Réseau Sortir du nucléaire
BoutiqueAgendaFaire un donEN

Sortir du nucléaire n°56

Hiver 2012-2013

Actions et vie des groupes

ça bouge dans le Réseau ! Quelques moments forts sur le terrain

Hiver 2012-2013




Impossible de parler de tout, mais voici en bref quelques temps forts des derniers mois. Pour alimenter cette rubrique, merci d’écrire par e-mail à Laure Gamba, coordinatrice des groupes et actions. Contact : mobilisations@sortirdunucleaire.f



Stop Golfech colore la Garonne

Samedi 29 septembre, les militants du groupe VSDNG-Stop Golfech ont alerté la population et les élus sur le très faible débit d’eau de la Garonne et ses conséquences non négligeables : l’accroissement significatif du risque d’accident nucléaire à la centrale de Golfech lié à un problème de refroidissement, d’une part et la pollution de l’eau du fait d’une plus forte concentration des effluents rejetés par la centrale dans l’eau du fleuve, utilisée comme source d’eau potable par la ville d’Agen, d’autre part.

Pendant que certains allaient au contact du public, sur le marché, dans le centre ville d’Agen, pour informer sur l’incompatibilité entre l’activité de la centrale nucléaire et le niveau de la Garonne et les dangers accrus, d’autres se sont rendus sur une passerelle pour y verser un bidon de fluorescéine, un colorant absolument inoffensif. La tache jaune fluo, au lieu de se diluer du fait des mouvements d’eau et donc de se dissiper rapidement, est au contraire restée compacte et bien visible mettant en évidence le faible débit.

Le débit minimal des cours d’eau est généralement atteint fin septembre voire début octobre. Or dès cet été, le niveau (1) de la Garonne était déjà passé en dessous du "débit d’alerte renforcée" ; les procédures de sécurité sont alors censées être, vous l’aurez deviné, renforcées, allant jusqu’à l’arrêt des réacteurs et des rejets d’effluents.

Mais EDF a la possibilité de demander des dérogations, bien souvent accordées. La dilution des effluents est alors encore plus faible et les concentrations ainsi atteintes engendrent des pollutions chimiques et radioactives bien trop importantes, d’autant plus que le seuil légal ne constitue déjà pas une garantie sanitaire suffisante.

EPR à Penly, la lutte continue !

Le 25 octobre, le conseil municipal de Dieppe approuvait, à l’unanimité moins une abstention et deux voix contre des élus écologistes, la motion de l’UMP en faveur de l’EPR visant à "plaider auprès du Président de la République et du Gouvernement, pour une confirmation de la poursuite du projet" (2).

À l’appel du collectif anti-nucléaire de Dieppe, une vingtaine de militants, très en forme, équipés de banderoles, pancartes, drapeaux et écriteaux en tous genres, se sont retrouvés devant la mairie pour accueillir ce beau monde : le spectacle était haut en couleur et les maximes bien senties.

Ils ont ensuite gagné la salle du conseil où ils sont restés jusqu’à la fin, sans parvenir à garder le silence face au discours démodé et mensonger des pro-EPR.

Même scénario le 27 novembre au conseil d’agglomération de Dieppe Maritime : même motion, même résultat et mêmes militants aux mêmes banderoles.

À l’heure où nous bouclons cette revue, le prochain rendez-vous est donné le 19 décembre pour apporter une information alternative lors de la première réunion publique d’information de la CLIN (3) dont le but officiel serait de "présenter à la population l’état de la sûreté des centrales de Paluel et de Penly au regard des évaluations complémentaires de sûreté réalisées suite à Fukushima".

Mais, c’est qu’ils n’ont pas compris que l’EPR était mort et était une aberration tant énergétique qu’économique ! La lutte continue !

À Montpellier, on se forme à la désobéissance

Les 10 et 11 novembre, le groupe Sortir du nucléaire 34 a accueilli Xavier Renou, du collectif des Désobéissants (4). Deux jours avec un formateur expérimenté bien connu des forces de l’ordre, pour se former à la désobéissance civile et l’action non-violente et réfléchir à des actions antinucléaires locales.

Plus de trente participant-e-s principalement locaux, spécifiquement antinucléaires ou également engagés dans d’autres luttes, jeunes ou moins jeunes, novices ou habitués des stages ou des actions, sont repartis enchantés par leur week-end et impatients de passer à l’action…

Au programme, un savant mélange de théorie, réflexion locale et mise en pratique. Toute la méthodologie de l’organisation d’une action est passée en revue : de l’avant à l’après avec définition de l’intention, des objectifs, des limites et des risques courus. Sont également présentés les trucs et astuces incontournables qui pourront vous "sauver" lors d’une action (après plusieurs heures d’immobilisation, vous aurez peut-être un petit creux ou une envie pressante) ou tout simplement vous permettre qu’elle ait lieu ou soit visible.

Le stage a commencé par une phase de réflexion, où chacun se positionne sur des actions proposées : à chacun de déterminer s’il juge la proposition violente ou non-violente et s’il ferait cette action ou ne la ferait pas. Il est intéressant de voir que la discussion amène des prises de conscience et modifie les positionnements, ce qui met en lumière la force de l’intelligence collective et l’importance d’écouter les avis, même minoritaires et discrets. Enfin, les propositions présentées étant des actions réalisées ou à venir, ce jeu est aussi l’occasion de se donner des idées avant un travail de réflexion sur des actions à envisager localement.

Le week-end s’est ensuite poursuivi par une mise en pratique. On commence par s’essayer à des confrontations linéaires : une rangée de forces de l’ordre face à une rangée d’activistes non-violents qui veulent passer ou bien des activistes bloquant l’entrée d’une usine face à des travailleurs souhaitant entrer. Ça paraît simpliste, pourtant c’est déjà l’occasion d’expérimenter en situation l’importance de l’écoute, de la gestuelle, du ton et du volume sonore, du lien à établir avant d’essayer de convaincre des oreilles résolument fermées, etc. Bref, tout ce que l’on peut trouver dans les ouvrages de communication non-violente (CNV).

Vient ensuite un moment particulièrement ludique où tout le monde teste les différentes techniques de blocage ou destinées à compliquer la tache d’évacuation par les forces de l’ordre sous l’œil protecteur des caméras.

Puis arrive enfin l’heure du "grandeur nature", où le groupe est divisé entre activistes, forces de l’ordre et tiers présents sur les lieux de l’action. L’occasion de voir tout ce à quoi on n’a pas pensé avant, la complexité de la communication avec son camp une fois l’action lancée et toujours l’importance d’adopter les règles de la CNV et une attitude calme et sereine.

Pour terminer, simulation d’un entretien avec un Officier de Police Judiciaire. On en retient cette phrase, à ressortir à chaque question, "Je n’ai rien à déclarer" et la facilité de se faire piéger par l’OPJ qui usera de toutes les ficelles (copinage, intimidation, bluff…).

Si vous êtes tentés, d’autres formations auront lieu en 2013. Vous souhaitez organiser une formation près de chez vous ? Contactez-nous : mobilisations@sortirdunucleaire.f

Militants en course contre la nucléo-sponsorisation

Cette année encore, les militants de Basse-Normandie ont formé une équipe STOP EPR pour participer aux 31èmes foulées de la presse de la Manche ; une course à pied sponsorisée par AREVA et EDF qui a lieu dans les rues de Cherbourg.

Ils étaient une quinzaine, parmi les 4800 participants, à arborer un t-shirt STOP EPR, avec à la clé une 2ème place sur le podium, le second en six ans. Munis de banderoles, coureurs et supporters ont ensuite lancé un débat public sur le lieu de l’arrivée. Dans la compilation officielle des photos publiées, on retrouve même un coureur du groupe (à côté d’un coureur au t-shirt AREVA). Un petit détail, qui fait toujours plaisir et permet de diffuser notre message. Mais la communication la plus efficace ce jour-là fut assurément celle réalisée auprès des coureurs, du public et des organisateurs, plutôt mal à l’aise.

Côté haut-normand, le collectif STOP-EPR 2 a aligné au départ du relais pédestre de Derchigny, près de Penly, trois équipes mixtes et de tous âges - 75 ans pour le sénior ! Au milieu d’équipes corporatives, voire sponsorisées par EDF, les coureurs militants se sont distingués, à la fois en portant leurs t-shirts noirs et jaunes STOP EPR et, pour les juniors, en remportant la course.

Enfin, sur la mythique SaintéLyon, sponsorisée par AREVA et reliant Saint-Étienne à Lyon, un militant a couru les 70 km avec des autocollants "Tchernobyl/Fukushima - Ce qui devait arriver Areva" et "Areva nuit gravement à la santé des sportifs et des autres" puis a brandi un drapeau "Sortir du nucléaire" à l’arrivée.

Bravo et merci à tous ces coureurs et supporters militants ! De beaux pieds de nez à la nucléo- sponsorisation, présente sur la majorité des événements sportifs et culturels dans les départements fortement nucléarisés.

Petit festival de Bure contre la Grosse poubelle nucléaire

Le projet d’enfouissement à Bure s’étoffe un peu plus chaque année. De son côté, le Petit festival prend lui aussi un peu plus de place d’une édition à l’autre.

Pour cette troisième édition, les visiteurs ont donc eu droit à une soirée supplémentaire : dès le vendredi soir, on pouvait voir l’excellent spectacle du cirque Gones "C’est rien mais là ça va" avant d’aller sautiller devant les Swing 48, princes du jazz manouche.

Dans les moments forts de ces trois jours de festival, on note la présentation-débat sur l’actualité du projet CIGEO, qui a réuni pas loin de 300 personnes, suivie, pour oublier un peu ce monde de brutes cyniques, d’une petite échappée frissonnante et poétique dans les nuages du cirque Rouages.

Grand moment aussi avec la pièce "Avenir radieux" de la compagnie "Un Pas de Côté". À entendre les cris du public on pouvait se demander ce qui se passait sous la toile du chapiteau. C’est que Nicolas Lambert et ses camarades ont trouvé la recette pour rendre les prises de conscience et éclosions d’insoumission joyeuses, dynamiques et sonores.

Côté musique il y en avait pour tous les goûts avec un excellent bal folk animé par le groupe Engoulevent, du hip-hop et des sets DJ.

Un autre moment fort, le dimanche cette fois, fût la projection du documentaire "Plogoff, des pierres contre des fusils", suivie d’un débat avec Nicole et Félix Le Garrec, les réalisateurs. De quoi faire réfléchir les mamies meusiennes : à Bure aussi on a plein de cailloux dans les champs et de flics dans les rues. Mais... on y serait moins révoltés qu’en Bretagne. L’avenir nous le dira...

En tous cas, il y a de plus en plus de gens du coin qui viennent au festival ! Cette année le record a sans doute été battu et ce n’est pas anodin : venir s’afficher au Petit festival pour quelqu’un d’ici, ça reste faire une infidélité à l’ANDRA. Un début de refus pour certains, des retrouvailles avec la lutte pour d’autres, une simple curiosité aussi pour quelques-uns, mais on sait bien que la curiosité peut mener loin quand il s’agit de nucléaire.

Le débat sur les luttes victorieuses contre l’ANDRA a aussi fait son petit effet. Même chez les "anti" on oublie souvent cette donnée fondamentale : ce qui se passe à Bure n’est pas la règle mais l’exception ! La vérité c’est que l’ANDRA s’est toujours fait violemment éjecter des territoires prospectés pour l’enfouissement ! Pas question donc de laisser dire "qu’on n’y peut rien" ou que "c’est eux les plus forts" ! Plusieurs témoins et acteurs de ces luttes historiques sont donc venus nous raconter ces pages de l’histoire. Des pages que l’ANDRA se garde bien de citer dans son journal trimestriel.

D’autres copains/copines sont venu-e-s de loin pour soutenir et participer à la lutte de Bure : nos amis allemands bien sûr, qui ont proposé un temps de discussion sur l’avenir de la mobilisation antinucléaire d’un point de vue international.

Une belle surprise enfin, la venue de plusieurs compagnon-e-s de Normandie ! On a été nombreux à avoir chaud au cœur en les voyant débouler (on a bien dit "débouler", c’est tout). Merci à eux d’être venus jusqu’ici, ça ravigote de savoir qu’on peut compter sur les copains ! Leur venue a également été l’occasion de faire le point sur la lutte anti-THT au cours d’une petite discussion. N’hésitez pas à faire un tour en Normandie, le bocage a du charme et les occupations ne manquent pas.

Et puis, comme il faut toujours un point noir au tableau, nous avons eu droit à un lamentable article de l’Est Républicain, écrit par un journaliste qui n’a vu sur le site que de "vieux hippies à dreadlocks" et de jeunes punks à crête, "marginaux" dont la pensée est comparée à celle des "trotskistes de jadis". Voici donc "La tribu antinucléaire" vue par le roi de l’investigation de notre canard local. Ce malheureux article a tout de même eu le mérite de provoquer une manifestation originale : plusieurs festivaliers ont décidé d’aller montrer au rédac’ chef et au journaliste en question qu’il avait eu une vision quelque peu fantasmée de la faune du festival. Ils ont également écrit une lettre en guise de droit de réponse, bien évidemment non publiée par la suite par le journal. Puisque l’habit fait le moine et vu l’influence du torchon local, l’année prochaine, tous en costards !

Spéciale dédicace de l’équipe du festival :

"Merci et bravo à tous les bénévoles qui ont vidé les toilettes, servi les bières, cuisiné, causé ou chanté dans les micros, distribué des tracts, dansé sur des cordes et gratté des guitares ! Merci aussi aux collectifs locaux qui ont mis la main à la poche, prêté du matériel ou apporté un soutien logistique. Et merci aussi à l’équipe de choc des vigilants lecteurs de l’Est Républicain pour leur manif’ de protestation devant le siège du journal !"

L’équipe d’organisation du festival (5)

IndependentWHO : vigie hebdomadaire à Paris

Le 9 novembre, IndependentWHO lançait une nouvelle vigie : rendez-vous à Paris chaque vendredi de 9h à 17h, devant le ministère de la Santé (6).

Depuis avril 2007, une vigie est tenue quotidiennement devant le siège de l’OMS à Genève afin de dénoncer les mensonges et dissimulations de cet organisme quant aux conséquences sanitaires des pollutions radioactives. Depuis le début de la catastrophe de Tchernobyl, l’OMS ne porte pas assistance aux victimes et voilà qu’elle abandonne également celles de Fukushima.

Les ministres de la Santé étant les représentants des pays membres de l’OMS, ils sont co-responsables des choix politiques et des actions menées en matière de radioprotection. Cette vigie parisienne vise donc à interpeler notre ministre afin qu’elle mette tout en œuvre pour que soient rendues effectives les sept demandes7 du collectif déjà présentées à l’OMS.

Cette vigie silencieuse et pacifique aura donc lieu tant que la France n’aura pas fait le nécessaire pour que l’OMS accomplisse sa mission de protection des populations vis à vis des pollutions radioactives et que soit mise en place une recherche indépendante sur le thème "santé et nucléaire".

Vous aussi, rejoignez les équipes de vigies à Paris et Genève (inscription par mail : contact@independentwho.org) ou passez pour une simple visite !

De nouveaux groupes dans le Réseau

Parmi les nombreux nouveaux groupes du Réseau, le CIREN8 réunit les militants de la Seine-et-Marne et de l’est de l’Essonne. La majorité des membres étant pour l’instant dans le sud du département, si vous habitez dans le nord, on vous attend !

L’idée est de créer deux antennes, nord et sud, en lien fort. L’autre idée est de privilégier l’action à la réunion (tous les trois mois seulement) grâce à une organisation solide basée sur des groupes de travail (communication, relations extérieures et actions) et des outils efficaces (cartes de localisation et tableaux de coordonnées tenus à jour).

Et ça marche, puisque le CIREN tient très fréquemment des stands et s’investit dans l’organisation de la chaîne humaine du 9 mars à Paris !

Contact : ciren@mailoo.org

Toutes les infos sur l’Assemblée Générale 2013 !

Prochainement sur notre site, tous les documents de l’Assemblée Générale du Réseau "Sortir du nucléaire" qui a eu lieu à Reims les 19 et 20 janvier 2013 : http://ag.sortirdunucleaire.org

Vous y trouverez notamment les rapports financiers et moraux et le compte rendu comportant les décisions importantes. Disponibles en version papier sur simple demande écrite ou au 04 78 28 29 22.

Notes :

1 : Au point de contrôle de Lamagistère : www.eptb-garonne.fr/partenaires/axe_garonne.php

2 : Cette motion était d’ailleurs défendue par le PS et le PC pour qui l’EPR à Penly est une opportunité pour l’emploi et le dynamisme économique.

3 : Commission Locale d’Information sur le Nucléaire

4 : www.desobeir.net

5 : burezoneblog.over-blog.com / leherissonvengeur@gmail.com / 03 29 45 41 77

6 : Information : http://independentwho.org/fr/vigie-ministere-sante-paris

7 : http://independentwho.org/fr/nos-demandes-a-loms

8 : Collectif citoyen d’Information sur la Radioactivité et le Nucléaire

Stop Golfech colore la Garonne

Samedi 29 septembre, les militants du groupe VSDNG-Stop Golfech ont alerté la population et les élus sur le très faible débit d’eau de la Garonne et ses conséquences non négligeables : l’accroissement significatif du risque d’accident nucléaire à la centrale de Golfech lié à un problème de refroidissement, d’une part et la pollution de l’eau du fait d’une plus forte concentration des effluents rejetés par la centrale dans l’eau du fleuve, utilisée comme source d’eau potable par la ville d’Agen, d’autre part.

Pendant que certains allaient au contact du public, sur le marché, dans le centre ville d’Agen, pour informer sur l’incompatibilité entre l’activité de la centrale nucléaire et le niveau de la Garonne et les dangers accrus, d’autres se sont rendus sur une passerelle pour y verser un bidon de fluorescéine, un colorant absolument inoffensif. La tache jaune fluo, au lieu de se diluer du fait des mouvements d’eau et donc de se dissiper rapidement, est au contraire restée compacte et bien visible mettant en évidence le faible débit.

Le débit minimal des cours d’eau est généralement atteint fin septembre voire début octobre. Or dès cet été, le niveau (1) de la Garonne était déjà passé en dessous du "débit d’alerte renforcée" ; les procédures de sécurité sont alors censées être, vous l’aurez deviné, renforcées, allant jusqu’à l’arrêt des réacteurs et des rejets d’effluents.

Mais EDF a la possibilité de demander des dérogations, bien souvent accordées. La dilution des effluents est alors encore plus faible et les concentrations ainsi atteintes engendrent des pollutions chimiques et radioactives bien trop importantes, d’autant plus que le seuil légal ne constitue déjà pas une garantie sanitaire suffisante.

EPR à Penly, la lutte continue !

Le 25 octobre, le conseil municipal de Dieppe approuvait, à l’unanimité moins une abstention et deux voix contre des élus écologistes, la motion de l’UMP en faveur de l’EPR visant à "plaider auprès du Président de la République et du Gouvernement, pour une confirmation de la poursuite du projet" (2).

À l’appel du collectif anti-nucléaire de Dieppe, une vingtaine de militants, très en forme, équipés de banderoles, pancartes, drapeaux et écriteaux en tous genres, se sont retrouvés devant la mairie pour accueillir ce beau monde : le spectacle était haut en couleur et les maximes bien senties.

Ils ont ensuite gagné la salle du conseil où ils sont restés jusqu’à la fin, sans parvenir à garder le silence face au discours démodé et mensonger des pro-EPR.

Même scénario le 27 novembre au conseil d’agglomération de Dieppe Maritime : même motion, même résultat et mêmes militants aux mêmes banderoles.

À l’heure où nous bouclons cette revue, le prochain rendez-vous est donné le 19 décembre pour apporter une information alternative lors de la première réunion publique d’information de la CLIN (3) dont le but officiel serait de "présenter à la population l’état de la sûreté des centrales de Paluel et de Penly au regard des évaluations complémentaires de sûreté réalisées suite à Fukushima".

Mais, c’est qu’ils n’ont pas compris que l’EPR était mort et était une aberration tant énergétique qu’économique ! La lutte continue !

À Montpellier, on se forme à la désobéissance

Les 10 et 11 novembre, le groupe Sortir du nucléaire 34 a accueilli Xavier Renou, du collectif des Désobéissants (4). Deux jours avec un formateur expérimenté bien connu des forces de l’ordre, pour se former à la désobéissance civile et l’action non-violente et réfléchir à des actions antinucléaires locales.

Plus de trente participant-e-s principalement locaux, spécifiquement antinucléaires ou également engagés dans d’autres luttes, jeunes ou moins jeunes, novices ou habitués des stages ou des actions, sont repartis enchantés par leur week-end et impatients de passer à l’action…

Au programme, un savant mélange de théorie, réflexion locale et mise en pratique. Toute la méthodologie de l’organisation d’une action est passée en revue : de l’avant à l’après avec définition de l’intention, des objectifs, des limites et des risques courus. Sont également présentés les trucs et astuces incontournables qui pourront vous "sauver" lors d’une action (après plusieurs heures d’immobilisation, vous aurez peut-être un petit creux ou une envie pressante) ou tout simplement vous permettre qu’elle ait lieu ou soit visible.

Le stage a commencé par une phase de réflexion, où chacun se positionne sur des actions proposées : à chacun de déterminer s’il juge la proposition violente ou non-violente et s’il ferait cette action ou ne la ferait pas. Il est intéressant de voir que la discussion amène des prises de conscience et modifie les positionnements, ce qui met en lumière la force de l’intelligence collective et l’importance d’écouter les avis, même minoritaires et discrets. Enfin, les propositions présentées étant des actions réalisées ou à venir, ce jeu est aussi l’occasion de se donner des idées avant un travail de réflexion sur des actions à envisager localement.

Le week-end s’est ensuite poursuivi par une mise en pratique. On commence par s’essayer à des confrontations linéaires : une rangée de forces de l’ordre face à une rangée d’activistes non-violents qui veulent passer ou bien des activistes bloquant l’entrée d’une usine face à des travailleurs souhaitant entrer. Ça paraît simpliste, pourtant c’est déjà l’occasion d’expérimenter en situation l’importance de l’écoute, de la gestuelle, du ton et du volume sonore, du lien à établir avant d’essayer de convaincre des oreilles résolument fermées, etc. Bref, tout ce que l’on peut trouver dans les ouvrages de communication non-violente (CNV).

Vient ensuite un moment particulièrement ludique où tout le monde teste les différentes techniques de blocage ou destinées à compliquer la tache d’évacuation par les forces de l’ordre sous l’œil protecteur des caméras.

Puis arrive enfin l’heure du "grandeur nature", où le groupe est divisé entre activistes, forces de l’ordre et tiers présents sur les lieux de l’action. L’occasion de voir tout ce à quoi on n’a pas pensé avant, la complexité de la communication avec son camp une fois l’action lancée et toujours l’importance d’adopter les règles de la CNV et une attitude calme et sereine.

Pour terminer, simulation d’un entretien avec un Officier de Police Judiciaire. On en retient cette phrase, à ressortir à chaque question, "Je n’ai rien à déclarer" et la facilité de se faire piéger par l’OPJ qui usera de toutes les ficelles (copinage, intimidation, bluff…).

Si vous êtes tentés, d’autres formations auront lieu en 2013. Vous souhaitez organiser une formation près de chez vous ? Contactez-nous : mobilisations@sortirdunucleaire.f

Militants en course contre la nucléo-sponsorisation

Cette année encore, les militants de Basse-Normandie ont formé une équipe STOP EPR pour participer aux 31èmes foulées de la presse de la Manche ; une course à pied sponsorisée par AREVA et EDF qui a lieu dans les rues de Cherbourg.

Ils étaient une quinzaine, parmi les 4800 participants, à arborer un t-shirt STOP EPR, avec à la clé une 2ème place sur le podium, le second en six ans. Munis de banderoles, coureurs et supporters ont ensuite lancé un débat public sur le lieu de l’arrivée. Dans la compilation officielle des photos publiées, on retrouve même un coureur du groupe (à côté d’un coureur au t-shirt AREVA). Un petit détail, qui fait toujours plaisir et permet de diffuser notre message. Mais la communication la plus efficace ce jour-là fut assurément celle réalisée auprès des coureurs, du public et des organisateurs, plutôt mal à l’aise.

Côté haut-normand, le collectif STOP-EPR 2 a aligné au départ du relais pédestre de Derchigny, près de Penly, trois équipes mixtes et de tous âges - 75 ans pour le sénior ! Au milieu d’équipes corporatives, voire sponsorisées par EDF, les coureurs militants se sont distingués, à la fois en portant leurs t-shirts noirs et jaunes STOP EPR et, pour les juniors, en remportant la course.

Enfin, sur la mythique SaintéLyon, sponsorisée par AREVA et reliant Saint-Étienne à Lyon, un militant a couru les 70 km avec des autocollants "Tchernobyl/Fukushima - Ce qui devait arriver Areva" et "Areva nuit gravement à la santé des sportifs et des autres" puis a brandi un drapeau "Sortir du nucléaire" à l’arrivée.

Bravo et merci à tous ces coureurs et supporters militants ! De beaux pieds de nez à la nucléo- sponsorisation, présente sur la majorité des événements sportifs et culturels dans les départements fortement nucléarisés.

Petit festival de Bure contre la Grosse poubelle nucléaire

Le projet d’enfouissement à Bure s’étoffe un peu plus chaque année. De son côté, le Petit festival prend lui aussi un peu plus de place d’une édition à l’autre.

Pour cette troisième édition, les visiteurs ont donc eu droit à une soirée supplémentaire : dès le vendredi soir, on pouvait voir l’excellent spectacle du cirque Gones "C’est rien mais là ça va" avant d’aller sautiller devant les Swing 48, princes du jazz manouche.

Dans les moments forts de ces trois jours de festival, on note la présentation-débat sur l’actualité du projet CIGEO, qui a réuni pas loin de 300 personnes, suivie, pour oublier un peu ce monde de brutes cyniques, d’une petite échappée frissonnante et poétique dans les nuages du cirque Rouages.

Grand moment aussi avec la pièce "Avenir radieux" de la compagnie "Un Pas de Côté". À entendre les cris du public on pouvait se demander ce qui se passait sous la toile du chapiteau. C’est que Nicolas Lambert et ses camarades ont trouvé la recette pour rendre les prises de conscience et éclosions d’insoumission joyeuses, dynamiques et sonores.

Côté musique il y en avait pour tous les goûts avec un excellent bal folk animé par le groupe Engoulevent, du hip-hop et des sets DJ.

Un autre moment fort, le dimanche cette fois, fût la projection du documentaire "Plogoff, des pierres contre des fusils", suivie d’un débat avec Nicole et Félix Le Garrec, les réalisateurs. De quoi faire réfléchir les mamies meusiennes : à Bure aussi on a plein de cailloux dans les champs et de flics dans les rues. Mais... on y serait moins révoltés qu’en Bretagne. L’avenir nous le dira...

En tous cas, il y a de plus en plus de gens du coin qui viennent au festival ! Cette année le record a sans doute été battu et ce n’est pas anodin : venir s’afficher au Petit festival pour quelqu’un d’ici, ça reste faire une infidélité à l’ANDRA. Un début de refus pour certains, des retrouvailles avec la lutte pour d’autres, une simple curiosité aussi pour quelques-uns, mais on sait bien que la curiosité peut mener loin quand il s’agit de nucléaire.

Le débat sur les luttes victorieuses contre l’ANDRA a aussi fait son petit effet. Même chez les "anti" on oublie souvent cette donnée fondamentale : ce qui se passe à Bure n’est pas la règle mais l’exception ! La vérité c’est que l’ANDRA s’est toujours fait violemment éjecter des territoires prospectés pour l’enfouissement ! Pas question donc de laisser dire "qu’on n’y peut rien" ou que "c’est eux les plus forts" ! Plusieurs témoins et acteurs de ces luttes historiques sont donc venus nous raconter ces pages de l’histoire. Des pages que l’ANDRA se garde bien de citer dans son journal trimestriel.

D’autres copains/copines sont venu-e-s de loin pour soutenir et participer à la lutte de Bure : nos amis allemands bien sûr, qui ont proposé un temps de discussion sur l’avenir de la mobilisation antinucléaire d’un point de vue international.

Une belle surprise enfin, la venue de plusieurs compagnon-e-s de Normandie ! On a été nombreux à avoir chaud au cœur en les voyant débouler (on a bien dit "débouler", c’est tout). Merci à eux d’être venus jusqu’ici, ça ravigote de savoir qu’on peut compter sur les copains ! Leur venue a également été l’occasion de faire le point sur la lutte anti-THT au cours d’une petite discussion. N’hésitez pas à faire un tour en Normandie, le bocage a du charme et les occupations ne manquent pas.

Et puis, comme il faut toujours un point noir au tableau, nous avons eu droit à un lamentable article de l’Est Républicain, écrit par un journaliste qui n’a vu sur le site que de "vieux hippies à dreadlocks" et de jeunes punks à crête, "marginaux" dont la pensée est comparée à celle des "trotskistes de jadis". Voici donc "La tribu antinucléaire" vue par le roi de l’investigation de notre canard local. Ce malheureux article a tout de même eu le mérite de provoquer une manifestation originale : plusieurs festivaliers ont décidé d’aller montrer au rédac’ chef et au journaliste en question qu’il avait eu une vision quelque peu fantasmée de la faune du festival. Ils ont également écrit une lettre en guise de droit de réponse, bien évidemment non publiée par la suite par le journal. Puisque l’habit fait le moine et vu l’influence du torchon local, l’année prochaine, tous en costards !

Spéciale dédicace de l’équipe du festival :

"Merci et bravo à tous les bénévoles qui ont vidé les toilettes, servi les bières, cuisiné, causé ou chanté dans les micros, distribué des tracts, dansé sur des cordes et gratté des guitares ! Merci aussi aux collectifs locaux qui ont mis la main à la poche, prêté du matériel ou apporté un soutien logistique. Et merci aussi à l’équipe de choc des vigilants lecteurs de l’Est Républicain pour leur manif’ de protestation devant le siège du journal !"

L’équipe d’organisation du festival (5)

IndependentWHO : vigie hebdomadaire à Paris

Le 9 novembre, IndependentWHO lançait une nouvelle vigie : rendez-vous à Paris chaque vendredi de 9h à 17h, devant le ministère de la Santé (6).

Depuis avril 2007, une vigie est tenue quotidiennement devant le siège de l’OMS à Genève afin de dénoncer les mensonges et dissimulations de cet organisme quant aux conséquences sanitaires des pollutions radioactives. Depuis le début de la catastrophe de Tchernobyl, l’OMS ne porte pas assistance aux victimes et voilà qu’elle abandonne également celles de Fukushima.

Les ministres de la Santé étant les représentants des pays membres de l’OMS, ils sont co-responsables des choix politiques et des actions menées en matière de radioprotection. Cette vigie parisienne vise donc à interpeler notre ministre afin qu’elle mette tout en œuvre pour que soient rendues effectives les sept demandes7 du collectif déjà présentées à l’OMS.

Cette vigie silencieuse et pacifique aura donc lieu tant que la France n’aura pas fait le nécessaire pour que l’OMS accomplisse sa mission de protection des populations vis à vis des pollutions radioactives et que soit mise en place une recherche indépendante sur le thème "santé et nucléaire".

Vous aussi, rejoignez les équipes de vigies à Paris et Genève (inscription par mail : contact@independentwho.org) ou passez pour une simple visite !

De nouveaux groupes dans le Réseau

Parmi les nombreux nouveaux groupes du Réseau, le CIREN8 réunit les militants de la Seine-et-Marne et de l’est de l’Essonne. La majorité des membres étant pour l’instant dans le sud du département, si vous habitez dans le nord, on vous attend !

L’idée est de créer deux antennes, nord et sud, en lien fort. L’autre idée est de privilégier l’action à la réunion (tous les trois mois seulement) grâce à une organisation solide basée sur des groupes de travail (communication, relations extérieures et actions) et des outils efficaces (cartes de localisation et tableaux de coordonnées tenus à jour).

Et ça marche, puisque le CIREN tient très fréquemment des stands et s’investit dans l’organisation de la chaîne humaine du 9 mars à Paris !

Contact : ciren@mailoo.org

Toutes les infos sur l’Assemblée Générale 2013 !

Prochainement sur notre site, tous les documents de l’Assemblée Générale du Réseau "Sortir du nucléaire" qui a eu lieu à Reims les 19 et 20 janvier 2013 : http://ag.sortirdunucleaire.org

Vous y trouverez notamment les rapports financiers et moraux et le compte rendu comportant les décisions importantes. Disponibles en version papier sur simple demande écrite ou au 04 78 28 29 22.

Notes :

1 : Au point de contrôle de Lamagistère : www.eptb-garonne.fr/partenaires/axe_garonne.php

2 : Cette motion était d’ailleurs défendue par le PS et le PC pour qui l’EPR à Penly est une opportunité pour l’emploi et le dynamisme économique.

3 : Commission Locale d’Information sur le Nucléaire

4 : www.desobeir.net

5 : burezoneblog.over-blog.com / leherissonvengeur@gmail.com / 03 29 45 41 77

6 : Information : http://independentwho.org/fr/vigie-ministere-sante-paris

7 : http://independentwho.org/fr/nos-demandes-a-loms

8 : Collectif citoyen d’Information sur la Radioactivité et le Nucléaire



Thèmes
Luttes et actions