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Revue de presse

Décembre 2017 / La Croix

Sécurité des centrales nucléaires



Source : La Croix

https://www.la-croix.com/Debats/Forum-et-debats/Y-probleme-securite-centrales-nucleaires-2017-11-29-1200895642

Sécurité des centrales nucléaires

La réponse de la déléguée générale de la Société française d’énergie nucléaire dans La Croix du 29 novembre (lire ci-dessous), après une nouvelle intrusion de militants de Greenpeace sur le site de Cruas-Meysse, ne me rassure pas du tout, bien au contraire. Après avoir affirmé que les centrales françaises sont dotées de systèmes de sécurité irréprochables, sans autre précision, elle fustige l’irresponsabilité de Greenpeace en appuyant sur deux arguments qui font mal… à EDF. Elle reproche d’abord aux militants de ne pas avoir accepté les contraintes administratives préalables à l’entrée sur le site, « comme s’ils décidaient de prendre l’avion sans passer par les contrôles de sécurité ». Je mets au défi cette dame de prendre l’avion en évitant les contrôles, apparemment beaucoup plus performants que l’accès aux centrales. Le second reproche adressé à Greenpeace résonne avec un effet boomerang, que l’on pourrait qualifier de comique si les enjeux n’étaient pas aussi énormes pour la sécurité civile  : « Que se passerait-il si un terroriste se glissait parmi les militants de cette organisation  ? » La question est la bonne, effectivement  : que se passerait-il  ? Perspective effrayante.

Olivier Juchtzer

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Valérie Faudon   : « Encore une fois, Greenpeace n’a rien réussi à prouver »

 

 

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Contrairement à ce que prétend Greenpeace, les centrales nucléaires françaises sont sûres et disposent de systèmes de protection parmi les plus perfectionnés au monde et leur sécurité n’est nullement remise en cause aujourd’hui. En liaison avec la défense nationale, EDF continue d’ailleurs d’investir pour améliorer ces dispositifs et les adapter notamment aux nouvelles formes de menaces. Le groupe va ainsi engager 720 millions d’euros dans la période 2014-2023 pour renforcer encore la sécurité de ses sites. Cette intrusion, hier matin, dans la centrale nucléaire de Cruas est d’abord un moyen pour l’association Greenpeace de faire parler d’elle et de réaliser une opération de communication. C’est tout. Car ces militants n’ont pas pénétré dans la zone nucléaire du site, comme ils n’ont jamais pu le faire par le passé dans d’autres centrales, malgré de nombreuses tentatives. L’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) a d’ailleurs indiqué que cette opération n’avait eu aucun impact sur la sûreté des installations.

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Mais il s’agit, pour nous, d’un acte de malveillance qui pose quelques questions. Avant de pouvoir entrer dans une installation nucléaire, considérée par les autorités comme un site d’importance vitale, il faut normalement passer par une enquête préalable des services de renseignement. C’est le cas pour environ 100 000 personnes par an, qui sont des salariés d’EDF, des prestataires extérieurs et des visiteurs.

Les militants de Greenpeace ont choisi délibérément de ne pas supporter ces contraintes. C’est comme s’ils décidaient de prendre l’avion sans passer par les contrôles de sécurité. De quel droit cette organisation décide-t-elle ainsi de s’affranchir des règles de la défense nationale  ? Avec des intrusions comme celle d’hier, Greenpeace mobilise également beaucoup de forces de sécurité, qui doivent agir avec discernement dans leur réponse. Mais que se passerait-il si un terroriste se glissait parmi les militants de cette organisation  ? Encore une fois Greenpeace n’a rien réussi à prouver. Début octobre, elle avait ainsi annoncé avoir réalisé un rapport sur la sécurité des réacteurs nucléaires. Nous n’en savons pas plus, car seulement huit exemplaires ont été adressés aux pouvoirs publics. Même les industriels concernés n’ont rien reçu. Officiellement pour des raisons de confidentialité liées au caractère sensible du sujet.

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Nous nous interrogeons malgré tout sur la méthode de travail retenue par Greenpeace pour ce rapport, qui semble avoir été rédigé dans un coin, et sur la pertinence des conclusions. Les auteurs du rapport ne sont aucunement des experts de la sécurité nucléaire. Ils ne sont pas reconnus par leurs pairs sur le sujet et n’ont pas publié de travaux dans ce domaine.

Les seuls à pouvoir juger de la dangerosité d’une installation sont les experts de l’Autorité de sûreté nucléaire et de l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN), qui n’ont d’ailleurs rien trouvé de nouveau dans ce rapport.

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