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Sortir du nucléaire n°24

Juin 2004

Alternatives

La clim vous rafraîchit en réchauffant la planète

Juin 2004




Rejetée dans l’atmosphère, la chaleur aggrave encore la pollution



Sans le savoir, les adeptes de la climatisation participent à l’inexorable réchauffement climatique. Jean-Louis Plazy, directeur adjoint de l’air et des transports à l’Ademe (1), est bien embêté. “Pour faire du froid, il faut absorber de la chaleur dans la pièce à rafraîchir, et la rejeter quelque part.” Et ce quelque part, c’est notre atmosphère. Selon le bon vieux principe du “rien ne se perd, rien ne se crée”, lorsqu’on retire des calories d’une pièce ou d’une voiture, on les transfère ailleurs, c’est-à-dire à l’extérieur. Un phénomène bien connu des cyclistes qui pédalent à côté de voitures climatisées.

C’est un fluide réfrigérant qui joue le rôle du transporteur de calories. Les fluides sont principalement des hydrofluorocarbones, les HFC, des gaz qui, une fois relâchés dans l’atmosphère, ont un pouvoir réchauffant très fort. “Les systèmes par compression fuient toujours un peu, notamment dans les bâtiments en fin de vie.” Par comparaison, quand un gramme de HFC est délivré dans l’air, cela correspond à 1 300 grammes de CO2. Les chercheurs travaillent donc actuellement à des systèmes à base de dioxyde de carbone, 1300 fois moins réchauffant, mais aucun produit ne sera prêt avant des années. Et, à ce moment-là, que fera-t-on du parc déjà équipé en clim HFC ?

Aujourd’hui, les bâtiments neufs intègrent un système réfrigérant dans les locaux en dépit du fait qu’il augmente la consommation d’électricité de 20 % à 50 % selon les surfaces.

Autre cauchemar pour la planète : la climatisation automobile. Celle-ci est devenue incontournable : 3 véhicules sur quatre en sont équipés aujourd’hui, et neuf sur dix le seront en 2010. Du fait de leur conception, les climatisations installées sur les voitures fuient beaucoup et rejettent beaucoup de HFC. Défaut supplémentaire, elles coûtent cher : du fait de leur poids, les climatisations augmentent la consommation des véhicules en carburant de 20 % à 30 %.

Seule option pour prévenir les méfaits de ces outils rafraîchissants : ne pas les utiliser. Un effort à fournir inadmissible pour la plupart des gens. “Il va falloir s’adapter aux fortes températures et y mettre du sien pour ralentir le réchauffement climatique : se déplacer avec les transports en commun au maximum, ne pas acheter de véhicule climatisé, même si cela devient impossible. Imaginez qu’en Inde et en Chine, bâtiments et véhicules commencent à être climatisés...”, déplore Olivier Louchard, membre du Réseau Action Climat (RAC). Les malheureux militants n’ont pas d’alternatives réjouissantes. “Quand on a connu ce confort, on ne revient pas en arrière. Pourtant, il le faudrait, pour les générations futures.”
Fraîcheur sans clim’, le guide malin des alternatives écologiques

Après la canicule de l’été dernier et avant les prochaines canicules, voici un livre qui tombe à pic. Comment se rafraîchir sans avoir forcément recours au climatiseur ?

En effet, si la climatisation est “bardée” de toutes les vertus par ses promoteurs, sa banalisation a, en fait, de nombreux impacts négatifs sur l’environnement : air intérieur mal maîtrisé et risque de légionellose, équipements le plus souvent bruyants et peu esthétiques, effet de serre et destruction de la couche d’ozone par les fluides réfrigérants, émission et génération de déchets lors de la production d’électricité, consommation de ressources fossiles, fragilisation du réseau électrique... et la climatisation automobile n’est pas en reste : forte consommation de carburant, émissions de fluides, augmentation des précurseurs de l’ozone les jours de grande chaleur.

Bien entendu, il ne s’agit pas de supprimer la climatisation sans discernement : elle est indispensable pour de nombreux locaux industriels et pour des usages bien spécifiques. Mais pour vivre au frais à la maison, il existe d’autres solutions.

Avant de diminuer la chaleur en produisant du froid, il s’agit d’adopter une stratégie simple et de bon sens : ne pas laisser entrer le rayonnement solaire ou la chaleur, diminuer les sources de chaleur intérieures, profiter de la fraîcheur nocturne et de l’inertie, adapter notre corps et notre mode de vie aux variations du climat.

Puis il faut rechercher des solutions à faible impact : brasseurs d’air, ventilation nocturne, rafraîchissement par évaporation ou par rayonnement, puits provençal. Et si cela reste vraiment nécessaire, climatiser en utilisant des techniques à faible impact énergétique et environnemental.

Ce livre très pratique s’adresse à tous, que l’on vive en appartement ou en maison individuelle, que l’on soit locataire ou propriétaire, campagnard ou citadin.

Ce livre de 160 pages est à commander au Réseau “Sortir du nucléaire”, 9, rue Dumenge, 69317 Lyon Cedex 04. Unité : 22,50 euros (port compris). Chèque à l’ordre de “Sortir du nucléaire”.
Laure Noualhat

Article paru dans Liberation le 8 août 2003
(1) Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie, www.ademe.fr

Tél. 0810 060 050

Sans le savoir, les adeptes de la climatisation participent à l’inexorable réchauffement climatique. Jean-Louis Plazy, directeur adjoint de l’air et des transports à l’Ademe (1), est bien embêté. “Pour faire du froid, il faut absorber de la chaleur dans la pièce à rafraîchir, et la rejeter quelque part.” Et ce quelque part, c’est notre atmosphère. Selon le bon vieux principe du “rien ne se perd, rien ne se crée”, lorsqu’on retire des calories d’une pièce ou d’une voiture, on les transfère ailleurs, c’est-à-dire à l’extérieur. Un phénomène bien connu des cyclistes qui pédalent à côté de voitures climatisées.

C’est un fluide réfrigérant qui joue le rôle du transporteur de calories. Les fluides sont principalement des hydrofluorocarbones, les HFC, des gaz qui, une fois relâchés dans l’atmosphère, ont un pouvoir réchauffant très fort. “Les systèmes par compression fuient toujours un peu, notamment dans les bâtiments en fin de vie.” Par comparaison, quand un gramme de HFC est délivré dans l’air, cela correspond à 1 300 grammes de CO2. Les chercheurs travaillent donc actuellement à des systèmes à base de dioxyde de carbone, 1300 fois moins réchauffant, mais aucun produit ne sera prêt avant des années. Et, à ce moment-là, que fera-t-on du parc déjà équipé en clim HFC ?

Aujourd’hui, les bâtiments neufs intègrent un système réfrigérant dans les locaux en dépit du fait qu’il augmente la consommation d’électricité de 20 % à 50 % selon les surfaces.

Autre cauchemar pour la planète : la climatisation automobile. Celle-ci est devenue incontournable : 3 véhicules sur quatre en sont équipés aujourd’hui, et neuf sur dix le seront en 2010. Du fait de leur conception, les climatisations installées sur les voitures fuient beaucoup et rejettent beaucoup de HFC. Défaut supplémentaire, elles coûtent cher : du fait de leur poids, les climatisations augmentent la consommation des véhicules en carburant de 20 % à 30 %.

Seule option pour prévenir les méfaits de ces outils rafraîchissants : ne pas les utiliser. Un effort à fournir inadmissible pour la plupart des gens. “Il va falloir s’adapter aux fortes températures et y mettre du sien pour ralentir le réchauffement climatique : se déplacer avec les transports en commun au maximum, ne pas acheter de véhicule climatisé, même si cela devient impossible. Imaginez qu’en Inde et en Chine, bâtiments et véhicules commencent à être climatisés...”, déplore Olivier Louchard, membre du Réseau Action Climat (RAC). Les malheureux militants n’ont pas d’alternatives réjouissantes. “Quand on a connu ce confort, on ne revient pas en arrière. Pourtant, il le faudrait, pour les générations futures.”
Fraîcheur sans clim’, le guide malin des alternatives écologiques

Après la canicule de l’été dernier et avant les prochaines canicules, voici un livre qui tombe à pic. Comment se rafraîchir sans avoir forcément recours au climatiseur ?

En effet, si la climatisation est “bardée” de toutes les vertus par ses promoteurs, sa banalisation a, en fait, de nombreux impacts négatifs sur l’environnement : air intérieur mal maîtrisé et risque de légionellose, équipements le plus souvent bruyants et peu esthétiques, effet de serre et destruction de la couche d’ozone par les fluides réfrigérants, émission et génération de déchets lors de la production d’électricité, consommation de ressources fossiles, fragilisation du réseau électrique... et la climatisation automobile n’est pas en reste : forte consommation de carburant, émissions de fluides, augmentation des précurseurs de l’ozone les jours de grande chaleur.

Bien entendu, il ne s’agit pas de supprimer la climatisation sans discernement : elle est indispensable pour de nombreux locaux industriels et pour des usages bien spécifiques. Mais pour vivre au frais à la maison, il existe d’autres solutions.

Avant de diminuer la chaleur en produisant du froid, il s’agit d’adopter une stratégie simple et de bon sens : ne pas laisser entrer le rayonnement solaire ou la chaleur, diminuer les sources de chaleur intérieures, profiter de la fraîcheur nocturne et de l’inertie, adapter notre corps et notre mode de vie aux variations du climat.

Puis il faut rechercher des solutions à faible impact : brasseurs d’air, ventilation nocturne, rafraîchissement par évaporation ou par rayonnement, puits provençal. Et si cela reste vraiment nécessaire, climatiser en utilisant des techniques à faible impact énergétique et environnemental.

Ce livre très pratique s’adresse à tous, que l’on vive en appartement ou en maison individuelle, que l’on soit locataire ou propriétaire, campagnard ou citadin.

Ce livre de 160 pages est à commander au Réseau “Sortir du nucléaire”, 9, rue Dumenge, 69317 Lyon Cedex 04. Unité : 22,50 euros (port compris). Chèque à l’ordre de “Sortir du nucléaire”.
Laure Noualhat

Article paru dans Liberation le 8 août 2003
(1) Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie, www.ademe.fr

Tél. 0810 060 050



Thèmes
Maîtrise de l’énergie Nucléaire et climat