Réseau Sortir du nucléaire
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Sortir du nucléaire n°45

Avril 2010

Bilan

Retour sur la campagne "Don’t nuke the climate !" après Copenhague

Avril 2010




La lutte contre le nucléaire est-elle soluble dans le combat contre le réchauffement climatique ? Mille fois non. Quand ces deux sujets se rejoignent, comme à Copenhague en décembre dernier, le Réseau se mobilise pour mettre l’atome au coeur des débats. Face aux dangereux menteurs qui présentent le nucléaire comme une énergie écologique, les antinucléaires répondent : "ni nucléaire, ni effet de serre".



Copenhague, décembre 2009. La capitale du Danemark s’apprête à accueillir un des plus gros sommets de tous les temps, avec l’objectif de parvenir enfin à un accord international pour lutter contre le changement climatique. Tout le monde semble s’être donné rendez-vous, des délégations officielles des différents pays aux militants des quatre coins du monde… Sans compter certaines firmes dont l’engagement en faveur du climat sent le coup de peinture verte toute fraîche…

En perte de vitesse au niveau mondial, l’industrie nucléaire s’est elle aussi invitée à cette grand-messe, espérant bénéficier d’une reconnaissance comme énergie "propre" dans le futur accord international. Auparavant banni des accords sur le climat, le nucléaire a, en quelques années, poussé ses pions… Ainsi, des options sont apparues dans les textes préparatoires, présentant la vente de réacteurs à des pays en développement comme une mesure de lutte contre l’effet de serre !

Le Réseau "Sortir du nucléaire" contre-attaque

Pas question de laisser cette industrie mortifère se refaire une santé en surfant de manière éhontée sur la préoccupation climatique ! Avec la campagne "Don’t nuke the climate !" ("Ni nucléaire ni effet de serre !"), relayée dans une quarantaine de pays, nous avons décidé d’agir sur tous les fronts, en France comme à Copenhague.

Premier objectif : combattre par l’information les mensonges abondamment répandus sur le nucléaire "sauveur du climat". Rappeler que le nucléaire émet lui aussi des gaz à effet de serre, contrairement à ce que prétendent ses promoteurs ; qu’il est trop cher et totalement inapproprié pour prétendre combattre le changement climatique… et évoquer encore et encore les risques qu’il fait courir à l’humanité (1) !

En parallèle, rendre visible la mobilisation des antinucléaires. A Copenhague, malgré une présence policière surréaliste qui nous a valu une arrestation, la délégation du Réseau a multiplié les actions (2). Grande banderole "Don’t nuke the climate !" face au centre de conférence, petite sirène affublée d’un masque antiradiation… autant d’images qui ont abondamment circulé. Et grâce à la mobilisation des groupes, plus de 210 actions ont été organisées partout dans le monde pour barrer la route au nucléaire.
Enfin, contre-attaquer sur le lieu même des négociations ! Aux côtés d’une douzaine d’organisations antinucléaires de tous pays, nous nous sommes efforcés de décrypter les textes préparatoires, pour repérer les passages où le nucléaire tentait de refaire surface. Dans le tumulte du sommet, nous avons pris rendez-vous avec plusieurs négociateurs de différents pays (ce qui a permis d’observer quelques revirements !), publié une tribune dans le journal des négociations, organisé des conférences sur les dangers du nucléaire… Enfin, nous avons pu présenter dans le centre de conférence les 54 000 signatures récoltées dans le cadre de la campagne, invitant par la même occasion des personnalités de tous les pays à s’engager pour un accord sans nucléaire devant des médias du monde entier. Juste à temps : le jour suivant, la société civile a été bannie des négociations, qui se sont poursuivies à huis clos !

Pas de consécration officielle pour le nucléaire

Accord décevant, associations environnementales écartées, répression policière massive… Le sommet de Copenhague s’est terminé dans la débâcle. Toutefois, il semble que les antinucléaires aient remporté une bataille : les textes finaux ne font plus aucune mention du nucléaire !

Certes, l’industrie nucléaire ne manquera pas de repartir à la charge… Mais de notre côté, nous continuerons à maintenir la pression. Ni nucléaire ni effet de serre !

Charlotte Mijeon
Chargée des relations internationales pour le Réseau "Sortir du nucléaire"
charlotte.mijeon@sortirdunucleaire.fr

Notes :

1 : Pour approfondir la question, consulter la brochure "Face à la menace climatique, l’illusion du nucléaire" co-éditée avec le Réseau Action Climat. A commander ou à télécharger sur notre site : http://boutique.sortirdunucleaire.org/

2 : Retrouvez ces péripéties sur le site www.dont-nuke-the-climate.org

Copenhague, décembre 2009. La capitale du Danemark s’apprête à accueillir un des plus gros sommets de tous les temps, avec l’objectif de parvenir enfin à un accord international pour lutter contre le changement climatique. Tout le monde semble s’être donné rendez-vous, des délégations officielles des différents pays aux militants des quatre coins du monde… Sans compter certaines firmes dont l’engagement en faveur du climat sent le coup de peinture verte toute fraîche…

En perte de vitesse au niveau mondial, l’industrie nucléaire s’est elle aussi invitée à cette grand-messe, espérant bénéficier d’une reconnaissance comme énergie "propre" dans le futur accord international. Auparavant banni des accords sur le climat, le nucléaire a, en quelques années, poussé ses pions… Ainsi, des options sont apparues dans les textes préparatoires, présentant la vente de réacteurs à des pays en développement comme une mesure de lutte contre l’effet de serre !

Le Réseau "Sortir du nucléaire" contre-attaque

Pas question de laisser cette industrie mortifère se refaire une santé en surfant de manière éhontée sur la préoccupation climatique ! Avec la campagne "Don’t nuke the climate !" ("Ni nucléaire ni effet de serre !"), relayée dans une quarantaine de pays, nous avons décidé d’agir sur tous les fronts, en France comme à Copenhague.

Premier objectif : combattre par l’information les mensonges abondamment répandus sur le nucléaire "sauveur du climat". Rappeler que le nucléaire émet lui aussi des gaz à effet de serre, contrairement à ce que prétendent ses promoteurs ; qu’il est trop cher et totalement inapproprié pour prétendre combattre le changement climatique… et évoquer encore et encore les risques qu’il fait courir à l’humanité (1) !

En parallèle, rendre visible la mobilisation des antinucléaires. A Copenhague, malgré une présence policière surréaliste qui nous a valu une arrestation, la délégation du Réseau a multiplié les actions (2). Grande banderole "Don’t nuke the climate !" face au centre de conférence, petite sirène affublée d’un masque antiradiation… autant d’images qui ont abondamment circulé. Et grâce à la mobilisation des groupes, plus de 210 actions ont été organisées partout dans le monde pour barrer la route au nucléaire.
Enfin, contre-attaquer sur le lieu même des négociations ! Aux côtés d’une douzaine d’organisations antinucléaires de tous pays, nous nous sommes efforcés de décrypter les textes préparatoires, pour repérer les passages où le nucléaire tentait de refaire surface. Dans le tumulte du sommet, nous avons pris rendez-vous avec plusieurs négociateurs de différents pays (ce qui a permis d’observer quelques revirements !), publié une tribune dans le journal des négociations, organisé des conférences sur les dangers du nucléaire… Enfin, nous avons pu présenter dans le centre de conférence les 54 000 signatures récoltées dans le cadre de la campagne, invitant par la même occasion des personnalités de tous les pays à s’engager pour un accord sans nucléaire devant des médias du monde entier. Juste à temps : le jour suivant, la société civile a été bannie des négociations, qui se sont poursuivies à huis clos !

Pas de consécration officielle pour le nucléaire

Accord décevant, associations environnementales écartées, répression policière massive… Le sommet de Copenhague s’est terminé dans la débâcle. Toutefois, il semble que les antinucléaires aient remporté une bataille : les textes finaux ne font plus aucune mention du nucléaire !

Certes, l’industrie nucléaire ne manquera pas de repartir à la charge… Mais de notre côté, nous continuerons à maintenir la pression. Ni nucléaire ni effet de serre !

Charlotte Mijeon
Chargée des relations internationales pour le Réseau "Sortir du nucléaire"
charlotte.mijeon@sortirdunucleaire.fr

Notes :

1 : Pour approfondir la question, consulter la brochure "Face à la menace climatique, l’illusion du nucléaire" co-éditée avec le Réseau Action Climat. A commander ou à télécharger sur notre site : http://boutique.sortirdunucleaire.org/

2 : Retrouvez ces péripéties sur le site www.dont-nuke-the-climate.org



Thèmes
Nucléaire et climat