Revue de presse

 

07/10/2005 : Associeted Press
Le Réseau "Sortir du nucléaire" indigné par l'attribution du Nobel de la paix à l'AIEA



Le Réseau "Sortir du nucléaire" a exprimé vendredi sa "plus profonde indignation" après l'attribution du prix Nobel de la paix à l'Agence internationale pour l'énergie atomique (AIEA).
"L'AIEA abuse l'opinion publique en prétendant que ses inspections empêchent l'accès à l'arme atomique des pays signataires du Traité de non-prolifération", souligne cette organisation non-gouvernementale dans un communiqué.
"Sortir du nucléaire" observe que "l'Inde, le Pakistan et Israël ont d'ores et déjà rejoint les cinq 'grands' (Etats-Unis, Russie, Chine, France, Grande-Bretagne) qui bénéficient d'un injustifiable droit à détenir l'arme atomique et qui ne respectent pas leurs engagements pour désarmement nucléaire".
De plus, poursuit l'ONG, "l'actualité récente (Iran, Corée du Nord, etc) confirme l'échec patent de l'AIEA".
L'agence internationale de l'énergie atomique "est une structure de promotion du nucléaire dit 'civil', qui aide en fin de compte de nouveaux pays à accéder à l'arme atomique", accuse "Sortir du nicléaire", qui estime que "l'AIEA devrait être démantelée et ne devrait donc recevoir aucun prix, et encore moins un prix célébrant la paix". AP


Un écologiste russe "choqué" par l'attribution du Nobel de la Paix à l'AIEA
07/10/2005 - AFP - L'écologiste russe Alexeï Iablokov s'est dit "choqué" par l'attribution du Nobel de la Paix vendredi à Mohamed ElBaradei et à l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), estimant qu'après la catastrophe de Tchernobyl, l'organisation s'était montrée "inhumaine".
"Je suis choqué" par cette décision, a réagi Alexeï Iablokov, du Centre de politique écologiste, interrogé sur l'antenne de la radio Echo de Moscou.
L'AIEA est "une organisation qui, en 1986, trois mois après Tchernobyl, disait : rien de grave, un Tchernobyl peut se produire tous les ans, l'énergie nucléaire y survivra", a fustigé M. Iablokov.
"C'est une organisation inhumaine et on lui décerne un prix", a déploré l'écologiste russe.
Début septembre, M. Iablokov avait violemment critiqué le rapport publié par le "Forum Tchernobyl", composé de huit institutions des Nations unies, dont l'AIEA. Ce rapport sur la catastrophe de Tchernobyl concluait à une "exagération" de ses conséquences, notamment du bilan humain.
Il avait accusé les instances internationales de vouloir faire oublier Tchernobyl pour continuer le développement de l'énergie nucléaire.


Les "Hibakushas" de Hiroshima et Nagasaki à nouveau privés de prix Nobel
07/10/2005 - AFP - Les rescapés irradiés de Hiroshima et Nagasaki, ou "Hibakushas", n'ont pas obtenu la reconnaissance internationale qu'ils espéraient, soixante ans après les deux seuls bombardements atomiques de l'Histoire.
Nominée à quatre reprises pour l'attribution du prix Nobel de la paix, leur association anti-nucléaire Nihon Hidankyo a une fois de plus vu la récompense suprême lui passer sous le nez vendredi, au profit de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA).
Les autorités japonaises recensent actuellement 266.000 Hibakushas, la plupart septuagénaires.
Au lendemain des bombardements atomiques, les rescapés irradiés ont été d'abord contraints de souffrir en silence, avant de se rassembler et participer à la lutte anti-nucléaire mondiale.
"Tant que je serai en vie, je jure devant les âmes des victimes du bombardement atomique de continuer à demander sans relâche que Nagasaki soit le dernier site victime d'une bombe atomique", déclarait l'été dernier l'une de ces survivantes, Fumie Sakamoto.
Mais le nombre de Hibakushas (mot signifiant "personne qui a reçu la bombe") ne cesse de décliner chaque année. En 2004, environ 7.000 d'entre eux sont décédés.
Pendant plus de dix ans après les bombardements atomiques d'août 1945, les rescapés ne reçurent aucune aide des forces d'occupation américaines qui avaient imposé une censure totale sur les explosions et leurs conséquences.
Plus de 200.000 personnes ont trouvé la mort à Hiroshima et à Nagasaki, les 6 et 9 août 1945.
En concluant le traité de San Francisco en 1951, le gouvernement japonais s'était en outre engagé à ne pas réclamer aux Etats-Unis de dédommagements liés aux bombardements atomiques.
Jusqu'à aujourd'hui, les Hibakushas continuent de subir les corollaires physiques et mentaux de la radioactivité.
Ils ont également été l'objet de discriminations sociales les incitant à taire leur expérience pour ne pas nuire à l'union de leur progéniture, qui risquait, accusait alors la rumeur, de donner naissance à des enfants anormaux.
A la fin des années 50, bénéficiant de l'essor du mouvement mondial anti-nucléaire, les Hibakushas purent enfin se doter en août 1956, d'une organisation les regroupant, la Nihon Hidankyo (NH).
Cette année, l'association était nominée pour la quatrième fois pour le prix Nobel de la paix, après 1985, 1995 et 2001.
Nihon Hidankyo s'est donnée pour but de lutter pour l'abolition des armes nucléaires dans le monde et d'obtenir auprès du gouvernement japonais des compensations pour les survivants irradiés, y compris ceux d'origine étrangère, notamment coréenne.
Les membres de la Nihon Hidankyo parcourent le monde entier pour raconter leur expérience, répétant sans relâche le cri de ralliement des anti-nucléaires "Jamais plus Hiroshima, jamais plus Nagasaki !"


Nobel: Greenpeace dénonce le double rôle de l'AIEA et défend son directeur
07/10/2005 - AFP - L'organisation écologiste Greenpeace a dénoncé vendredi le "double rôle" de "gendarme et promoteur du nucléaire" de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), prix Nobel de la paix 2005, tout en rendant hommage à son directeur général, Mohamed ElBaradei.
L'AIEA "contrôle la dissémination des armes nucléaires tout en étant responsable de la dissémination des technologies" de fabrication de ces armes, a déclaré Greenpeace International dans un communiqué en réaction au choix du Comité Nobel.
"C'est seulement lorsque cette double casquette sera supprimée que l'AIEA pourra se concentrer sur les menaces immédiates de dissémination de la technologie nucléaire à des fins civiles et militaires", ajoute Greenpeace.
"On peut s'interroger sur la sagesse de faire de M. ElBaradei un lauréat du prix Nobel" de la paix "dans la mesure où il dirige l'AIEA pro-nucléaire", déclare l'organisation écologiste. "Cependant, dans la mesure où il s'est opposé à la guerre en Irak et a défendu l'idée d'un Proche-Orient dénucléarisé, M. ElBaradei a représenté, dans la période récente, une voix de la raison dans le monde de la non-prolifération nucléaire".


Le Nobel de la paix à l'AIEA: les anti-nucléaires français "indignés"
07/10/2005 - AFP - Les anti-nucléaires français se sont déclarés "indignés" vendredi par l'attribution du Nobel de la paix à l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), une organisation qui "abuse" l'opinion publique sur le nucléaire et "devrait être démantelée".
"L'AIEA, en abusant l'opinion publique sur la prolifération du nucléaire militaire et civil, joue un rôle de première importance dans un processus qui mène l'humanité à sa perte", écrit le Réseau Sortir du nucléaire dans un communiqué. "L'AIEA devrait être démantelée et ne devrait donc recevoir aucun prix, et encore moins un prix célébrant la paix", ajoute le Réseau, qui revendique l'adhésion de 720 associations écologistes et anti-nucléaires.
Selon les anti-nucléaires, l'AIEA "est une structure de promotion du nucléaire dit +civil+, qui aide en fin de compte de nouveaux pays à accéder à l'arme atomique". "Par l'intermédiaire du Traité de non-prolifération (TNP), l'AIEA organise l'accès au nucléaire dit +civil+ de divers pays qui, en réalité, en profitent pour avancer vers l'arme atomique", selon ce réseau associatif.
Cette association estime en outre que l'AIEA "s'est signalée à de nombreuses reprises en cachant à l'opinion publique la vérité sur le nucléaire et ses conséquences", citant notamment la publication le 5 septembre d'un "scandaleux rapport qui minimise considérablement les conséquences de la catastrophe de Tchernobyl".
Le réseau associatif affirme enfin que l'AIEA "abuse l'opinion publique en prétendant que ses inspections empêchent l'accès à l'arme atomique des pays signataires du TNP".
"L'Inde, le Pakistan et Israël ont d'ores et déjà rejoint les cinq "grands" (...) qui bénéficient d'un injustifiable droit à détenir l'arme atomique, et qui ne respectent pas leurs engagements pour le désarmement nucléaire", conclut le communiqué.

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