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Sortir du nucléaire n°43

Eté 2009

Histoire

Nucléaire et tremblement de terre : tirons la leçon de 1909...

Eté 2009




Et si aujourd’hui un séisme comparable à celui du 11 juin 1909 se produisait ? Du fait de la présence de centres nucléaires, la Provence serait-elle dévastée ?



Il y a 100 ans, le 11 juin 1909, Lambesc est détruit et des dégats considérables sont causés à Vernègues, Saint-Cannat et diverses communes alentours de Salon à Aix-en-Provence. Des répliques eurent lieu jusqu’en 1910. Ce séisme, le plus important en France de l’histoire moderne, a été classé d’intensité 9 sur l’échelle MSK de 0 à 12, ce qui correspondrait à une magnitude de 6,2 sur l’échelle de Richter graduée de 0 à 9. (voir annexe 1).

On sait maintenant que les séismes méditerranéens sont inéluctables. La poussée de la plaque Afrique vers le nord à la vitesse de 1 cm par an exerce des contraintes fantastiques sur les failles sud-européennes, et notamment sur la faille d’Aix-en-Provence, premier rempart donc zone sismique par excellence, et sur les failles de Nîmes et des Cévennes — seconds remparts. (voir annexe 2).

Sans qu’on puisse en déterminer le lieu ni la date, un séisme de grande ampleur est possible voire probable. Aussi une étude a été menée sous l’égide du ministère de l’environnement en 1982 pour déterminer les conséquences humaines et matérielles d’une telle catastrophe. on y trouve que le nombre de victimes serait 10 à 20 fois plus élevé, ainsi que le nombre de bâtiments détruits, du fait de l’évolution de l’urbanisation et de la population, mais on n’y trouve rien concernant les centres nucléaires…

Or, il se trouve que le Tricastin et Marcoule sont encadrés par les failles actives de Nîmes et d’Alès, tandis que le site de Cadarache est situé sur le faisceau de la faille d’Aix-en-Provence-Durance, la plus active de France et à proximité d’une autre transversale, celle de Trévaresse qui a généré le plus grave séisme jamais enregistré en France, le 11 juin 1909, dit "séisme de Lambesc".

La présence de ces centres nucléaires avec des quantités importantes de plutonium, uranium, déchets radioactifs et de réacteurs en fonctionnement rendent particulièrement angoissante la perspective d’un séisme d’intensité comparable à celui de 1909. La destruction d’une partie de l’un de ces centres pourrait entrainer des dégâts considérables et des contaminations nucléaires ingérables surtout si au même moment des pluies violentes s’abattaient. Il ne faut pas hésiter à dire que “la Provence pourrait être rayée de la carte” ( La Provence du 19 avril 2001 - voir Annexe 3).

En dépit de ces données géophysiques, la population est mise en péril par la poursuite des activités nucléaires qu’on n’hésite pas à développer (Iter à Cadarache, Réacteur de 4ème génération à Marcoule, projet d’EPR à Tricastin, etc.).

Annexe 1 : Pour quantifier un séisme on dispose de deux échelles d’unité, la magnitude et l’intensité. La magnitude apprécie l’énergie libérée par la cassure, c’est une échelle logarithmique de l’amplitude des ondes mesurées à 100 km de l’épicentre du séisme. L’échelle dite de Richter est graduée de 0 à 9, et lorsque la magnitude augmente d’une unité, l’énergie est multipliée par 30.
L’intensité apprécie par l’observation l’importance des dégâts et destructions. L’échelle dite MSK comprend 12 degrés. Le séisme de Lambesc du 11 juin 1909, avec des répliques jusqu’en 1910, a été classé d’intensité 9, ce qui correspondrait à une magnitude de 6,2 sur l’échelle de Richter, avec la destruction d’immeubles à Salon et diverses communes dont Lambesc détruit et Vernègues qui a été pratiquement rayée de la carte.

Annexe 2 : Le mouvement tectonique des plaques dont la pression de la plaque Afrique sur la plaque Eurasienne a réactivé trois grandes failles liées au socle hercynien qui couvrent 6000 km du Maghreb à la Scandinavie. Ce sont les failles d’Aix-en-Provence-Durance, de Nîmes et d’Alès. Dans notre région ces grandes failles SSW-NNE se subdivisent en faisceaux, elles sont accompagnées de failles transversales E-W. Parmi les très nombreux séismes identifiés dans la région, signalons aussi les deux importants de Manosque en 1509 et 1708 sur la faille de la Durance qui passe auprès de Cadarache.

Annexe 3 : D’après Jacques Muller, "Sur les dangers du site nucléaire de Cadarache placé sur la principale faille active de Provence”. Rapport Juin 2000. Ancien directeur de recherches sur les failles sismiques en Méditerranée à l’université de Provence, Jacques Muller a déclaré (La Provence du 19 avril 2001) : “Cadarache est bien le dernier endroit où il fallait faire du nucléaire car le site se trouve en plein sur la faille de la Durance très active ces dernières années. Avec un séisme comme celui de 1909, la Provence serait rayée de la carte."
Antoine Calendra
Pierre Péguin
Isabelle Taitt

Localisation géographique des régions concernées par l’entreposage des déchets radioactifs dans le SE de la France : Cadarache (1), Gard et Ardèche (2). Les deux secteurs sont situés entre les failles majeures des Cévennes et d’Aix-en-Provence, très actives actuellement.

Il y a 100 ans, le 11 juin 1909, Lambesc est détruit et des dégats considérables sont causés à Vernègues, Saint-Cannat et diverses communes alentours de Salon à Aix-en-Provence. Des répliques eurent lieu jusqu’en 1910. Ce séisme, le plus important en France de l’histoire moderne, a été classé d’intensité 9 sur l’échelle MSK de 0 à 12, ce qui correspondrait à une magnitude de 6,2 sur l’échelle de Richter graduée de 0 à 9. (voir annexe 1).

On sait maintenant que les séismes méditerranéens sont inéluctables. La poussée de la plaque Afrique vers le nord à la vitesse de 1 cm par an exerce des contraintes fantastiques sur les failles sud-européennes, et notamment sur la faille d’Aix-en-Provence, premier rempart donc zone sismique par excellence, et sur les failles de Nîmes et des Cévennes — seconds remparts. (voir annexe 2).

Sans qu’on puisse en déterminer le lieu ni la date, un séisme de grande ampleur est possible voire probable. Aussi une étude a été menée sous l’égide du ministère de l’environnement en 1982 pour déterminer les conséquences humaines et matérielles d’une telle catastrophe. on y trouve que le nombre de victimes serait 10 à 20 fois plus élevé, ainsi que le nombre de bâtiments détruits, du fait de l’évolution de l’urbanisation et de la population, mais on n’y trouve rien concernant les centres nucléaires…

Or, il se trouve que le Tricastin et Marcoule sont encadrés par les failles actives de Nîmes et d’Alès, tandis que le site de Cadarache est situé sur le faisceau de la faille d’Aix-en-Provence-Durance, la plus active de France et à proximité d’une autre transversale, celle de Trévaresse qui a généré le plus grave séisme jamais enregistré en France, le 11 juin 1909, dit "séisme de Lambesc".

La présence de ces centres nucléaires avec des quantités importantes de plutonium, uranium, déchets radioactifs et de réacteurs en fonctionnement rendent particulièrement angoissante la perspective d’un séisme d’intensité comparable à celui de 1909. La destruction d’une partie de l’un de ces centres pourrait entrainer des dégâts considérables et des contaminations nucléaires ingérables surtout si au même moment des pluies violentes s’abattaient. Il ne faut pas hésiter à dire que “la Provence pourrait être rayée de la carte” ( La Provence du 19 avril 2001 - voir Annexe 3).

En dépit de ces données géophysiques, la population est mise en péril par la poursuite des activités nucléaires qu’on n’hésite pas à développer (Iter à Cadarache, Réacteur de 4ème génération à Marcoule, projet d’EPR à Tricastin, etc.).

Annexe 1 : Pour quantifier un séisme on dispose de deux échelles d’unité, la magnitude et l’intensité. La magnitude apprécie l’énergie libérée par la cassure, c’est une échelle logarithmique de l’amplitude des ondes mesurées à 100 km de l’épicentre du séisme. L’échelle dite de Richter est graduée de 0 à 9, et lorsque la magnitude augmente d’une unité, l’énergie est multipliée par 30.
L’intensité apprécie par l’observation l’importance des dégâts et destructions. L’échelle dite MSK comprend 12 degrés. Le séisme de Lambesc du 11 juin 1909, avec des répliques jusqu’en 1910, a été classé d’intensité 9, ce qui correspondrait à une magnitude de 6,2 sur l’échelle de Richter, avec la destruction d’immeubles à Salon et diverses communes dont Lambesc détruit et Vernègues qui a été pratiquement rayée de la carte.

Annexe 2 : Le mouvement tectonique des plaques dont la pression de la plaque Afrique sur la plaque Eurasienne a réactivé trois grandes failles liées au socle hercynien qui couvrent 6000 km du Maghreb à la Scandinavie. Ce sont les failles d’Aix-en-Provence-Durance, de Nîmes et d’Alès. Dans notre région ces grandes failles SSW-NNE se subdivisent en faisceaux, elles sont accompagnées de failles transversales E-W. Parmi les très nombreux séismes identifiés dans la région, signalons aussi les deux importants de Manosque en 1509 et 1708 sur la faille de la Durance qui passe auprès de Cadarache.

Annexe 3 : D’après Jacques Muller, "Sur les dangers du site nucléaire de Cadarache placé sur la principale faille active de Provence”. Rapport Juin 2000. Ancien directeur de recherches sur les failles sismiques en Méditerranée à l’université de Provence, Jacques Muller a déclaré (La Provence du 19 avril 2001) : “Cadarache est bien le dernier endroit où il fallait faire du nucléaire car le site se trouve en plein sur la faille de la Durance très active ces dernières années. Avec un séisme comme celui de 1909, la Provence serait rayée de la carte."
Antoine Calendra
Pierre Péguin
Isabelle Taitt

Localisation géographique des régions concernées par l’entreposage des déchets radioactifs dans le SE de la France : Cadarache (1), Gard et Ardèche (2). Les deux secteurs sont situés entre les failles majeures des Cévennes et d’Aix-en-Provence, très actives actuellement.


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