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Dossier sur le réacteur nucléaire EPR
EPR : le fiasco annoncéLe réacteur nucléaire EPR (Réacteur Pressurisé Européen) est en construction à Flamanville (Manche) et Olkiluoto (Finlande). Nicolas Sarkozy a également fait part de sa volonté d'en construire un troisième à Penly (Seine-Maritime). Ce réacteur d'un nouveau type est plus puissant que les réacteurs précédents. Il est également censé être « plus sûr ».
En octobre 2010, le rapport de sûreté de Flamanville sera rendu, et EDF devrait se positionner sur le projet d'un EPR à Penly. L'occasion de faire le point sur ce réacteur qui pourrait, espérons-le, ne jamais être mis en activité. En effet, même des partisans du nucléaire lâchent l'EPR. En juillet 2010, le très officiel rapport Roussely lui tire dessus à boulets rouges. En septembre 2010, GDF-Suez annonce son retrait de Penly 3. La multinationale devait financer environ un quart du projet.
Septembre 2010 : nouveaux documents internes à EDFNous avions déjà dévoilé sur ce site des documents confidentiels concernant les graves défauts de conception de l'EPR (Cliquer ici). De nouveaux documents internes à EDF confirment les failles de conception majeures. Ils révèlent également la fragilité de l'enceinte sous pression, qui protège les mécanismes de commande. Sur le papier, cette pièce essentielle se révèle déjà trop mince, fragilisée par des soudures trop nombreuses et conçue dans un matériau banni du parc nucléaire français ! (Cliquer ici)
L'EPR : trop complexe et trop cher, qui y croit encore ?Retards et surcoûts
L'EPR est trop complexe, probablement impossible à construire. Déjà les retards s'accumulent.
Exportation utopique
Le prototype de Flamanville a été d'abord conçu comme une vitrine pour l'export : la France n'a pas besoin de cette production électrique supplémentaire. Mais les mésaventures de ce chantier, en France et en Finlande, ont refroidi les pays potentiellement intéressés par l'EPR. Fin 2009, Abou Dhabi a préféré la Corée à la France pour construire 4 centrales (un contrat à 20 milliards de dollars).
L'EPR est encore plus dangereux que les réacteurs plus anciensDes défauts de conception connus de longue date :
Dès 2003, l'association allemande IPPNW alertait sur de graves défauts de conception du réacteur EPR. Lourd et complexe, celui-ci multiplie les points de vulnérabilité. Son système de contrôle-commande numérique a fait l'objet de nombreuses critiques (y compris, fin 2009, par trois autorités de sûreté nucléaire). Par ailleurs, un de ses dispositifs de sécurité les plus vantés, le "récupérateur de corium" (destiné à réceptionner le coeur du réacteur en cas de fusion) pourrait générer de violentes explosions de vapeur. Enfin, selon Greenpeace, les déchets produits par l'EPR seront sept fois plus toxiques, car plus irradiés.
Vulnérabilité à une attaque du type 11 septembre
Comme toutes les autres centrales nucléaires, l'EPR n'est pas conçu pour résister au crash d'un avion de ligne. Contrairement à ses aînés, ce réacteur est pourtant construit, lui, après le 11 septembre 2001. Mais la priorité politique n'est pas de protéger la population. Au contraire, la justice et la police poursuivent les lanceurs d'alerte, y compris au sein du Réseau « Sortir du nucléaire ».
Une catastrophe de type Tchernobyl est possible
Par ailleurs, selon des documents internes révélés par le Réseau « Sortir du nucléaire » en mars 2010, certains modes de pilotage du réacteur EPR peuvent provoquer l’explosion du réacteur à cause d’un accident d’éjection de grappes. Un accident de réactivité peut provoquer une catastrophe du type de Tchernobyl. Le chef du département combustibles nucléaires à EDF écrit dans un des documents : « l'idéal serait d’essayer, pour les réacteurs du futur, de ne plus prendre en compte ce type d’accidents ». Pour résumer : casser le thermomètre, plutôt que de soigner la fièvre mortelle.
Une cible pour les cyber-terroristes ?
Le contrôle commande de l'EPR utilise des automates programmables en Simatic Step 7 créés par Siemens. À l'été 2010, des automates programmables de ce type ont été la cible d'une cyberattaque sans précédent (virus Stuxnet), en particulier dans des installations nucléaires iraniennes. Si des pirates informatiques réussissent à modifier le code des automates, comme les créateurs du virus Stuxnet semblent vouloir le faire, ils peuvent provoquer l'explosion de l'EPR.
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