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La farce cachée du nucléaire

La farce cachée du nucléaire : des révélations sur la sécurité de Fessenheim éclatent au grand jour




L’ouvrage ‘La farce cachée du nucléaire’, rédigé par une personne issue d’EDF sur la base de documents internes et publié récemment par le Réseau "Sortir du nucléaire", met en exergue différents problèmes de sûreté peu voire pas connus du grand public.

Sur la base de documents internes à EDF, l’auteur dévoile des défauts de conception et de fonctionnement au cœur des centrales nucléaires françaises.

Les informations contenues dans cet ouvrage apportent un nouveau démenti au mythe de la sûreté propagé par EDF.



En particulier, cet ouvrage met en lumière des défauts des enceintes de confinement sur la centrale de Fessenheim.

Une raison de plus pour exiger l’arrêt immédiat de Fessenheim

La centrale n’est pas capable de contenir les rejets qui pourraient survenir lors d’un "accident de référence". En effet, ses enceintes sont sous-dimensionnées et ne pourraient donc résister à la pression en cas de perte de contrôle du réacteur.

Extrait de l’ouvrage :

Les enceintes de Fessenheim

Les bâtiments réacteur (BR) de Fessenheim sont particuliers. Une note interne d’EDF explique que « la pression d’APRP est supérieure à celle de dimensionnement (0,482 MPa pour 0,473) ». Cela signifie que la pression maximale du dimensionnement des bâtiments réacteur de la centrale alsacienne est de 4,73 bars alors que la pression atteinte lors d’un accident de perte de réfrigérant primaire est estimée à 4,82 bars. Noter la précision du chiffre au centième de bar prés, ça fait plus sérieux. Après l’estimation de la pression accidentelle, la note EDF poursuit ainsi : « et cela sans tenir compte des conditions réelles d’exploitation qui conduisent à des températures intérieures du Batiment Réacteur supérieures à celle prises en compte en dimensionnement ».

La température de dimensionnement est de 140°C au maximum à Fessenheim mais aussi sur les autres tranches en exploitation. Or, la température pourrait atteindre 185°C comme sur les tranches du palier CPY (CPl-CPZ) selon EDF.

De nombreuses tuyauteries traversent le bâtiment réacteur et il y a systématiquement une vanne d’isolement ou un clapet anti-retour de part et d’autre de la paroi de l’enceinte. En fonctionnement normal, certaines vannes sont ouvertes d’autres sont fermées. Une vanne ouverte risque de laisser passer beaucoup plus de gaz radioactif qu’une vanne fermée même si elle n’est pas tout a fait étanche. Lors d’une épreuve enceinte l’astuce consiste a fermer toutes les vannes situées aux traversées enceintes, sauf une, la vanne de prise de pression du bâtiment réacteur. Certes, en cas d’accident et sur « dépassement du critère de haute activité dans l‘enceinte » les « vannes d’isolement » des traversées de l’enceinte sont fermées hormis « celles relatives a la charge RCV [1]et aux systèmes RIS/EAS" [2])“, nécessaires à la gestion de l’accident. Mais fermer les vannes ne suffit pas toujours.

L’ouvrage évoque également des tests biaisés pour obtenir des résultats satisfaisants aux tests d’étanchéité, s’appuyant sur le recueil d’expérience d’un ingénieur en retraite. Extrait du document cité (p. 79 du livre) :

L’organe d’isolement d’une vanne (ou d’un clapet) est appelé « opercule » : son étanchéité ne peut pas être garantie à 100 %. Il faut avant tout les réviser car « un opercule métallique ne présente pas facilement une bonne étanchéité a l’air. Nous faisons en sorte qu’ils ne fuient pas le jour de l’épreuve ». Le spécialiste insiste : « nous faisons tout ce qu’il faut pour que l’épreuve soit réussie. En particulier, nous revoyons certaines vannes au papier de verre avant l’épreuve. Une seule fois, nous avons fait un essai de vannes en fin de cycle à Fessenheim, sans les retoucher préalablement. Les résultats ont été catastrophiques et n’ont pas été publiés. C’était pire qu’avec les 1300 MW [sic]. Nous obtenions un taux de fuites de 3 % . Soit dix fois plus que la valeur de 0,3 % exigée par le Décret d’autorisation et de création et surtout cent cinquante fois plus que lors de l’épreuve de la « première décennale » où le « taux de fuite global » n’a atteint que « -0,019 % »26 sur la tranche n° l. Des fuites cheminent donc aux travers des tuyauteries sortant de l’enceinte.

Vous pouvez commander "La Farce cachée du nucléaire" sur notre boutique en ligne.


Notes

[1RCV : contrôle chimique et volumétrique du réacteur

[2RIS : injection de sécurité du réacteur

En particulier, cet ouvrage met en lumière des défauts des enceintes de confinement sur la centrale de Fessenheim.

Une raison de plus pour exiger l’arrêt immédiat de Fessenheim

La centrale n’est pas capable de contenir les rejets qui pourraient survenir lors d’un "accident de référence". En effet, ses enceintes sont sous-dimensionnées et ne pourraient donc résister à la pression en cas de perte de contrôle du réacteur.

Extrait de l’ouvrage :

Les enceintes de Fessenheim

Les bâtiments réacteur (BR) de Fessenheim sont particuliers. Une note interne d’EDF explique que « la pression d’APRP est supérieure à celle de dimensionnement (0,482 MPa pour 0,473) ». Cela signifie que la pression maximale du dimensionnement des bâtiments réacteur de la centrale alsacienne est de 4,73 bars alors que la pression atteinte lors d’un accident de perte de réfrigérant primaire est estimée à 4,82 bars. Noter la précision du chiffre au centième de bar prés, ça fait plus sérieux. Après l’estimation de la pression accidentelle, la note EDF poursuit ainsi : « et cela sans tenir compte des conditions réelles d’exploitation qui conduisent à des températures intérieures du Batiment Réacteur supérieures à celle prises en compte en dimensionnement ».

La température de dimensionnement est de 140°C au maximum à Fessenheim mais aussi sur les autres tranches en exploitation. Or, la température pourrait atteindre 185°C comme sur les tranches du palier CPY (CPl-CPZ) selon EDF.

De nombreuses tuyauteries traversent le bâtiment réacteur et il y a systématiquement une vanne d’isolement ou un clapet anti-retour de part et d’autre de la paroi de l’enceinte. En fonctionnement normal, certaines vannes sont ouvertes d’autres sont fermées. Une vanne ouverte risque de laisser passer beaucoup plus de gaz radioactif qu’une vanne fermée même si elle n’est pas tout a fait étanche. Lors d’une épreuve enceinte l’astuce consiste a fermer toutes les vannes situées aux traversées enceintes, sauf une, la vanne de prise de pression du bâtiment réacteur. Certes, en cas d’accident et sur « dépassement du critère de haute activité dans l‘enceinte » les « vannes d’isolement » des traversées de l’enceinte sont fermées hormis « celles relatives a la charge RCV [1]et aux systèmes RIS/EAS" [2])“, nécessaires à la gestion de l’accident. Mais fermer les vannes ne suffit pas toujours.

L’ouvrage évoque également des tests biaisés pour obtenir des résultats satisfaisants aux tests d’étanchéité, s’appuyant sur le recueil d’expérience d’un ingénieur en retraite. Extrait du document cité (p. 79 du livre) :

L’organe d’isolement d’une vanne (ou d’un clapet) est appelé « opercule » : son étanchéité ne peut pas être garantie à 100 %. Il faut avant tout les réviser car « un opercule métallique ne présente pas facilement une bonne étanchéité a l’air. Nous faisons en sorte qu’ils ne fuient pas le jour de l’épreuve ». Le spécialiste insiste : « nous faisons tout ce qu’il faut pour que l’épreuve soit réussie. En particulier, nous revoyons certaines vannes au papier de verre avant l’épreuve. Une seule fois, nous avons fait un essai de vannes en fin de cycle à Fessenheim, sans les retoucher préalablement. Les résultats ont été catastrophiques et n’ont pas été publiés. C’était pire qu’avec les 1300 MW [sic]. Nous obtenions un taux de fuites de 3 % . Soit dix fois plus que la valeur de 0,3 % exigée par le Décret d’autorisation et de création et surtout cent cinquante fois plus que lors de l’épreuve de la « première décennale » où le « taux de fuite global » n’a atteint que « -0,019 % »26 sur la tranche n° l. Des fuites cheminent donc aux travers des tuyauteries sortant de l’enceinte.

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