Réseau Sortir du nucléaire
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Revue de presse

Février 2016 / 7 seizh

Nucléaire : toujours plus dans le mur



EDF, rois du mensonge organisé

Un des objectifs de l’Etat français en organisant le COP 21 était bien sûr d’imposer le nucléaire comme la solution an ti-carbone, le greenwashing propagandaire d’EDF annonçait son électricité à « 98% sans CO2 » et sa participation à un « monde bas carbone ». Suite à une plainte du réseau “sortir du nucléaire” auprès du JDP (jury de déontologie publicitaire), EDF s’est vue remettre un avis sur ses assertions à vocation publicitaire. Elles sont de nature à induire le public en erreur sur la réalité des actions menées par EDF, contrevenant par là à plusieurs recommandations de l’autorité de régulation professionnelle de la publicité concernant le développement durable.

En effet, le géant de l’industrie nucléaire avait choisi d’ignorer les émissions de gaz à effet de serre liées à l’extraction, au transport, à la transformation et à l’élimination des déchets. Ce qui confine bien sûr à l’escroquerie. Une étude publiée par WISE, cabinet d’experts indépendants, considère que la contribution du nucléaire à faire baiiser les émissions de gaz à effet de serre est marginale et le restera.


Le nucléaire, le risque à notre porte

L’Europe est confrontée au risque nucléaire le plus grave depuis Tchernobyl, à cause du redémarrage par la Belgique de deux vieilles centrales pleines de fissures. Une grosse explosion a endommagé un de ces réacteurs fin 2015, et un gaz suspect s’est échappé de l’autre il y a tout juste deux semaines.


Le réacteur belge, en pleine échappée de gaz non identifiés


La Belgique veut officialiser sa décision via son Parlement sans que les pays voisins n’aient leur mot à dire. Le gouvernement belge déclare que ces centrales endommagées en activité doivent être conservées afin de fournir de l’électricité au pays. Mais au cours des deux dernières années, elles ont été fermées 50% du temps du fait de défaillances ! De plus, des milliards ont été dépensés pour les maintenir en activité, au lieu d’aider le pays à entamer sa transition vers 100% d’énergies renouvelables.

Des ONG (comme Avaaz) veulent obtenir de l’Union européenne ce que les Belges cherchent à éviter : une évaluation indépendante des risques, voire une fermeture définitive. Cela créerait un précédent en termes de réglementation européenne autour de la sécurité nucléaire.

En France, EDF tente par tous les moyens d’allonger la durée de vie des 58 réacteurs en activité, dont Fessenheim. Les mesures de sécurité y sont insuffisantes. Et plus ces centrales nucléaires vieillissent, plus le nombre de pannes et d’accidents augmente : il a été fait mention d’une augmentation du taux d’incidents nucléaires de l’ordre de 50% entre 2000 et 2006 au sein de l’UE.

Le nucléaire, la folie organisée à l’échelle planétaire



En pleine zone sismique avérée (avec entre autres un tremblement de terre en 1967 qui dépassa le degré 6 sur l’échelle de Richter), EDF s’apprête à construire six réacteurs. L’opposition locale, à Jaitapur, en Inde a été vive, mais n’a pu que retarder la signature du contrat.

Ce contrat est une bénédiction pour Areva (qui est en train de vendre ses activités les plus déficitaires à EDF pour contenir ses grandes difficultés financières).

On est en droit de se demander où mène cette folie, d’autant que la filière ne produira que 2% de l’énergie mondiale, mais des millions de m3 de déchets radioactifs pour des centaines de milliers d’années. Quand les Etats nucléarisateurs avoueront que les risques du nucléaire sont considérablement plus élevés que l’intérêt qu’il va présenter pendant quelques décennies avant d’épuiser ses réserves de combustible ?

 

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