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Sortir du nucléaire n°50

Eté 2011

Fukushima

Une déconstruction du discours pro-nucléaire

Eté 2011




Nous publions ici quelques extraits d’un excellent petit livre, "On craint le pire...", dont la lecture est vivement conseillée ! L’auteur y déconstruit avec verve et lucidité le discours des pro-nucléaires français confrontés à Fukushima, dans une écriture tout à la fois accessible, élégante et acérée.



Toutes les précautions possibles...

La techno-bureaucratie française est consciente des risques relatifs de séismes (jusqu’à x,y sur l’échelle de Richter), des canicules (jusqu’à z,q°), des vagues (jusqu’à m,n mètres), des inondations, etc. Elle a tout prévu ; pris toutes les dispositions nécessaires ; ses centrales résisteront à chaque condition (moyennement) extrême et exceptionnelle calculée isolément et confinée dans ses limites expérimentales.

Pas au-delà.

Fukushima consomme la faillite de cette logique de la prévention indéfiniment débordée vers le moment où la techno-bureaucratie demande avec fatalisme, et ses ingénieurs avec ingénuité, qui pouvait prévoir que ceci ou cela surviendrait dans tel concours de circonstances aléatoire (ce que sont par définition un concours de circonstances et, justement, toute vie sur la terre).

Le nucléaire et la bougie

Les sinistrés japonais du nord-est, sous la neige et dans leurs cahutes effondrées, étaient en outre "privés d’électricité". Sans humour noir, hélas, la finaude pseudo-alternative des nucléaristes de l’âge enthousiaste se trouve dépassée une fois pour toutes : dans la société du choix, ce n’est plus "le nucléaire ou la bougie" ; mais : le nucléaire et la bougie ! [...]

À Tokyo, "les coupures d’électricité restent la principale contrainte dans la capitale" (Le Monde 12 avril 2011) ; l’article évoque aussi les problèmes d’alimentation et d’eau. […] Le capitalisme technocratique partage avec la bureaucratie industrialisatrice la manie des monoproductions, soviétiques ou post-coloniales : on mise tout sur une ressource, et ce de façon quantitativement centralisée ; elle s’effondre : on n’a plus rien.

Tchernobyl banalisé

Le 12 avril, un titre accroche, aux fenêtres ordinatrices de l’information lambda : "L’accident de Fukushima est de même niveau que celui de Tchernobyl." Si une telle "révélation" avait été émise les premiers jours du cataclysme, le sentiment d’effroi n’en eût pas été dilué. L’argumentaire pro-nucléaire n’aurait pas consisté à prétendre que nous devions attendre la catastrophe pour être sûrs que c’en est une. Tchernobyl, dans l’imaginaire traumatique du monde contemporain, c’est le seuil limite à ne pas répéter. Tant qu’on n’en est pas là… Puis l’oubli va glissant sur les drames, et, lorsque l’on vous déclare subitement que, si, c’était cela, l’accoutumance érode le sentiment du sinistre. Dans un sens, ah…, ce n’était que cela, une fois de plus… Tchernobyl banalisé.

La véritable question

La véritable question est évidemment : comment en sortir, comment dépasser l’emploi industriel du nucléaire ? Elle pourrait être aussi : pourquoi devrait-on y rester ? Pourquoi devrait-on subir tant de misère et d’horreur ? Qu’est-ce qui peut justifier la désertification cancérogène de tant d’espaces humains et biologiques ?
En 120 courtes pages, Jean-Louis Paul – auteur et éditeur - met au jour les incohérences qui émaillent les discours dont les zélateurs du nucléaire français nous ont abreuvés depuis le début de la catastrophe de Fukushima.

Une lucidité aiguisée et un bon sens tout en finesse traversent l’ouvrage de part en part, malgré quelques points sur lesquels on peut n’être pas d’accord avec l’auteur. "On craint le pire..." opère un démontage percutant et roboratif, qui gagnerait à être largement connu.

On craint le pire... Remarques sur la catastrophe nucléaire de Fukushima

Jean-Louis Paul, éd. Ressouvenances, coll. Cahiers Sic !, 120 pages, mai 2011
À commander en ligne (http://boutique.sortirdunucleaire.org) ou en envoyant un chèque de 11,50 € port compris, à l’ordre de "Sortir du nucléaire", à : Réseau "Sortir du nucléaire", 9 rue Dumenge 69317 Lyon Cedex 04


Toutes les précautions possibles...

La techno-bureaucratie française est consciente des risques relatifs de séismes (jusqu’à x,y sur l’échelle de Richter), des canicules (jusqu’à z,q°), des vagues (jusqu’à m,n mètres), des inondations, etc. Elle a tout prévu ; pris toutes les dispositions nécessaires ; ses centrales résisteront à chaque condition (moyennement) extrême et exceptionnelle calculée isolément et confinée dans ses limites expérimentales.

Pas au-delà.

Fukushima consomme la faillite de cette logique de la prévention indéfiniment débordée vers le moment où la techno-bureaucratie demande avec fatalisme, et ses ingénieurs avec ingénuité, qui pouvait prévoir que ceci ou cela surviendrait dans tel concours de circonstances aléatoire (ce que sont par définition un concours de circonstances et, justement, toute vie sur la terre).

Le nucléaire et la bougie

Les sinistrés japonais du nord-est, sous la neige et dans leurs cahutes effondrées, étaient en outre "privés d’électricité". Sans humour noir, hélas, la finaude pseudo-alternative des nucléaristes de l’âge enthousiaste se trouve dépassée une fois pour toutes : dans la société du choix, ce n’est plus "le nucléaire ou la bougie" ; mais : le nucléaire et la bougie ! [...]

À Tokyo, "les coupures d’électricité restent la principale contrainte dans la capitale" (Le Monde 12 avril 2011) ; l’article évoque aussi les problèmes d’alimentation et d’eau. […] Le capitalisme technocratique partage avec la bureaucratie industrialisatrice la manie des monoproductions, soviétiques ou post-coloniales : on mise tout sur une ressource, et ce de façon quantitativement centralisée ; elle s’effondre : on n’a plus rien.

Tchernobyl banalisé

Le 12 avril, un titre accroche, aux fenêtres ordinatrices de l’information lambda : "L’accident de Fukushima est de même niveau que celui de Tchernobyl." Si une telle "révélation" avait été émise les premiers jours du cataclysme, le sentiment d’effroi n’en eût pas été dilué. L’argumentaire pro-nucléaire n’aurait pas consisté à prétendre que nous devions attendre la catastrophe pour être sûrs que c’en est une. Tchernobyl, dans l’imaginaire traumatique du monde contemporain, c’est le seuil limite à ne pas répéter. Tant qu’on n’en est pas là… Puis l’oubli va glissant sur les drames, et, lorsque l’on vous déclare subitement que, si, c’était cela, l’accoutumance érode le sentiment du sinistre. Dans un sens, ah…, ce n’était que cela, une fois de plus… Tchernobyl banalisé.

La véritable question

La véritable question est évidemment : comment en sortir, comment dépasser l’emploi industriel du nucléaire ? Elle pourrait être aussi : pourquoi devrait-on y rester ? Pourquoi devrait-on subir tant de misère et d’horreur ? Qu’est-ce qui peut justifier la désertification cancérogène de tant d’espaces humains et biologiques ?
En 120 courtes pages, Jean-Louis Paul – auteur et éditeur - met au jour les incohérences qui émaillent les discours dont les zélateurs du nucléaire français nous ont abreuvés depuis le début de la catastrophe de Fukushima.

Une lucidité aiguisée et un bon sens tout en finesse traversent l’ouvrage de part en part, malgré quelques points sur lesquels on peut n’être pas d’accord avec l’auteur. "On craint le pire..." opère un démontage percutant et roboratif, qui gagnerait à être largement connu.

On craint le pire... Remarques sur la catastrophe nucléaire de Fukushima

Jean-Louis Paul, éd. Ressouvenances, coll. Cahiers Sic !, 120 pages, mai 2011
À commander en ligne (http://boutique.sortirdunucleaire.org) ou en envoyant un chèque de 11,50 € port compris, à l’ordre de "Sortir du nucléaire", à : Réseau "Sortir du nucléaire", 9 rue Dumenge 69317 Lyon Cedex 04



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