïde induits par l’iode 131, elle n’est en aucun cas un bouclier contre tous les autres radio-isotopes qui pourraient être dispersés lors d’un tel accident (césium 137, strontium 90, plutonium et tant d’autres...).

L’iode est un isotope dont la durée de vie est particulièrement courte par rapport à tous les autres éléments radioactifs que l’on retrouve dans les rejets d’un accident nucléaire. Il perd la moitié de sa radioactivité au bout de 8 jours et finit par être 1000 fois moins radioactif au bout de 80 jours.

Le césium 137, élément courant dans le combustible nucléaire usagé, est facilement assimilable par l’organisme par son stockage dans le foie et les reins. On le retrouve ensuite par exemple dans les légumes verts et produits laitiers en zone contaminée. Et ce césium 137 a besoin de plus de 30 ans pour perdre la moitié de sa radioactivité. Mais 30 ans, ce n’est rien à côté de la période radioactive d’autres éléments dégagés par les rejets.

Le plutonium présent dans le combustible MOX des centrales françaises a une demi-vie de 24 000 ans et l’inhalation de 50 millièmes de milligramme peuvent constituer une dose mortelle. En dose plus faible, il peut être par exemple être stocké par la moelle osseuse et induire des cas de leucémies aigües…

La liste des autres radioéléments présents dans les rejets radioactifs pourrait être très longue et chacun de ces éléments a tendance à muter en un nouveau radio-isotope avec sa propre période.

Citons au hasard le strontium 90 qui prend la place du calcium dans notre organisme et perd la moitié de sa radioactivité au bout de 28 ans, les isotopes du potassium à la demi-vie impressionnante de 1,248 milliard d’années, sans oublier bien sur sûr l’uranium 235 présent en abondance dans les réacteurs, mais qui par sa masse n’est pas très volatil (tout comme le plutonium).

La contamination interne n’est pas la seule menace engendrée par ces poussières qui agissent aussi de l’extérieur en envoyant en continu des rayonnements nocifs pour tous les êtres vivants. Le simple fait de vivre à proximité d’un point chaud devient une possibilité de contracter divers types de cancers et autres pathologies sérieuses.

Les japonais tentent désespérément de récupérer des territoires contaminés par la catastrophe de Fukushima en nettoyant à la main des parcelles entières, un travail de fourmi qui engendre des véritables pyramides de déchets qu’on peut qualifier de nucléaires…

Mais alors, quelle solution efficace contre les dangers d’un accident nucléaire ?

La seule solution réellement efficace en prévention de tout accident nucléaire grave en France, c’est l’arrêt définitif de tous les réacteurs et autres installations nucléaires implantés sur le territoire. Il n’y aucune autre solution réellement fiable pour que la probabilité d’accident soit nulle !

Pour en savoir plus : Article de l’ACRO - Extension de la distribution des comprimés d’iode : une mesure nécessaire mais insuffisante

Au cours de ce mois de janvier 2016 aura lieu en France la cinquième campagne de distribution de pastilles d’iode dans un rayon de 10 km autour des 19 sites nucléaires d’EDF. Cette distribution concernera 400 000 foyers et 2000 sites recevant du public sur plus de 500 communes.

Si cette campagne de distribution est déjà un aveu certain des autorités sur la possibilité d’un accident nucléaire grave en France, les conseils qu’elle donne seraient-ils vraiment efficaces en cas de catastrophe réelle ?

"Les 6 réflexes pour bien réagir en cas d’alerte nucléaire"

La distribution d’iode en janvier s’accompagne d’une campagne de sensibilisation du public sur les gestes nécessaires en cas d’accident nucléaire dont on peut retrouver toutes les informations sur un site dédié.

Sur ce site Internet on peut retrouver une liste des gestes à prendre en cas d’accident nucléaire :

Dans un mix entre la brochure d’avion sur les postures à prendre en cas de crash et la campagne de santé « 5 fruits et légumes frais par jour », nous apprenons les réflexes à prendre lors d’un rejet massif de radionucléides dans l’environnement.

Une vidéo met en situation ces 6 gestes à prendre dans laquelle des personnages très détendus et plutôt inexpressifs face à une alerte nucléaire, suivent un par un tous les conseils donnés par la campagne de sensibilisation.

Il faudrait donc, en cas d’accident grave, s’immobiliser, se confiner à l’intérieur, s’informer tout en évitant de s’inquiéter pour sa progéniture, attendre patiemment que le Préfet donne l’ordre d’avaler une dose d’iode stable et préparer sa valise, au cas où l’ordre d’évacuation soit donné...

Pourquoi absorber de l’iode stable en cas d’accident ?

L’iode est un élément indispensable au fonctionnement du corps humain, une fois assimilé, il se fixe rapidement sur la thyroïde pour produire les hormones qui agissent par exemple dans le métabolisme énergétique ou dans la croissance des cellules et de l’organisme.

Si une centrale rejette les produits de la fission de l’uranium par voie aérienne, de l’iode 131, une des versions radioactives de l’élément, se répand dans l’atmosphère. Il peut pénétrer dans le corps humain par le biais des voies respiratoires et s’y fixer très rapidement.

Et si l’organisme absorbe trop d’iode 131, la forte radioactivité qui s’en dégage occasionne rapidement des lésions cellulaires qui engendrent des dysfonctionnements de la thyroïde. Les isotopes de l’iode radioactifs sont considérés comme des éléments des plus cancérogènes dégagés lors d’un accident nucléaire.

Mais il ne s’agit pas du seul isotope de l’iode qui peut se retrouver dans les retombées d’un accident nucléaire, dans un dossier de l’IPSN, publié par le magazine La Recherche en 1993, des chercheurs reconnaissent que les enfants proches de Tchernobyl ont eu des cancers thyroïdiens suite aux iodes radioactifs à période encore plus courte que celle de l’iode 131.

Des détails et conséquences que cette campagne « oublie » de préciser

La campagne omet de préciser que la prise de ces pilules n’est pas sans contre-indications. Les enfants dont l’assimilation quotidienne d’iode est beaucoup plus importante que chez l’adulte sont les plus vulnérables, il est donc particulièrement conseillé de protéger leur thyroïde par la prise d’iodure de potassium (de même que pour les femmes enceintes).

Cependant, passé l’âge de 40 ans, la saturation préventive de la thyroïde par de l’iode stable n’est pas systématiquement recommandée. Les effets indésirables de l’iodure de potassium augmentent avec l’âge et peuvent être autant à prendre en compte que son effet protecteur (hyperthyroïdie ou, paradoxalement, une hypothyroïdie, troubles cutanés et cardiaques, œdèmes...)

La prise d’iode en comprimés dans certains cas précis doit s’accompagner de l’avis d’un médecin (en cas de dysfonctionnement thyroïdien, asthme, insuffisance cardiaque, dysfonctionnement rénal, maladie auto-immune…). Cet avis indispensable d’un médecin peut se révéler incompatible avec le mode de prise de comprimés d’iode le plus protecteur.

En effet, la prise d’iode stable est beaucoup plus efficace pour saturer la thyroïde dans un laps de temps de 2h avant l’émission des rejets (d’après les autorités sanitaires). Si la prise a lieu 6 h après l’exposition, la protection garantie est diminuée de moitié !

Mais d’après le spécialiste en médecine nucléaire Jean Brière, il faut attendre jusqu’à 48h après ingestion pour être certain que la thyroïde soit complètement saturée en iode stable, la rapidité d’assimilation dépendant des métabolismes inhérents à chaque individu.

Imaginons que le moment de l’émission des rejets ne puisse pas être contrôlé par les techniciens en charge de la centrale accidentée (hypothèse très probable dans un accident nucléaire), toute prise de comprimés perdrait déjà une partie de son efficacité à protéger la population concernée des lésions graves de la thyroïde.

Les retombées d’un nuage radioactif ne ressemblent pas à des cercles parfaits de 10 km de rayon…

Carte des points concernés par la distribution de comprimés d’iode en France (La superficie réellement couverte tient à peine dans la surface de chaque point…)

Si il y a des événements qui sont complètement imprévisibles, c’est bien la dispersion et les retombées de milliards et milliards de molécules d’un nuage de poussières radioactives.

En France le périmètre de distribution de pastilles d’iode est l’un des plus courts (10 km) alors que nous sommes LE pays le plus nucléarisé du monde au km². À titre de comparaison, ce périmètre est de 20 km en Belgique et 50 km en Suisse.

Dans un communiqué récent, le laboratoire indépendant de mesures ACRO affirme que :

« Les calculs ont montré que les limites de dose peuvent être dépassées jusqu’à 200 km autour des centrales allemandes. »

L’obtention des comprimés d’iodure de potassium devrait donc logiquement être possible partout dans les pharmacies de France métropolitaine car quasiment aucune région n’est épargnée par un rayon de 200 km autour des 19 sites de production électronucléaires d’EDF.

Et pourtant les pharmaciens, en dehors des périmètres de 10 km autour des centrales, ont eu pour consigne des autorités de ne pas commander en 2011 ces pilules à leurs grossistes. De nombreuses personnes inquiétées par la catastrophe de Fukushima se sont ainsi vues refuser l’obtention de pilules d’iode stable par leurs pharmaciens. Il reste cependant possible d’obtenir ces comprimés sur Internet, à des prix fluctuant parfois en fonction des accidents. Dans l’éventualité de la contraction d’un cancer de la thyroïde, il vaudrait pourtant parfois mieux prévenir que guérir !

L’iode est un élément très volatil, et sa dispersion est possible sur des milliers de kilomètres. Une augmentation significative des cas de dysfonctionnements thyroïdiens en Corse a été mise en corrélation directe avec la catastrophe de Tchernobyl pourtant à près de 2 000 kilomètres de l’accident.

Un exemple de l’étendue de la mise en danger des populations face à un accident de type Tchernobyl est pourtant très clair sur cette carte de la dispersion réelle des radionucléides sur l’Europe en 1986 :

La carte des zones les plus contaminées au Japon par la catastrophe de Fukushima ne ressemble pas du tout, non plus, à un petit cercle parfait de 10 km :

Cette carte indique des retombées notables sur un rayon dépassant les 150 km ! Et l’élément mesuré est un problème encore plus difficile à résoudre que l’iode 131 car il s’agit de Césium 137…

Un nuage diffusé par accident nucléaire ne répand pas que de l’iode 131

Si la prise d’iode stable s’avère effectivement efficace pour lutter contre les éventuels cancers de la thyroïde induits par l’iode 131, elle n’est en aucun cas un bouclier contre tous les autres radio-isotopes qui pourraient être dispersés lors d’un tel accident (césium 137, strontium 90, plutonium et tant d’autres...).

L’iode est un isotope dont la durée de vie est particulièrement courte par rapport à tous les autres éléments radioactifs que l’on retrouve dans les rejets d’un accident nucléaire. Il perd la moitié de sa radioactivité au bout de 8 jours et finit par être 1000 fois moins radioactif au bout de 80 jours.

Le césium 137, élément courant dans le combustible nucléaire usagé, est facilement assimilable par l’organisme par son stockage dans le foie et les reins. On le retrouve ensuite par exemple dans les légumes verts et produits laitiers en zone contaminée. Et ce césium 137 a besoin de plus de 30 ans pour perdre la moitié de sa radioactivité. Mais 30 ans, ce n’est rien à côté de la période radioactive d’autres éléments dégagés par les rejets.

Le plutonium présent dans le combustible MOX des centrales françaises a une demi-vie de 24 000 ans et l’inhalation de 50 millièmes de milligramme peuvent constituer une dose mortelle. En dose plus faible, il peut être par exemple être stocké par la moelle osseuse et induire des cas de leucémies aigües…

La liste des autres radioéléments présents dans les rejets radioactifs pourrait être très longue et chacun de ces éléments a tendance à muter en un nouveau radio-isotope avec sa propre période.

Citons au hasard le strontium 90 qui prend la place du calcium dans notre organisme et perd la moitié de sa radioactivité au bout de 28 ans, les isotopes du potassium à la demi-vie impressionnante de 1,248 milliard d’années, sans oublier bien sur sûr l’uranium 235 présent en abondance dans les réacteurs, mais qui par sa masse n’est pas très volatil (tout comme le plutonium).

La contamination interne n’est pas la seule menace engendrée par ces poussières qui agissent aussi de l’extérieur en envoyant en continu des rayonnements nocifs pour tous les êtres vivants. Le simple fait de vivre à proximité d’un point chaud devient une possibilité de contracter divers types de cancers et autres pathologies sérieuses.

Les japonais tentent désespérément de récupérer des territoires contaminés par la catastrophe de Fukushima en nettoyant à la main des parcelles entières, un travail de fourmi qui engendre des véritables pyramides de déchets qu’on peut qualifier de nucléaires…

Mais alors, quelle solution efficace contre les dangers d’un accident nucléaire ?

La seule solution réellement efficace en prévention de tout accident nucléaire grave en France, c’est l’arrêt définitif de tous les réacteurs et autres installations nucléaires implantés sur le territoire. Il n’y aucune autre solution réellement fiable pour que la probabilité d’accident soit nulle !

Pour en savoir plus : Article de l’ACRO - Extension de la distribution des comprimés d’iode : une mesure nécessaire mais insuffisante


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