Incident du 25 juillet 2006 en Suède:
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La Suède refroidie par ses réacteurs
Libération - Samedi 5 août 2006 Nucléaire. Après l'incident survenu à la centrale de Forsmark, la moitié du parc a été arrêtée.
«Grâce au démarrage automatique de deux des générateurs, le refroidissement des réacteurs n'a posé aucun problème», précise la direction de la centrale de Forsmark. Anders Bredfell ajoute : «A aucun moment, l'environnement ou la santé des gens vivant dans les alentours n'a été en jeu.» Dans un rapport remis à la SKI, la direction de Forsmark pointe du doigt un défaut de fabrication des batteries utilisées pour démarrer les générateurs d'électricité. Depuis, la SKI a demandé aux trois centrales de faire le point sur leur système de sécurité. La compagnie OKG, qui intervient à Oskarshamn, a décidé d'arrêter deux de ses trois réacteurs. Car, si la direction d'OKG pouvait assurer, mercredi, qu' «un des trois réacteurs est construit et équipé pour faire face à ce type d'incident», elle confessait avoir besoin d' «analyses supplémentaires» avant de se prononcer sur les deux autres.
Lors d'un référendum en 1980, 58 % des Suédois s'étaient exprimés en faveur du démantèlement progressif de leur parc nucléaire. Mais, depuis, le ton du débat a changé. Si deux réacteurs ont été fermés en 1999 et 2005, le gouvernement social-démocrate a décidé de renoncer à l'ultimatum, fixé à 2010, pour l'abandon définitif du nucléaire civil en Suède. Aujourd'hui, les trois centrales et leurs dix réacteurs fournissent 40 % de l'électricité consommée par le royaume. Or, selon un sondage réalisé en juin par l'institut Temo, 85 % des Suédois seraient désormais favorables à la poursuite de l'utilisation du nucléaire civil.
Vérifications tous azimuts en EuropePour les antinucléaires européens, les incidents suédois apparaissent comme un «Tchernobyl raté» : «La défaillance des systèmes d'alimentation électrique d'urgence peut causer la fusion du combustible nucléaire, après la perte d'alimentation principale ou lors d'un black-out.» Peut-être s'emballent-ils un peu vite... L'incident a été jugé sérieux, mais pas catastrophique. En revanche, la décision de stopper la moitié du parc suédois inquiète. En Allemagne, le ministère de l'Environnement s'est empressé de vérifier si les centrales du pays étaient équipées de la pièce défectueuse qui a conduit à l'incident de Forsmark. En France, EDF assure qu'un tel incident ne peut se produire, les réacteurs étant de conception différente. Pour les antinucléaires, ces différences ne mettent pas EDF à l'abri d'un «accident générique», une panne ou une défaillance affectant plusieurs réacteurs, voire tous ceux du parc français. «Le problème est bien plus large que les réacteurs suédois, des incidents similaires ont été constatés dans différents pays. Une enquête sur les 443 réacteurs nucléaires mondiaux est indispensable et urgente», estime Jan Van de Putte, chargé de campagne nucléaire pour Greenpeace International.
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