Réseau Sortir du nucléaire
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Revue de presse

Mars 2010 / Sud Ouest

C’est Mururoa chez les anti-nucléaires




ENERGIE.
Le réseau Sortir du nucléaire est dans la tourmente. Son ancien porte-parole, le Bordelais Stéphane Lhomme, fait l’objet d’une mise à pied conservatoire



Sortir du nucléaire est entré dans une zone de turbulences. Cette fédération, qui revendique 850 associations membres (ainsi que des adhérents à titre individuel), expose ses dissensions internes au vu et au su de tous depuis que son ancien porte-parole, le Bordelais Stéphane Lhomme, fait l’objet d’une mise à pied conservatoire. Salarié de la structure, il pourrait en être purement et simplement licencié, suite à un conflit avec l’équipe du directeur, Philippe Brousse.

Selon une des actuelles porte-paroles de Sortir du nucléaire, Corinne François (par ailleurs administratrice de la fédération), le problème ne dépasse pas le cadre d’une querelle de personnes. En tous les cas, il ne concerne pas les questions de stratégie militante. "La rumeur voudrait que nous soyons moins anti-nucléaires que par le passé. C’est faux. Nous traversons une crise interne mais ni notre charte, ni nos objectifs, ni notre lutte n’ont changé", indique-t-elle.

La grille de lecture de Stéphane Lhomme est toute autre. Connu en Gironde pour son combat contre la centrale nucléaire de Blaye au sein de l’association Tchernoblaye, il fait remonter la discorde aux discussions qui ont précédé le sommet sur le climat de Copenhague, au mois de décembre dernier. Sortir du nucléaire s’était alors joint à la plate-forme associative de "l’ultimatum climatique", qui réclamait un accord ambitieux sur la réduction des émissions de gaz à effet de serre sans faire allusion à un quelconque refus de l’énergie nucléaire.

"C’était une faute majeure, contre laquelle je me suis élevé. Cela illustre le fait que le mouvement anti-nucléaire est traversé par des tiraillements qui vont jusqu’au reniement. Il y a chez nous des gens, minoritaires mais malheureusement aux commandes, qui entendent privilégier la question climatique au détriment de la lutte anti-nucléaire. En clair, il faudrait protester un peu moins, participer au Grenelle de l’environnement et être invité à l’Elysée. Pour ma part, j’incarne la ligne que certains jugent radicale mais qui est seulement conforme à notre histoire : contre le nucléaire", se justifie Stéphane Lhomme.

Les 19 et 20 juin prochains, une assemblée générale du mouvement devrait définitivement trancher le différend. Sortir du nucléaire n’est pas à l’abri d’un schisme.

Auteur : Jean-Denis Renard

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Thèmes
Nucléaire militaire