La désinformation nucléaire
Menace sur les associations antinucléaires
et de protection de l'environnement
Concertation, démocratie dite "participative", Commission
nationale du débat public, Débat national sur l'énergie… depuis quelques
temps, les autorités et les multinationales du nucléaire invitent les
associations, groupes et autres collectifs à participer à des diverses
formes de débats supposés démocratiques. Attention : il ne s'agit pas
là de quelques tentatives expérimentales ou désordonnées, mais bien d'un
processus, cohérent, coordonné, bénéficiant de puissants moyens, dont
le seul objectif est de faire accepter par les populations le nucléaire
et ses risques.
Toutes les méthodes sont "bonnes" : faire main
basse sur les données montrant les véritables conséquences de la catastrophe
de Tchernobyl ; préparer à l'avance la minimisation des conséquences d'une
nouvelle catastrophe nucléaire, y compris si elle a lieu en France ; diviser
les opposants au nucléaire ; tenter d'associer des associations à la gestion
du nucléaire pour désamorcer la vigilance ou la colère des populations
mises en danger…
"Vous ne voulez pas de déchets nucléaires près de chez vous
? Venez discuter avec nous et, vous verrez, vous finirez par nous donner
votre accord". Voici, à peine caricaturée, la façon dont se préparent
aujourd’hui les nouveaux investissements de l’industrie nucléaire.
En effet, pendant des décennies, le pouvoir ne s’est pas embarrassé de
consultations et autres processus supposés démocratiques : les compagnies
de CRS ont systématiquement réprimé les populations locales qui manifestaient
leur refus et leurs colère. Aujourd’hui, les données sont différentes
: la diffusion de l'information et l'organisation de la mobilisation citoyenne
peuvent se faire rapidement et efficacement sans grands moyens financiers,
notamment grâce à Internet. Ensuite, dans les pays riches comme la France,
les entreprises soignent particulièrement leur image dans l’opinion, et
préfèrent éviter de construire leurs installations à grand renfort de
charges de CRS et de gaz lacrymogènes : ce qui est mauvais pour l’image
est mauvais pour les profits ! Cela ne signifie pas que les méthodes autoritaires
et répressives ne sont plus utilisées (les faucheurs d'OGM en ont fait
la triste expérience) mais, avant d'en arriver là, les multinationales
et le pouvoir tentent de faire accepter leurs projets "en douceur", en
particulier par la "concertation".
En France, l’épopée de la "mission granite", au premier
semestre 2000, marque certainement la fin d’une époque "bénie" où le lobby
nucléaire pouvait faire à peu près ce qu’il voulait, sans se soucier des
populations. Cette "mission", composée de trois hauts-fonctionnaires,
était chargée d'étudier l'implantation éventuelle dans un site granitique
d'un "laboratoire souterrain" pour le stockage des déchets nucléaires.
Quinze sites avaient été sélectionnés, dans l'Ouest et le Massif central.
Dès le début de la mission, le 7 mars 2000, de nombreuses manifestations
anti-nucléaires se sont déroulées dans les départements concernés, notamment
en Mayenne où la "mission granite" a été symboliquement mais fermement
reconduite jusqu'aux limites du département par de milliers de manifestants
!
Dans un rapport publié fin juillet 2000, la "mission granite" reconnaissait
son échec (voir annexe 1, document b). A priori,
une belle victoire pour les opposants au nucléaire qui, dès le 27 janvier
2000 s'étaient procurés et avaient rendue publique la liste, alors confidentielle,
des quinze sites pressentis (Voir communiqué du Réseau "Sortir du nucléaire",
annexe 1, document a). Pourtant, en lisant avec attention
le communiqué final de la "mission granite", on peut voir que le lobby
nucléaire envisage déjà sa contre-attaque : "Sur un sujet aussi complexe
que la meilleure solution pour gérer des déchets radioactifs, il faut
du temps et de la méthode pour arriver à une vision suffisamment partagée
des recherches entreprises, des enjeux et des risques (…) Une réflexion
plus générale sera menée sur les conditions et les modalités de la concertation,
ainsi que sur l'information de l'opinion"
Dans le camp des pro-nucléaires, un personnage est bien placé pour analyser
l'échec de la "mission granite". Il s'agit de Gilles Hériard-Dubreuil,
directeur de "Mutadis consultant" : un cabinet grassement
financé depuis des années pour travailler sur les façons de faire accepter
le nucléaire. Mutadis a participé à la "mission granite", mais seulement
pour animer un groupe de travail avec les quelques associations qui ont
accepté de collaborer. Le savoir faire de Mutadis a d'ailleurs rapidement
fait ses preuves comme le montre la première revendication élaborée par
ce groupe : "indemnisation des participants associatifs (frais,
temps passé, congé représentation) dans les structures de concertation"
(Voir annexe 1, document c). Gilles Hériard-Dubreuil est un véritable
magicien : dans un contexte troublé extrêmement défavorable, il parvient
néanmoins à ce que des associations demandent à être financées et apporter
ainsi une caution aux projets les plus inacceptables. M. Hériard-Dubreuil
considère certainement que l'échec global de la "mission" conforte ses
thèses. De 1997 à 1999, il a coordonné le programme européen Trustnet
( www.trustnetgovernance.com ; voir annexe
2) : un "processus de réflexion collective concernant la gestion
sociale des risques industriels, naturels et sanitaires en Europe"
qui a rassemblé "quatre-vingt participants (fonctionnaires, chercheurs,
industriels, associatifs)" pour élaborer, "le concept de gouvernance
des activités à risque, et définir un modèle de décision reposant
sur la construction d'une confiance mutuelle".
La revue "Environnement & Technique" de Janvier-Février
2000 (N° 193) a publié les premiers résultats du programme Trustnet sous
le titre "En débat : acceptabilité - Justifier le risque en
justifiant l'activité (à risque)". Ce que ce titre laisse
craindre est confirmé dans le document : à aucun moment il n’est question
de remettre en cause l'existence de l’activité à risque. L’hypothèse que
cette activité soit jugée trop dangereuse, et abandonnée, n’est jamais
évoquée. Le seul objectif est de parvenir, par des stratégies adaptées,
à faire accepter cette activité par les populations, les élus : "La
construction collective d'une prise de décision autour d'une activité
à risque donne plus de chance à l'activité en question d'être
durablement acceptée" ou encore
"L’opérateur doit accepter
d'aborder la justification de l'activité introduisant un risque pour ne
pas se mettre dans une situation défensive : il augmente ainsi ses chances
de parvenir à définir le risque et de rendre ainsi acceptable
l'activité à risque."
Trustnet se met de toute évidence du côté des opérateurs auxquels elle
apporte des conseils pour arriver à leurs fins, même lorsque l’affaire
est mal engagée : "La construction collective d'une prise de décision
permet aussi, dans certains cas, de débloquer des situations délicates."
Trustnet se propose même de faire gagner du temps (et donc de l’argent)
aux opérateurs en accélérant les opérations lorsque la situation le permet,
en se rapprochant d’un modèle de décision "technocratique et autoritaire",
ce qui montre bien le peu de considération porté aux droits et libertés
des populations concernées :
"Le décideur peut désormais se référer à deux modèles de prise de
décision :
- d'une part, le modèle technocratique et autoritaire
(Trustnet définit le "paradigme d'autorité") utilisé autour des grands
choix scientifiques et techniques depuis une cinquantaine d'années,
- d'autre part le modèle de la concertation (Trustnet
définit le "paradigme de confiance mutuelle") qui repose sur la
mise en oeuvre d'une véritable démarche de concertation associant l'ensemble
des acteurs concernés."
Lorsqu'il n'est pas possible de passer en force, Trustnet conseille
de construire alors une "confiance mutuelle". Celle-ci
n’est donc basée sur aucune sincérité de la part de l’opérateur ou du
décideur. Il s’agit bel et bien de tromper les citoyens par la ruse :
"Chaque processus de décision
est un dosage différent de ces deux modèles. Il appartient au décideur
de définir, dans chaque cas de figure, le dosage le plus adapté au sujet
et aux circonstances".
Est-il besoin d'en rajouter ?
Un autre programme, le projet COWAM (Community Waste
Management ; http://cowam.com ; voir annexe
2) a été mené de septembre 2000 à septembre 2003 sur le même thème
de l' "acceptabilité", mais spécifiquement a propos des déchets nucléaires
: "une action concertée à l'échelle européenne soutenue par la Commission
Européenne (DG Recherche) dont l'objectif est de développer des recommandations
pratiques en vue d'améliorer la qualité des processus de décision en matière
d'implantation et d'exploitation d'installations de gestion de déchets
nucléaires." Le secrétariat de Cowam est à nouveau assuré par le
cabinet "Mutadis consultant" qui s'avère incontournable et dont le chiffre
d'affaire doit être impressionnant : gonflé par notre argent, qu'il provienne
de subventions (il s'agit alors de nos impôts) ou des entreprises du lobby
nucléaire (principalement nourries par nos factures d'électricité).
Citons aussi l' "Institut Européen de Cindyniques" (IEC ; www.cindynics.org ; voir annexe
2), sponsorisé par des poids lourds des industries à risques : EDF,
Cogéma, Total, SNCF : "Le mot grec kindunos, qui désigne
le danger, a été proposé pour désigner une science émergente dans les
industries suivantes : production d'électricité par le nucléaire, transport
aérien, programmes spatiaux, grande chimie, grande métallurgie."
(voir sur www.cindynics.org ). L'incontournable Gilles Heriard-Dubreuil,
vice-président du comité scientifique de l'IEC, était président du comité
de Programme d'un grand colloque, "Activités à risques et démocratie
: vers de nouvelles formes de gouvernance ?" organisé par l'IEC à
Paris les 17, 18 et 19 mars 2003.
Le lobby nucléaire ne se contente pas d'étudier de très près les façons
de faire accepter aux populations les futurs sites de déchets nucléaires.
Le risque de catastrophe, en particulier nucléaire, est aussi décortiqué
sous tous les angles. Et, bien entendu, quel "meilleur" exemple que Tchernobyl
pour mener des études ? Problème : même si le nuage de Tchernobyl a traversé
une grande partie de l'Europe, ce sont l'Ukraine et la Biélorussie qui
ont été les plus touchées. Or, c'est en Europe de l'Ouest, que le lobby
nucléaire est puissant, en particulier en France avec EDF, la
Cogéma (désormais composante du groupe Areva), le Commissariat à l'énergie
atomique (CEA), ou l'Institut de Radioprotection et de Sûreté Nucléaire
(IRSN). Qu'à cela ne tienne : ces quatre puissantes structures
sont unies dans le "Centre d’étude sur l’évaluation de la protection dans
le domaine nucléaire" (CEPN ; www.cepn.asso.fr ; voir annexe 2) qui
leur sert de véritable cheval de Troie pour s'imposer partout où leurs
intérêts sont en jeu. Animé par un dénommé Jacques Lochard, bénéficiant
d'une manne financière d'environ 2 millions d'euros par an, le CEPN a
mis en œuvre plusieurs programmes (Core, Ethos) dont
la finalité dépasse l'entendement.
Michel Fernex, Professeur honoraire à la Faculté de Médecine de Bâle
(Suisse), a produit sur le sujet un excellent article dans le n°22 de
Trait d’union, revue de la Criirad (1er semestre 2002). Extrait : "Le
lobby nucléaire cherche à établir des directives en vue du prochain accident
nucléaire qui serait inéluctable selon les experts. En cas d'accident,
la priorité devrait être la réduction des dépenses. Ceci implique de considérer
comme intangible, le dogme de la non-nocivité des faibles doses de rayonnements
ionisants. (...) Les responsables d'Ethos ont demandé au ministre
biélorusse chargé des problèmes de Tchernobyl, de se substituer à l'institut
indépendant de radioprotection Belrad, dirigé par le Professeur V.B. Nesterenko,
dont ils utilisaient les données de mesures, depuis quelques années. La
lettre du ministère, signée par Valéry Shevchouk le 25.01.2001, communiquait
en conséquence au directeur de Belrad, que la gestion d'une série de villages
du district de Stolyn lui était enlevée au profit de Ethos-2, « conformément
à la demande de ces derniers. »" Michel Fernex ajoute "Si
les conséquences sanitaires de Tchernobyl étaient connues, elles mettraient
fin au programme de développement nucléaire mondial" (Politis, 13
décembre 2003).
L'affaire est claire : pour éviter sa disparition pourtant méritée,
le lobby nucléaire empêche l'opinion publique d'accéder aux données sur
les conséquences réelles de la catastrophe de Tchernobyl.
Pire, il se prépare à renouveler cette immense manipulation : si une catastrophe
nucléaire se produit en France, le lobby nucléaire et les autorités de
l'Etat ne diront pas "Nous avons eu tort, le nucléaire est vraiment
trop dangereux, il faut programmer la fin la plus rapide de cette industrie".
Ils diront :
"Bien sûr, cet évènement
est regrettable, mais la situation n'est pas si grave. Grâce aux études
que nous avons menées après Tchernobyl, nous vous assurons que vous allez
pouvoir continuer à vivre tout à fait normalement".
La meilleure défense étant l'attaque, le lobby nucléaire ne se contente
pas de cacher la vérité pour préserver son existence. Il prépare aussi
soigneusement la mise en œuvre de ses projets en travaillant à la déstabilisation
des opposants par deux biais principaux : en les divisant, et en apprenant
à les connaître le plus précisément possible.
Pour diviser les opposants, la première chose à faire est d'en amener
certains à collaborer avec les autorités. Ce fut ainsi le cas lors
de la "mission granite" : "La Mission a constitué un groupe de travail
avec des interlocuteurs associatifs qui l’ont accepté (...) Les trois
premières réunions, tenues les 5, 13 et 25 avril, ont porté sur l’apport
associatif et l’organisation de la concertation. La Mission Granite a
tenu une dernière réunion associative le 31 mai 2000 pour recueillir les
propositions des associations citées plus haut sur le projet de laboratoire
et sur la contribution possible de ces mêmes associations à la concertation.
Pour l’animation de ce groupe de travail, la Mission Granite a reçu le
soutien technique et logistique de Mutadis Consultants". Nous pouvons
constater que, pour une mission aussi sensible et stratégique, c'est l'inévitable
Gilles Heriard-Dubreuil et son cabinet Mutadis qui sont à l'œuvre.
Le fin du fin, pour les stratèges du lobby nucléaire, est de faire "d'une
pierre deux coups" en obtenant la collaboration d'organisations connues
: en plus de diviser les opposants, il s'agit de donner le plus possible
de légitimité à la procédure de "concertation". Ce n'est d'ailleurs pas
pour rien que certaines organisations sont grassement subventionnées par
l'Etat et bénéficient de budgets importants, éventuellement abondés par
les entreprises pollueuses. Sans surprise, on peut constater que ces organisations
participent quasi systématiquement aux procédures organisées par les autorités,
les opérateurs et autres exploitants, lesquels se gargarisent alors de
ne rien décider sans l'aval de la "société civile" ou sans s'être concerté
avec "les associations de protection de l'environnement". Cette
dernière formule, fréquemment utilisée, est suffisamment précise pour
faire croire à un consensus et suffisamment floue pour ne pas révéler
la supercherie : de quelles association s'agit-il ? Quelle est leur légitimité
? Leur représentativité ? Leur indépendance ? Pourquoi ont-elles accepté
de jouer le rôle de caution du pouvoir ?
Depuis quelques années, la loi prévoit que les grands projets d'aménagement
du territoire sont précédés d'une "concertation" organisée par la Commission
nationale du débat public (CNDP). C'est une véritable institutionnalisation
de la stratégie visant à trouver des cautions et à simuler un processus
démocratique. Ainsi, dans un texte intitulé "Expériences françaises
et internationales sur la concertation autour des sites industriels"
(décembre 2002, consultable sur www.irsn.fr ), on peut lire :
"Les nouvelles évolutions
de la mission de la CNDP montrent les avantages d'une concertation menée
à l'initiative de l'exploitant en amont de la demande administrative d’autorisation."
Comme par hasard, le document cité a été principalement rédigé par des
représentants… du CEPN et de Mutadis. Certaines personnes estiment que
de telles concertations ne constituent pas nécessairement un piège et
citent d'ailleurs le cas d'une ligne THT dont la construction a été repoussée
après le débat organisé par la CNDP. Or, c'est seulement la mobilisation
des populations qui a permis cette annulation. La phrase citée ci-dessus
est explicite : le seul objectif est de faire accepter l'installation
à risque (ou polluante) et non de déterminer si elle doit ou non être
construite.
Pour les personnes naïves qui verraient dans de tels débats une certaine
forme de "démocratie participative", il faut rappeler
que cette dernière se caractérise par un critère fondamental : ce sont
les citoyens qui prennent la décision finale. Ce n'est bien entendu jamais
le cas quand il s'agit du nucléaire. Par exemple, concernant la construction
d'un nouveau réacteur nucléaire (appelé EPR) en France, aucune personne
sérieuse n'imagine que les autorités déclarent à la fin du débat de la
CNDP : "Vous nous avez convaincus, nous n'allons pas faire ce réacteur".
Pire, si des "opposants" participent à cette mascarade, le discours officiel
sera : "La décision finale ne peut être contestée puisque le débat
a été pluraliste". Participer aux "concertations" n'est donc pas
seulement vain mais aussi totalement contreproductif puisque cela bénéficie
en fin de compte aux autorités et aux multinationales. La participation
à de telles parodies de démocratie peut s'expliquer par la naïveté, mais
aussi l'intention de conserver ou obtenir des subventions, le fait d'être
considéré, courtisé, flatté.
En plus de diviser les opposants, mais aussi pour mieux y parvenir, le
lobby nucléaire a décidé de les étudier très précisément. A nouveau, les
comptes-rendus de la "mission granite" sont explicites (voir : www.industrie.gouv.fr/energie/nucleair/pdf/annexea.pdf ). La
mobilisation des opposants est décortiquée jusque dans les moindres détails.
- Chaque association, organisme, mouvement est analysé. Par exemple
: "L’association Réseau Sortir du nucléaire s’est montrée particulièrement
active en divulguant la carte des sites, épisode présenté comme une
fuite, en assurant partout la résistance à la concertation, et en favorisant
par l’intermédiaire de ses membres l’organisation de manifestations
locales (…) Né de la réussite de la lutte contre Superphénix, le réseau
bénéficie d’un important « savoir-faire » médiatique et logistique avec
un fichier de plusieurs milliers d’adresses. (…) Le Réseau Sortir du
nucléaire vit des cotisations des associations membres pour une petite
part et des dons ou des prélèvements automatiques que concèdent certains
de ses adhérents."
- Les apparitions dans les médias des opposants, de chaque porte-parole
ou représentant associatif, sont minutées, décortiquées en détail, classées
par registre. Un travail dont l'aspect titanesque montre bien l'importance
qui lui est donnée par le lobby nucléaire.
La montée en puissance d'une nouvelle catégorie d'intervenants est illustré
par le compte-rendu de la "mission granite" où on peut ainsi trouver :
"Les réflexions et les propositions du laboratoire LASAR de
l’université de Caen, sur les enseignements de la Mission Granite".
( Lire ici : www.tchernoblaye.org/lasar-granite.htm
)
LASAR signifie "Laboratoire d’analyses sociologiques
et anthropologiques des risques" : effectivement, ces dernières
années, un de nombreux chercheurs en sciences humaines se sont intéressés
au nucléaire, à ses projets, aux mouvements de résistance, et en particulier
à la thématique du risque. Autant le dire, il s'agit là d'une menace importante
pour le mouvement anti-nucléaire : c'est en utilisant les travaux des
chercheurs que le lobby nucléaire entend apprendre à désamorcer les actions
citoyennes, connaître les opposants pour élaborer des stratégies de division,
de déstabilisations. D'ailleurs, en 2004, une polémique entre opposants
au nucléaire a été suscitée par les activités du LASAR qui a réussi à
faire témoigner dans un même ouvrage des militants antinucléaires
estimés et le fameux Gilles Hériard-Dubreuil, bras armé de la désinformation
pro-nucléaire. Certains chercheurs agissent sûrement par simple curiosité
scientifique mais, de façon générale, l'abondance et l'origine des financements
de leurs travaux ne trompe pas : le lobby nucléaire mise beaucoup (au
propre comme au figuré) sur eux.
Conclusion
Dans les mois à venir, le lobby nucléaire va tenter d'imposer plusieurs
projets indispensable à sa perpétuation :
- l'enfouissement des déchets nucléaires en France : à Bure dans la
Meuse ;
- un ou plusieurs réacteurs nucléaires EPR dont une tête de série à
Flamanville (Basse-Normandie) ;
- une nouvelle usine de production du combustible nucléaire (usine Georges
Besse 2, en remplacement de la première, vieillissante, située
à Pierrelatte dans la Drôme).
Parallèlement, les centrales nucléaires actuelles sont vieillissantes
alors que les budgets de maintenance subissent d'importantes restrictions
budgétaires : les risques d'accident nucléaire, voire même de catastrophe,
n'ont jamais été aussi élevés. Le lobby nucléaire (Etat, multinationales
comme EDF - ex-service public - et Areva) est prêt à utiliser toutes les
méthodes pour arriver à ses fins mais aussi pour survivre à un nouveau
Tchernobyl.
Pour ne pas que l'irréparable se produise, nous devons déjouer les pièges
tendus par le lobby nucléaire - en particulier, ne surtout pas collaborer
à ses pseudos "concertations" - et organiser la résistance citoyenne.
N'oublions pas que le colosse nucléaire que nous avons face à nous a des
pieds d'argile. A l'échelle mondiale, l'heure de vérité approche : plus
le pétrole deviendra cher, et plus apparaîtra l'incapacité du nucléaire
à représenter une alternative. En effet, les réserves planétaires d'uranium
- le combustible qui "nourrit" les réacteurs nucléaires - seront épuisées
vers 2050, et bien plus tôt encore en cas d'augmentation du nombre de
réacteurs nucléaires sur la planète.
Le nucléaire, manifestement incapable "sauver" l'humanité du réchauffement
climatique et de la montée du prix du pétrole, va redevenir aux yeux de
l'opinion ce qu'il n'a jamais cessé d'être à nos yeux : une industrie
injustifiable qui doit disparaître au plus vite.
Le Réseau "Sortir du nucléaire"

Annexe 1 : L'échec de la "mission granite"
Document a) Communiqué du Réseau "Sortir du nucléaire"
Communiqué du Réseau "Sortir du nucléaire" révélant la liste des quinze
sites pressentis. Ce communiqué a été diffusé à toutes les associations
concernées, mais a aussi été repris par de nombreux médias. Grâce à cette
initiative les associations et populations locales ont eu le temps de
s'organiser en prévision de la venue de la "mission granite".
Information exclusive - Communiqué de presse du 27 janvier 2000
15 sites granitiques potentiels pour un "laboratoire" prélude à l'installation
d'un centre d'enfouissement des déchets nucléaires hautement radioactifs
: qu'en pensent les populations ?
Le Réseau "Sortir du nucléaire" (fédération de 487 associations basée
à Lyon) a pu récupérer la liste et les cartes détaillées, jusqu'ici confidentielles
(1), des 15 sites potentiels pour l'implantation d'un pseudo "laboratoire"
prélude à l'installation d'un centre d'enfouissement des déchets nucléaires
à haute activité et à vie longue dans un sous-sol granitique. Ces informations,
retenues depuis plusieurs semaines, n'ont pas encore été communiquées
aux communes concernées. Une mission de concertation collégiale avait
été mandatée par le gouvernement pour travailler sur cette question et
rien ne devait être dévoilé au minimum avant la mi février 2000.
Les 15 sites potentiels sélectionnés par l'ANDRA (Agence Nationale pour
la gestion des Déchets Radioactifs) sont :
Le Finistère (canton de Huelgoat), les Cotes d'Armor (cantons de Plouaret,
Quintin, Dinan), l'Orne (canton de Athis), la Mayenne (canton d'Izé),
la Vienne (canton de St Barbant Port-de-Salle), la Haute Vienne (canton
d'Auriat), la Creuse (canton de Crocq-Sernöel), la Corrèze (canton de
St Julien Le Vendornois), le Cantal (canton de Glénat), l'Aveyron (canton
de Sanvensa), la Dordogne (canton de Piegut-Pluviers), la Vendée (canton
d'Avrillé), les Deux-Sèvres (canton de Neuvy-Boin).
Après l'autorisation, en août 99, d'un site destiné à préparer un stockage
en grande profondeur à Bure (site acheté aux élus de la Meuse à coup de
millions); après l'accident du Blayais sur lequel la lumière est loin
d'être faite, le gouvernement a lancé une mission de recherche d'un second
"labo" d'enfouissement dans un site granitique, malgré une opinion publique
réticente aux projets de stockage de déchets radioactifs. La masse et
la toxicité des déchets radioactifs s'accumulant, il s'agit toujours pour
l'industrie nucléaire de les cacher et de rendre présentable à l'opinion
publique un nucléaire propre et exportable. Il s'agit également de préparer
cette opinion à l'allongement de la durée de vie des réacteurs existants
ainsi qu'au renouvellement du parc des centrales nucléaires.
Les populations des sites granitiques doivent d'abord compter sur elles-mêmes,
comme l'on déjà fait celles des départements concernés depuis dix ans,
en s'opposant aux projets d'enfouissement.
Pour le Réseau "Sortir du nucléaire", la méthode de mystification de l'ANDRA
a été bien rodée :
- convaincre d'abord les élus et les "décideurs" du bien fondé économique
du projet de "labo",
- faire miroiter une manne financière importante et acheter le silence
des populations,
- limiter la consultation au minimum,
- et enfin imposer une prise de décision rapide des conseils généraux
et municipaux en les mettant en concurrence.
La volonté du lobby nucléaire d'enfouir définitivement les déchets radioactifs
n'a d'égal que la volonté des nucléocrates d'escamoter le débat démocratique
sur les choix énergétiques nationaux et sur la sortie du nucléaire.
Le Réseau "Sortir du nucléaire" appelle les populations à refuser les
projets de "laboratoires" d'enfouissement et à interpeller les élus. La
seule solution pour les déchets radioactifs, c'est d'arrêter d'en produire
en sortant au plus vite du nucléaire.
(1) Cartes détaillées sur simple demande au 04 78 28 29 22

Annexe 1 : L'échec de la "mission granite"
Document b) Dépêche AFP – Echec de la "mission granite"
Laboratoire souterrain: la "mission granite" reconnaît son échec
PARIS, 28 juil 2000 (AFP) - Les trois sages nommés par le gouvernement
pour étudier l'implantation éventuelle d'un laboratoire souterrain sur
le stockage des déchets radioactifs reconnaissent leur échec et expliquent
qu'ils se sont heurtés à "un refus pur et simple de la concertation",
dans un rapport publié jeudi.
La mission était chargée d'étudier l'implantation éventuelle d'un laboratoire
souterrain dans un site granitique. Quinze sites avaient été sélectionnés,
dans l'Ouest et le Massif central. Depuis le début de la mission, le 7
mars, de nombreuses manifestations anti-nucléaires se sont déroulées dans
les départements concernés, notamment en Mayenne où les trois hauts-fonctionnaires
de la "mission granite" ont été symboliquement expulsés jusqu'aux limites
du département.
"La concertation voulue par le parlement et mise en oeuvre par le gouvernement
avec la création de la mission n'a pas été comprise. Elle s'est souvent
heurtée à un refus de discuter", souligne le rapport remis jeudi aux trois
ministres concernés (environnement, recherche et industrie). Sur seize
départements envisagés, quinze ont dit leur refus du laboratoire et un
a refusé de recevoir la mission.
Selon les trois hauts-fonctionnaires, "deux motifs principaux expliquent
ce refus pur et simple de la concertation": d'une part l'action des opposants
au nucléaire qui veulent démontrer qu'il n'y pas de solution au problème
des déchets et qu'il faut renoncer à ce type d'énergie; d'autre part,
le fait que "la solution du stockage en profondeur a semblé déjà acquise
et avoir les faveurs de l'Etat".
La mission regrette également que la solution du stockage géologique soit
perçue comme une dissimulation des déchets --"une gestion par l'oubli"--,
sans que le moindre élément de comparaison soit avancé avec les autres
modes de gestion.
Une gageure - La mission relève également qu'en tête des arguments avancés
pour dire non au projet figure le problème d'image de la région, notamment
sur les plans touristique et agricole. Pourtant, sur quatre sites examinés
et sur lesquels figurent d'importantes installations nucléaires (La Hague,
Bure, Chinon et Soulaines), "aucun impact négatif durable et mesurable
n'a été enregistré sur l'activité agricole ou touristique", selon la mission.
En filigrane, les trois sages se montrent critiques sur la façon dont
cette mission leur a été confiée. "Nous avons la conviction, écrivent-ils,
que sur un sujet aussi complexe que la meilleure solution pour gérer des
déchets radioactifs, il faut du temps et de la méthode pour arriver à
une vision suffisamment partagée des recherches entreprises, des enjeux
et des risques". La mission estime également "qu'engager une procédure
lourde (de concertation) sur quinze sites est une gageure", et qu'il vaudrait
mieux, "après des contacts préalables, n'engager la phase de concertation
que sur quelques sites".
De leur côté, les trois ministres auxquels a été remis ce rapport "réaffirment
l'attachement du gouvernement à toutes les voies de recherche" sur les
déchets nucléaires, notamment sur le "stockage réversible en profondeur
sur deux sites géologiques différents". Un laboratoire est en cours de
construction sur un site argileux, à Bure (Meuse). Un deuxième site reste
donc à trouver pour mener des recherches dans le granite.
"Une réflexion plus générale sera menée sur les conditions et les modalités
de la concertation, ainsi que sur l'information de l'opinion", conclut
le communiqué.

Annexe 1 : L'échec de la "mission granite"
Document c) Extrait du bilan officiel de la "mission granite"
Mission Granite - MUTADIS – Groupe Méthode - Version 4 (définitive) –
23/6/00
Participants associatifs du Groupe de travail : M. David BOILLEY, ACRO;
Mme Bérengère CHAMBON, Gers Action Ecologie; M. Pierre GUY, Poitou Charente
Nature; M. Vincent PERROT, CLCV; M. Bernard SCHOCKAERT, UFC-Que Choisir;
M. Francis THUBE, Graine Poitou Charente; Mme Monique SENE, GSIEN
Propositions (groupe de travail associatif) -résumé-
Contribution des associations à la concertation :
- indemnisation des participants associatifs (frais, temps passé,
congé représentation) dans les structures de concertation,
- renforcement du statut des participants associatifs dans les instances
de concertation,
- reconnaissance de la participation à des actions d’intérêt public dans
le statut des chercheurs,
- création de moyens (taxes) pour développer le recours à l’expertise
contradictoire dans les instances de concertation locales (budgets gérés
de façon paritaire par ces instances de concertation),
- groupe de travail (Etat, opérateurs, collectivité, associations) pour
préciser les limites de la confidentialité (faire appliquer le principe
de justification de la confidentialité)
- réflexions sur le fonctionnement des instances et dispositifs locaux
de concertation (CLIS, Enquête publique, etc.) en vue d’une participation
plus effective des citoyens et des associations

Annexe 2 : organismes et programmes destinés à faire accepter
par
les populations les installations nucléaires et les risques associés
a) Le CEPN : Centre d’étude sur l’évaluation de la protection
dans le domaine nucléaire.
Présentation officielle sur www.cepn.asso.fr/fr/present.html :
Le CEPN est une association à but non lucratif créée
en 1976 pour constituer un pôle de recherche et d'études dans les domaines
de l'évaluation des risques pour la santé et l'environnement associés
au cycle électronucléaire et l'optimisation de la protection radiologique.
Les membres actuels du CEPN sont au nombre de quatre :
- Electricité de France (EDF),
- Institut de Radioprotection et de Sûreté Nucléaire (IRSN)
- Commissariat à l'Energie Atomique (CEA )
- Compagnie Générales des Matières Nucléaires (COGEMA)
Conseil d'Administration du CEPN :
Président : D. Quéniart (IRSN)
Vice-Président : H. Bernard (CEA)
Secrétaire : A. Sugier (IRSN)*
Trésorier : Y. Garcier (EDF)
Placé sous la direction de Jacques Lochard, le Groupe de Recherche est
composé essentiellement d'économistes, d'ingénieurs et de physiciens.
Il accueille régulièrement des stagiaires étudiants et des thésards. L'effectif
est toujours resté de l'ordre d'une vingtaine de personnes.
Implication des acteurs dans la gouvernance du risque radiologique - Principales
études 2002 – 2003 :
Contribution au développement de recommandations pratiques pour la protection
radiologique des populations de sites et de territoires contaminés (IRSN).
L'objectif de cette étude est de tirer les enseignements du projet EHTOS
sur le plan de la radioprotection pratique. Il vise à proposer les bases
pour le développement d'un dispositif de mesure de la radioactivité et
d'une culture radiologique pratique pour les populations vivant dans un
environnement durablement contaminé.
Participation au réseau européen sur la gouvernance des activités à risques
: TRUSTNET (Commission Européenne - DG-Recherche)
Analyse comparative des modes de gouvernance des rejets radioactifs et
chimiques des installations industrielles - RISKGOV (Commission Européenne
- DG-Recherche)
Projet européen SAGE : développement de procédures pratiques en cas de
contamination radioactive durable de l'environnement après un accident
nucléaire (Commission Européenne)
Projet CORE : coopération pour la réhabilitation durable de la qualité
de vie pour les habitants des territoires contaminés par l'accident de
Tchernobyl (Ministère des Affaires Etrangères)
* Mme Annie Sugier est aussi présidente du Groupe Radioécologie Nord Cotentin
(GRNC)

Annexe 2 : organismes et programmes destinés à faire accepter
par
les populations les installations nucléaires et les risques associés
b) Le programme européen TRUSTNET
www.trustnetgovernance.com/inshort.htm
Le programme européen Trustnet est un « processus de réflexion collective
concernant la gestion sociale des risques industriels, naturels et sanitaires
en Europe » qui s'est déroulé de 1997 à 1999 dans le cadre du quatrième
Programme de Recherche de la Commission Européenne. 80 participants (fonctionnaires,
chercheurs, industriels, associatifs) ont élaboré, à partir d'une étude
de cas, le concept de "gouvernance des activités à risque", et défini
un modèle de décision reposant sur la construction d'une confiance mutuelle.
Composition du Comité de pilotage :
Vincenzo CAVICCHIA, ENEL, member of E7, Italy
Jacques DESARNAUTS, Atofina, France
Eva DIETRICHSON, KEMI, Sweden
Gilles HERIARD DUBREUIL, TRUSTNET Coordinator, France
Neale KELLY, DG Research , European Commision
Notis LEBESSIS, Forward Studies Unit, European Commision
Jean LE GUEN, Health and Safety Executive, UK
Jacques LOCHARD, Centre d'Evaluation de la Protection dans le domaine
nucléaire (CEPN), France
Ortwinn RENN, Centre of Technology Assessment, Germany
Annie SUGIER, IPSN, France
Le secrétariat est à nouveau assuré par la société Mutadis Consultants
:
TRUSTNET SECRETARIAT c/o MUTADIS CONSULTANTS 3 rue de la fidélité - 75010
Paris - France - Tél: +33 1 48 01 88 77 - Fax: +33 1 48 01 00 13
On note à nouveau la présence de Mutadis, le CEPN, la Commission européenne.
M. Gilles HERIARD DUBREUIL, directeur de Mutadis, semble incontournable
puisqu’il est aussi coordinateur de Trustnet.
La liste des membres français de Trustnet
www.trustnetgovernance.com/network/members2.htm
Elle comprend :
- des représentants de structures étatiques ou institutionnelles : CNRS,
Institut Français de l'Environnement, Agence du médicament, Ecole Polytechnique,
Université de Technologie de Compiègne, Mairie de Dunkerque.
- des composantes du système nucléaire français : IPSN, DRIRE Nord Pas
de Calais, Mutadis
- des chercheurs en sciences humaines : Laboratoire de Psychologie de
l'Environnement, EHESS
- Michel Turpin, Vice-Président de l'ERAP et membre du Conseil Scientifique
de l'Institut Européen de Cindyniques (IEC), dont nous reparlerons
- une entreprise (Péchiney)
- et une… association de protection de l’environnement : France Nature
Environnement

Annexe 2 : organismes et programmes destinés à faire accepter
par
les populations les installations nucléaires et les risques associés
c) Le "projet européen COWAM" (sept 2000- sept 2003)
http://cowam.com/present_fr.htm
Le ton est donné dès la page de présentation :
« Résultat attendu du projet COWAM : des recommandations concrètes destinées
à améliorer la qualité des processus de décision en matière d'implantation
de sites de gestion des déchets nucléaires »
En d’autres termes : « Les populations se mobilisent lorsqu’on veut leur
imposer un site de stockage des déchets nucléaires. Comment s’y prendre
pour empêcher le développement de telles mobilisations ? »
Composition du Comité de pilotage du « Projet Cowam » :
(http://cowam.com/committee.htm )
Mr Harald ÅHAGEN, Oskarshamn municipality
Mr Detlef APPEL, AKend, German Working group on Site Selection Procedure
Mr Gilles HERIARD DUBREUIL, Mutadis, Cowam Co-ordinator
Mr George-Neale KELLY, European Commission, DG RTD
Mr Yves LE BARS, Andra , Agence nationale pour la gestion des déchets
radioactifs, France
Mrs Shelly MOBBS, National Radiation Protection Board (NRPB), Leader of
the Waste Management Group, UK
Mr Bertrand NEERDAEL, SCK.CEN, Head of Waste Disposal Department
Dr Serge PRETRE, Former Director of HSK (Swiss Radiation Protection Authority)
Mr Thierry SCHNEIDER, CEPN (Centre d'études sur l'évaluation de la Protection
dans le domaine nucléaire)
Mr Olof SÖDERBERG, Special Adviser for Nuclear Waste Disposal
Mr Mariano VILA D'ABADAL, AMAC, Organisation of Spanish Municipalities
with Nuclear Power Plants
Mr Magnus WESTERLIND, SKI (Swedish Nuclear Safety Authority)
On peut noter en particulier la présence de
- Mutadis et du CEPN, autres protagonistes de notre enquête,
- L’Andra qui a sur les bras d’immenses quantités de déchets nucléaires,
du fait de l’imposant parc nucléaire français.
- La Commission européenne qui souhaite imposer à tous les pays nucléarisés
de l’Union européenne un site d’enfouissement profond des déchets nucléaires.
Le secrétariat est assuré par la société Mutadis Consultants :
COWAM SECRETARIAT c/o MUTADIS CONSULTANTS 3 rue de la fidélité - 75010
Paris - France - Tél: +33 1 48 01 88 77 - Fax: +33 1 48 01 00 13

Annexe 2 : organismes et programmes destinés
à faire accepter par
les populations les installations nucléaires et les risques associés
d) L'Institut Européen de Cindyniques
www.cindynics.org
La liste des sponsors est édifiante :
www.cindynics.org/iec-sponsors.htm
EDF, Cogéma, Total, SNCF, l’AMRAE*, le CNPP**
Gilles Heriard-Dubreuil est vice-président du comité scientifique de l'Institut
Européen de Cindyniques
(www.cindynics.org/iec-historique.htm )
Le mot grec KINDUNOS qui désigne le danger a été proposé par la Sorbonne
pour désigner une science émergente dont attestaient les efforts convergents
des méthodes des Risk Managers dans les industries suivantes : production
d'électricité par le nucléaire, transport aérien, programmes spatiaux,
grande chimie, grande métallurgie.
Les industries, en état de choc en 1987 du fait de la série "Tchernobyl,
Bhopal, Challenger" faisaient état de calculs, de programmes informatiques,
de systèmes élaborés de retour d'expérience. Ces inventaires ont permis
la publication de l'Archipel du Danger comme monographie des laboratoires
de recherches Cindyniques et des concepts utilisés transversalement par
les industries les plus avancées. Une concertation avec l'association
américaine RIMS (Risk and Insurance Management Society) qui groupe les
6000 Risk Managers d'Amérique du Nord a conduit à la publication de Latest
Advances in Cindynics (Ed. Economica 1994). Ce livre a été traduit en
français sous la forme d'Eléments Fondamentaux de Cindyniques (Ed. Economica
1995) avec des compléments tenant compte de l'avance française dans cette
discipline.
( www.cindynics.org/iec-approche.htm )
* L'Association pour le Management des Risques et des Assurances de l'Entreprise,
est une association régie par la Loi 1901, créée en 1993. Elle rassemble
environ 350 Membres, gestionnaires de risques, bénévoles au sein de l'association
représentant plus de 200 entreprises françaises publiques et privées.
http://www.amrae.asso.fr
** Centre national de prévention et de protection. Expert en prévention
et en maîtrise des risques, développe, diffuse et évalue les connaissances
et le savoir-faire en sécurité des personnes, du patrimoine matériel et
immatériel, de l'environnement, dans toutes les activités et tous les
milieux. http://www.cnpp.com
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