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Des accidents nucléaires partout

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France : Flamanville : Nouvel arrêt automatique du réacteur 1




6 avril 2018


Le réacteur 1 de Flamanville s’est arrêté automatiquement le 6 avril 2018 au petit matin, alors qu’il était en montée de puissance. En effet, depuis l’arrêt automatique du 15 mars, l’exploitant semble avoir le plus grand mal à le faire fonctionner.


Le 15 mars 2018, le réacteur s’arrêtait automatiquement, sans que l’exploitant ne donne d’explication sur le pourquoi de cet arrêt qui, rappelons-le, est un évènement qui n’est pas anodin puisque cette procédure se déclenche automatiquement pour protéger le réacteur nucléaire lorsqu’un fonctionnement anormal est détecté. On découvre aujourd’hui qu’un problème de disjoncteur sur des lignes haute tension serait la cause de cet arrêt du 15 mars, qui était déjà significatif de problèmes récurrents puisque cetvarrêt automatiquement était le 3ème arrêt en quelques jours. L’exploitant le présente comme un arrêt programmé, rien d’anormal, tout était prévu ! Mais si on y regarde d’un peu plus près, l’arrêt était certes prévu de 9h à 17h, mais à 17h30 l’arrêt automatique est survenu.

Le réacteur est resté totalement arrêté jusqu’au 2 avril 2018, jour où plusieurs travailleurs ont été contaminés par des particules radioactives qu’ils ont ingérées ou inhalées alors qu’il découpaient une tuyauterie de ce même réacteur. L’exploitant évoque dans sa communication une reconnexion le 2 avril, mais en réalité le réacteur est monté en puissance jusqu’à 875 MWe (sur 1300) puis s’est de nouveau arrêté automatiquement le 6 avril. Cette fois le problème concernerait la régulation des grappes de commande, grappes qui servent à ralentir la réaction nucléaire et à l’arrêter en cas de besoin. La troisième visite décennale du réacteur, ce grand programme de maintenance prévu à partir du 7 avril 2018 tombe plutôt bien on dirait. Même si des mois d’arrêt on déjà été nécessaires en 2017. Une chose est certaine : le réacteur 1 de Flamanville a de sérieux problèmes depuis l’explosion en salle des machines de février 2017. Une autre chose semble évidente : la communication de l’exploitant se veut comme toujours très rassurante, mais est comme toujours à prendre avec précautions.

Ce que dit EDF :

Arrêt automatique de l’unité de production n°1 de la centrale de Flamanville

Publié le 06/04/2018

Le vendredi 6 avril, à 3h45, l’unité de production n°1 de la centrale nucléaire EDF de Flamanville s’est arrêtée automatiquement [1] , conformément aux dispositifs de sûreté et de protection du réacteur.

Cet événement fait suite à la perte d’un signal nécessaire à la régulation des grappes de commande [2]. Les premières investigations ont montré que la perte de ce signal est due à la défaillance d’un boîtier électronique.

Cet événement n’a aucune conséquence sur la sûreté des installations, la sécurité du personnel, et l’environnement.

L’unité de production n°1, arrêtée le 15 mars suite à un aléa sur un disjoncteur de lignes haute tension, avait été connectée au réseau électrique national, le 2 avril 2018. Le réacteur n’avait pas atteint sa pleine puissance.

Les opérations de maintenance de l’unité de production n°1, prévues dans le cadre de la troisième visite décennale initialement programmée le samedi 7 avril, seront anticipées de quelques heures.

L’unité de production n°2 est en fonctionnement et à la disposition du réseau électrique national.

https://www.edf.fr/groupe-edf/nos-energies/carte-de-nos-implantations-industrielles-en-france/centrale-nucleaire-de-flamanville/actualites/arret-automatique-de-l-unite-de-production-ndeg1-de-la-centrale-de-flamanville-0


[1L’arrêt automatique du réacteur est un dispositif de protection du réacteur, prévu dès la conception, qui se déclenche automatiquement en cas d’événement sortant du cadre du fonctionnement habituel du réacteur.

[2Les grappes de commande servent à réguler la puissance du réacteur.