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Sortir du nucléaire n°50

Eté 2011

En bref

Vite, des infos !

Eté 2011




Allemagne : sortie en 2022 et progression continue des renouvelables

En Allemagne, la catastrophe de Fukushima et les mises en garde des écologistes ont été prises au sérieux par les autorités. En attendant les fameux “stress tests” destinés à passer au crible les défauts des centrales – des tests qui, selon les dires de certains, seront conçus de telle manière qu’aucun des réacteurs allemands arrêtés ne soit autorisé à fonctionner de nouveau – la chancelière Angela Merkel a décidé à la mi-mars d’un moratoire de trois mois pour les réacteurs entrés en fonctionnement avant 1980, soit 8 sur 17.

Pendant quelque temps, les Allemands ont ainsi eu un avant-goût d’une sortie quasi-complète.
À partir du 21 mai, entre ces réacteurs à l’arrêt provisoire, ceux concernés par des travaux de maintenance et le réacteur de Krümmel toujours en panne, il ne restait plus que 4 réacteurs connectés au réseau ! Et début juin, le gouvernement a décidé que l’Allemagne sortira du nucléaire en 2022.

Pendant ce temps, les énergies renouvelables poursuivent leur progression discrète mais soutenue. Elles représentent désormais environ 11 % de la consommation d’énergie finale allemande, et couvrent près de 17 % des besoins en électricité (contre 22 % pour le nucléaire en temps normal). Selon l’Agence des Energies Renouvelables
allemande, elles pourraient même assurer 47 % des besoins en électricité d’ici 2020 ! En Allemagne, la branche des renouvelables s’impose désormais comme acteur économique incontournable : en 2010, elle employait 370 000 personnes… à comparer avec les 30 000 actifs dans le nucléaire.



La Suisse s’engage dans la sortie du nucléaire

Le 25 mai, le gouvernement suisse (le Conseil fédéral) a décidé d’engager le pays sur la voie de la sortie du nucléaire, à échéance 2034. Les centrales nucléaires helvètes seront mises à l’arrêt à la fin de leur durée d’exploitation (pas d’arrêt anticipé) et ne seront pas remplacées. Afin de garantir la sécurité d’approvisionnement, le Conseil fédéral table, dans le contexte de sa nouvelle stratégie énergétique 2050, sur des économies accrues (efficacité énergétique), sur le développement de la force hydraulique et des nouvelles énergies renouvelables et, au besoin, sur la production d’électricité à base de combustible fossile (installations de couplage chaleur-force, centrales à gaz à cycle combiné) ainsi que sur les importations. Le Conseil fédéral va soumettre cette nouvelle stratégie énergétique au Parlement helvète cet été.


Japon : un banquier crée une fondation pour la sortie du nucléaire

Le 20 avril 2011, M. Masayoshi Son, président de la Softbank et l’homme le plus riche du Japon, a annoncé la création de la "Fondation des énergies naturelles" au cours d’une réunion du Parti Démocratique Japonais. M. Son fait don d’un milliard de yens (8,3 millions d’euros) pour la création de cette fondation, dont le but est la sortie du nucléaire. Elle se propose d’inviter les cent meilleurs spécialistes du monde afin de publier les résultats de leurs recherches sur les énergies naturelles et de les inclure dans la nouvelle politique de l’énergie.

M. Son a présenté un exemple concret de reconstruction, le "concept de la ceinture solaire du Japon de l’est". Le plan est de construire des installations de production d’électricité par la force du soleil et du vent dans les régions qui ont été dévastées par le tsunami. Comme les terres ne peuvent plus être cultivées en raison de la salinisation, ce plan permettrait non seulement de produire de l’énergie mais aussi de créer des emplois.


La région Nord-Pas de Calais pour la sortie du nucléaire

Extraits de la motion adoptée le 14 avril par le conseil régional du Nord-Pas de Calais, à l’instigation des élus Europe-Écologie-Les Verts :"[…] La région Nord-Pas de Calais, l’une des plus urbanisées de France, est concernée car elle présente sur son territoire la plus importante centrale nucléaire d’Europe à Gravelines, située en bord de mer et à proximité de sites industriels classés Seveso." Le Conseil régional considère fondamentale pour son action "l’indispensable transition énergétique qui doit nous conduire vers un monde dans lequel la satisfaction de nos besoins en énergie ne dépende plus du nucléaire et des énergies fossiles (gaz non conventionnel, pétrole...). […] Nous demandons donc que soit élaborée une sortie progressive du nucléaire."

La région ajoute souhaiter "le développement massif des économies d’énergie et des énergies renouvelables, un bouquet énergétique adapté aux besoins des habitants du Nord-Pas de Calais, qui concilie respect de l’environnement et sécurité des populations, satisfaction des besoins et réduction de notre consommation", ainsi que "la montée en puissance des branches industrielles dédiées aux énergies renouvelables et au démantèlement des centrales nucléaires".


Référendum : 98% contre la construction d’une centrale en Sardaigne

Avant Fukushima, Silvio Berlusconi avait envisagé d’installer huit centrales nucléaires à travers l’Italie à partir de 2014. Dans le décret publié alors par le gouvernement, la Sardaigne (située à 19 km de la Corse) avait été retenue pour implanter une centrale. À l’initiative des indépendantistes de Sardegna Nazione, un comité d’opposants a été créé, recueillant assez de signatures pour imposer à la région l’organisation d’un référendum local d’initiative populaire. Son avis n’est que consultatif... mais le 15 mai, 98% des votants (60% des inscrits sur les listes électorales ont voté) ont dit “non” au projet. Le président de la région, Ugo Capellacci, qui est pourtant un proche de Berlusconi, a lui-même affirmé sa farouche opposition. Les Sardes s’étaient déjà mobilisés avec succès pour obtenir le départ de la base américaine de sous-marins nucléaires de La Maddalena. Un décret fourre-tout de confiance au gouvernement Berlusconi, prévoyant notamment le gel temporaire des projets nucléaires italiens, a été voté en mai, mais la situation sera “réévaluée” d’ici un à deux ans...


Même en Chine, l’éolien devance largement le nucléaire

Même en Chine, l’un des pays qui continue à développer l’atome malgré Fukushima, l’éolien a déjà pris une énorme avance sur le nucléaire. La capacité éolienne totale, qui a doublé chaque année depuis déjà plusieurs années, en est à 44,7 GW fin 2010. Cette capacité devrait atteindre 200 GW d’ici 2020, d’après le rapport “China Wind Power Outlook 2010”. En comparaison, la puissance nucléaire est ridicule : 10,06 GW d’énergie déjà installés, qui n’augmenteraient “que” de de 27 GW si toutes les centrales nucléaires actuellement prévues sont vraiment construites – ce qui est loin d’être assuré.

(source : The Nation, 18/04/11)


Foussemagne, une commune en transition énergétique !

La commune de Foussemagne, qui abrite 934 habitants dans le Territoire de Belfort, a largement engagé sa transition énergétique. Bûche, solaire, géothermie, elle fait feu de tout bois pour en finir avec les fossiles. En 2004, elle est une des premières à aider ses habitants à choisir les énergies renouvelables (de 150 à 300 € selon l’appareil). En 2005 puis 2007, elle dote ses bâtiments communaux et l’école – préalablement isolée – de chaudières à bois, pour remplacer le fioul et les convecteurs électriques. En 2009 puis 2010, les toits du groupe scolaire et de la salle des fêtes accueillent 50 kWc de solaire photovoltaïque. Des horloges coupent l’éclairage public de 23h30 à 5h30, diminuant de moitié la consommation de ce poste. Au total, la commune produit 38 % de son électricité. On se demande bien pourquoi la France n’a pas été capable d’atteindre cette année les 21 % auxquels elle s’était engagée en 2001... Plus d’info : www.foussemagne.com

(source : La Maison écologique, n°59)


Copier la photosynthèse pour produire de l’énergie décentralisée

L’équipe de recherche du chimiste Daniel Nocera, du Massuchussets Institute of Technology a présenté en mars 2011 une cellule solaire de la taille d’une carte de poker qui imite le processus de photosynthèse que les plantes vertes utilisent pour convertir la lumière du soleil et de l’eau en énergie.

Placé dans un seul gallon d’eau – soit environ 3,78 litres – en plein soleil, le dispositif pourrait produire suffisamment d’électricité pour alimenter une maison dans un pays en développement pour une journée. Il le fait par la séparation de l’eau en ses deux composantes, l’hydrogène et l’oxygène. Les gaz d’hydrogène et d’oxygène seraient stockés dans une pile à combustible, qui utilise ces deux matériaux pour produire de l’électricité, située sur le dessus de la maison ou à côté d’elle.
La “feuille artificielle” n’est pas un concept nouveau. Mais cette nouvelle version, contrairement à la précédente développée il y a 10 ans, est composée de matériaux peu coûteux qui sont largement disponibles, fonctionne dans des conditions simples et est très stable. Cette avancée est liée à la découverte de catalyseurs peu coûteux, en nickel et en cobalt, qui sont capables de diviser efficacement l’eau dans ses deux composantes, l’hydrogène et l’oxygène, dans des conditions simples.

À l’heure actuelle, la feuille de Nocera est environ dix fois plus efficace que la photosynthèse d’une feuille naturelle. Le chimiste pense pouvoir encore accroître son efficacité. Selon lui, “la feuille artificielle apparaît particulièrement prometteuse comme source peu coûteuse d’électricité pour les habitations dans les pays en développement. Notre objectif est de faire de chaque maison sa propre centrale électrique”.

(source : www.ressources-et-environnement.com )


Test grandeur nature : prévenir une population en cas d’accident nucléaire

Villeurbanne, ville de 110 000 habitants à l’est de Lyon et à 30 km de la centrale nucléaire du Bugey, a voulu tester la possibilité d’alerter rapidement sa population en cas d’accident.

Le mercredi 13 avril, en fin d’après-midi, la mairie a fait appeler par un automate l’ensemble des téléphones de la ville. Cela a été réalisé en seulement une heure, mais sur 56599 appels, seuls 27470 personnes ont répondu (48,5%). À la fin du message, il était demandé d’appuyer sur la touche 1 pour vérifier qui avait écouté jusqu’au bout… et là seulement 7889 personnes l’ont fait (14%). Combien auraient répondu à 3h du matin ? Combien auraient accepté de partir de chez eux immédiatement en cas de nuage radioactif ?

(source : Le Progrès, 15/04/11)


Voilà comment doivent travailler les sous-traitants du nucléaire...

Anecdote rapportée par Alain de Halleux, réalisateur du documentaire "Nucléaire : rien à signaler". Un sous-traitant lui raconte : "On est vendredi midi. En plein arrêt de tranche (c’est-à-dire le moment où l’on arrête le réacteur pour en faire la maintenance et changer le combustible), le chef arrive et nous dit qu’on a 100 soudures à faire pour 17h. On sait bien que c’est impossible. On le lui dit. Lui, il répond qu’il n’en a rien à foutre et qu’il faut le faire, qu’on n’a pas le choix. Puis il se tire. Alors qu’est-ce qu’on fait ? Si on n’a pas fini le boulot, on va se faire engueuler car on aura mis en retard toutes les autres équipes qui passent après nous. Alors, y’en a un qui une idée. Et si on faisait tranquillement UNE soudure, puis on prend cent clichés de cette soudure nickel et on leur remet tout ça vers 17h." La supercherie a été découverte un an plus tard... En attendant, 99 soudures n’ont pas été réparées !

(source : www.arte.tv)


Des stagiaires pour vérifier le chantier de l’EPR finlandais

À qui fait-on appel en France pour contrôler les soudures du réacteur EPR en Finlande ? À des stagiaires. Extrait de la proposition de stage :

VIE Inspection équipements nucléaires Finlande
(H-F) (Réf : SCA11051603)
Fonction : Ingénieur spécialiste
Spécialisation : Equipement sous pression
Type de contrat : Stage
Niveau d’études minimum requis : Bac+5
Niveau d’expérience minimum requis : Débutant

[…] Bureau Veritas est le deuxième groupe mondial de services d’évaluation de la conformité et de certification en matière de qualité, d’hygiène-santé, de sécurité, d’environnement et de responsabilité sociale. Rejoignez aujourd’hui un groupe reconnu pour son excellence technique pluridisciplinaire, sa qualité de service et son engagement éthique pour le développement durable.

Au sein de notre direction Industrie vous interviendrez auprès de notre bureau implanté en Finlande sur le projet de l’EPR. Vous exécuterez ou prendrez en charge des missions d’inspection et de suivi de fabrication sur des éléments de tuyauterie et équipements sous pressions : contrôle soudage, contrôle visuel des équipements, épreuves hydrauliques, vérification conformité documentaire...

Vous représentez Bureau Veritas en tant qu’organisme tiers indépendant, l’organisme de contrôle de sûreté nuclaire finlandais (STUK) en tant qu’organisme habilité ou notre client exploitant TVO lorsque mandaté par lui. […]


Le spam informatique, un fléau... énergétique

Qui n’est pas dérangé par ces messages informatiques non sollicités, qu’on appelle le “spam” ? Toute personne disposant d’un e-mail connaît bien ce problème. Mais on sait fort peu que le spam constitue environ 90% du trafic mondial d’e-mails, et représente un énorme gaspillage d’énergie. Ainsi, lors d’une conférence de l’organisme Signal Spam en octobre 2010, Nathalie Kosciusko-Morizet, qui était alors ministre de l’Économie numérique, a déclaré que le spam est coûteux en ressources énergétiques avec une consommation de 33 TWh, soit la consommation en électricité de 2,4 millions de foyers américains.

(source : http://www.email-way.com/)


Le foot sponsorisé par Areva ? Ça ne passe pas !

Depuis Fukushima, des supporters du club allemand de Nüremberg réclament la remise en question du partenariat du club avec Areva. “Depuis ce qui est arrivé à Fukushima, le point de non-retour est atteint, il faut agir, a ainsi déclaré un supporter de l’équipe allemande. Nous sommes conscients que nous ne pourrons pas mettre un terme au contrat actuel, mais nous espérons au moins qu’il ne sera pas prolongé.” Une dizaine de supporters “anti-nucléaires” ont manifesté mi-avril devant le siège du club. Depuis 2008, le nom du groupe français figure sur le maillot de l’actuel sixième de Bundesliga. Areva s’est engagé à verser trois millions d’euros pour ce parrainage jusqu’en 2012.

(source :www.francefootball.fr , 21/04/11)


Philippines : les touristes pourront visiter une centrale nucléaire

L’unique centrale nucléaire des Philippines, construite à grands frais il y a une trentaine d’années mais jamais utilisée, va être ouverte aux touristes, curieux de visiter un tel endroit après la catastrophe de Fukushima, ont indiqué début mai les autorités du pays.

Selon Ronald Tiotuico, directeur du tourisme de cette région, à l’ouest de Manille, "ce sera une expérience éducative. On peut voir toutes les machines, tout l’équipement et comprendre ce qui s’est passé dans la centrale de Fukushima au Japon et pourquoi cela n’arrivera pas à la centrale de Bataan".

Et pour cause, celle-ci n’a jamais fonctionné depuis sa construction en 1984, pour un coût de 2,3 milliards de dollars. La centrale, d’une puissance théorique de 620 MW, avait été construite sous la présidence de Ferdinand Marcos. Après son renversement en 1986, la présidente Corazon Aquino avait refusé de la mettre en route, en raison de doutes sérieux sur la sûreté, puisque la centrale a été construite près d’une faille sismique et d’un volcan actif. Alors même qu’elle n’a jamais servi, sa maintenance coûte chaque année des millions de dollars au gouvernement philippin.

(source : AFP, 11/05/11)


Allemagne : sortie en 2022 et progression continue des renouvelables

En Allemagne, la catastrophe de Fukushima et les mises en garde des écologistes ont été prises au sérieux par les autorités. En attendant les fameux “stress tests” destinés à passer au crible les défauts des centrales – des tests qui, selon les dires de certains, seront conçus de telle manière qu’aucun des réacteurs allemands arrêtés ne soit autorisé à fonctionner de nouveau – la chancelière Angela Merkel a décidé à la mi-mars d’un moratoire de trois mois pour les réacteurs entrés en fonctionnement avant 1980, soit 8 sur 17.

Pendant quelque temps, les Allemands ont ainsi eu un avant-goût d’une sortie quasi-complète.
À partir du 21 mai, entre ces réacteurs à l’arrêt provisoire, ceux concernés par des travaux de maintenance et le réacteur de Krümmel toujours en panne, il ne restait plus que 4 réacteurs connectés au réseau ! Et début juin, le gouvernement a décidé que l’Allemagne sortira du nucléaire en 2022.

Pendant ce temps, les énergies renouvelables poursuivent leur progression discrète mais soutenue. Elles représentent désormais environ 11 % de la consommation d’énergie finale allemande, et couvrent près de 17 % des besoins en électricité (contre 22 % pour le nucléaire en temps normal). Selon l’Agence des Energies Renouvelables
allemande, elles pourraient même assurer 47 % des besoins en électricité d’ici 2020 ! En Allemagne, la branche des renouvelables s’impose désormais comme acteur économique incontournable : en 2010, elle employait 370 000 personnes… à comparer avec les 30 000 actifs dans le nucléaire.



La Suisse s’engage dans la sortie du nucléaire

Le 25 mai, le gouvernement suisse (le Conseil fédéral) a décidé d’engager le pays sur la voie de la sortie du nucléaire, à échéance 2034. Les centrales nucléaires helvètes seront mises à l’arrêt à la fin de leur durée d’exploitation (pas d’arrêt anticipé) et ne seront pas remplacées. Afin de garantir la sécurité d’approvisionnement, le Conseil fédéral table, dans le contexte de sa nouvelle stratégie énergétique 2050, sur des économies accrues (efficacité énergétique), sur le développement de la force hydraulique et des nouvelles énergies renouvelables et, au besoin, sur la production d’électricité à base de combustible fossile (installations de couplage chaleur-force, centrales à gaz à cycle combiné) ainsi que sur les importations. Le Conseil fédéral va soumettre cette nouvelle stratégie énergétique au Parlement helvète cet été.


Japon : un banquier crée une fondation pour la sortie du nucléaire

Le 20 avril 2011, M. Masayoshi Son, président de la Softbank et l’homme le plus riche du Japon, a annoncé la création de la "Fondation des énergies naturelles" au cours d’une réunion du Parti Démocratique Japonais. M. Son fait don d’un milliard de yens (8,3 millions d’euros) pour la création de cette fondation, dont le but est la sortie du nucléaire. Elle se propose d’inviter les cent meilleurs spécialistes du monde afin de publier les résultats de leurs recherches sur les énergies naturelles et de les inclure dans la nouvelle politique de l’énergie.

M. Son a présenté un exemple concret de reconstruction, le "concept de la ceinture solaire du Japon de l’est". Le plan est de construire des installations de production d’électricité par la force du soleil et du vent dans les régions qui ont été dévastées par le tsunami. Comme les terres ne peuvent plus être cultivées en raison de la salinisation, ce plan permettrait non seulement de produire de l’énergie mais aussi de créer des emplois.


La région Nord-Pas de Calais pour la sortie du nucléaire

Extraits de la motion adoptée le 14 avril par le conseil régional du Nord-Pas de Calais, à l’instigation des élus Europe-Écologie-Les Verts :"[…] La région Nord-Pas de Calais, l’une des plus urbanisées de France, est concernée car elle présente sur son territoire la plus importante centrale nucléaire d’Europe à Gravelines, située en bord de mer et à proximité de sites industriels classés Seveso." Le Conseil régional considère fondamentale pour son action "l’indispensable transition énergétique qui doit nous conduire vers un monde dans lequel la satisfaction de nos besoins en énergie ne dépende plus du nucléaire et des énergies fossiles (gaz non conventionnel, pétrole...). […] Nous demandons donc que soit élaborée une sortie progressive du nucléaire."

La région ajoute souhaiter "le développement massif des économies d’énergie et des énergies renouvelables, un bouquet énergétique adapté aux besoins des habitants du Nord-Pas de Calais, qui concilie respect de l’environnement et sécurité des populations, satisfaction des besoins et réduction de notre consommation", ainsi que "la montée en puissance des branches industrielles dédiées aux énergies renouvelables et au démantèlement des centrales nucléaires".


Référendum : 98% contre la construction d’une centrale en Sardaigne

Avant Fukushima, Silvio Berlusconi avait envisagé d’installer huit centrales nucléaires à travers l’Italie à partir de 2014. Dans le décret publié alors par le gouvernement, la Sardaigne (située à 19 km de la Corse) avait été retenue pour implanter une centrale. À l’initiative des indépendantistes de Sardegna Nazione, un comité d’opposants a été créé, recueillant assez de signatures pour imposer à la région l’organisation d’un référendum local d’initiative populaire. Son avis n’est que consultatif... mais le 15 mai, 98% des votants (60% des inscrits sur les listes électorales ont voté) ont dit “non” au projet. Le président de la région, Ugo Capellacci, qui est pourtant un proche de Berlusconi, a lui-même affirmé sa farouche opposition. Les Sardes s’étaient déjà mobilisés avec succès pour obtenir le départ de la base américaine de sous-marins nucléaires de La Maddalena. Un décret fourre-tout de confiance au gouvernement Berlusconi, prévoyant notamment le gel temporaire des projets nucléaires italiens, a été voté en mai, mais la situation sera “réévaluée” d’ici un à deux ans...


Même en Chine, l’éolien devance largement le nucléaire

Même en Chine, l’un des pays qui continue à développer l’atome malgré Fukushima, l’éolien a déjà pris une énorme avance sur le nucléaire. La capacité éolienne totale, qui a doublé chaque année depuis déjà plusieurs années, en est à 44,7 GW fin 2010. Cette capacité devrait atteindre 200 GW d’ici 2020, d’après le rapport “China Wind Power Outlook 2010”. En comparaison, la puissance nucléaire est ridicule : 10,06 GW d’énergie déjà installés, qui n’augmenteraient “que” de de 27 GW si toutes les centrales nucléaires actuellement prévues sont vraiment construites – ce qui est loin d’être assuré.

(source : The Nation, 18/04/11)


Foussemagne, une commune en transition énergétique !

La commune de Foussemagne, qui abrite 934 habitants dans le Territoire de Belfort, a largement engagé sa transition énergétique. Bûche, solaire, géothermie, elle fait feu de tout bois pour en finir avec les fossiles. En 2004, elle est une des premières à aider ses habitants à choisir les énergies renouvelables (de 150 à 300 € selon l’appareil). En 2005 puis 2007, elle dote ses bâtiments communaux et l’école – préalablement isolée – de chaudières à bois, pour remplacer le fioul et les convecteurs électriques. En 2009 puis 2010, les toits du groupe scolaire et de la salle des fêtes accueillent 50 kWc de solaire photovoltaïque. Des horloges coupent l’éclairage public de 23h30 à 5h30, diminuant de moitié la consommation de ce poste. Au total, la commune produit 38 % de son électricité. On se demande bien pourquoi la France n’a pas été capable d’atteindre cette année les 21 % auxquels elle s’était engagée en 2001... Plus d’info : www.foussemagne.com

(source : La Maison écologique, n°59)


Copier la photosynthèse pour produire de l’énergie décentralisée

L’équipe de recherche du chimiste Daniel Nocera, du Massuchussets Institute of Technology a présenté en mars 2011 une cellule solaire de la taille d’une carte de poker qui imite le processus de photosynthèse que les plantes vertes utilisent pour convertir la lumière du soleil et de l’eau en énergie.

Placé dans un seul gallon d’eau – soit environ 3,78 litres – en plein soleil, le dispositif pourrait produire suffisamment d’électricité pour alimenter une maison dans un pays en développement pour une journée. Il le fait par la séparation de l’eau en ses deux composantes, l’hydrogène et l’oxygène. Les gaz d’hydrogène et d’oxygène seraient stockés dans une pile à combustible, qui utilise ces deux matériaux pour produire de l’électricité, située sur le dessus de la maison ou à côté d’elle.
La “feuille artificielle” n’est pas un concept nouveau. Mais cette nouvelle version, contrairement à la précédente développée il y a 10 ans, est composée de matériaux peu coûteux qui sont largement disponibles, fonctionne dans des conditions simples et est très stable. Cette avancée est liée à la découverte de catalyseurs peu coûteux, en nickel et en cobalt, qui sont capables de diviser efficacement l’eau dans ses deux composantes, l’hydrogène et l’oxygène, dans des conditions simples.

À l’heure actuelle, la feuille de Nocera est environ dix fois plus efficace que la photosynthèse d’une feuille naturelle. Le chimiste pense pouvoir encore accroître son efficacité. Selon lui, “la feuille artificielle apparaît particulièrement prometteuse comme source peu coûteuse d’électricité pour les habitations dans les pays en développement. Notre objectif est de faire de chaque maison sa propre centrale électrique”.

(source : www.ressources-et-environnement.com )


Test grandeur nature : prévenir une population en cas d’accident nucléaire

Villeurbanne, ville de 110 000 habitants à l’est de Lyon et à 30 km de la centrale nucléaire du Bugey, a voulu tester la possibilité d’alerter rapidement sa population en cas d’accident.

Le mercredi 13 avril, en fin d’après-midi, la mairie a fait appeler par un automate l’ensemble des téléphones de la ville. Cela a été réalisé en seulement une heure, mais sur 56599 appels, seuls 27470 personnes ont répondu (48,5%). À la fin du message, il était demandé d’appuyer sur la touche 1 pour vérifier qui avait écouté jusqu’au bout… et là seulement 7889 personnes l’ont fait (14%). Combien auraient répondu à 3h du matin ? Combien auraient accepté de partir de chez eux immédiatement en cas de nuage radioactif ?

(source : Le Progrès, 15/04/11)


Voilà comment doivent travailler les sous-traitants du nucléaire...

Anecdote rapportée par Alain de Halleux, réalisateur du documentaire "Nucléaire : rien à signaler". Un sous-traitant lui raconte : "On est vendredi midi. En plein arrêt de tranche (c’est-à-dire le moment où l’on arrête le réacteur pour en faire la maintenance et changer le combustible), le chef arrive et nous dit qu’on a 100 soudures à faire pour 17h. On sait bien que c’est impossible. On le lui dit. Lui, il répond qu’il n’en a rien à foutre et qu’il faut le faire, qu’on n’a pas le choix. Puis il se tire. Alors qu’est-ce qu’on fait ? Si on n’a pas fini le boulot, on va se faire engueuler car on aura mis en retard toutes les autres équipes qui passent après nous. Alors, y’en a un qui une idée. Et si on faisait tranquillement UNE soudure, puis on prend cent clichés de cette soudure nickel et on leur remet tout ça vers 17h." La supercherie a été découverte un an plus tard... En attendant, 99 soudures n’ont pas été réparées !

(source : www.arte.tv)


Des stagiaires pour vérifier le chantier de l’EPR finlandais

À qui fait-on appel en France pour contrôler les soudures du réacteur EPR en Finlande ? À des stagiaires. Extrait de la proposition de stage :

VIE Inspection équipements nucléaires Finlande
(H-F) (Réf : SCA11051603)
Fonction : Ingénieur spécialiste
Spécialisation : Equipement sous pression
Type de contrat : Stage
Niveau d’études minimum requis : Bac+5
Niveau d’expérience minimum requis : Débutant

[…] Bureau Veritas est le deuxième groupe mondial de services d’évaluation de la conformité et de certification en matière de qualité, d’hygiène-santé, de sécurité, d’environnement et de responsabilité sociale. Rejoignez aujourd’hui un groupe reconnu pour son excellence technique pluridisciplinaire, sa qualité de service et son engagement éthique pour le développement durable.

Au sein de notre direction Industrie vous interviendrez auprès de notre bureau implanté en Finlande sur le projet de l’EPR. Vous exécuterez ou prendrez en charge des missions d’inspection et de suivi de fabrication sur des éléments de tuyauterie et équipements sous pressions : contrôle soudage, contrôle visuel des équipements, épreuves hydrauliques, vérification conformité documentaire...

Vous représentez Bureau Veritas en tant qu’organisme tiers indépendant, l’organisme de contrôle de sûreté nuclaire finlandais (STUK) en tant qu’organisme habilité ou notre client exploitant TVO lorsque mandaté par lui. […]


Le spam informatique, un fléau... énergétique

Qui n’est pas dérangé par ces messages informatiques non sollicités, qu’on appelle le “spam” ? Toute personne disposant d’un e-mail connaît bien ce problème. Mais on sait fort peu que le spam constitue environ 90% du trafic mondial d’e-mails, et représente un énorme gaspillage d’énergie. Ainsi, lors d’une conférence de l’organisme Signal Spam en octobre 2010, Nathalie Kosciusko-Morizet, qui était alors ministre de l’Économie numérique, a déclaré que le spam est coûteux en ressources énergétiques avec une consommation de 33 TWh, soit la consommation en électricité de 2,4 millions de foyers américains.

(source : http://www.email-way.com/)


Le foot sponsorisé par Areva ? Ça ne passe pas !

Depuis Fukushima, des supporters du club allemand de Nüremberg réclament la remise en question du partenariat du club avec Areva. “Depuis ce qui est arrivé à Fukushima, le point de non-retour est atteint, il faut agir, a ainsi déclaré un supporter de l’équipe allemande. Nous sommes conscients que nous ne pourrons pas mettre un terme au contrat actuel, mais nous espérons au moins qu’il ne sera pas prolongé.” Une dizaine de supporters “anti-nucléaires” ont manifesté mi-avril devant le siège du club. Depuis 2008, le nom du groupe français figure sur le maillot de l’actuel sixième de Bundesliga. Areva s’est engagé à verser trois millions d’euros pour ce parrainage jusqu’en 2012.

(source :www.francefootball.fr , 21/04/11)


Philippines : les touristes pourront visiter une centrale nucléaire

L’unique centrale nucléaire des Philippines, construite à grands frais il y a une trentaine d’années mais jamais utilisée, va être ouverte aux touristes, curieux de visiter un tel endroit après la catastrophe de Fukushima, ont indiqué début mai les autorités du pays.

Selon Ronald Tiotuico, directeur du tourisme de cette région, à l’ouest de Manille, "ce sera une expérience éducative. On peut voir toutes les machines, tout l’équipement et comprendre ce qui s’est passé dans la centrale de Fukushima au Japon et pourquoi cela n’arrivera pas à la centrale de Bataan".

Et pour cause, celle-ci n’a jamais fonctionné depuis sa construction en 1984, pour un coût de 2,3 milliards de dollars. La centrale, d’une puissance théorique de 620 MW, avait été construite sous la présidence de Ferdinand Marcos. Après son renversement en 1986, la présidente Corazon Aquino avait refusé de la mettre en route, en raison de doutes sérieux sur la sûreté, puisque la centrale a été construite près d’une faille sismique et d’un volcan actif. Alors même qu’elle n’a jamais servi, sa maintenance coûte chaque année des millions de dollars au gouvernement philippin.

(source : AFP, 11/05/11)



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