08/11/2008 : AFP Fuite d'eau borée au Tricastin : communication "lénifiante", selon "Sortir du nucléaire"
Le Réseau "Sortir du nucléaire" a dénoncé samedi "la communication lénifiante" des autorités au lendemain de la fuite sans gravité d'eau borée, un liquide de refroidissement, à l'usine d'enrichissement d'uranium Eurodif sur le site nucléaire du Tricastin (Drôme).
"La contamination a pu être bien plus forte que le chiffre annoncé officiellement", a fait valoir, dans un communiqué, l'association, en précisant que "l'heure et la durée de la fuite n'(avaient pas été) révélés" vendredi par la préfecture. "Il n'est pas impossible que de fortes concentrations de Bore existent ici ou là et en particulier dans les puits des personnes privées", a ajouté le Réseau, en soulignant que le "Bore (pouvait) avoir des effets toxiques non négligeables sur les êtres humains".
Vendredi soir, la préfecture de la Drôme avait signalé que des prélèvements effectués dans l'après-midi dans le cours d'eau de la Gaffière, à la limite du site et touché par la fuite, faisaient état "d'un taux de 0,2 milligrammes de bore par litre, soit en deçà de la norme sanitaire de potabilité qui est de 1 milligramme par litre".
"Selon l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN), il n'y a pas lieu de mettre en place des mesures de protection des populations", avait-elle ajouté. "Il est injustifiable de faire passer cette norme comme une forme d'autorisation de contaminer jusqu'à cette limite. Par ailleurs, la préfecture écrit: "Il s'agit là d'un événement à caractère chimique et non radioactif", comme si cela rendait la pollution plus acceptable", a souligné le Réseau.
Le groupe nucléaire français Areva, dont Eurodif est une filiale, a déclaré pour sa part vendredi que l'incident avait été constaté "en matinée" lors d'une mesure quotidienne et que le bore n'était "pas toxique ni pour l'homme ni pour l'environnement". "Les équipes d'exploitation ont immédiatement corrigé cette anomalie et isolé l'installation.
Les installations d'Eurodif continuent à fonctionner "de manière normale", avait ajouté Areva, sans préciser, comme la préfecture, la quantité d'eau borée rejetée. Le site du Tricastin, qui comporte plusieurs installations dans la Drôme et dans le Vaucluse, a connu depuis cet été une série d'incidents.
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