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Revue de presse

Mars 2013 / Les Nouvelle Calédoniennes

« Solidarité avec le peuple tahitien »



Source : Les Nouvelle Calédoniennes

http://www.lnc.nc/article/pacifique/solidarite-avec-le-peuple-tahitien

Polynésie. Des Kanak ont représenté le fenua à Paris contre le nucléaire

« Solidarité avec le peuple tahitien »

Publié le mercredi 13 mars 2013 à 03H00

Samedi à Paris, lors de la manifestation nationale contre le nucléaire, le fenua était représenté par… la Kanaky. Une surprise, même pour Oscar Temaru qui y voit la preuve que « des millions de Français nous soutiennent. »

Ils étaient à peine une dizaine pour porter les messages antinucléaires et prodécolonisation du Tavini Huiraatira. Un beau geste de solidarité envers le fenua.

Photo Les Nouvelles de Tahiti

 

Les associations Sortir du colonialisme, la section France de l’USTKE (Union syndicale des travailleurs kanak et des exploités) et le collectif Solidarité Kanaky se sont rassemblés samedi pour soutenir la lutte antinucléaire du peuple polynésien. Ils se mobilisaient également en écho à la marche de l’UPLD (Union pour la démocratie), pour la reconnaissance du droit à l’autodétermination, organisée de l’autre côté des tropiques.

À 13h30, ils étaient une poignée devant les grilles de la délégation de la Polynésie française. Avant les accusations de politisation de celle-ci à des fins sécessionnistes, précisons qu’elle n’était visiblement pas même au courant du geste fraternel des Kanak.

 

Problématique. Ils ont posé pour quelques photos après avoir déployé une bannière « sortir du colonialisme » et lu à voix haute un communiqué de presse, conclu par ces mots : « Les anciens établissements français de l’Océanie, colonisés par la France, exigent la fin du fait colonial. Aujourd’hui, la Polynésie et la Kanaky ont un passé à réparer et un avenir à préparer. Tous ensemble pour un rassemblement pacifiste et une vie sans nucléaire ! Nous ne voulons plus de vie radioactive, nous voulons la vie pleine et entière, la vraie vie. » Polynésie et Kanaky : un destin commun ?

Nous sommes en 2013, pourtant certains s’interrogent encore sur le lien entre le colonialisme et le nucléaire. Waikata Yvannick, de l’USTKE, se fait fort de l’expliciter : « C’est une démarche de solidarité avec le peuple tahitien, qui s’inscrit aujourd’hui dans une démarche de décolonisation. Notre présence ce matin à la délégation, puis dans la chaîne antinucléaire, c’est une façon de soutenir la démarche antinucléaire tahitienne. Le nucléaire est lié au colonialisme. »

 

Cousins. La délégation kanak, composée par Lolo et Élise Michel, Sylvio Karembeu (le petit frère de Christian), Alfred James, Louis Saume, membres du Collectif solidarité Kanaky ainsi que Waikata Yvannick et Mina Kherfi membre de l’USTKE, s’est ensuite dirigée vers Solférino. Tous unis comme les doigts de la main. Forcément. Là, ils ont rejoint la chaîne humaine coordonnée par l’association Sortir du nucléaire pour commémorer le deuxième anniversaire de Fukushima.

Quelques têtes médiatiques étaient présentes : José Bové ou Patrick Farbiaz membre du Conseil national d’Europe Écologie Les Verts (EELV). Les manifestants qui brandissaient des pancartes « Stop Fessenheim », ont encadré le ministère de l’Écologie et celui de la Défense.

Place de la Bastille, les Kanak ont levé haut leur drapeau dans la foule rassemblée, surpris de ne voir aucune délégation polynésienne. Ambiance happy few. Peu importe.

Ils partirent cinq (sans plus), mais par un prompt renfort, ils se virent 20 000 en arrivant au port. Le nombre de participants rassemblés pour la manifestation, selon les organisateurs (selon la police, 4 000). Tous réclamaient l’arrêt du nucléaire civil et militaire en France, deux ans après la catastrophe de Fukushima.

Les manifestants ont encerclé des « lieux de pouvoir », ministères, sièges d’EDF et d’Areva, banques, qui contribuent à promouvoir l’énergie nucléaire.

À Tahiti, à l’issue de la marche de l’UPLD sur le double thème antinucléaire et prodécolonisation, Oscar Temaru était interrogé sur celle de Paris, et notamment le soutien kanak. « Ah je ne sais pas du tout. Mais il y a eu des manifestations, je sais, en Nouvelle-Zélande, en Australie, au Japon, alors merci s’il y a eu des manifestations aussi en France. C’est pour ça que je vous ai dit, il y a des millions de Français qui nous soutiennent. » Ne reste plus qu’à en informer les intéressés.

 

Le coût d’un accident

L’évaluation du coût d’un accident nucléaire en France a relancé le débat sur la responsabilité financière des opérateurs des 145 réacteurs exploités dans quinze pays de l’UE, et des propositions de la Commission européenne sont attendues pour la fin de l’année.

« La Commission envisage de présenter une proposition concernant l’assurance et la responsabilité nucléaire courant 2013 », a rappelé lundi Marlène Holzner, porte-parole du Commissaire européen à l’Energie Gunther Oettinger. Cette proposition devrait être formulée « dans la seconde moitié de l’année », a-t-elle précisé.

Un rapport confidentiel de l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN) en France, dont a fait état le Journal du Dimanche, évalue le coût d’un accident nucléaire majeur en France entre 760 et 5 800 milliards d’euros si la population doit être évacuée. La France est le premier Etat nucléaire de l’UE avec 58 réacteurs pour dix-neuf centrales.

 

Les Nouvelles de Tahiti

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Thèmes
Nucléaire militaire