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Sortir du nucléaire n°50

Eté 2011

Actions et vie des groupes

Transport de déchets Saluggia – La Hague Répression contre les antinucléaires

Eté 2011




Entre le 9 et le 10 mai 2011, un train transportant du combustible usé italien hautement radioactif a traversé le Val de Suse en Italie ainsi qu’une bonne partie de la France.



Parti de Saluggia à 2h40 dans la nuit du 8 au 9 mai, il a rejoint le terminal ferroviaire de Valognes (Manche) à 11h45 le 10. Les deux conteneurs ont ensuite été acheminés par la route jusqu’à l’usine AREVA La Hague (usine de "retraitement" des déchets et de production de plutonium). Ces déchets, une fois "traités", devraient retourner en Italie probablement entre 2020 et 2025, où aucune solution n’existe pour les gérer...

En Italie, une soirée de protestation, organisée en moins de 72 heures, a vu une participation très significative, et a provoqué le changement d’itinéraire du train, le faisant dévier par Alessandria, évitant le passage à Turin et à Chivasso. À Avigliana, comme à Vercelli et à Chivasso, la soirée avait commencé très tôt, avec une présence populaire importante. Lorsque les militants eurent confirmation que le train ne passerait pas en gare de Chivasso, où étaient présents environ quatre-vingts activistes, une trentaine d’entre eux décidèrent de se rendre à Avigliana pour prêter main forte aux camarades qui attendaient le passage du train.

Les personnes présentes à Avigliana, après avoir passé au crible les différentes possibilités d’action, choisissent de bloquer le convoi en s’asseyant, de manière compacte, sur les trois voies ferrées. Mais très vite, les forces de l’ordre reçoivent l’ordre d’évacuer le lieu et encerclent les occupants. Puis ils tentent de les faire lever ou de les déplacer, sans résultat. Dix minutes de tentatives veines auront alors suffi pour que les carabiniers perdent le contrôle. Coups de pieds, de poings, de matraques, tout est bon pourvu que les voies soient rapidement "nettoyées" et que le train puisse passer. Face à la détermination des hommes et femmes de la vallée, il aura fallu pas moins de 500 policiers pour déloger les 200 personnes présentes. Le groupe est ensuite séparé et maintenu à bonne distance des voies. Des contrôles sont effectués, et les manifestants sont parfois confrontés à la rétention de leurs papiers d’identité.

Ils virent finalement passer, une vingtaine de minutes plus tard, non pas un train, mais trois : un train-éclaireur, le train chargé de déchets radioactifs, suivi de très près par un troisième train d’escorte militaire. Les forces de l’ordre se retirèrent ensuite, comme elles étaient venues, en se gargarisant et en se frottant les mains – tâchées de sang...

Le convoi a ensuite poursuivi sa route vers la France sans encombre, pour passer la frontière aux alentours de midi. Il a traversé 12 départements (Savoie, Ain, Saône-et-Loire, Côte-d’Or, Yonne, Seine-et-Marne, Essonne, Val-de-Marne, Yvelines, Eure, Calvados, Manche), et a, une fois de plus, emprunté les voies du RER en région parisienne, pendant les heures de pointe. Des rassemblements ont été organisés sur le trajet, plusieurs droits d’alerte ont été déposés par les cheminots, et une action de projection de peinture avait été envisagée à Plombières-les-Dijon, action avortée suite à l’intervention de la police des chemins de fer. De leur côté, les forces de l’ordre étaient, semble-t-il, encore plus en alerte que d’habitude, bloquant tous les ponts et multipliant les aller-retours en hélicoptère au-dessus du convoi. Des gendarmes ont même tenté, à plusieurs reprises, d’empêcher nos observateurs de prendre des images. C’était sans compter leur pugnacité.

Secret, opacité, violences, surveillance policière accrue... l’industrie nucléaire nous a, à nouveau, montré son vrai visage. Mais les militants antinucléaires sont une nouvelle fois parvenus à déjouer les plans de l’industrie et à rompre le silence qui entoure ces transports. Plusieurs convois de ce type sont attendus entre l’Italie et la France dans les mois et les années à venir. En Italie, des bruits courent déjà sur les voies...

Laura Hameaux

Parti de Saluggia à 2h40 dans la nuit du 8 au 9 mai, il a rejoint le terminal ferroviaire de Valognes (Manche) à 11h45 le 10. Les deux conteneurs ont ensuite été acheminés par la route jusqu’à l’usine AREVA La Hague (usine de "retraitement" des déchets et de production de plutonium). Ces déchets, une fois "traités", devraient retourner en Italie probablement entre 2020 et 2025, où aucune solution n’existe pour les gérer...

En Italie, une soirée de protestation, organisée en moins de 72 heures, a vu une participation très significative, et a provoqué le changement d’itinéraire du train, le faisant dévier par Alessandria, évitant le passage à Turin et à Chivasso. À Avigliana, comme à Vercelli et à Chivasso, la soirée avait commencé très tôt, avec une présence populaire importante. Lorsque les militants eurent confirmation que le train ne passerait pas en gare de Chivasso, où étaient présents environ quatre-vingts activistes, une trentaine d’entre eux décidèrent de se rendre à Avigliana pour prêter main forte aux camarades qui attendaient le passage du train.

Les personnes présentes à Avigliana, après avoir passé au crible les différentes possibilités d’action, choisissent de bloquer le convoi en s’asseyant, de manière compacte, sur les trois voies ferrées. Mais très vite, les forces de l’ordre reçoivent l’ordre d’évacuer le lieu et encerclent les occupants. Puis ils tentent de les faire lever ou de les déplacer, sans résultat. Dix minutes de tentatives veines auront alors suffi pour que les carabiniers perdent le contrôle. Coups de pieds, de poings, de matraques, tout est bon pourvu que les voies soient rapidement "nettoyées" et que le train puisse passer. Face à la détermination des hommes et femmes de la vallée, il aura fallu pas moins de 500 policiers pour déloger les 200 personnes présentes. Le groupe est ensuite séparé et maintenu à bonne distance des voies. Des contrôles sont effectués, et les manifestants sont parfois confrontés à la rétention de leurs papiers d’identité.

Ils virent finalement passer, une vingtaine de minutes plus tard, non pas un train, mais trois : un train-éclaireur, le train chargé de déchets radioactifs, suivi de très près par un troisième train d’escorte militaire. Les forces de l’ordre se retirèrent ensuite, comme elles étaient venues, en se gargarisant et en se frottant les mains – tâchées de sang...

Le convoi a ensuite poursuivi sa route vers la France sans encombre, pour passer la frontière aux alentours de midi. Il a traversé 12 départements (Savoie, Ain, Saône-et-Loire, Côte-d’Or, Yonne, Seine-et-Marne, Essonne, Val-de-Marne, Yvelines, Eure, Calvados, Manche), et a, une fois de plus, emprunté les voies du RER en région parisienne, pendant les heures de pointe. Des rassemblements ont été organisés sur le trajet, plusieurs droits d’alerte ont été déposés par les cheminots, et une action de projection de peinture avait été envisagée à Plombières-les-Dijon, action avortée suite à l’intervention de la police des chemins de fer. De leur côté, les forces de l’ordre étaient, semble-t-il, encore plus en alerte que d’habitude, bloquant tous les ponts et multipliant les aller-retours en hélicoptère au-dessus du convoi. Des gendarmes ont même tenté, à plusieurs reprises, d’empêcher nos observateurs de prendre des images. C’était sans compter leur pugnacité.

Secret, opacité, violences, surveillance policière accrue... l’industrie nucléaire nous a, à nouveau, montré son vrai visage. Mais les militants antinucléaires sont une nouvelle fois parvenus à déjouer les plans de l’industrie et à rompre le silence qui entoure ces transports. Plusieurs convois de ce type sont attendus entre l’Italie et la France dans les mois et les années à venir. En Italie, des bruits courent déjà sur les voies...

Laura Hameaux


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