Malgré cette victoire, la manifestation du 12 février à St Etienne est maintenue.
CRIIRAD
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Le C.R.I. de FEURS
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Radioactivité en plein coeur de la plaine du Forez
Deux milliards cinq cent millions de becquerels vont transiter par Feurs chaque année.
A Feurs dans la Loire, si une opposition suffisamment forte ne se fait pas sentir, la plus grande fonderie d'acier de France pourrait refondre des ferrailles radioactives issues de la filière nucléaire (plus de 150 000 tonnes de prévues à ce jour). Au niveau local, la population serait exposée au risque d'augmentation de cancers et au niveau national, ces ferrailles radioactives se retrouveraient dans tous les équipements métalliques usuels tels que : chaises, voitures, radiateurs... Nous sommes tous concernés !
L'entreprise Feurs Métal, située en plein coeur du Forez
entre Saint-Etienne et Roanne pourraient fondre des ferrailles issues
de la filière nucléaire. Dans les 1000 tonnes d'acier produites
chaque mois, l'entreprise va incorporer 200 tonnes récupérées
auprès de la société Socatri filiale d'Eurodif appartenant
au groupe Eureva. Feurs Métal et la Drire Rhône-Alpes se
réfèrent aux normes en vigueur pour nous présenter
un projet idéal. Une phase expérimentale de six mois doit
avoir lieu, or le dossier la concernant ébauche le spectre funeste
d'une activité définitive. Ce projet nous inquiète
gravement.
Un arrêté préfectoral aux limites peu claires
Le 30 septembre dernier, Le Préfet de la Loire, par arrêté,
a donné l'autorisation à l'entreprise Feurs Métal
d'introduire dans son activité de fonte d'aciers des ferrailles
issues de la filière amont du nucléaire faiblement contaminées
par de l'exafluorure d'uranium. Ces ferrailles après décontamination
devraient compter des teneurs radioactives de 1 à 3 becquerels
par gramme..
Or les règles définies par l'arrêté préfectoral,
nous semblent nettement insuffisantes. En effet la phase d'essai n'envisage
pas le moindre scénario concernant les apports, le transport le
stockage des matériaux et se range béatement derrière
l'idée que les essais vont tout déterminer. Peut-on avancer
en aveugle dans ce type d'expérience ?
Par ailleurs le dossier évoque l'entreprise Socatri comme lieu
d'origine des ferrailles, l'arrêté préfectoral ne
la cite pas une seule fois. Les risques de dérive quant à
l'interprétation de cet arrêté nous semblent importants
et quasi inévitables si une autorisation d'activité définitive
était formulée dans les mêmes termes.
Que dire de la démarche ? Scientifique ou pas ?
Le dossier ne fait référence à aucune activité
similaire dont les analyses et données nous auraient permis de
fonder une opinion s'appuyant sur une expérience scientifique.
Les représentants de FeursMétal nous ont dit clairement
qu'ils ne connaissaient pas d'entreprise ayant conduit ce type d'expérience
ou d'activité, qu'il s'agirait d'une première peut être
mondiale. Un scientifique averti aurait, dans cette situation, poussé
ses investigations jusqu'à trouver une société satellite
du Tricastin située dans le Gard sur la commune de Codolet et qui
s'appelle Centraco. Elle traite des déchets métalliques
de faible activité et à vie courte, issus de l'exploitation
courante des installations nucléaires. Ces renseignements sont
accessibles au commun des mortels sur son site Internet.
Le dossier ne nous éclaire en rien sur le comportement de la radioactivité
dans du métal en fusion et nous craignons fortement sa concentration
dans les fumées. Bien que le dossier nous annonce des doses de
radio activité faible pour les matériaux apportés,
les phénomènes d'accumulation et de concentration risquent
de faire exploser ces chiffres dans les rejets.
Dès les faibles doses les rayonnements sont responsables d'une
augmentation des cancers et anomalies génétiques
Depuis des années déjà, les scientifiques nous ont
démontré qu'en traversant la matière les rayonnements
alpha et bêta provoquent des phénomènes de ionisation
et que les particules alpha et bêta sont les plus dangereuses en
cas d'inhalation. Elles pénètrent dans la matière
en arrachant les électrons aux atomes. Ainsi lorsque les rayonnements
sont absorbés, ils perdent leur énergie en ionisant la matière
et provoquent une mutation ou une destruction des cellules. C'est pourquoi,
dès les faibles doses, les rayonnements sont responsables d'une
augmentation des cancers et des anomalies génétiques.
Des techniques de détection de la radioactivité insuffisantes
A partir de ce point, nous constatons que les techniques de détection
de la radioactivité mises en place pour l'activité Feurs
Métal apparaissent totalement insuffisantes : Pas plus un portique
de détection des rayons gamma et bêta que les radiamètres
ambiants, proposés par l'arrêté, ne nous informeront
de la présence de particules et de rayonnements alpha et bêta
dans les fumées.
Par ailleurs l'uranium libéré dans l'environnement produit
des éléments radioactifs (éléments fils) qui
s'accumulent année après année, même si les
rejets sont stoppés. L'activité de ces éléments
est supérieure à l'activité de l'uranium lui-même.
Le phénomène est irréversible et provoque une tache
de contamination qui grossit au fil du temps. Suite à nos questions
et nos inquiétudes, l'entreprise nous dit vouloir réduire
le plus possible les fumées lors de la phase d'essai. Cette initiative
qui pourrait paraître salutaire, nous préoccupe gravement
dans la mesure où elle compromet lourdement la démonstration
scientifique. En réduisant les fumées, leurs teneurs en
différents éléments seront beaucoup plus difficiles
à déterminer et toute extrapolation risque d'être
faussée. Ceci n'est que la confirmation de la complexité
de cette expérience qui devrait pour le moins être conduite
par des spécialistes compétents.
Qu'en est-il des risques pour la santé ?
L'arrêté préfectoral ne fait à aucun moment
référence à l'autorisation du Ministère de
la Santé. La réglementation s'appliquant à ces ferrailles
issues de l'activité du nucléaire les soumet à décision
ministérielle.
Il est plus que regrettable qu'aucun point " zéro " sur
la santé des Foréziens n'ait été envisagé.
Compte tenu de la durée de vie des éléments radioactifs
qui vont transiter par Feurs Métal, les cumuls de doses risquent
d'avoir des conséquences visibles sur la santé dans dix
ou quinze ans. Comment dans quinze ans pourrons-nous mesurer l'impact
si aucun état des lieux n'est fait aujourd'hui. La contamination
extérieure à l'usine par des fumées et des poussières
porteuses de radioéléments de nature diverse va cheminer
dans la chaîne alimentaire et se concentrer dans les tissus biologiques.
Une entreprise incompétente
Cette entreprise présente une inaptitude notoire à capter
l'ensemble des fumées produites par son activité de fonte
d'acier. Celles-ci s'échappent régulièrement dans
l'atmosphère sans passer par la filtration. Toute la transparence
devrait déjà être faite autour de ses activités
traditionnelles. Elles ont fait l'objet de plusieurs procès verbaux,
classés sans suite, concernant des pollutions chroniques provoquées
par ses sables de fonderie.
Ce projet annonce une activité inadaptée au contexte, et
la légèreté de son instruction est intolérable.
Elle ne procède pas d'une démarche scientifique et de toute
la rigueur indispensable qui va de paire. Les risques sur l'environnement,
la santé et la nature n'ont pas été évalués
correctement. Le site de Feurs Métal est totalement inapproprié
et l'entreprise n'a ni les moyens techniques ni les compétences
pour cette activité.
Le nucléaire ne doit pas sortir du nucléaire
Dans le pire des cas, c'est-à-dire si ces essais s'avéraient
absolument indispensables, ils devraient être conduits par des experts
et en milieu confiné. Nous n'avons pas le droit de prendre un tel
risque pour la population et pour la nature qui cohabitent tant bien que
mal avec cette entreprise.Mais ce dossier dépasse le strict cadre
de la plaine du Forez et repose implicitement la question du nucléaire.
Le démantèlement des installations, qui ont maintenant trente
ans, et la dissémination de leurs déchets posent des problèmes
cruciaux. Les producteurs de déchets doivent assumer leurs responsabilités
jusqu'au bout et ne pas se cacher derrière la sacro-sainte méthode
de la dilution. Dans combien de jours des ferrailles radioactives vont-elles
se réincarner dans nos batteries de cuisine ? Qui est prêt
à pousser la roue de cet engrenage funeste ? Certainement pas nous.
Peut-on raisonnablement se lancer dans un deuxième programme de
production d'énergie nucléaire alors que l'on a toujours
pas résolus les problèmes posés par le premier ?
Que met-on derrière la notion de développement durable ?
Ne serait-ce pas une nouvelle fuite en avant ?
Jean-Jacques Cognard
Vice-président de la FRAPNA Loire
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24, rue Camille Pariat 42110 Feurs
Site internet : http://adsenvironnement.free.fr/
Frapna Loire
Maison de la nature -4 rue de la Richelandière -42100 Saint-Etienne
Tel. 04 77 41 46 60


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