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Des accidents nucléaires partout

France : Tricastin : Les digues qui protègent les sites nucléaires EDF et Areva des inondations ne tiendront pas en cas de séisme




21 août 2017


Le 18 août 2017, l’exploitant de la centrale nucléaire et celui du site Areva Tricastin ont déclaré un évènement significatif pour la sûreté de niveau 1. Des études géotechniques menées dans le cadre du retour d’expérience de l’accident de Fukushima ont révélé que les digues qui protègent les sites nucléaires EDF et Areva des inondations ne tiendront pas en cas de séisme majoré. En effet, une partie des digues située en amont de la centrale et des usines Areva est construite sur une zone de sable.


Ce que dit EDF :

Le 21/08/17

Déclaration d’un événement significatif de niveau 1 lié à la résistance d’une portion de digue en cas de séisme

Dans le cadre du retour d’expérience à la suite de l’accident de Fukushima, EDF a étudié la résistance au séisme des digues de protection contre l’inondation autour de la centrale.

En juin 2017, des investigations géotechniques, complémentaires à celles déjà réalisées en 2011 et 2015, ont mis en évidence une zone de couches de sable susceptibles d’être déstabilisées en cas de séisme hautement improbable (séisme majoré de sécurité [1] ) sur une portion d’une digue située en amont de la centrale. Cette portion reste robuste en cas de séisme maximal historiquement vraisemblable [2].

Cette digue n’appartenant pas à EDF, des travaux seront initiés pour stabiliser cette portion de digue dès que les dispositions administratives auront été fixées.

La direction de la centrale du Tricastin a déclaré à l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN), le 18 août 2017, un événement significatif de sûreté, classé au niveau 1 de l’échelle INES, échelle internationale de classement des événements nucléaires qui en compte 7.

https://www.edf.fr/groupe-edf/nos-energies/carte-de-nos-implantations-industrielles-en-france/centrale-nucleaire-du-tricastin/actualites/declaration-d-un-evenement-significatif-de-niveau-1-lie-a-la-resistance-d-une-portion-de-digue-en-cas-de-seisme


Ce que dit Areva :

Le 22/08/2017

Anomalie de résistance d’une portion de digue en cas de séisme - Communiqué de presse

Dans le cadre du retour d’expérience à la suite de l’accident de Fukushima et des Évaluations Complémentaires de Sûreté (ECS), EDF a étudié la résistance au séisme des digues de protection contre l’inondation autour de la centrale du Tricastin. Les investigations géotechniques complémentaires menées ont mis en évidence une anomalie sur une portion limitée d’une digue située en amont de la centrale EDF et du site AREVA Tricastin, concernant une zone de couches de sable susceptibles d’être déstabilisées en cas de Séisme Majoré de Sécurité (SMS), tout en confirmant sa tenue au Séisme Maximal Historiquement Vraisemblable (SMVH).

Conformément aux prescriptions règlementaires, au regard des éléments portés à sa connaissance, AREVA Tricastin a proposé à l’ASN de classer au niveau 1 de l’échelle INES qui en compte 7, cette anomalie identifiée sur une portion limitée de digue. http://www.new.areva.com/FR/actualites-10998/areva-tricastin-anomalie-de-resistance-d-une-portion-de-digue-en-cas-de-seisme.html


Ce que dit l’ASN :

Le 28/08/17

Non tenue au séisme majoré de sécurité d’une portion des ouvrages de protection des sites nucléaires EDF et AREVA du Tricastin contre l’inondation

Parcs uranifères du Tricastin - Entreposage du substances radioactives - AREVA

Atlas (Areva Tricastin Laboratoires d’AnalyseS) - Analyses physico-chimiques et radiochimiques - AREVA

L’usine Georges Besse de séparation des isotopes de l’uranium par diffusion gazeuse - Transformation de substances radioactives - EURODIF

Usine Georges Besse II de séparation des isotopes de l’uranium par centrifugation - Transformation de substances radioactives - SET

Installation d’assainissement et de récupération de l’uranium (SOCATRI) - Usine - AREVA

L’installation TU 5 et W (usine AREVA NC) - Transformation de substances radioactives - AREVA

Base chaude opérationnelle du Tricastin (BCOT) - Maintenance nucléaire - EDF

Centrale nucléaire du Tricastin - Réacteurs de 900 MWe - EDF

Unité de fabrication de combustibles nucléaires FBFC Pierrelatte (installation déclassée) - Installation nucléaire de base déclassée - FBFC

Les 18 et 22 août 2017, EDF et AREVA, exploitants de la centrale nucléaire et de la plate-forme AREVA du Tricastin ont respectivement déclaré à l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN), un événement significatif pour la sûreté relatif à la non tenue d’une portion de la digue du canal de Donzère-Mondragon, en cas de séisme majoré de sécurité [3] (SMS).

La centrale nucléaire d’EDF et le site nucléaire AREVA du Tricastin sont en effet protégés contre le risque d’inondation par des digues situées le long de ce canal. En cas de séisme provoquant la rupture de la digue, les sites EDF et AREVA seraient inondés.

A la suite de l’accident de Fukushima (Japon), l’ASN avait respectivement demandé à EDF et à AREVA par décision n° 2012-DC-0292 du 26 juin 2012 et par décisions n°s 2015-DC-0483 à 0489 du 8 janvier 2015 de réaliser, dans le cadre des évaluations complémentaires de sûreté, une étude de la robustesse à des séismes très élevés des digues et autres ouvrages de protection des installations contre l’inondation.

EDF a rendu, en 2013, un premier rapport attestant que les digues du canal situées en amont du CNPE résistaient à un SMS. AREVA s’est appuyé en 2015 sur cette étude pour démontrer la protection des installations de la plate-forme AREVA du Tricastin contre le risque d’inondation en cas d’aléa sismique.

Toutefois, pour une portion particulière de la digue, EDF devait approfondir l’étude et réaliser de nouvelles investigations géotechniques. Ces investigations complémentaires ont mis en évidence la présence de couches de sable susceptibles d’être déstabilisées en cas de SMS sur une longueur d’environ 400 mètres. Les études réalisées à partir des investigations géotechniques complémentaires confirment cependant une tenue au séisme maximal historiquement vraisemblable [4] (SMVH) de la digue.

L’absence de tenue au SMS de cette portion d’ouvrage constitue une non-conformité à la démonstration de sûreté des sites nucléaires EDF et AREVA du Tricastin. Des travaux de renforcement devront donc être mis en œuvre.

En raison de cet écart au rapport de sûreté, les deux événements déclarés ont été classés au niveau 1 de l’échelle INES.

https://www.asn.fr/Controler/Actualites-du-controle/Avis-d-incident-des-installations-nucleaires/Non-tenue-au-seisme-majore-de-securite-d-une-portion-des-ouvrages-de-protection-EDF-et-AREVA


[1Le niveau de séisme retenu dès la conception des centrales nucléaires d’EDF est à minima 2 fois plus important que le plus grave séisme relevé en mille ans dans les régions où elles sont implantées.

[2Le séisme maximal historiquement vraisemblable est le niveau de séisme déterminé par analyse sismotectonique des séismes historiquement connus sur une période d’environ 1 000 ans.

[3Le séisme maximal historiquement vraisemblable (SMHV) est le niveau de séisme déterminé par analyse sismotectonique des séismes historiquement connus sur une période d’environ 1 000 ans. Le séisme majoré de sécurité (SMS) est quant à lui obtenu en majorant la magnitude du SMHV d’un demi-point

[4Le séisme maximal historiquement vraisemblable (SMHV) est le niveau de séisme déterminé par analyse sismotectonique des séismes historiquement connus sur une période d’environ 1 000 ans. Le séisme majoré de sécurité (SMS) est quant à lui obtenu en majorant la magnitude du SMHV d’un demi-point