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L'aberration du nucléaire

Couverture
Edito
Pourquoi faut-il sortir du nucléaire
Energie : halte à la boulimie
Les énergies renouvelables
Le nucléaire, une exception bien française
Terrorisme nucléaire
Nucléocrate ne rime pas avec démocrate
Interview du Pr Albert Jacquard
Déchets cherchent toujours solution
L'effet de serre
A deux atomes de la catastrophe
Les conséquences de Tchernobyl
Tchernobyl : un génocide écologique
Comment sortir du nucléaire
La casse de l'oncle Atome
Un réseau citoyen pour sortir du nucléaire

Christine, les idées en pratique

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Comment sortir du nucléaire

Comment sortir du nucléaire

 

Le nucléaire n’est pas le seul moyen de produire de l’électricité : il existe d'autres sources d’énergies. Une sortie rapide du nucléaire est possible.

 

En attendant le plein rendement des énergies renouvelables, on peut utiliser les autres moyens disponibles, en favorisant les plus efficaces et les moins polluants.
- Si les centrales nucléaires devaient être fermées demain, la France ne se retrouverait pas plongée dans l’obscurité pour autant. La soixantaine de centrales au fioul ou au charbon qui existent en France peut pourvoir en grande partie à notre consommation, pour peu qu’elles fonctionnent toute l’année. à l’heure actuelle, elles ne sont mises en marche que quelques jours pas an, pour compenser les augmentations de consommation dues principalement au chauffage électrique. Pour les centrales au charbon, une modernisation selon la technique du Lit fluidisé circulant (telle qu’elle a été pratiqué en Allemagne) permettrait de limiter considérablement les pollutions comme le soufre. Ce type de centrales présente l’inconvénient de produire beaucoup de CO2, ce qui en fait une solution transitoire.

 

Les prochains chantiers devraient s’orienter vers des centrales au gaz à cycle combiné. Utilisée dans de nombreux pays, cette technologie est peu polluante et très performante. Elle produit trois fois moins de C02 que les centrales au charbon et permet des rendements de l'ordre de 65 %, le double de celui des centrales traditionnelles.

 

- Des unités de production électrique peuvent être installées en cogénération. Le principe est de récupérer la chaleur perdue lors de la production d'électricité et de la réutiliser pour l’eau chaude ou le chauffage urbain. On peut atteindre ainsi des rendements de l’ordre de 80 %. La source d’énergie peut être le gaz, le fuel, le bois ou n’importe quel autre combustible.

 

-La pile à combustible est très peu polluante. Elle utilise l’hydrogène, dont la combustion produit de l'énergie et de l'eau. Elle demande cependant une source d’énergie préalable pour produire l’hydrogène : la plupart des installations existantes sont alimentées en gaz naturel. La micro centrale installée à Chelles (Seine et Marne) alimente ainsi 200 foyers en électricité et en chaleur. Encore coûteuse, c’est une technologie prometteuse en plein développement, qui mériterait de plus grands efforts de recherche.

 

Fermons les centrales inutiles.

L’équivalent de :


* Douze réacteurs fonctionnent pour l’exportation. Cette électricité est vendue à bas prix aux pays voisins ; les déchets restent en France.


* Cinq réacteurs servent à fournir l’énergie nécessaire au propre fonctionnement de l’industrie nucléaire (auto-consommation).


Posons le problème des besoins réels en énergie.


* La maîtrise de l’énergie est une étape inévitable pour résoudre les problèmes énergétiques. Le potentiel de l’efficacité énergétique est souvent sous-estimé. Par exemple, une campagne européenne a montré qu’on pouvait réaliser dans l'habitat 50 % d'économies d'électricité à confort égal. Généralisé dans tous les logements français, cela représenterait la consommation de quatre à cinq réacteurs nucléaires. Rien que la consommation inutile des appareils en veille représente un réacteur nucléaire ! L'abandon du chauffage électrique permettrait d'arrêter dix réacteurs.


Produisons autrement.


* En transition, il existe d’autres moyens de produire de l’électricité : centrales thermiques classiques, centrales au gaz à cycle combiné, installations de cogénération, piles à combustibles…


* à terme, les énergies renouvelables devront satisfaire tous nos besoins. Il est urgent de se donner les moyens de développer ces nouvelles technologies qui seront forcément les énergies de demain.

Une fin proche du danger nucléaire et de son cortège de pollution est possible par ces modernisations. Cela nécessite de la part de la France une volonté politique ferme et des financements correspondants à la hauteur des enjeux.

 

Le vrai prix du nucléaire

Le nucléaire est compétitif uniquement parce qu’il ne prend pas en compte son coût réel.

Le nucléaire a la réputation d’être peu coûteux. Mais c’est oublier de prendre en compte ses coûts cachés, qui sont payés par tous les Français, même s’ils ne figurent pas sur la facture d’électricité.


Prenons l’exemple du Commissariat à l’énergie atomique (CEA). Cet organisme de recherche a bénéficié de 308 milliards de francs de subventions publiques sur les 405 milliards de francs de budget civil cumulé pour la période 1946-1992 (1). Le programme nucléaire en est le principal bénéficiaire, puisqu’il monopolise plus de 90 % de ces budgets de recherche, contre 1 % à 2 % pour les énergies renouvelables (2).


Coûts inconnus. D’autre part, le coût du démantèlement a toujours été sous-évalué par les producteurs d’électricité. De même, le coût total de la gestion des déchets reste inconnu. Cela signifie que demain, nous et nos descendants continuerons à payer pour les conséquences de ces kWh nucléaires déjà consommés.
Amory Lovins est le fondateur du Rocky Mountain Institute (3), un organisme américain de recherche et de conseil en énergie. Il estime que le coût prohibitif du nucléaire justifie à lui seul qu’on se passe de cette énergie : « L’énergie nucléaire s’est révélée beaucoup plus coûteuse que prévue ; bien plus coûteuse en réalité que tous les autres modes de production d’électricité. Les gouvernements feraient mieux de respecter la loi du marché au lieu d’avantager cette technologie aux frais du contribuable. » Selon lui, G. Bush n’obtiendra pas le soutien des financiers pour relancer le nucléaire aux états-Unis, dans la mesure où cette industrie a déjà prouvé qu’elle n’était pas rentable.

 

(1) « CEA, un demi-siècle de pouvoir nucléaire », Bruno Barrillot, Damoclès, CDRPC, Lyon.
(2) OCDE/Ademe, Energy policy in country.
(3) RMI : http://www.rmi.org

 

 

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