08/03/2005 : AFP ITER: le Japon oppose une nouvelle fin de non recevoir à l'UE
Le Japon a de nouveau défendu mardi son projet d'accueillir le futur réacteur expérimental de fusion nucléaire Iter, rejetant la dernière offre de négociation politique de l'UE qui a appelé Tokyo à trouver une solution sur la localisation controversée du site d'ici fin juin. "Il n'y a aucun changement dans notre position", a déclaré à l'AFP Takahiro Hayashi, directeur délégué du Bureau japonais de Fusion nucléaire. "Nous avons mené des discussions techniques au niveau de groupes de travail et nous pensons que la proposition japonaise sur ce projet est supérieure à celle de l'UE", a insisté M. Hayashi. Le dossier Iter apparaît complètement bloqué --et ce depuis des mois-- et tout compromis très éloigné, en tout cas sur le plan technique. M. Hayashi a assuré qu'il n'avait pas eu officiellement connaissance de l'échéance finale réclamée par l'Union européenne. Le ministre luxembourgeois de la Recherche, François Biltgen, a déclaré lundi à Bruxelles qu'une solution sur la localisation du réacteur Iter, que l'UE veut construire à Cadarache (sud de la France), devait être trouvée d'ici à fin juin avec le Japon.
Selon le "calendrier" prévu, "les travaux d'Iter doivent commencer avant la fin de l'année, donc il faut que la décision soit prise sous la présidence luxembourgeoise" de l'Union européenne, qui s'achève le 30 juin, a expliqué M. Biltgen devant la presse en marge d'une réunion avec ses homologues européens. "Bien que je compte rechercher un accord avec les six partenaires jusqu'au dernier moment, je suis en même temps déterminé à ce que la solution incluant le plus de partenaires possibles soit trouvée rapidement, c'est-à-dire à temps pour permettre le début de la construction avant la fin de cette année", a renchéri le commissaire européen à la Recherche, Janez Potocnik. Dans cette perspective, la prochaine réunion des ministres européens chargés des questions de compétitivité, le 18 avril, "sera très importante", a ajouté M. Biltgen. "Nous savons qu'il y a des discussions pour porter cette affaire au niveau politique. Mais nous estimons que c'est encore prématuré", a affirmé à l'AFP M. Hayashi, en réaffirmant la position japonaise.
Selon Tokyo, les discussions techniques "ne sont pas terminées". Il est plus que probable que le dossier d'Iter figurera au menu des entretiens politiques du président français Jacques Chirac durant sa visite officielle prévue au Japon à la fin du mois. M. Chirac doit rencontrer le Premier ministre Junichiro Koizumi. Dans l'âpre compétition internationale qui se livre pour accueillir Iter, l'UE se bat, avec le soutien des Russes et des Chinois, pour le site de Cadarache. Les Japonais, qui bénéficient de l'appui des Etats-Unis et de la Corée du sud, défendent chez eux celui de Rokkasho-mura (nord). L'UE a déjà clairement laissé entendre qu'elle lancerait la construction d'Iter à Cadarache sans le Japon si aucun accord n'est rapidement trouvé avec Tokyo. Désireux tout de même de trouver un compromis avec tous les partenaires du projet, les 25 et la Commission européenne avaient cependant insisté, en cas d'accord général sur Cadarache, sur la nécessité d'un "partenariat" privilégié avec Tokyo et d'une "approche élargie" des recherches sur la fusion prévoyant des activités complémentaires à Iter. Le projet est estimé à 10 milliards d'euros sur 30 ans, dont 4,57 milliards d'euros pour la seule construction du réacteur qui doit durer dix ans.
|