Revue de presse

 

28/02/2008 : Le Monde
Les bons résultats d'Areva justifient une introduction en Bourse, juge sa présidente Anne Lauvergeon



AREVA ne pourra pas continuer à se développer sans renforcer, sous une forme ou une autre, ses capacités d'investissement. C'est le message que la présidente du numéro un mondial de l'industrie nucléaire a adressé, mardi 26 février, à l'occasion de la publication des résultats 2007. Anne Lauvergeon devrait le faire passer une fois de plus au président de la République, Nicolas Sarkozy, qu'elle accompagne en Afrique du Sud.

Le groupe a dégagé un bénéfice net de 743 millions d'euros (+ 14,5 %) et un résultat opérationnel de 751 millions (+ 84,5 %) pour un chiffre d'affaires de 11,9 milliards (+ 9,8 %). Il le doit à trois branches : mine et fabrication du combustible, réacteurs nucléaires, et équipements de transmission et de distribution d'électricité. Le carnet de commandes d'Areva s'est également bien rempli en 2007 (+ 55,4 %) pour atteindre 39,8 milliards.

En revanche, l'activité retraitement et recyclage a vu ses commandes baisser (- 3 %), tout comme son résultat opérationnel (- 25 %). En bout de cycle nucléaire, l'usine de la Hague (Manche) ne tourne qu'à 60 % de ses capacités, notamment en raison du reflux du nucléaire entre le milieu des années 1980 et le début des années 2000 et donc d'une baisse de livraison des combustibles usés en provenance des pays étrangers. De plus, Areva affiche une dette de 1,9 milliard, multipliée par près de huit en un an, en raison du rachat du groupe minier canadien Uramin, et des difficultés en Finlande de la construction de l'EPR, son réacteur de troisième génération.

"Notre croissance durable et rentable nous rend parfaitement éligible à une ouverture du capital, à notre sens nécessaire", a souligné la présidente d'Areva, dont le capital reste public à 85 %. Mais Mme Lauvergeon a une fois de plus rejeté le scénario, étudié par le gouvernement, d'une fusion avec Alstom : "Les synergies industrielles sont limitées." Elle estime que "la fusion ne permettrait pas de vendre plus de TGV" et qu'en revanche, les ventes de nucléaire seraient pénalisées.

En cas de fusion, il faudrait sortir Siemens du capital d'Areva NP, filiale qui fabrique les îlots nucléaires. Dans un entretien aux Echos du 26 février, la ministre de l'économie, Christine Lagarde, assure que cette question "ne se pose pas aujourd'hui". Mais elle ajoute qu' "il sera important de connaître les orientations stratégiques en matière énergétique" de l'Allemagne qui a programmé la fin du nucléaire en 2020.

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