Réseau Sortir du nucléaire
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Sortir du nucléaire n°32

Septembre 2006

Coopération

Rhodos, la Grèce et le non au nucléaire

Septembre 2006




Me voici à Rhodos, dans ce pays béni des Dieux de l’Olympe depuis la Grèce antique ; autant pour son climat que sa géographie. J’y viens pour un festival antinucléaire et une conférence internationale qui se tient du 9 au 14 mai 06, invité par Thanasis du Mediterranean Anti-Nuclear Watch (MANW).



A l’aéroport, au-dessus du tapis roulant pour les bagages, sur une colonne, un grand poster annonce cet événement anti-nucléaire (imaginez donc cela à Paris Roissy). Je découvrirai par la suite que la ville entière est couverte d’affiches et de grandes banderoles.

Le copain militant, et organisateur de l’événement, qui m’accueille à l’aéroport porte le beau prénom de Nektarios. Et nous entrons tout de suite dans le vif du sujet : Le Mediterranean Anti-Nuclear Watch (MANW) existe depuis à peine un an et demi et rassemble près de 200 adhérents, provenant surtout du milieu des ingénieurs et techniciens (la corporation des ingénieurs grecs les soutient donc pleinement).

C’est actuellement le seul groupe spécifiquement anti-nucléaire qui existe en Grèce ; même si bien sûr, Greenpeace et les Médecins pour la Prévention de la guerre Nucléaire (IPPNW) ont aussi en Grèce un volet actif sur cette question.

Tous les partis - ou presque - opposés au nucléaire

D’une manière générale, tous les partis politiques grecs (exceptés les communistes réputés comme étant restés les plus “staliniens” d’Europe) se disent défavorables à l’énergie nucléaire. Même la droite au pouvoir (Nouvelle Démocratie), quoique mollement. Et bien sûr, le Pasok (socialiste), depuis qu’il s’est retrouvé dans l’opposition, affiche plus franchement des positions antinucléaires. En ce sens, la Grèce est un peu dans la position de l’Autriche qui a fait des choix non nucléaires dans son propre pays et qui fait pression sur ses voisins pour qu’ils s’abstiennent aussi de choisir ce cul-de-sac énergétique. De là le mot “Watch” (surveillance) adjoint au nom du MANW. Et justement, de nouvelles menaces nucléaires pointent du côté de la Turquie et de la Bulgarie…

L’électricité grecque est aujourd’hui surtout produite à partir de pétrole et de charbon ; et moins de 10% par hydro-électricité.

Même si de très nombreux particuliers ont installé du solaire thermique sur le toit de leurs maisons, même si avec ses orgies de soleil, de vent et de mer, la Grèce pourrait facilement devenir “l’Arabie Saoudite des énergies renouvelables”, le gouvernement n’a pas encore de politique résolue de promotion des énergies renouvelables. Il se dit même prêt à acheter de l’électricité nucléaire de certains voisins s’ils se retrouvaient en situation de pénurie !

Sur le terrain, les alliés les plus visibles du MANW sont la municipalité de Rhodos, la préfecture du Dodécanèse (regroupement de 12 îles – dont Rhodos est la plus grande – au sud-est de la Grèce) face à la Turquie, et la Région qui regroupe 2 préfectures, le Dodécanèse et les Cyclades (autre groupe d’îles plus au nord).

Le maire de Rhodos viendra d’ailleurs prendre la parole et le préfet nous invitera au restaurant. L’événement est pleinement accepté et nous sommes en conséquence extrêmement bien accueillis. De plus, les médias grecs sont fort présents.

Ce festival est d’une grande richesse et diversité

Projection de films sur Tchernobyl (sous-titrés en anglais et en grec), monologue théâtral tiré de La Supplication (le témoignage de la femme du liquidateur) par une actrice réputée d’Athènes devant une salle comble qui l’applaudit longuement avec émotion à la fin, forum-exposition monté par des écoliers, de nombreux concerts dont un avec un chanteur dont tout le monde connaît les paroles, conférence internationale où j’apporte une contribution en anglais sur le thème : “La France, pays du nucléaire heureux ?”, danse de la Paix avec rameaux d’oliviers exécutée par des jeunes filles en l’honneur d’Apollon et suivi d’un défilé de 1000 personnes dans la ville (qui fait 80000 habitants), dont de nombreux adolescents ; et où les couleurs du Réseau ont aussi flotté, le tout se terminant par divers événements sportifs (vélo, volleyball, etc.). Un événement anti-nucléaire extrêmement bien organisé.

Pour la suite, l’intention clairement affichée est de créer une plate-forme de groupes anti-nucléaires méditerranéens qui puissent effectivement travailler ensemble, prendre certaines positions communes et s’aider mutuellement.

André Larivière, Chargé des relations internationales pour le Réseau Sortir du nucléaire.

andre.lariviere@sortirdunucleaire.fr

A l’aéroport, au-dessus du tapis roulant pour les bagages, sur une colonne, un grand poster annonce cet événement anti-nucléaire (imaginez donc cela à Paris Roissy). Je découvrirai par la suite que la ville entière est couverte d’affiches et de grandes banderoles.

Le copain militant, et organisateur de l’événement, qui m’accueille à l’aéroport porte le beau prénom de Nektarios. Et nous entrons tout de suite dans le vif du sujet : Le Mediterranean Anti-Nuclear Watch (MANW) existe depuis à peine un an et demi et rassemble près de 200 adhérents, provenant surtout du milieu des ingénieurs et techniciens (la corporation des ingénieurs grecs les soutient donc pleinement).

C’est actuellement le seul groupe spécifiquement anti-nucléaire qui existe en Grèce ; même si bien sûr, Greenpeace et les Médecins pour la Prévention de la guerre Nucléaire (IPPNW) ont aussi en Grèce un volet actif sur cette question.

Tous les partis - ou presque - opposés au nucléaire

D’une manière générale, tous les partis politiques grecs (exceptés les communistes réputés comme étant restés les plus “staliniens” d’Europe) se disent défavorables à l’énergie nucléaire. Même la droite au pouvoir (Nouvelle Démocratie), quoique mollement. Et bien sûr, le Pasok (socialiste), depuis qu’il s’est retrouvé dans l’opposition, affiche plus franchement des positions antinucléaires. En ce sens, la Grèce est un peu dans la position de l’Autriche qui a fait des choix non nucléaires dans son propre pays et qui fait pression sur ses voisins pour qu’ils s’abstiennent aussi de choisir ce cul-de-sac énergétique. De là le mot “Watch” (surveillance) adjoint au nom du MANW. Et justement, de nouvelles menaces nucléaires pointent du côté de la Turquie et de la Bulgarie…

L’électricité grecque est aujourd’hui surtout produite à partir de pétrole et de charbon ; et moins de 10% par hydro-électricité.

Même si de très nombreux particuliers ont installé du solaire thermique sur le toit de leurs maisons, même si avec ses orgies de soleil, de vent et de mer, la Grèce pourrait facilement devenir “l’Arabie Saoudite des énergies renouvelables”, le gouvernement n’a pas encore de politique résolue de promotion des énergies renouvelables. Il se dit même prêt à acheter de l’électricité nucléaire de certains voisins s’ils se retrouvaient en situation de pénurie !

Sur le terrain, les alliés les plus visibles du MANW sont la municipalité de Rhodos, la préfecture du Dodécanèse (regroupement de 12 îles – dont Rhodos est la plus grande – au sud-est de la Grèce) face à la Turquie, et la Région qui regroupe 2 préfectures, le Dodécanèse et les Cyclades (autre groupe d’îles plus au nord).

Le maire de Rhodos viendra d’ailleurs prendre la parole et le préfet nous invitera au restaurant. L’événement est pleinement accepté et nous sommes en conséquence extrêmement bien accueillis. De plus, les médias grecs sont fort présents.

Ce festival est d’une grande richesse et diversité

Projection de films sur Tchernobyl (sous-titrés en anglais et en grec), monologue théâtral tiré de La Supplication (le témoignage de la femme du liquidateur) par une actrice réputée d’Athènes devant une salle comble qui l’applaudit longuement avec émotion à la fin, forum-exposition monté par des écoliers, de nombreux concerts dont un avec un chanteur dont tout le monde connaît les paroles, conférence internationale où j’apporte une contribution en anglais sur le thème : “La France, pays du nucléaire heureux ?”, danse de la Paix avec rameaux d’oliviers exécutée par des jeunes filles en l’honneur d’Apollon et suivi d’un défilé de 1000 personnes dans la ville (qui fait 80000 habitants), dont de nombreux adolescents ; et où les couleurs du Réseau ont aussi flotté, le tout se terminant par divers événements sportifs (vélo, volleyball, etc.). Un événement anti-nucléaire extrêmement bien organisé.

Pour la suite, l’intention clairement affichée est de créer une plate-forme de groupes anti-nucléaires méditerranéens qui puissent effectivement travailler ensemble, prendre certaines positions communes et s’aider mutuellement.

André Larivière, Chargé des relations internationales pour le Réseau Sortir du nucléaire.

andre.lariviere@sortirdunucleaire.fr


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