Revue de presse

 

20/10/2004 : OUEST FRANCE
Le réacteur EPR attendu à Flamanville



Le lieu d'implantation de la centrale nucléaire annoncé jeudi

Le réacteur EPR attendu à Flamanville

Flamanville, dans le Cotentin, ou Penly, près de Dieppe ? Le choix du site d'implantation du réacteur nucléaire EPR est imminent. Jeudi, Pierre Gadonneix, PDG d'EDF, annonce sa décision devant le conseil d'administration de l'entreprise. Décision, semble-t-il, plus politique que technique, qui devrait, sauf surprise de dernière minute, donner l'avantage au Cotentin.
« Si le choix est technique et économique, Penly sera désigné. Si la décision est politique, Flamanville a de fortes chances d'être retenu », indiquait, hier soir, Édouard Leveau, député-maire UMP de Dieppe. L'élu haut-normand se voulait encore confiant, mais semblait moins combatif que ces dernières semaines. En revanche, Claude Gatignol, député UMP de Valognes et de Flamanville, affichait un moral d'acier. « Je suis extrêmement optimiste sur le choix qui va être fait par le PDG d'EDF et le gouvernement.
Nous avons su répondre aux demandes d'EDF et démontrer le savoir-faire de notre région », estime l'élu manchois. « La mobilisation de tous les élus du Cotentin et l'adhésion des populations locales démontrée encore une fois avec le flop de Greenpeace à l'arrivée du plutonium américain, sont autant d'arguments qui pèsent sur la décision finale. » Hier soir, le député UMP de Basse-Normandie ne criait pas encore victoire, mais « avait vraiment confiance. »

Depuis plus deux ans, Basse et Haute-Normandie sont en compétition pour convaincre l'État d'investir chez l'une plutôt que chez l'autre. Les deux Régions sont confrontées à de rudes difficultés économiques. À Dieppe comme à Cherbourg, l'enjeu est de taille. On annonce, en effet, huit années de travaux de construction et autour de 2 500 emplois. Lorsqu'il sera en service, ce démonstrateur nucléaire emploiera près de 400 personnes et générera le versement d'une taxe professionnelle conséquente. Deux ans de procédures seront cependant nécessaires avant de démarrer le chantier. Après le feu vert d'EDF à Flamanville - sauf revirement de dernière minute - la commission du débat public devrait être saisie avant le lancement de l'enquête publique. L'Autorité de sûreté nucléaire a déja rendu un avis général favorable, le 5 octobre, dernier, mais doit encore plancher sur l'adaptation au lieu choisi.

Développé par Framatome, filiale d'Areva, l'EPR (Réacteur à eau pressurisée) bénéficie des enseignements de trente années d'exploitation de 209 réacteurs du type de ceux de Flamanville (1 300 mégawatts), tout en étant plus puissant (1 600 mégawatts). « Son niveau de sûreté permet de réduire d'un facteur dix la probabilité d'un endommagement du coeur », affirme Areva. Le groupe nucléaire promet « une électricité 10 % moins chère que celle fournie par les réacteurs actuels et 20 % moins chère que celle des cycles combinés aux gaz les plus performants. Sa conception permet de faciliter les opérations de maintenance, de réduire leur durée, portant ainsi le taux de disponibilité du réacteur à plus de 90 %. » Le groupe parie aussi sur « une diminution de 15 % du volume de déchets nucléaires ».

Arguments qui laissent sceptiques les écologistes. Ils sont opposés au renforcement de la filière nucléaire alors que le déficit en énergies renouvelables est criant. Au sein de la communauté nucléaire, ce choix est également contesté. Certains estiment que l'EPR ne constitue pas une avancée technologique. Ils craignent que sa construction nuise, de par son coût, aux recherches sur les réacteurs nucléaires du futur.

Jean-Pierre BUISSON et Paul BUREL

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