Réseau Sortir du nucléaire
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Sortir du nucléaire n°44

Automne 2009

Droits de l’Homme

Un réfugié nigérien dans la tourmente de l’absurde

Automne 2009




Aghali Mahiya, réfugié politique nigérien, rentrait d’un congrès antinucléaire en Autriche quand il s’est fait arrêter par la police allemande. C’est grâce au soutien de ses compagnons de voyage qu’il a échappé à plusieurs jours de prison et à une reconduite à la frontière autrichienne.



Le 18 juin dernier, une délégation de 6 représentants du Réseau "Sortir du nucléaire" revient d’Autriche après avoir participé à l’Anti-Nuclear European Forum (ANEF). Ce rassemblement entendait faire contrepoids au "Forum Européen de l’Énergie nucléaire" organisé par l’Union européenne, considéré par les ONG participantes comme un simulacre de débat. Nous sommes 6 à avoir fait le voyage, y compris Aghali Mahiya, réfugié politique en France et ancien employé d’Areva au Niger. Il a été invité par l’ANEF pour évoquer les conséquences désastreuses sur l’environnement et les populations locales de l’exploitation par AREVA des mines d’uranium qui alimentent la plupart des centrales nucléaires en Europe.

Délit de faciès

Dans le wagon, Aghali est la seule personne de couleur. À l’approche de Munich, une jeune femme en civil surgit à ses côtés en brandissant sa carte de police et lui demande de présenter ses papiers d’identité. Il apparaît que son titre de séjour de réfugié n’est pas valable aux yeux de la police allemande - alors que les autorités françaises l’avait assuré du contraire. Nous expliquons, billets à l’appui, qu’Aghali sera en France dans quelques heures. Rien n’y fait. À l’arrêt suivant, la police allemande ordonne à Aghali de descendre du train pour procéder à une expulsion vers l’Autriche. Nous descendons aussi et faisons corps autour de lui en signe de solidarité. Une quinzaine de policiers appelés en renfort nous encerclent, de plus en plus menaçants. Nous devons les laisser embarquer Aghali mais nous nous engouffrons dans un taxi qui nous dépose devant le poste de police en pleine nuit.

Menacé d’expulsion

Vers 4h du matin, une traductrice annonce qu’Aghali va être transféré près de la frontière autrichienne où il sera jugé dans quelques heures. Et qu’il a dû payer une caution de 700 euros. Elle nous précise que les contrôles d’identité d’étrangers de couleur dans les trains sont monnaie courante. Peu après, Aghali est transféré. Au matin, nous retrouvons sa trace à Bad Reichenhall.

Nous organisons un QG improvisé au tribunal et alertons tous nos correspondants français, allemands ou autrichiens susceptibles de pouvoir nous aider : plusieurs députés et avocats, ainsi bien sûr que des associations dont tout particulièrement le Réseau "Sortir du nucléaire".

Vers 11h30, Aghali est conduit en prison, en attendant une réponse des autorités françaises. S’engage alors une course contre la montre pour obtenir sa libération.

Nous intensifions nos coups de fil. A 15 h, énorme soulagement : la police va libèrer Aghali et affrète un "panier à salade" qui vient nous chercher tous les 5 afin que nous rentrions tous en France par le même train. La police nous confiera qu’elle l’a fait sous la pression politique que nous avions mise en œuvre.

Racket policier

Reste que la "caution" de 700 euros payée par le prisonnier n’a pas été restituée. Aghali aura également passé une nuit d’interrogatoires et de fouilles humiliantes, subi un jugement expéditif et vécu une journée en prison. Il reste sous le coup d’une interdiction définitive d’entrée sur le territoire allemand.

Une lettre co-signée par de nombreuses associations vient d’être envoyée aux responsables fédéraux de la police allemande et du tribunal, demandant le remboursement de cette amende, la levée de l’interdiction du territoire allemand, l’ouverture d’une enquête pour mettre fin à de telles pratiques et si nécessaire, la modification de la législation. Nous vous tiendrons au courant de cette démarche que nous mènerons jusqu’au bout pour dénoncer cette Europe qui s’éloigne complètement de la conception d’un espace de liberté et de respect des droits de l’homme. Une Europe qui persécute au lieu de protéger.

Les compagnons de voyage d’Aghali Mahiya,

Sylvestre Couzon, Chantal Cuisnier, Jean-Yvon Landrac, Véronique Marchandier et Charlotte Mijeon.

Le 18 juin dernier, une délégation de 6 représentants du Réseau "Sortir du nucléaire" revient d’Autriche après avoir participé à l’Anti-Nuclear European Forum (ANEF). Ce rassemblement entendait faire contrepoids au "Forum Européen de l’Énergie nucléaire" organisé par l’Union européenne, considéré par les ONG participantes comme un simulacre de débat. Nous sommes 6 à avoir fait le voyage, y compris Aghali Mahiya, réfugié politique en France et ancien employé d’Areva au Niger. Il a été invité par l’ANEF pour évoquer les conséquences désastreuses sur l’environnement et les populations locales de l’exploitation par AREVA des mines d’uranium qui alimentent la plupart des centrales nucléaires en Europe.

Délit de faciès

Dans le wagon, Aghali est la seule personne de couleur. À l’approche de Munich, une jeune femme en civil surgit à ses côtés en brandissant sa carte de police et lui demande de présenter ses papiers d’identité. Il apparaît que son titre de séjour de réfugié n’est pas valable aux yeux de la police allemande - alors que les autorités françaises l’avait assuré du contraire. Nous expliquons, billets à l’appui, qu’Aghali sera en France dans quelques heures. Rien n’y fait. À l’arrêt suivant, la police allemande ordonne à Aghali de descendre du train pour procéder à une expulsion vers l’Autriche. Nous descendons aussi et faisons corps autour de lui en signe de solidarité. Une quinzaine de policiers appelés en renfort nous encerclent, de plus en plus menaçants. Nous devons les laisser embarquer Aghali mais nous nous engouffrons dans un taxi qui nous dépose devant le poste de police en pleine nuit.

Menacé d’expulsion

Vers 4h du matin, une traductrice annonce qu’Aghali va être transféré près de la frontière autrichienne où il sera jugé dans quelques heures. Et qu’il a dû payer une caution de 700 euros. Elle nous précise que les contrôles d’identité d’étrangers de couleur dans les trains sont monnaie courante. Peu après, Aghali est transféré. Au matin, nous retrouvons sa trace à Bad Reichenhall.

Nous organisons un QG improvisé au tribunal et alertons tous nos correspondants français, allemands ou autrichiens susceptibles de pouvoir nous aider : plusieurs députés et avocats, ainsi bien sûr que des associations dont tout particulièrement le Réseau "Sortir du nucléaire".

Vers 11h30, Aghali est conduit en prison, en attendant une réponse des autorités françaises. S’engage alors une course contre la montre pour obtenir sa libération.

Nous intensifions nos coups de fil. A 15 h, énorme soulagement : la police va libèrer Aghali et affrète un "panier à salade" qui vient nous chercher tous les 5 afin que nous rentrions tous en France par le même train. La police nous confiera qu’elle l’a fait sous la pression politique que nous avions mise en œuvre.

Racket policier

Reste que la "caution" de 700 euros payée par le prisonnier n’a pas été restituée. Aghali aura également passé une nuit d’interrogatoires et de fouilles humiliantes, subi un jugement expéditif et vécu une journée en prison. Il reste sous le coup d’une interdiction définitive d’entrée sur le territoire allemand.

Une lettre co-signée par de nombreuses associations vient d’être envoyée aux responsables fédéraux de la police allemande et du tribunal, demandant le remboursement de cette amende, la levée de l’interdiction du territoire allemand, l’ouverture d’une enquête pour mettre fin à de telles pratiques et si nécessaire, la modification de la législation. Nous vous tiendrons au courant de cette démarche que nous mènerons jusqu’au bout pour dénoncer cette Europe qui s’éloigne complètement de la conception d’un espace de liberté et de respect des droits de l’homme. Une Europe qui persécute au lieu de protéger.

Les compagnons de voyage d’Aghali Mahiya,

Sylvestre Couzon, Chantal Cuisnier, Jean-Yvon Landrac, Véronique Marchandier et Charlotte Mijeon.



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