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Sortir du nucléaire n°75

Automne 2017

Actions et vie des groupes

Ca bouge dans le Réseau ! Quelques moments forts sur le terrain

Automne 2017




Impossible de parler de tout, mais voici en bref quelques temps forts passés ou à venir, en complément des actions mises en lumière dans les autres pages de cette revue. Pour alimenter cette rubrique, merci d’écrire par e-mail à Mélisande Seyzériat, coordinatrice nationale des groupes et actions. Contact : mobilisations sortirdunucleaire.fr



Le 12 juillet : on s’est invité aux congrès des nucléocrates !

Le 12 juillet à Paris, à la mairie du 6e arrondissement, avait lieu une sorte de conclave des nucléocrates, organisé par un think tank au nom grandiloquent de "Forum mondial du développement durable" et une revue assez obscure, intitulée Passages. Toute la crème de l’industrie nucléaire était là : des représentants d’Areva, d’EDF, du CEA, d’Engie ou d’Alstom, mais aussi de l’Andra, le fossoyeur des déchets nucléaires, et une brochette d’anciens ministres et de hauts fonctionnaires rompus aux joies de l’atome. Heureusement, l’entrée était libre, sur inscription ! Ni une, ni deux, plusieurs militant.e.s étaient présent.e.s, dans le but de les embêter un peu ! Une grosse partie de la journée – avant de se faire expulser – ils ont posé plein de questions "poils à gratter" pour déstabiliser les intervenants, ont enfilé des masques de hiboux (symbolisant la lutte à Bure) lors de l’allocution de Gérard Longuet (sénateur LR pro-enfouissement), distribué de faux tracts de l’Andra... Et dehors, ils étaient une cinquantaine à faire du bruit et à déployer des banderoles pour dénoncer cette mascarade ! Les organisateurs n’étaient pas contents... Mais nous si !


Du 6 au 9 août 2017 : une multitude d’actions contre les armes nucléaires

Cette année encore, le début du mois d’août a vu émerger un peu partout des actions contre les armes nucléaires, à l’occasion des commémorations des bombardements de Hiroshima et Nagasaki. Mais cette année, la mobilisation revêtait une tonalité historique ! En juillet, l’ONU se dotait d’un traité d’interdiction des armes nucléaires, il s’agissait alors de demander à la France, qui détient un des plus gros arsenal du monde, de ratifier ce traité, ouvert à la signature à partir du 20 septembre. Voici un retour sur les différentes actions, de Paris à Dijon, de Cherbourg à Montpellier...

À Paris, ils étaient une centaine de participant.e.s, dont une quarantaine de jeûneuses-jeûneurs. Dès le dimanche 6 août, ils ont investi la place de la République, le matin pour une cérémonie de commémoration du bombardement d’Hiroshima, en présence de Japonais et Polynésiens, l’après-midi pour une formation de clown-activiste. Leur présence était particulièrement visible notamment grâce au ballon dirigeable en forme de bombe qui flottait au-dessus des têtes.

Le lundi 7 et le mardi 8 août, le groupe a occupé la place Igor Stravinsky, à côté de Beaubourg. Le député polynésien indépendantiste, Moetai Brotherson, était présent en soutien. Puis l’action du mardi a consisté à entrer au siège du parti "En Marche" pour y donner un spectacle de clown. Le groupe a rapidement été délogé par une cinquantaine de CRS arrivés en urgence et a donc continué son spectacle devant le siège.

Le mardi soir, le film "La bombe et nous" était projeté à la mairie du 2e, avec 70 participant.e.s.

Mercredi 9 août, la cérémonie de commémoration du bombardement de Nagasaki a clôturé ces quatre jours d’actions, avec la danseuse Marie-Laure Vrancken dans un spectacle intégré à toute la cérémonie sur le thème de l’oiseau-grue de Sadako. Puis le repas de rupture du jeûne a été offert par la mairie du 2e.

Suite à l’action clown au siège de "En Marche", un militant, Rémi, a été convoqué au commissariat du 13e arrondissement le 8 septembre et a été mis en garde à vue presque 24h. Il sera jugé au tribunal de Grande instance de Paris le 15 décembre 2017 à 9h à la 28e Chambre. Il a besoin de notre soutien à tou.te.s.

À Dijon, le collectif Sortir du nucléaire Côte d’Or a organisé quatre jours de mobilisation entre le centre du CEA (Commissariat à l’énergie atomique et aux énergies alternatives) de Valduc et la place Darcy, pour dénoncer la dangerosité de ce site qui entretient et modernise l’arsenal nucléaire français, et pour réclamer, là aussi, la ratification du traité international d’interdiction des armes nucléaires. Au programme de ces journées : minute de silence, lecture de textes et lâché de ballons, mais aussi l’installation d’un stand pour expliquer aux passants les enjeux du nouveau traité et des dangers de la bombe.

Là aussi, plusieurs participant.e.s ont jeûné pendant quatre jours, le repas de rupture du jeûne s’est fait sur la Place de la Libération.

À Montpellier, ils étaient une trentaine de participant.e.s aux jeûne-actions, installés sur la place de la Comédie, avec une excursion à la Grande Motte pour sensibiliser les vacanciers : pas de trêve militante même pendant l’été ! 2000 tracts ont été distribués ! Enfin, une soirée-débat a été organisée en présence du général Francis Lenne. Ce dernier a récemment sorti un livre Le deuil d’Hiroshima où il dénonce la dissuasion nucléaire et la manière compulsive de production des armes nucléaires depuis la Guerre Froide, pour arriver aujourd’hui à un arsenal mondial de 16 000 têtes nucléaires (voir son interview dans notre n°73). L’ancien général a bien évidemment pris position en faveur du traité d’interdiction.

À Cherbourg, ils étaient sept membres du collectif Nah-Hague (Nagasaki- Hiroshima-La Hague) rattaché au mouvement "Abolition des armes nucléaires", à s’être réunis sur la place Charles de Gaulle pour commémorer les victimes de la bombe nucléaire et appeler au démantèlement de notre arsenal.

Il était 8h15 le 6 août à Brest, à l’heure exacte du bombardement de Hiroshima, lorsque les militant.e.s breton.ne.s ont levé le pavillon de leur modeste bateau de la paix, qui a ensuite fait une petite promenade dans la rade. Une action très symbolique alors que Brest accueille la base de la Marine française pour les sous-marins nucléaires lanceurs d’engins. À Tours, les jeûneurs ont organisé deux temps les 6 et 9 août pour commémorer la mémoire des victimes de Hiroshima et Nagasaki. Des cérémonies émouvantes et marquantes.

Mais bien évidemment, la mobilisation ne s’est pas arrêtée aux frontières françaises, des mobilisations avaient aussi lieu en Allemagne, aux USA, au Royaume Uni, au Togo... Maintenant, il faudra mettre tous nos efforts pour que la France monte dans le train de l’histoire et ratifie le traité international d’interdiction des armes nucléaires !


La 4e rando de "mémoire de Plogoff" s’est terminée en beauté !

Plogoff reste dans la mémoire des antinucléaires comme une des plus grandes victoires de notre lutte. Entre 1978 et 1981, une gigantesque mobilisation faisait plier pour la première fois l’État sur un projet d’aménagement du territoire, pourtant jugé "d’intérêt général". Au plus fort de la lutte, le 24 mai 1980, ils étaient 150 000 manifestants à se réunir à l’occasion de la clôture de l’enquête publique qui devait sceller le sort de la fameuse baie des trépassés.

Depuis quelques années, le collectif "mémoire de Plogoff" organise des activités pour se souvenir de cette lutte victorieuse, et se rappeler que ce magnifique territoire aurait pu être souillé. Ainsi, le 27 août, la 4e randonnée du collectif réunissait quatre-vingts personnes. Les participant.e.s ont d’abord pris la direction de Feunten-Aod et pique-niqué près de la chapelle Saint- Michel, à Lescoff.

Puis à l’issue de la promenade, ils se sont rassemblés sur la plage pour dessiner un mandala géant de 50 mètres de diamètre, où l’on retrouvait les éléments terre, feu, vent et eau, ainsi que des dessins et messages personnels, tout cela sous la houlette de l’artiste Émilie Vincent. Outre la mémoire de cette lutte, ce rendez-vous a permis d’aborder d’autres sujets comme celui du démantèlement de la centrale nucléaire de Brennilis. À noter que cette journée a été filmée dans le cadre d’un documentaire de Dominique Agniel sur la lutte de Plogoff et ses prolongements jusqu’à aujourd’hui. Comme quoi, Plogoff n’a pas fini d’être sous le feu des projecteurs !

Le 12 juillet : on s’est invité aux congrès des nucléocrates !

Le 12 juillet à Paris, à la mairie du 6e arrondissement, avait lieu une sorte de conclave des nucléocrates, organisé par un think tank au nom grandiloquent de "Forum mondial du développement durable" et une revue assez obscure, intitulée Passages. Toute la crème de l’industrie nucléaire était là : des représentants d’Areva, d’EDF, du CEA, d’Engie ou d’Alstom, mais aussi de l’Andra, le fossoyeur des déchets nucléaires, et une brochette d’anciens ministres et de hauts fonctionnaires rompus aux joies de l’atome. Heureusement, l’entrée était libre, sur inscription ! Ni une, ni deux, plusieurs militant.e.s étaient présent.e.s, dans le but de les embêter un peu ! Une grosse partie de la journée – avant de se faire expulser – ils ont posé plein de questions "poils à gratter" pour déstabiliser les intervenants, ont enfilé des masques de hiboux (symbolisant la lutte à Bure) lors de l’allocution de Gérard Longuet (sénateur LR pro-enfouissement), distribué de faux tracts de l’Andra... Et dehors, ils étaient une cinquantaine à faire du bruit et à déployer des banderoles pour dénoncer cette mascarade ! Les organisateurs n’étaient pas contents... Mais nous si !


Du 6 au 9 août 2017 : une multitude d’actions contre les armes nucléaires

Cette année encore, le début du mois d’août a vu émerger un peu partout des actions contre les armes nucléaires, à l’occasion des commémorations des bombardements de Hiroshima et Nagasaki. Mais cette année, la mobilisation revêtait une tonalité historique ! En juillet, l’ONU se dotait d’un traité d’interdiction des armes nucléaires, il s’agissait alors de demander à la France, qui détient un des plus gros arsenal du monde, de ratifier ce traité, ouvert à la signature à partir du 20 septembre. Voici un retour sur les différentes actions, de Paris à Dijon, de Cherbourg à Montpellier...

À Paris, ils étaient une centaine de participant.e.s, dont une quarantaine de jeûneuses-jeûneurs. Dès le dimanche 6 août, ils ont investi la place de la République, le matin pour une cérémonie de commémoration du bombardement d’Hiroshima, en présence de Japonais et Polynésiens, l’après-midi pour une formation de clown-activiste. Leur présence était particulièrement visible notamment grâce au ballon dirigeable en forme de bombe qui flottait au-dessus des têtes.

Le lundi 7 et le mardi 8 août, le groupe a occupé la place Igor Stravinsky, à côté de Beaubourg. Le député polynésien indépendantiste, Moetai Brotherson, était présent en soutien. Puis l’action du mardi a consisté à entrer au siège du parti "En Marche" pour y donner un spectacle de clown. Le groupe a rapidement été délogé par une cinquantaine de CRS arrivés en urgence et a donc continué son spectacle devant le siège.

Le mardi soir, le film "La bombe et nous" était projeté à la mairie du 2e, avec 70 participant.e.s.

Mercredi 9 août, la cérémonie de commémoration du bombardement de Nagasaki a clôturé ces quatre jours d’actions, avec la danseuse Marie-Laure Vrancken dans un spectacle intégré à toute la cérémonie sur le thème de l’oiseau-grue de Sadako. Puis le repas de rupture du jeûne a été offert par la mairie du 2e.

Suite à l’action clown au siège de "En Marche", un militant, Rémi, a été convoqué au commissariat du 13e arrondissement le 8 septembre et a été mis en garde à vue presque 24h. Il sera jugé au tribunal de Grande instance de Paris le 15 décembre 2017 à 9h à la 28e Chambre. Il a besoin de notre soutien à tou.te.s.

À Dijon, le collectif Sortir du nucléaire Côte d’Or a organisé quatre jours de mobilisation entre le centre du CEA (Commissariat à l’énergie atomique et aux énergies alternatives) de Valduc et la place Darcy, pour dénoncer la dangerosité de ce site qui entretient et modernise l’arsenal nucléaire français, et pour réclamer, là aussi, la ratification du traité international d’interdiction des armes nucléaires. Au programme de ces journées : minute de silence, lecture de textes et lâché de ballons, mais aussi l’installation d’un stand pour expliquer aux passants les enjeux du nouveau traité et des dangers de la bombe.

Là aussi, plusieurs participant.e.s ont jeûné pendant quatre jours, le repas de rupture du jeûne s’est fait sur la Place de la Libération.

À Montpellier, ils étaient une trentaine de participant.e.s aux jeûne-actions, installés sur la place de la Comédie, avec une excursion à la Grande Motte pour sensibiliser les vacanciers : pas de trêve militante même pendant l’été ! 2000 tracts ont été distribués ! Enfin, une soirée-débat a été organisée en présence du général Francis Lenne. Ce dernier a récemment sorti un livre Le deuil d’Hiroshima où il dénonce la dissuasion nucléaire et la manière compulsive de production des armes nucléaires depuis la Guerre Froide, pour arriver aujourd’hui à un arsenal mondial de 16 000 têtes nucléaires (voir son interview dans notre n°73). L’ancien général a bien évidemment pris position en faveur du traité d’interdiction.

À Cherbourg, ils étaient sept membres du collectif Nah-Hague (Nagasaki- Hiroshima-La Hague) rattaché au mouvement "Abolition des armes nucléaires", à s’être réunis sur la place Charles de Gaulle pour commémorer les victimes de la bombe nucléaire et appeler au démantèlement de notre arsenal.

Il était 8h15 le 6 août à Brest, à l’heure exacte du bombardement de Hiroshima, lorsque les militant.e.s breton.ne.s ont levé le pavillon de leur modeste bateau de la paix, qui a ensuite fait une petite promenade dans la rade. Une action très symbolique alors que Brest accueille la base de la Marine française pour les sous-marins nucléaires lanceurs d’engins. À Tours, les jeûneurs ont organisé deux temps les 6 et 9 août pour commémorer la mémoire des victimes de Hiroshima et Nagasaki. Des cérémonies émouvantes et marquantes.

Mais bien évidemment, la mobilisation ne s’est pas arrêtée aux frontières françaises, des mobilisations avaient aussi lieu en Allemagne, aux USA, au Royaume Uni, au Togo... Maintenant, il faudra mettre tous nos efforts pour que la France monte dans le train de l’histoire et ratifie le traité international d’interdiction des armes nucléaires !


La 4e rando de "mémoire de Plogoff" s’est terminée en beauté !

Plogoff reste dans la mémoire des antinucléaires comme une des plus grandes victoires de notre lutte. Entre 1978 et 1981, une gigantesque mobilisation faisait plier pour la première fois l’État sur un projet d’aménagement du territoire, pourtant jugé "d’intérêt général". Au plus fort de la lutte, le 24 mai 1980, ils étaient 150 000 manifestants à se réunir à l’occasion de la clôture de l’enquête publique qui devait sceller le sort de la fameuse baie des trépassés.

Depuis quelques années, le collectif "mémoire de Plogoff" organise des activités pour se souvenir de cette lutte victorieuse, et se rappeler que ce magnifique territoire aurait pu être souillé. Ainsi, le 27 août, la 4e randonnée du collectif réunissait quatre-vingts personnes. Les participant.e.s ont d’abord pris la direction de Feunten-Aod et pique-niqué près de la chapelle Saint- Michel, à Lescoff.

Puis à l’issue de la promenade, ils se sont rassemblés sur la plage pour dessiner un mandala géant de 50 mètres de diamètre, où l’on retrouvait les éléments terre, feu, vent et eau, ainsi que des dessins et messages personnels, tout cela sous la houlette de l’artiste Émilie Vincent. Outre la mémoire de cette lutte, ce rendez-vous a permis d’aborder d’autres sujets comme celui du démantèlement de la centrale nucléaire de Brennilis. À noter que cette journée a été filmée dans le cadre d’un documentaire de Dominique Agniel sur la lutte de Plogoff et ses prolongements jusqu’à aujourd’hui. Comme quoi, Plogoff n’a pas fini d’être sous le feu des projecteurs !



Thèmes
Luttes et actions