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Sortir du nucléaire n°54

Eté 2012

Nucléaire Militaire

Parlez moins, désarmez plus !

Eté 2012




Le Traité de Non Prolifération (TNP) est entré en vigueur en 1970. Les États parties du Traité sont divisés en deux groupes : les États Non Dotés d’Armes Nucléaires (ENDANs) – 184 actuellement - et les États Dotés d’Armes Nucléaires (EDANs), groupe du P5 formé des cinq puissances nucléaires officielles ayant obtenu la Bombe avant le 1er janvier 1967.

Une Conférence de Révision (RevConf) du Traité a lieu tous les cinq ans, précédée de trois sessions en commission préparatoire (PrepCom). La première de ces PrepCom pour la RevConf du TNP 2015 s’est déroulée à Vienne cette année, début mai.

Notons d’abord la forte présence de la société civile avec 55 ONG du monde entier totalisant 490 délégués dont un nombre appréciable de jeunes militants. Le collectif Armes Nucléaires Stop et le Réseau "Sortir du nucléaire" comptaient sept délégués parmi les 25 Français.

Tilman Ruff (collectif ICAN) a décrit ainsi le fond du débat général : "Vous entendrez de la part des uns des discours très percutants sur la responsabilité du P5 dans les échecs du TNP. D’autres préféreront parler de l’Iran, de la Corée du Nord et des crises de prolifération sans reconnaître que celles-ci découlent de l’absence de progrès en matière de désarmement". Plusieurs ENDANs ont pointé l’importance du désarmement comme élément clef pour endiguer la prolifération. Il devient difficile pour les EDANs de continuer de conditionner leur désarmement à la préalable éradication de ces crises.

De nombreux ENDANs ont critiqué la constante modernisation des armes nucléaires comme preuve évidente de la volonté des EDANs de garder indéfiniment celles-ci. L’arrêt de cette prolifération verticale serait perçu comme un signe de leur intention de s’engager sur la voie du désarmement. Cette course aux armements engloutit des sommes exorbitantes : selon Tim Wright (ICAN) environ trois milliards de dollars sont dépensés par les puissances nucléaires pendant les deux semaines de cette Prepcom.

Appuyant la récente déclaration de la Croix Rouge Internationale et du Croissant Rouge sur les conséquences humanitaires catastrophiques d’un conflit nucléaire, 16 États ont insisté sur le fait qu’une frappe nucléaire violerait toutes les lois internationales humanitaires, la Charte de l’ONU et les Conventions de Genève. Cette approche va certainement contribuer à délégitimer davantage l’arme nucléaire en rendant évidente l’absurdité de la dissuasion nucléaire comme garantie d’une quelconque sécurité pour quelque pays que ce soit.

L’article VI du TNP fait obligation à tous les États parties "d’engager de bonne foi des négociations… sur un traité de désarmement général et complet sous contrôle international". Le document final de la RevConf de 2010 mentionnait le "plan en cinq points" du Secrétaire Général de l’ONU et le modèle de Convention d’Élimination, malgré la forte opposition de quatre EDANs (Russie, États-Unis, France et Grande-Bretagne).

Dès cette première PrepCom, l’absolue nécessité de parvenir à un traité international d’élimination de toutes les armes nucléaires a été exprimée par plusieurs États, notamment ceux de la Coalition pour un Nouvel Agenda. Mais peu d’avancées ont été faites en ce sens, les EDANs estimant qu’il convient d’attendre le rapport sur leurs mesures effectives de désarmement, qu’ils doivent soumettre en 2014.

Cependant les 146 États favorables à une Convention d’Élimination et les organisations de la société civile ont bien l’intention de progresser sur cette question d’ici 2015.

L’attentisme et le fatalisme ne peuvent mener qu’au désastre irréparable pour tous. "La sécurité est indivisible. Ou bien la même sécurité existe pour tous, ou bien elle n’existe pour personne" (Gorbatchev). À chacun s’imposent le courage d’agir dans son pays et la fraternité d’agir ensemble au-delà des frontières pour obtenir l’abolition totale et définitive des armes nucléaires.

Sophie Morel
Administratrice du Réseau “Sortir du nucléaire”

Le Traité de Non Prolifération (TNP) est entré en vigueur en 1970. Les États parties du Traité sont divisés en deux groupes : les États Non Dotés d’Armes Nucléaires (ENDANs) – 184 actuellement - et les États Dotés d’Armes Nucléaires (EDANs), groupe du P5 formé des cinq puissances nucléaires officielles ayant obtenu la Bombe avant le 1er janvier 1967.

Une Conférence de Révision (RevConf) du Traité a lieu tous les cinq ans, précédée de trois sessions en commission préparatoire (PrepCom). La première de ces PrepCom pour la RevConf du TNP 2015 s’est déroulée à Vienne cette année, début mai.

Notons d’abord la forte présence de la société civile avec 55 ONG du monde entier totalisant 490 délégués dont un nombre appréciable de jeunes militants. Le collectif Armes Nucléaires Stop et le Réseau "Sortir du nucléaire" comptaient sept délégués parmi les 25 Français.

Tilman Ruff (collectif ICAN) a décrit ainsi le fond du débat général : "Vous entendrez de la part des uns des discours très percutants sur la responsabilité du P5 dans les échecs du TNP. D’autres préféreront parler de l’Iran, de la Corée du Nord et des crises de prolifération sans reconnaître que celles-ci découlent de l’absence de progrès en matière de désarmement". Plusieurs ENDANs ont pointé l’importance du désarmement comme élément clef pour endiguer la prolifération. Il devient difficile pour les EDANs de continuer de conditionner leur désarmement à la préalable éradication de ces crises.

De nombreux ENDANs ont critiqué la constante modernisation des armes nucléaires comme preuve évidente de la volonté des EDANs de garder indéfiniment celles-ci. L’arrêt de cette prolifération verticale serait perçu comme un signe de leur intention de s’engager sur la voie du désarmement. Cette course aux armements engloutit des sommes exorbitantes : selon Tim Wright (ICAN) environ trois milliards de dollars sont dépensés par les puissances nucléaires pendant les deux semaines de cette Prepcom.

Appuyant la récente déclaration de la Croix Rouge Internationale et du Croissant Rouge sur les conséquences humanitaires catastrophiques d’un conflit nucléaire, 16 États ont insisté sur le fait qu’une frappe nucléaire violerait toutes les lois internationales humanitaires, la Charte de l’ONU et les Conventions de Genève. Cette approche va certainement contribuer à délégitimer davantage l’arme nucléaire en rendant évidente l’absurdité de la dissuasion nucléaire comme garantie d’une quelconque sécurité pour quelque pays que ce soit.

L’article VI du TNP fait obligation à tous les États parties "d’engager de bonne foi des négociations… sur un traité de désarmement général et complet sous contrôle international". Le document final de la RevConf de 2010 mentionnait le "plan en cinq points" du Secrétaire Général de l’ONU et le modèle de Convention d’Élimination, malgré la forte opposition de quatre EDANs (Russie, États-Unis, France et Grande-Bretagne).

Dès cette première PrepCom, l’absolue nécessité de parvenir à un traité international d’élimination de toutes les armes nucléaires a été exprimée par plusieurs États, notamment ceux de la Coalition pour un Nouvel Agenda. Mais peu d’avancées ont été faites en ce sens, les EDANs estimant qu’il convient d’attendre le rapport sur leurs mesures effectives de désarmement, qu’ils doivent soumettre en 2014.

Cependant les 146 États favorables à une Convention d’Élimination et les organisations de la société civile ont bien l’intention de progresser sur cette question d’ici 2015.

L’attentisme et le fatalisme ne peuvent mener qu’au désastre irréparable pour tous. "La sécurité est indivisible. Ou bien la même sécurité existe pour tous, ou bien elle n’existe pour personne" (Gorbatchev). À chacun s’imposent le courage d’agir dans son pays et la fraternité d’agir ensemble au-delà des frontières pour obtenir l’abolition totale et définitive des armes nucléaires.

Sophie Morel
Administratrice du Réseau “Sortir du nucléaire”



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Nucléaire militaire