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Echos des luttes antinucléaires

Sur la région de Dieppe, « le combat sans fin » des antinucléaires

3 mars 2016 | Article Paris Normandie du 1er mars 2016




Militantisme. Alors que la durée de vie des centrales pourrait être prolongée de dix ans, quel est le poids des associations antinucléaire ? Autour de Dieppe, deux collectifs œuvrent au quotidien pour « informer » les habitants.



« L’indignation est notre moteur ! » Souvent ignorés, parfois raillés ou admirés, les antinucléaires doivent, en tout cas, faire preuve de ténacité pour s’imposer dans un paysage nucléarisé. Sur le secteur de Dieppe - où sont implantés deux centrales : à Penly et Paluel - une vingtaine de personnes, « le noyau dur », se bat au quotidien pour « informer la population ». Ces militants font partie des collectifs « Antinucléaire » ou « Stop EPR, ni à Penly ni ailleurs ».

Le déclic Fukushima

Jean-Loup Mallet et Claudine Hugon luttent depuis le début des années 70, période durant laquelle les centrales ont été construites. Leurs collègues Richard et Françoise Kobylarz ont débuté leur combat en Bretagne, leur région à l’époque. Alain Fontaine s’est véritablement investi depuis qu’il est à la retraite. « Le mouvement a été relancé juste après la catastrophe de Fukushima en 2011, le collectif antinucléaire a été créé en mars de la même année », précisent-ils. Ces Dieppois, qui ne sont pas membres d’aucun parti politique, se réunissent chaque deuxième lundi du mois à la Maison des associations. Certains sont aussi membres de Stop EPR. Ce groupe a été fondé en 2009, lorsqu’il fut question de construire un troisième EPR à Penly. Ce projet a été abandonné en 2012 mais le collectif continue d’agir et se réunit, lui, le premier mercredi du mois à Rouen..

« Décoder les euphémismes »

Les « Antinuc » et Stop EPR mènent régulièrement des actions communes. Selon l’actualité nationale ou locale, « nous distribuons des tracts sur le marché de Dieppe. Parfois on se fait envoyer balader, d’autres fois, on nous dit : “ c’est bien ce que vous faites, continuez” », expliquent les militants qui, actuellement, impriment des documents sur le grand carénage en cours à Paluel. En outre, ils ont, récemment, assisté aux réunions publiques organisées fin janvier, avant la distribution des comprimés d’iode. Dans ce type de rendez-vous, « nous en profitons pour poser des questions aux intervenants », indique Claudine Hugon. Souvent, « nous avons également l’occasion de nous exprimer. Les professionnels parlent avec un certain langage. Notre rôle est de décoder ces éléments de langages qui sont, pour nous, des euphémismes ou carrément de la langue de bois ». Et même s’il arrive « que nous passions pour des emmerdeurs, nous montrons aux citoyens que nous avons une légitimité ». D’autant que l’objectif n’est pas « d’obliger qui que ce soit à penser comme nous mais bien d’amener les habitants à se poser des questions », poursuit Françoise Kobylarz.

« Bobos-écolos »

Rarement détestés, ces hommes et femmes manquent, en revanche, de reconnaissance : « Nous avons l’habitude d’être qualifiés de bobos-écolos, d’être stigmatisés » dans une zone où le nucléaire, qui génère beaucoup d’emplois, fait (presque) consensus. Ils savent que leur combat « est une course d’endurance. Nous ne sommes qu’un grain de sable face à EDF ». Mais ne se découragent jamais et luttent contre le fatalisme : « À partir du moment où l’on se dit que l’on va perdre, on ne mène pas le combat... C’est une attitude confortable ».. Pour Alain Corréa, porte-parole de Stop EPR, il s’agit aussi « d’être en accord avec sa conscience ».. Enfin, ces militants sont heureux de « transmettre des informations aux gens : c’est ce qui nous donne la pêche ! », assurent-ils.

Barbara Huet

b.huet@presse-normande.com

Prélèvements

Lundi 7 mars, à 17 h, des militants antinucléaires effectueront des prélèvements d’algues, de mollusques, d’eau, de sable et de coquillages sur la plage de Puys, à Dieppe.

« Nous avons été formés par l’Acro (Association pour le contrôle de la radioactivité dans l’ouest, NDLR) pour réaliser ces opérations que nous réitérons deux fois par an, lors des marées d’équinoxe », indiquent Claudine Hugon et Françoise Kobylarz, du collectif Antinuc.

Ces prélèvements seront, ensuite, analysés dans un laboratoire indépendant situé à Hérouville-Saint-Clair dans le Calvados.

Puis les résultats seront publiés sur le site internet de l’Acro : http://www.acro.eu.org

« L’indignation est notre moteur ! » Souvent ignorés, parfois raillés ou admirés, les antinucléaires doivent, en tout cas, faire preuve de ténacité pour s’imposer dans un paysage nucléarisé. Sur le secteur de Dieppe - où sont implantés deux centrales : à Penly et Paluel - une vingtaine de personnes, « le noyau dur », se bat au quotidien pour « informer la population ». Ces militants font partie des collectifs « Antinucléaire » ou « Stop EPR, ni à Penly ni ailleurs ».

Le déclic Fukushima

Jean-Loup Mallet et Claudine Hugon luttent depuis le début des années 70, période durant laquelle les centrales ont été construites. Leurs collègues Richard et Françoise Kobylarz ont débuté leur combat en Bretagne, leur région à l’époque. Alain Fontaine s’est véritablement investi depuis qu’il est à la retraite. « Le mouvement a été relancé juste après la catastrophe de Fukushima en 2011, le collectif antinucléaire a été créé en mars de la même année », précisent-ils. Ces Dieppois, qui ne sont pas membres d’aucun parti politique, se réunissent chaque deuxième lundi du mois à la Maison des associations. Certains sont aussi membres de Stop EPR. Ce groupe a été fondé en 2009, lorsqu’il fut question de construire un troisième EPR à Penly. Ce projet a été abandonné en 2012 mais le collectif continue d’agir et se réunit, lui, le premier mercredi du mois à Rouen..

« Décoder les euphémismes »

Les « Antinuc » et Stop EPR mènent régulièrement des actions communes. Selon l’actualité nationale ou locale, « nous distribuons des tracts sur le marché de Dieppe. Parfois on se fait envoyer balader, d’autres fois, on nous dit : “ c’est bien ce que vous faites, continuez” », expliquent les militants qui, actuellement, impriment des documents sur le grand carénage en cours à Paluel. En outre, ils ont, récemment, assisté aux réunions publiques organisées fin janvier, avant la distribution des comprimés d’iode. Dans ce type de rendez-vous, « nous en profitons pour poser des questions aux intervenants », indique Claudine Hugon. Souvent, « nous avons également l’occasion de nous exprimer. Les professionnels parlent avec un certain langage. Notre rôle est de décoder ces éléments de langages qui sont, pour nous, des euphémismes ou carrément de la langue de bois ». Et même s’il arrive « que nous passions pour des emmerdeurs, nous montrons aux citoyens que nous avons une légitimité ». D’autant que l’objectif n’est pas « d’obliger qui que ce soit à penser comme nous mais bien d’amener les habitants à se poser des questions », poursuit Françoise Kobylarz.

« Bobos-écolos »

Rarement détestés, ces hommes et femmes manquent, en revanche, de reconnaissance : « Nous avons l’habitude d’être qualifiés de bobos-écolos, d’être stigmatisés » dans une zone où le nucléaire, qui génère beaucoup d’emplois, fait (presque) consensus. Ils savent que leur combat « est une course d’endurance. Nous ne sommes qu’un grain de sable face à EDF ». Mais ne se découragent jamais et luttent contre le fatalisme : « À partir du moment où l’on se dit que l’on va perdre, on ne mène pas le combat... C’est une attitude confortable ».. Pour Alain Corréa, porte-parole de Stop EPR, il s’agit aussi « d’être en accord avec sa conscience ».. Enfin, ces militants sont heureux de « transmettre des informations aux gens : c’est ce qui nous donne la pêche ! », assurent-ils.

Barbara Huet

b.huet@presse-normande.com

Prélèvements

Lundi 7 mars, à 17 h, des militants antinucléaires effectueront des prélèvements d’algues, de mollusques, d’eau, de sable et de coquillages sur la plage de Puys, à Dieppe.

« Nous avons été formés par l’Acro (Association pour le contrôle de la radioactivité dans l’ouest, NDLR) pour réaliser ces opérations que nous réitérons deux fois par an, lors des marées d’équinoxe », indiquent Claudine Hugon et Françoise Kobylarz, du collectif Antinuc.

Ces prélèvements seront, ensuite, analysés dans un laboratoire indépendant situé à Hérouville-Saint-Clair dans le Calvados.

Puis les résultats seront publiés sur le site internet de l’Acro : http://www.acro.eu.org



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Luttes et actions