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Sortir du nucléaire n°49

Printemps 2011

À lire...

Petit traité de désobéissance civile

Printemps 2011




Pratique ancienne, la désobéissance civile devient objet d’étude. De quoi réjouir de nombreux activistes. Plusieurs ouvrages sont en effet parus ces derniers mois à propos de cet objet non identifié de l’action politique qui a fait irruption dans les médias avides de nouveautés et de nouvelles figures à mettre en avant…

L’auteure, qui s’est engagée dans le Réseau "Sortir du nucléaire", a fait de sa pratique un objet d’étude en 2002 pour sa maîtrise. Cet ouvrage veut "jeter des ponts entre une théorie étroite et des pratiques hétéroclites". Il propose un regard transversal : à la fois philosophique, historique et pratique que vient éclairer la parole des acteurs de la désobéissance… Un oubli surprenant toutefois, il n’est pas fait référence aux nombreuses actions liées à la désobéissance civile conduite par les réfractaires à l’armée, née dans l’action contre la guerre d’Algérie et qui a notamment contribué en France à l’arrêt de la conscription…

Rebelle ou citoyenne, la désobéissance civile comme une action de "défense du Droit" contre les abus de la loi, une transgression pour résister à l’abus, au risque de devenir une simple technique à la mode dépourvus d’une vision consistante à plus long terme, le masque de peurs inavouées, d’un mal-être et d’un rapport conflictuel au monde ? Or, "pour changer le monde, il faut se changer soi-même ; alors nos relations changeront d’elles-mêmes… et le reste s’ensuivra naturellement."

Les clarifications sémantiques (notamment le débat violence/non-violence, légitimité/légalité, etc.), ce retour sur l’histoire et tout particulièrement celle de Henry David Thoreau, les assises juridiques, la question de quelle légitimation possible pour la désobéissance, les rapports entre les moyens et le but poursuivi, etc., font de ce livre non pas "une véritable petite anthologie" comme indiqué en 4ème de couverture, mais bien plus une invitation à s’interroger sur nos pratiques, à ouvrir le débat…
Petit traité de désobéissance civile
Chloé di Cintio
Préface de Juliette Grange
Éd. Respublica, collection Les Postmodernes, 2010, 334 pages, 16,90€, en librairie
Patrice Bouveret

Pratique ancienne, la désobéissance civile devient objet d’étude. De quoi réjouir de nombreux activistes. Plusieurs ouvrages sont en effet parus ces derniers mois à propos de cet objet non identifié de l’action politique qui a fait irruption dans les médias avides de nouveautés et de nouvelles figures à mettre en avant…

L’auteure, qui s’est engagée dans le Réseau "Sortir du nucléaire", a fait de sa pratique un objet d’étude en 2002 pour sa maîtrise. Cet ouvrage veut "jeter des ponts entre une théorie étroite et des pratiques hétéroclites". Il propose un regard transversal : à la fois philosophique, historique et pratique que vient éclairer la parole des acteurs de la désobéissance… Un oubli surprenant toutefois, il n’est pas fait référence aux nombreuses actions liées à la désobéissance civile conduite par les réfractaires à l’armée, née dans l’action contre la guerre d’Algérie et qui a notamment contribué en France à l’arrêt de la conscription…

Rebelle ou citoyenne, la désobéissance civile comme une action de "défense du Droit" contre les abus de la loi, une transgression pour résister à l’abus, au risque de devenir une simple technique à la mode dépourvus d’une vision consistante à plus long terme, le masque de peurs inavouées, d’un mal-être et d’un rapport conflictuel au monde ? Or, "pour changer le monde, il faut se changer soi-même ; alors nos relations changeront d’elles-mêmes… et le reste s’ensuivra naturellement."

Les clarifications sémantiques (notamment le débat violence/non-violence, légitimité/légalité, etc.), ce retour sur l’histoire et tout particulièrement celle de Henry David Thoreau, les assises juridiques, la question de quelle légitimation possible pour la désobéissance, les rapports entre les moyens et le but poursuivi, etc., font de ce livre non pas "une véritable petite anthologie" comme indiqué en 4ème de couverture, mais bien plus une invitation à s’interroger sur nos pratiques, à ouvrir le débat…
Petit traité de désobéissance civile
Chloé di Cintio
Préface de Juliette Grange
Éd. Respublica, collection Les Postmodernes, 2010, 334 pages, 16,90€, en librairie
Patrice Bouveret