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Revue de presse

Avril 2016 / Les Techniques de l’ingénieur

EPR de Flamanville : La cuve sous surveillance



EDF et Areva ont annoncé la mise en œuvre de nouveaux tests sur la cuve du réacteur EPR de Flamanville, suite à la découverte d’anomalies plus importantes que prévu. Les deux partenaires ont jusqu’à la fin de l’année pour démontrer la sûreté de cet élément de fonderie fondamental.

C’est par un communiqué commun, signe du rapprochement, qu’EDF et Areva ont annoncé le lancement de tests complémentaires sur les deux pièces de fonderie étudiées. Les premières analyses effectuées sur deux pièces analogues à celles de Flamanville 3 ont montré, sur l’une d’entre elles, une extension du phénomène de ségrégation carbone au-delà de la mi-épaisseur.

La présence d’une zone présentant une concentration importante en carbone conduit à des valeurs de résilience mécanique plus faibles qu’attendues et pose des problèmes de sûreté. En effet, la cuve d’un réacteur à eau sous pression est un équipement particulièrement important pour la sûreté. Elle contient le combustible et participe à la seconde barrière de confinement de la radioactivité. C’est pourquoi, l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) avait demandé à Areva en avril 2015 de réaliser une nouvelle campagne d’essais approfondie.

Malgré l’inquiétude que ces résultats font peser sur le projet de Flamanville 3, pour EDF et Areva, « ces premières analyses ont également permis de mieux caractériser la variabilité des principaux paramètres de fabrication entre les différentes pièces ». Et de proposer d’étendre le programme d’essais à une troisième pièce « pour renforcer la robustesse de la démonstration ».

Une démonstration attendue pour la fin de l’année par l’ASN qui aura la lourde tâche de valider ou non la qualité de la cuve (et du couvercle) du réacteur. Une réponse négative du gendarme du nucléaire serait purement catastrophique pour EDF, l’image de l’EPR et de la filière nucléaire dans son ensemble. La question de la poursuite de chantier serait clairement posée car il est déjà achevé à hauteur de 80%, et qu’il faudrait déconstruire pour ensuite tout reconstruire. Une perspective inimaginable pour un chantier dont la facture (10,5 milliards d’euros) et le délai de fabrication ont déjà triplé.


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EPR