Réseau Sortir du nucléaire
BoutiqueAgendaFaire un donEN

Sortir du nucléaire n°39

Eté 2008

Alternatives

Eoliennes : vent de polémique

Eté 2008




Les articles et reportages fleurissent ces temps-ci sur la question des éoliennes, accusées de tous les maux. Etudions quelques-uns des "arguments" avancés par les anti-éoliens… qui sont la plupart du temps des pronucléaires mal déguisés.



Halte à la "tyrannie du CO2"
Selon les pronucléaires, le seul critère valable pour évaluer une énergie serait les émissions de CO2. Cela favorise le nucléaire, qui en émet relativement peu (c’est d’ailleurs de moins en moins vrai car les opérations d’extraction de l’uranium émettent des quantités grandissantes de CO2). Mais il n’y a aucune raison de se plier à ce diktat, une énergie devant être évaluée sur un ensemble de critères : risques de catastrophe, rejets dans l’environnement, production de déchets (radioactifs ou autres), créations d’emplois, décentralisation, démocratie. Ce qui est certain, c’est que l’éolien est une énergie propre et renouvelable, et que le nucléaire est une énergie sale et non renouvelable.

Quand le vent arrête le nucléaire et le charbon…
Alors que les éoliennes ne produisent pas de CO2, elles sont accusées d’en dégager… indirectement : l’intermittence de la production éolienne entraînerait la mise en service de centrales thermiques (gaz, charbon) pour ajuster la production. La réalité est exactement inverse : quand il y a du vent, on peut stopper des centrales polluantes, thermiques ou nucléaires. A condition bien sûr qu’il y ait assez d’éoliennes (voir plus loin les données sur la production éolienne, indûment accusée d’être négligeable).

Intermittence et prévisions
Il est rarissime que le vent soit absent partout : si des parcs éoliens sont judicieusement répartis sur le territoire d’un pays, il y a toujours des éoliennes qui fonctionnent. Par ailleurs, les prévisions météo concernant les vents sont très précises, il est donc facile de prévoir la production éolienne… et les besoins de production des autres filières.

Couplage des éoliennes avec les autres énergies renouvelables
La production éolienne est certes intermittente, mais elle peut parfaitement être couplée à d’autres productions renouvelables (hydroélectricité en particulier). Il est donc parfaitement faux de prétendre que les éoliennes impliquent l’utilisation de centrales thermiques. D’ailleurs, à terme, il ne restera que les énergies renouvelables…

Canicule, vent, centrales nucléaires, et panneaux solaires
Les pronucléaires rappellent que, pendant la canicule 2003, il y a eu fort peu de vent et que beaucoup d’éoliennes sont restées à l’arrêt. Certes, mais il a aussi fallu arrêter de nombreux réacteurs nucléaires, devenus impossibles à refroidir. Par contre, il est certain que l’énergie solaire ferait merveille pendant une canicule… à condition d’investir dans cette énergie, bien sûr. Les énergies renouvelables sont propres et complémentaires.

C’est le nucléaire qui est couplé à des centrales thermiques
Nous l’avons vu, il est injustement reproché aux éoliennes d’être responsables de certaines émissions de CO2, et dans le même temps le nucléaire est montré en exemple. En réalité, c’est le nucléaire, du fait du manque de souplesse de sa production, qui doit être couplé en continu à des centrales thermiques qui couvrent les pointes de consommation. C’est donc bien le nucléaire qui est responsable d’importantes émissions de CO2 (voir plus loin la "délocalisation des pollutions").

Il est possible de stocker l’énergie éolienne
Non, rassurez-vous, il ne s’agit pas de faire des "réserves de vent" ! Le problème de l’intermittence de la production est en voie d’être réglé grâce à des systèmes de stockage de l’énergie (bien lire de l’énergie et non de l’électricité) – par exemple la compression de l’air ou le stockage d’eau en hauteur – qui permettent de produire ensuite de l’électricité lorsque le vent manque. Seuls ceux qui ne croient pas au Progrès – en particulier ceux qui soutiennent le nucléaire, énergie archaïque – sont sceptiques sur la mise en œuvre de ces techniques "anti-intermittence".

La production éolienne est désormais massive
Au niveau mondial, ce sont désormais 100 000 MW éoliens qui sont installés, soit l’équivalent de 100 réacteurs nucléaires. En considérant qu’une éolienne fonctionne en moyenne 30% du temps, cela fait l’équivalent de la production d’une trentaine de réacteurs nucléaires. Ces chiffres sont en augmentation exponentielle : l’éolien est en passe de devenir une énergie de masse. (A noter : un réacteur nucléaire est tout de même arrêté environ 20% du temps, et beaucoup plus en cas d’incident).

Il ne s’agit pas de "remplacer les centrales nucléaires par des éoliennes"
Pour tenter de décrédibiliser les énergies renouvelables, les pronucléaires calculent le nombre d’éoliennes qu’il faudrait pour remplacer les réacteurs nucléaires. C’est absurde : la première chose à faire est de réduire la consommation d’énergie et d’éliminer les immenses gaspillages… dont EDF est d’ailleurs en grande partie responsable : pour "justifier" le nucléaire, la surconsommation d’électricité est un véritable sport national !

Installer des éoliennes "entre les réacteurs nucléaires" est absurde
Développer les énergies renouvelables n’a de sens que si l’objectif final est de faire disparaître les industries polluantes (nucléaire, charbon, etc). Or EDF, Areva ou Total investissent actuellement dans les éoliennes… tout en continuant à développer leurs activités dans le nucléaire ou les énergies fossiles. Ajouter des éoliennes sans réduire la consommation d’énergie est un non sens.

L’éolien à quel prix ?
Le Figaro du 11 février 2008 a publié un grand dossier anti-éolien dans lequel, grâce à des calculs très contestables, il est prétendu que l’éolien pourrait coûter à la France 3 à 5 milliards d’euros par an. Or, vrai ou faux, ce chiffre est négligeable : la France a importé en 2006 pour 49 milliards d’euros de pétrole et gaz. Cette facture augmente d’ailleurs chaque année. De plus, le démantèlement des installations nucléaires et la gestion (impossible) des déchets radioactifs vont coûter des centaines de milliards d’euros. Qui peut croire que c’est l’énergie éolienne, alors que le vent nous est fourni gratuitement, qui va nous ruiner ?

Sur votre facture EDF…
Les pronucléaires prétendent que la CSPE (Contribution au Service Public de l’Électricité), que l’on peut noter sur sa facture EDF, est due au surcoût des énergies renouvelables et en particulier de l’éolien. C’est faux : seule une infime fraction de cette taxe est concernée… malheureusement : en effet, ce serait une bonne chose qu’EDF investisse beaucoup plus dans les énergies renouvelables…

Il restera toujours du vent…
Les énergies renouvelables ont pour avantage d’êtres propres, complémentaires, et surtout inépuisables : même s’il souffle de façon irrégulière, il y aura toujours du vent. On ne peut pas en dire autant des énergies fossiles et du nucléaire dont le combustible, l’uranium, sera épuisé dans quelques décennies.

Eoliennes : impact minime sur les oiseaux
Les études européennes (dont l’étude de l’Office national de la chasse et de la faune sauvage) font état d’une moyenne de 0,4 à 1,3 oiseau tué par éolienne et par an, un chiffre très faible par rapport aux dommages causés par la circulation routière, les pylônes électriques, les lignes à haute tension ou encore les baies vitrées (cf. dépêche AFP du 7 décembre 2004).

Le nucléaire défigure les paysages bien plus que les éoliennes
Il y a en France environ 1500 éoliennes (et 30 000 en Allemagne). C’est fort peu comparé aux 200 000 grands pylônes électriques – et aux lignes qu’ils portent – qui défigurent la France de part en part. C’est le nucléaire, du fait de l’extrême centralisation de sa production, qui est la cause du si grand nombre de pylônes, car il faut acheminer l’électricité sur des centaines de kilomètres.

Pour les touristes, les éoliennes valorisent la région. Un sondage CSA commandé par la région Languedoc-Roussillon a montré que 92% des touristes, interrogés sur 25 sites en pleine période touristique, considèrent l’utilisation des éoliennes comme "une bonne chose". Seulement 16% estiment qu’elles "dégradent le paysage dans lequel elles sont implantées". Mieux : les touristes interrogés dans des sites où existent des éoliennes ou qui en ont vu sont nettement plus favorables aux éoliennes que ceux qui n’en ont pas vu.

L’énergie éolienne est contrôlable par les citoyens
Le nucléaire est marqué par l’opacité et la centralisation, les citoyens en sont maintenus à l’écart par de hautes clôtures, des vigiles, des gendarmes. Au contraire, l’éolien est décentralisé, accessible (vous pouvez entrer dans un parc éolien, pas dans une centrale nucléaire) et facilement contrôlable.

Stéphane Lhomme
NB : pour ce qui est des autres "nuisances" supposées de l’éolien (les pronucléaires vont jusqu’à prétendre que les éoliennes sont dangereuses pour la santé !), nous vous renvoyons vers l’excellent document de Planète éolienne :

http://www.planete-eolienne.fr/documents/planete_eolienne_les_reponses_aux_idees_fausses.pdf

Halte à la "tyrannie du CO2"
Selon les pronucléaires, le seul critère valable pour évaluer une énergie serait les émissions de CO2. Cela favorise le nucléaire, qui en émet relativement peu (c’est d’ailleurs de moins en moins vrai car les opérations d’extraction de l’uranium émettent des quantités grandissantes de CO2). Mais il n’y a aucune raison de se plier à ce diktat, une énergie devant être évaluée sur un ensemble de critères : risques de catastrophe, rejets dans l’environnement, production de déchets (radioactifs ou autres), créations d’emplois, décentralisation, démocratie. Ce qui est certain, c’est que l’éolien est une énergie propre et renouvelable, et que le nucléaire est une énergie sale et non renouvelable.

Quand le vent arrête le nucléaire et le charbon…
Alors que les éoliennes ne produisent pas de CO2, elles sont accusées d’en dégager… indirectement : l’intermittence de la production éolienne entraînerait la mise en service de centrales thermiques (gaz, charbon) pour ajuster la production. La réalité est exactement inverse : quand il y a du vent, on peut stopper des centrales polluantes, thermiques ou nucléaires. A condition bien sûr qu’il y ait assez d’éoliennes (voir plus loin les données sur la production éolienne, indûment accusée d’être négligeable).

Intermittence et prévisions
Il est rarissime que le vent soit absent partout : si des parcs éoliens sont judicieusement répartis sur le territoire d’un pays, il y a toujours des éoliennes qui fonctionnent. Par ailleurs, les prévisions météo concernant les vents sont très précises, il est donc facile de prévoir la production éolienne… et les besoins de production des autres filières.

Couplage des éoliennes avec les autres énergies renouvelables
La production éolienne est certes intermittente, mais elle peut parfaitement être couplée à d’autres productions renouvelables (hydroélectricité en particulier). Il est donc parfaitement faux de prétendre que les éoliennes impliquent l’utilisation de centrales thermiques. D’ailleurs, à terme, il ne restera que les énergies renouvelables…

Canicule, vent, centrales nucléaires, et panneaux solaires
Les pronucléaires rappellent que, pendant la canicule 2003, il y a eu fort peu de vent et que beaucoup d’éoliennes sont restées à l’arrêt. Certes, mais il a aussi fallu arrêter de nombreux réacteurs nucléaires, devenus impossibles à refroidir. Par contre, il est certain que l’énergie solaire ferait merveille pendant une canicule… à condition d’investir dans cette énergie, bien sûr. Les énergies renouvelables sont propres et complémentaires.

C’est le nucléaire qui est couplé à des centrales thermiques
Nous l’avons vu, il est injustement reproché aux éoliennes d’être responsables de certaines émissions de CO2, et dans le même temps le nucléaire est montré en exemple. En réalité, c’est le nucléaire, du fait du manque de souplesse de sa production, qui doit être couplé en continu à des centrales thermiques qui couvrent les pointes de consommation. C’est donc bien le nucléaire qui est responsable d’importantes émissions de CO2 (voir plus loin la "délocalisation des pollutions").

Il est possible de stocker l’énergie éolienne
Non, rassurez-vous, il ne s’agit pas de faire des "réserves de vent" ! Le problème de l’intermittence de la production est en voie d’être réglé grâce à des systèmes de stockage de l’énergie (bien lire de l’énergie et non de l’électricité) – par exemple la compression de l’air ou le stockage d’eau en hauteur – qui permettent de produire ensuite de l’électricité lorsque le vent manque. Seuls ceux qui ne croient pas au Progrès – en particulier ceux qui soutiennent le nucléaire, énergie archaïque – sont sceptiques sur la mise en œuvre de ces techniques "anti-intermittence".

La production éolienne est désormais massive
Au niveau mondial, ce sont désormais 100 000 MW éoliens qui sont installés, soit l’équivalent de 100 réacteurs nucléaires. En considérant qu’une éolienne fonctionne en moyenne 30% du temps, cela fait l’équivalent de la production d’une trentaine de réacteurs nucléaires. Ces chiffres sont en augmentation exponentielle : l’éolien est en passe de devenir une énergie de masse. (A noter : un réacteur nucléaire est tout de même arrêté environ 20% du temps, et beaucoup plus en cas d’incident).

Il ne s’agit pas de "remplacer les centrales nucléaires par des éoliennes"
Pour tenter de décrédibiliser les énergies renouvelables, les pronucléaires calculent le nombre d’éoliennes qu’il faudrait pour remplacer les réacteurs nucléaires. C’est absurde : la première chose à faire est de réduire la consommation d’énergie et d’éliminer les immenses gaspillages… dont EDF est d’ailleurs en grande partie responsable : pour "justifier" le nucléaire, la surconsommation d’électricité est un véritable sport national !

Installer des éoliennes "entre les réacteurs nucléaires" est absurde
Développer les énergies renouvelables n’a de sens que si l’objectif final est de faire disparaître les industries polluantes (nucléaire, charbon, etc). Or EDF, Areva ou Total investissent actuellement dans les éoliennes… tout en continuant à développer leurs activités dans le nucléaire ou les énergies fossiles. Ajouter des éoliennes sans réduire la consommation d’énergie est un non sens.

L’éolien à quel prix ?
Le Figaro du 11 février 2008 a publié un grand dossier anti-éolien dans lequel, grâce à des calculs très contestables, il est prétendu que l’éolien pourrait coûter à la France 3 à 5 milliards d’euros par an. Or, vrai ou faux, ce chiffre est négligeable : la France a importé en 2006 pour 49 milliards d’euros de pétrole et gaz. Cette facture augmente d’ailleurs chaque année. De plus, le démantèlement des installations nucléaires et la gestion (impossible) des déchets radioactifs vont coûter des centaines de milliards d’euros. Qui peut croire que c’est l’énergie éolienne, alors que le vent nous est fourni gratuitement, qui va nous ruiner ?

Sur votre facture EDF…
Les pronucléaires prétendent que la CSPE (Contribution au Service Public de l’Électricité), que l’on peut noter sur sa facture EDF, est due au surcoût des énergies renouvelables et en particulier de l’éolien. C’est faux : seule une infime fraction de cette taxe est concernée… malheureusement : en effet, ce serait une bonne chose qu’EDF investisse beaucoup plus dans les énergies renouvelables…

Il restera toujours du vent…
Les énergies renouvelables ont pour avantage d’êtres propres, complémentaires, et surtout inépuisables : même s’il souffle de façon irrégulière, il y aura toujours du vent. On ne peut pas en dire autant des énergies fossiles et du nucléaire dont le combustible, l’uranium, sera épuisé dans quelques décennies.

Eoliennes : impact minime sur les oiseaux
Les études européennes (dont l’étude de l’Office national de la chasse et de la faune sauvage) font état d’une moyenne de 0,4 à 1,3 oiseau tué par éolienne et par an, un chiffre très faible par rapport aux dommages causés par la circulation routière, les pylônes électriques, les lignes à haute tension ou encore les baies vitrées (cf. dépêche AFP du 7 décembre 2004).

Le nucléaire défigure les paysages bien plus que les éoliennes
Il y a en France environ 1500 éoliennes (et 30 000 en Allemagne). C’est fort peu comparé aux 200 000 grands pylônes électriques – et aux lignes qu’ils portent – qui défigurent la France de part en part. C’est le nucléaire, du fait de l’extrême centralisation de sa production, qui est la cause du si grand nombre de pylônes, car il faut acheminer l’électricité sur des centaines de kilomètres.

Pour les touristes, les éoliennes valorisent la région. Un sondage CSA commandé par la région Languedoc-Roussillon a montré que 92% des touristes, interrogés sur 25 sites en pleine période touristique, considèrent l’utilisation des éoliennes comme "une bonne chose". Seulement 16% estiment qu’elles "dégradent le paysage dans lequel elles sont implantées". Mieux : les touristes interrogés dans des sites où existent des éoliennes ou qui en ont vu sont nettement plus favorables aux éoliennes que ceux qui n’en ont pas vu.

L’énergie éolienne est contrôlable par les citoyens
Le nucléaire est marqué par l’opacité et la centralisation, les citoyens en sont maintenus à l’écart par de hautes clôtures, des vigiles, des gendarmes. Au contraire, l’éolien est décentralisé, accessible (vous pouvez entrer dans un parc éolien, pas dans une centrale nucléaire) et facilement contrôlable.

Stéphane Lhomme
NB : pour ce qui est des autres "nuisances" supposées de l’éolien (les pronucléaires vont jusqu’à prétendre que les éoliennes sont dangereuses pour la santé !), nous vous renvoyons vers l’excellent document de Planète éolienne :

http://www.planete-eolienne.fr/documents/planete_eolienne_les_reponses_aux_idees_fausses.pdf



Thèmes
Energies renouvelables