Des risques supplémentaires pour les centrales vieillissantes ?
Les composants métalliques en question, qui pourraient donc s’avérer plus fragiles, sont tous particulièrement sensibles au vieillissement sous l’effet du bombardement des neutrons. Certains, comme les cuves, ne sont pas réparables. Alors qu’EDF souhaite faire fonctionner ses centrales très au-delà des trente ans pour lesquels elles ont été conçues, ces informations sont particulièrement inquiétantes.
Soupçonnant que les défauts de fabrication ne concernaient pas uniquement la cuve de l’EPR, le Réseau "Sortir du nucléaire" avait d’ailleurs interrogé l’Autorité de sûreté nucléaire voici une semaine au sujet d’autres potentielles malfaçons. Il va maintenant demander à l’ASN de fournir la liste exacte des réacteurs concernés par ces composants dont les dossiers de fabrication ont été falsifiés.
Tricheries, malfaçons : l’excellence française dans le nucléaire est un mythe !
Ces tricheries viennent confirmer que la prétendue "excellence française" dans le nucléaire est une pure illusion. Comme le précisait déjà une note interne d’ingénieurs EDF que Médiapart s’est procurée, « la compétence d’AREVA en matière de forgeage et de fabrication de gros composants est tombée à un point très bas. » Il faut craindre que ces tricheries ne concernent pas uniquement la fabrication des pièces, mais également les tests (déjà, en 2010, des documents internes à EDF montraient son intention de dissimuler à l’ASN des résultats de tests peu probants concernant l’EPR…) et les vérifications effectuées dans les centrales en fonctionnement !
Emmanuel Macron, venu en visite la veille à l’usine du Creusot plaider pour la construction de l’EPR d’Hinkley Point, était-il informé de ces falsifications ? Dans tous les cas, le soutien indéfectible des ministres à une industrie nucléaire qui triche et dissimule ses défauts est injustifiable. Le gouvernement doit stopper sans délai le chantier de l’EPR, mettre un terme aux projets de rafistolage des centrales nucléaires vieillissantes et engager immédiatement de nombreuses fermetures de réacteur. Ceci est d’autant plus urgent que les renouvelables décentralisés et les économies d’énergies sont maintenant parfaitement opérationnelles, et pour un coût moindre que le nouveau nucléaire.
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