21/10/2004 : LE FIGARO EPR de troisième génération : des progrès importants pour la sûreté
Cyrille Vanlerberghe
Loin d'être révolutionnaire, l'EPR (acronyme anglais de réacteur européen à eau pressurisée) est directement issu de la lignée des réacteurs nucléaires du parc d'EDF. Ce choix «évolutionnaire» fut dicté au début des années 90 par les autorités de sûreté nucléaire françaises, qui avaient estimé qu'il était plus sûr de se baser sur des techniques connues et éprouvées plutôt que de chercher d'hypothétiques solutions «miracles» pour réaliser les réacteurs du début du XXIe siècle.
Ces évolutions ont comme objectif principal d'améliorer la sûreté de la centrale, et donc de limiter les risques d'accidents, et plus particulièrement le plus grave : la fusion du coeur du réacteur et de son combustible d'uranium enrichi. Les autres avancées demandées par les autorités de sûreté visent à diminuer les doses de radiations reçues par le personnel de la centrale, et à réduire les émissions de déchets dans l'environnement.
D'après Areva, tous ces objectifs sont atteints par le nouveau réacteur EPR, dit de troisième génération. La probabilité d'accident serait divisée par dix, avec en plus une compétitivité accrue par rapport aux générations précédentes, notamment grâce à une puissance électrique augmentée à 1 600 MW et une meilleure utilisation du combustible d'uranium.
Parmi les innovations les plus visibles, on remarque une nouvelle enceinte de confinement du coeur du réacteur, composée de deux murs de béton de 1,30 mètre d'épaisseur chacun. Les autorités de sûreté allemandes avaient demandé, même avant le 11 septembre 2001, que l'enceinte puisse résister à l'impact d'un avion militaire biréacteur, de type F4 Phantom, volant à haute vitesse. Cette double barrière protège autant le réacteur des agressions extérieures que l'environnement en cas d'accident à l'intérieur.
Si, malgré toutes les précautions prises, un accident de fusion du coeur survenait, un «cendrier» a été conçu pour récupérer les restes brûlants du coeur et éviter tout risque de contamination vers l'extérieur.
D'après l'association écologique Sortir du nucléaire, cette solution de récupération n'est pas efficace, et risque même de provoquer des explosions encore plus graves.
Pour réponse, Areva fait remarquer que, le 5 octobre dernier, l'Autorité de sûreté nucléaire avait officiellement considéré «que les options de sûreté retenues (pour l'EPR, NDLR) satisfont à l'objectif d'amélioration de la sûreté par rapport aux réacteurs actuellement exploités».
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