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Revue de presse

Avril 2017 / L’usine Nouvelle

Comparons les programmes] Quel avenir pour le nucléaire ?



 

 Ludovic Dupin 
 

A J-4 du premier tour de l'élection présidentielle, la rédaction de L'Usine Nouvelle vous propose de comparer point par point les programmes des principaux candidats. Que prévoient François Fillon, Benoît Hamon, Marine Le Pen, Emmanuel Macron et Jean-Luc Mélenchon pour l'énergie nucléaire ? 




François Fillon

De tous les candidats à l’élection présidentielle, le plus favorable au nucléaire est François Fillon (Les Républicains). Il s’oppose à la fermeture des deux réacteurs de Fessenheim ou de tout autre réacteur. Et il compte prolonger de quarante à soixante ans la durée de vie des tranches qui recevront l’autorisation de l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN). Il s’oppose aussi à la réduction de la part du nucléaire de 75 à 50 % dans le mix électrique comme prévu par la loi de transition énergétique. Enfin, il appelle également à "renforcer les études sur les réacteurs de quatrième génération qui permettront de régler le problème des déchets qui seront alors recyclables" et à "développer une gamme de petits et moyens réacteurs".

Benoît Hamon

D’abord aligné sur la vision de François Hollande, Benoît Hamon (Parti socialiste) a musclé son discours sur l’atome dans le cadre de son accord électoral avec Yannick Jadot (Europe Écologie Les Verts). Il veut abaisser la part du nucléaire de 75 à 50 % dans le mix électrique en 2025 puis sortir de l’atome en 2050. "Pour cela, je commencerai par fermer les centrales les plus vieilles, celles qui présentent le plus de risques d’accidents", explique-t-il dans son programme. Enfin, il souhaite mettre fin à Cigéo, le projet de centre d’enfouissement des déchets radioactifs en couche géologique profonde, à Bure (Meuse).

Marine Le Pen

Si Marine Le Pen (Front national) était plutôt opposée au nucléaire en 2012, son discours s’est retourné en 2017. "Nous ne comptons pas abandonner le nucléaire, au contraire. Il faut en permanence innover et le sécuriser. Abandonner le nucléaire aujourd’hui serait se tirer une balle dans le pied", explique-t-elle. Pour elle, cela passe par une confirmation du programme de grand carénage d’EDF <http://www.usinenouvelle.com/edf/> ; qui vise à prolonger la durée de vie des réacteurs de 40 à 60 ans. Elle s’oppose par ailleurs à la fermeture de la centrale de Fessenheim (Haut-Rhin). Enfin, elle précise vouloir conserver un contrôle public sur EDF "en lui redonnant une véritable mission de service public".

Emmanuel Macron

Emmanuel Macron (En Marche) n’est pas hostile au nucléaire. Il l’a prouvé à plusieurs reprises lors de son passage au ministère de l’Economie en soulignant l’importance de cette filière pour l’industrie nationale. Cependant, il souhaite confirmer l’objectif de la loi de transition énergétique qui vise à diminuer la part du nucléaire de 75 à 50 % en 2025. Dans un premier temps, cela passera par la fermeture de la centrale de Fessenheim (Haut-Rhin) lors du démarrage à venir de l’EPR de Flamanville fin 2018. En ce qui concerne la prolongation de la durée des vies des autres réacteurs, il attend de recevoir l’avis de l’Autorité de Sûreté Nucléaire (ASN), première décisionnaire en la matière.

Jean-Luc Mélenchon

De tous les candidats à la magistrature suprême, Jean-Luc Mélenchon est le plus opposé au nucléaire. Il vise une sortie du nucléaire sur 25 ans et une France 100 % renouvelables en 2050. De plus, en cas de victoire, il procédera à la fermeture immédiate de la centrale de Fessenheim, stoppera la construction du réacteur nucléaire EPR de Flamanville (Manche) par EDF et abandonnera le projet Cigéo d’enfouissement profond des déchets nucléaire à Bure (Meuse). Enfin, il souhaite renationaliser EDF (et Engie), entreprise aujourd’hui détenue à 86,5 % par l’Etat.
 

 
 
 
 

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Thèmes
Nucléaire et démocratie