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Sortir du nucléaire n°27

Juillet 2005

Agriculture

Pâturage, soleil, vent : pour une agriculture plus économe

Juillet 2005




En cherchant à économiser leur propre énergie sur la ferme, Daniel Bronsard et Geneviève Quéré ont construit en Morbihan un système de production moins énergivore... avec le concours de l’herbe pâturée, du soleil et du vent. Témoignage.



“Notre démarche énergie a commencé avec la mise en place d’un système tout herbe et d’une éolienne de pompage, explique Daniel Bronsard. Nous avons suivi cette voie pour mettre nos pratiques en conformité avec nos idées par rapport à l’énergie nucléaire et pour abaisser la charge de travail autour des bovins -nous avons deux productions-. Il y avait aussi une question de goût au départ : passer du temps sur le tracteur, travailler la terre, investir dans du matériel, cela ne m’intéresse pas. A part la fenaison, tous nos travaux sont réalisés par l’entreprise. Cela représente un coût, mais c’est notre choix.

Sur le plan de l’énergie, ces solutions ne manquent pas d’intérêts…

... Nos bovins vont chercher eux-mêmes leur ration d’herbe au champ huit à neuf mois sur douze. Ils épandent eux-mêmes le fumier. Donc économie maximum d’énergies fossiles. Les prairies sont implantées au moins pour huit ans, ce qui abaisse encore le besoin en mécanisation et en carburant.

... Ces pâtures (86% de la SAU) produisent pendant les trois quarts de l’année. Donc, très bon rendement photosynthétique (voir ci-dessous “le système”)... et peu de perte d’azote sous forme de lessivage.

... Du fait qu’elles sont constituées d’un mélange graminées - légumineuses, on n’a pas à leur apporter d’azote de synthèse. Ce sont les bactéries qui font ce travail. Donc, pas “d’usine à gaz” ni d’énergie pour le transport de l’engrais. Et l’herbe est naturellement équilibrée en azote et protéines : pas besoin non plus d’énergie pour fabriquer et transporter de l’aliment.

... La conservation du fourrage fait appel au soleil et au vent : la ration d’hiver est constituée presque exclusivement de foin. Nous ne faisons de l’ensilage ou de l’enrubannage qu’en cas de nécessité, pour sauver une récolte.

Quant à l’éolienne de pompage, elle alimente neuf bacs, trois par parcelle, ce qui correspond à une réserve totale de 6000 litres. J’ai la chance de bénéficier d’un parcellaire groupé et j’ai pris soin d’installer l’éolienne dans un endroit bien dégagé. Il est arrivé une fois que l’eau manque pendant un jour, faute de vent. J’ai alors repris le tracteur et la tonne à eau.

L’investissement a coûté à l’époque 20 000 F pour l’éolienne et 10 000 F pour les bacs, tuyaux, le ciment et le travail. Je suis particulièrement satisfait de cet équipement : il me permet d’économiser trois quarts d’heure par jour pendant 8 mois et beaucoup de stress : je me suis vu apporter de l’eau en catastrophe le dimanche ! Il faut aussi y ajouter l’économie de gazole.

Nous avons installé 18 m2 de capteurs photovoltaïques et un chauffe eau solaire de 6 m2.

Notre démarche s’accompagne de gestes d’économie d’énergie à la maison : nous utilisons des ampoules à basse consommation, nous essayons de couper les systèmes de veille sur nos appareils. Nous faisons ce qui est à notre portée, sans pour autant bouleverser notre mode de vie : nous avons conservé notre congélateur ! Et nous avons gardé aussi certaines incohérences : par exemple, l’aliment pour les poules vient de Janzé (Ille-et-Vilaine, distance d’environ 100 km) par camion. Tout n’est pas logique à 100% chez nous. Mais nous avançons à petits pas vers plus de cohérence.”
Le système de production

- 2 UTA : le couple Geneviève+Daniel.

- 20 vaches allaitantes Blondes d’Aquitaine et leur suite (67 UGB en 2002). Vente de génisses, de broutards et quelques boeufs à Bretagne Viande Bio. Huit à neuf mois de pâturage, 100% des animaux à l’étable le reste de l’année. Chargement : 1,8 UGB/ha en 2002, 1,5 UGB/ha en 2003

- 5000 pondeuses en bio depuis 1991. Vente de 1,2M oeufs bio à un centre de conditionnement (2/3) et sur le marché local (1/3 vente directe, magasins et réseau)

- 42 ha, dont 30 groupés : 2,5 ha de parcours à poules, 5 ha de prairies permanents, 3 ha de mélanges céréaliers (avoine, pois triticale), le reste en prairies temporaires longue durée (8 ans et plus) : ray-grass anglais + trèfle blanc, parfois un peu de dactyle. Conduite du pâturage en trois parcelles.

- L’éolienne : 5 m de haut, type Oasis.

- Les capteurs solaires : 18 m2, 2200 W crête, production escomptée de 2200 kWh par an soit la moitié de la consommation des deux poulaillers. L’investissement dans ces équipements a bénéficié d’une aide dans le cadre d’un CTE.

- Chauffage central au gaz dans la maison + insert bois. Bientôt 6 m2 de chauffe-eau solaire.

Contact : Geneviève Quéré, Daniel Bronsard, Saint-Hilaire, 56930 Pluméliau.
Recueilli par JM Lusson,

Réseau agriculture durable

“Notre démarche énergie a commencé avec la mise en place d’un système tout herbe et d’une éolienne de pompage, explique Daniel Bronsard. Nous avons suivi cette voie pour mettre nos pratiques en conformité avec nos idées par rapport à l’énergie nucléaire et pour abaisser la charge de travail autour des bovins -nous avons deux productions-. Il y avait aussi une question de goût au départ : passer du temps sur le tracteur, travailler la terre, investir dans du matériel, cela ne m’intéresse pas. A part la fenaison, tous nos travaux sont réalisés par l’entreprise. Cela représente un coût, mais c’est notre choix.

Sur le plan de l’énergie, ces solutions ne manquent pas d’intérêts…

... Nos bovins vont chercher eux-mêmes leur ration d’herbe au champ huit à neuf mois sur douze. Ils épandent eux-mêmes le fumier. Donc économie maximum d’énergies fossiles. Les prairies sont implantées au moins pour huit ans, ce qui abaisse encore le besoin en mécanisation et en carburant.

... Ces pâtures (86% de la SAU) produisent pendant les trois quarts de l’année. Donc, très bon rendement photosynthétique (voir ci-dessous “le système”)... et peu de perte d’azote sous forme de lessivage.

... Du fait qu’elles sont constituées d’un mélange graminées - légumineuses, on n’a pas à leur apporter d’azote de synthèse. Ce sont les bactéries qui font ce travail. Donc, pas “d’usine à gaz” ni d’énergie pour le transport de l’engrais. Et l’herbe est naturellement équilibrée en azote et protéines : pas besoin non plus d’énergie pour fabriquer et transporter de l’aliment.

... La conservation du fourrage fait appel au soleil et au vent : la ration d’hiver est constituée presque exclusivement de foin. Nous ne faisons de l’ensilage ou de l’enrubannage qu’en cas de nécessité, pour sauver une récolte.

Quant à l’éolienne de pompage, elle alimente neuf bacs, trois par parcelle, ce qui correspond à une réserve totale de 6000 litres. J’ai la chance de bénéficier d’un parcellaire groupé et j’ai pris soin d’installer l’éolienne dans un endroit bien dégagé. Il est arrivé une fois que l’eau manque pendant un jour, faute de vent. J’ai alors repris le tracteur et la tonne à eau.

L’investissement a coûté à l’époque 20 000 F pour l’éolienne et 10 000 F pour les bacs, tuyaux, le ciment et le travail. Je suis particulièrement satisfait de cet équipement : il me permet d’économiser trois quarts d’heure par jour pendant 8 mois et beaucoup de stress : je me suis vu apporter de l’eau en catastrophe le dimanche ! Il faut aussi y ajouter l’économie de gazole.

Nous avons installé 18 m2 de capteurs photovoltaïques et un chauffe eau solaire de 6 m2.

Notre démarche s’accompagne de gestes d’économie d’énergie à la maison : nous utilisons des ampoules à basse consommation, nous essayons de couper les systèmes de veille sur nos appareils. Nous faisons ce qui est à notre portée, sans pour autant bouleverser notre mode de vie : nous avons conservé notre congélateur ! Et nous avons gardé aussi certaines incohérences : par exemple, l’aliment pour les poules vient de Janzé (Ille-et-Vilaine, distance d’environ 100 km) par camion. Tout n’est pas logique à 100% chez nous. Mais nous avançons à petits pas vers plus de cohérence.”
Le système de production

- 2 UTA : le couple Geneviève+Daniel.

- 20 vaches allaitantes Blondes d’Aquitaine et leur suite (67 UGB en 2002). Vente de génisses, de broutards et quelques boeufs à Bretagne Viande Bio. Huit à neuf mois de pâturage, 100% des animaux à l’étable le reste de l’année. Chargement : 1,8 UGB/ha en 2002, 1,5 UGB/ha en 2003

- 5000 pondeuses en bio depuis 1991. Vente de 1,2M oeufs bio à un centre de conditionnement (2/3) et sur le marché local (1/3 vente directe, magasins et réseau)

- 42 ha, dont 30 groupés : 2,5 ha de parcours à poules, 5 ha de prairies permanents, 3 ha de mélanges céréaliers (avoine, pois triticale), le reste en prairies temporaires longue durée (8 ans et plus) : ray-grass anglais + trèfle blanc, parfois un peu de dactyle. Conduite du pâturage en trois parcelles.

- L’éolienne : 5 m de haut, type Oasis.

- Les capteurs solaires : 18 m2, 2200 W crête, production escomptée de 2200 kWh par an soit la moitié de la consommation des deux poulaillers. L’investissement dans ces équipements a bénéficié d’une aide dans le cadre d’un CTE.

- Chauffage central au gaz dans la maison + insert bois. Bientôt 6 m2 de chauffe-eau solaire.

Contact : Geneviève Quéré, Daniel Bronsard, Saint-Hilaire, 56930 Pluméliau.
Recueilli par JM Lusson,

Réseau agriculture durable



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