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Dossier Transports


3. Les déchets circulent...

 

 

DES TRANSPORTS FLEURISSANTS


Il y a environ 300 000 colis de matières radioactives qui circulent annuellement en France. La plupart ne concernent que des petites quantités destinées à un usage médical ou industriel. 15 000 de ces colis sont issus du cycle nucléaire proprement dit et 750 concernent des transports de matières hautement radioactives. Ces quelques transports de combustibles usés ou neufs ou de plutonium présentent toutefois des risques d'un tout autre ordre. Un seul wagon de transport de combustibles usés contient presque 10% de l'inventaire radioactif d'une centrale nucléaire soit des millions de milliards de becquerels ! Les matières nucléaires sont transportées sous de nombreuses formes physiques (gaz, poudres, liquides, assemblages métalliques...) et utilisent aussi bien les trains que les camions, les cargos et même les avions.Ces vingt dernières années, les transports de déchets nucléaires se sont beaucoup intensifiés, en particulier avec l'augmentation des activités en aval du cycle : le retraitement. Le retraitement est l'une des causes principales des transports nucléaires et surtout de matières hautement radioactives sur de longues distances. Pour arriver jusqu'à La Hague ou Sellafield, en Grande-Bretagne, ces matières extrêmement dangereuses traversent des continents entiers quand ce n'est pas la Terre entière. La Compagnie générale des matières premières (Cogema) qui exploite les usines de La Hague, compte en effet parmi ces pays clients, des pays européens, mais aussi le Japon et l'Australie !

 

 

DANGER RIME AVEC OPACITE


Les transports de matières si dangereuses ne sont pas sans risques. Pourtant, c'est seulement en octobre 1999 qu'a été créé un groupe permanent d'experts pour évaluer les risques - énormes - de ces transports. Le système de protection actuel se base uniquement sur la sûreté du conditionnement, c'est à dire des conteneurs (Castor ou château). Les industriels mettent en avant l'exceptionnelle résistance de ceux-ci, qui pèsent parfois plusieurs dizaines de tonnes de plomb et d'acier, et qui sont testés sur des scénarios d'accident. Cette approche unique est insuffisante. Les scénarios statistiquement rares ont été éliminés, alors que certains indiquent que des rejets radioactifs auraient lieu. De plus, d'autres facteurs sont négligés comme l'état du réseau ferroviaire emprunté, la formation et l'information des personnels affectés et des autorités locales qui devront réagir face à une situation d'urgence, et plus généralement toutes les négligences qui jalonnent le parcours d'un convoi. Au lieu de cela, pour camoufler le danger couru par les populations traversées, les déchets sont transportés dans la plus grande opacité et dans l'ignorance la plus totale. Il suffit de voir des agents des forces de l'ordre se tenir à quelques centimètres des châteaux (alors qu'en Allemagne, consigne leur est donnée de ne pas s'approcher à moins de sept mètres !) pour comprendre le manque de formation et d'information.A ce titre, l'affaire des conteneurs contaminés illustre parfaitement la volonté de secret qui entoure les transports de déchets nucléaires. En mai 1998 éclatait en France un scandale nucléaire exemplaire. Depuis plus de dix ans un fort pourcentage des conteneurs et des wagons servant au transport des combustibles usés issus de centrales françaises, allemandes, suisses ou belges étaient contaminés. L'affaire, tenue secrète par les exploitants nucléaires, n'a été rendue publique que grâce à l'intervention d'experts indépendants et de la presse. Tous les transports de combustibles usés étaient par la suite stoppés, même en France, M. Jospin allant même jusqu'à promettre à cette occasion la sortie rapide d'une loi sur la transparence nucléaire. Les transports ont repris en France quelques mois plus tard mais la loi n'est pas sortie... L'affaire a fait grand bruit également en Allemagne et le chancelier Schroëder n'a que récemment autorisé la reprise des transports.

 

UN MARCHE DE DUPES


Le 31 janvier 2001, lors d'un sommet franco-allemand à Strasbourg, MM. Jospin et Schroëder sont convenus d'un accord sur la reprise des transports nucléaires entre l'Allemagne et la France. Sous pression du gouvernement français, lui-même embarrassé par les réactions de l'opinion publique, l'Allemagne a accepté de recevoir un convoi de résidus du retraitement à La Hague avant d'envoyer de nouveaux convois de combustibles usés en direction de la France. Derrière de grands déclarations sur la responsabilité morale des Etats dans la gestion de leurs déchets apparaît une autre réalité : le business nucléaire reprend pour Cogema et pour les électriciens allemands qui veulent se débarrasser au plus vite de leurs déchets.
Au-delà des dangereux transports nucléaires, c'est toute la question du cycle du combustible et des déchets qui est posé. Et la justification d'une filière industrielle tout à fait incompatible avec un développement durable et respectueux des générations futures.



  Dossier Transports
> Introduction
1. Qu'est ce qu'un déchet nucléaire ?
2. Transports nucléaires et sécurité
3. Les déchets circulent...
4. ...à défaut d'une solution
5. Par la mer
6. Par le rail
7. Par la route
8. Manifestez votre opposition
9. Téléchargements

> Questions / Réponses
> Bilan des actions du 9 octobre 2004
> Carte de France des transports nucléaires
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